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Archive pour la catégorie 'fresques murales romanes'


Notre Dame del roure à Taillet

8 février, 2016
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age, photos peitures murales | Pas de réponses »

Le mot catalan « roure » signifie chène en français.La chapelle Notre Dame del Roure est un édifice du XII ième siècle isolé sur les contreforts du Canigou,à l’ecart du petit village de Taillet au dessus de Céret.Des peintures murales de la fin du XII ième siècle récemment restaurées occupent la voute et les murs de l’abside.La chapelle n’a été classée monument historique qu’en 2006.

A la voute tronait un Christ en gloire dont il ne reste quasiment plus rien;On peut encore voir une partie des bordures de la mandorle et un ange ,ailes déployées traité en ocre jaune se détachant d’un fond bleu clair animé d’étoiles rouges.Derrière un deuxième personnage non identifiable tend son bras vers la gloire du Christ comme l’ange qui le précède

ND del Roure à Taillet ,Ange autour de la mandorle

ND del Roure à Taillet ,Ange autour de la mandorle

Dessous,sur le mur en hémicycle,sous une bande décorative assez effacée bordée de deux traits ocre rouge figure une entrée du Christ à Jérusalem.Le Christ est juché sur une anesse blanche précédée de son anon.Le Christ vétu de bleu est accueilli par Zachée dans son arbre et accompagné de deux autres personnages.Les habits sont tous traités de la méme façon,les bas de robes blancs sont décorés de carrés et de losanges délimités de traits fins ocre rouge.On retrouve cette méme décoration au bas des robes des personnages de la voute.On distingue une cité sommairement déssinée.Les deux personnages accompagnant le Christ deux apotres, sont nimbés et tiennent un livre .

L'entrée du Christ à Jérusalem

L’entrée du Christ à Jérusalem

Le Christ est à califourchon sur son ane conformément à la tradition byzantine.Les couleurs sont etonnantes.Les larges surfaces rosées et bleu clair pastel,confèrent leur originalité à ces peintures.Il s’agissait sans doute à l’origine de rouges et de bleus plus soutenus délavés au fil du temps.Certains spécialistes affirment que ces peintures ont été éxécutées selon la technique de la vraie fresque,puis reprises plusieurs fois à la détrempe.Le dessin est de piètre facture,trés graphique,oeuvre probablement d’un atelier local.Certaines ressemblances avec les peintures voisines de le Chapelle du Vilar ont été soulignées ,mais ces dernières sont de meilleures qualité.Si l’artiste de Taillet n’était pas un génie il convient de saluer son souci du détail,allant jusqu’à représenter le crochet permettant de soutenir la fausse draperie figurée au registre inférieur sous un bandeau décoratif.459Cette fausse draperie est l’élément le plus intéressant de l’ensemble.Dans ses plis sont représentés des oiseaux blancs trés stylisés au contours soulignés de noir ,présentant des ressemblances avec ceux figurant aux peintures bien plus anciennes de San Quirce de Pedret.Malheureusement la draperie a été abimée par l’ouverture postérieure d’une porte

 

La jeunesse de la vierge à Vieux-Pouzauges

7 février, 2016
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L’église hors culte du bourg de Vieux Pouzauges en Vendée,sur un hauteur dominant la petite ville de méme nom renferme des peintures murales d’extréme fin d’époque romane localisées essentiellement au mur nord de la nef.Les larges aplats d’un bleu délavé conférent à l’ensemble une athmosphère singulière,mais c’est surtout les thèmes iconographiques relatifs à l’enfance de la Vierge,rares en peinture murales romane qui constituent l’intéret principal des fresques du Vieux Pouzauges

Visage de la Vierge

Visage de la Vierge

Au sommet du mur s’étale en frise un calendrier des mois.Les scènes sont incluses dans des médaillons ovalaires bleus reliés entre eux par un faisceau végètal.Les évocations estivales ,moisson,battage ainsi que le mois de Mai sont les mieux conservées.Mai est représenté par un cavalier devant son cheval ,prét pour le départ.Une femme lui confie un objet.

Calendrier des mois,évocation de Mai

Calendrier des mois,évocation de Mai

Au dessous un large bandeau d’ondulations ocres bleues et jaunes matérialisant le terre sépare le calendrier d’une large frise de grecques interrompue à intervalles réguliers de rectangles à fond blanc contenant des représentations hétéroclytes(animaux ,monstres,personnages)qui se prolonges sur les intrados des deux fenétres du mur.La colonne et le chapiteau soutenant l’arc doubleau ont reçu une décoration peinte.On y observe un curieux masque peint en rouge.

Colonne et chapiteau peints,bande de grecques et Calendrier des Mois

Colonne et chapiteau peints,bande de grecques et Calendrier des Mois

Dessous en plusieurs tableaux figurent des scènes de l’enfance de la Vierge.Le premier tableau en partant de la gauche évoque la présentation de la vierge au Temple.La vierge voilée de vert dans une longue robe bleu tend ses bras vers l’avant.Devant elle figure un enfant aux longs cheveux ocre rouge.Derrière apparait Joachim époux d’Anne et pére de Marie en position de prière suivi de deux personnages non identifiès.Au dessus de la scène apparaissent les toits d’une cité

La présentation de la Vierge au Temple

La présentation de la Vierge au Temple

La Vierge et Joachim,

La Vierge et Joachim,

La scène suivante décrit l’apparition de l’ange à Joachim.Joachim barbu aperçoit un ange qui descend du ciel

Devant ,deux bergers jouant d’un instrument de musique sont accompagnés de leur troupeau de chèvres.

Bergers musiciens

Bergers musiciens

vieux pouzauges chevreLe tableau qui suit évoque la rencontre de Joachim et d’Anne.Anne robe rouge voilée de blanc enlace tendrement son futur époux,Joachim coiffé d’un curieux couvre chef.Cette scène est assez dégradée

La rencontre de Joachim et Anne

La rencontre de Joachim et Anne

La derniére scéne présente la visite de l’ange à la Vierge.Celle ci nimbée de jaune est figurée agenouillée devant le Temple.Un ange porteur d’une palme emerge au dessus d’elle.

L'ange et la Vierge

L’ange et la Vierge

 

 

 

 

 

L’arbre de Jéssé

5 février, 2016
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Jéssé était le père du roi David.L’arbre de Jéssé symbolise la lignée conduisant au Christ.Jéssé en est la racine et à partir de lui le rameau se développe et mène au sommet jusqu’à Jésus qui en est le fruit ,en passant par la Vierge qui en est la fleur.E n peinture murale romane nos églises offrent quelques belles représentations de cet arbre.L’une à la chapelle du Liget en Indre et Loire,l’autre en l’église de Lavardin dans le Loir et Cher,une troisième assez différente a la voute de l’oratoire de l’ancien palais abbatial de Moissac.Enfin on peut en voir une évocation à la crypte de Tavant.

Bien que la chartreuse du Liget et l’église de Lavardin soient géographiquement assez proches et que les peintures aient été éxécutées à la méme époque( fin du XII ième siècle)c’est un parti pris bien différent qui fut choisi pour la réalisation de chacune de ces oeuvres.A Lavardin la scène fut réalisée selon un schéma que l’on pourrait qualifier de conventionnel.Jéssé est allongé sur le sol et le surgeon sort de son corps et se ramifie verticalement en enserrant le roi David puis au dessus de lui la Vierge pour donner à la cime le fruit c’est à dire le Christ.

le roi David dans les rameaux de l'Arbre à Lavardin

le roi David dans les rameaux de l’Arbre à Lavardin

Détail du roi David avec le rameau qui s'échappe de sa couronne

Détail du roi David avec le rameau qui s’échappe de sa couronne

la Vierge dans les rameaux de l'arbre de Lavardin

la Vierge dans les rameaux de l’arbre de Lavardin

Au Liget point de verticalité ,la scène est linéaire.Jéssé est figuré assis tenant délicatement le rameau de sa main droite tandis que la Vierge est représentée à ses cotés.Le Christ emmerge de sa téte entre deux rameaux fleuris

L'arbre de Jéssé au Liget

L’arbre de Jéssé au Liget

Jéssé au Liget

Jéssé au Liget

Ainsi dans un cas ,Le Liget,Jéssé est central et bénéficie de toutes les attentions du peintre,dans l’autre cas ,à Lavardin la priorité est donnée aux images de David et de la Vierge.Mais peut etre ne faut il voir dans ce décalage que de banales considérations pratiques.A Lavardin l’artiste a pu bénéficier de la surface étroite et haute d’un pilier lui permettant de restituer toute la verticalité de l’arbre.Au Liget la configuration des murs bas et en rotonde ont imposé au peintre la réalisation d’une scène horizontale.A Lavardin le visiteur retiendra l’image de l’entrelacement des rameaux de l’Arbre,au Liget il concentrera sas regards sur l’image de Jéssé particulièrement bien mise en valeur

A Moissac la profusion des rameaux terminés en fleur de lys se détachant d’un bleu vert trés particulier,le bleu d’aérinite,attire tous les regards.Ainsi cet entrelacement joue a la fois un role symbolique actif et un role de pure décoration.Il n’y a pas ici de continuité comme a Lavardin et l’effacement d’une partie des peintures ne facilite pas l’interprétation.

Rameaux fleurdelisés entrelacés et prophétes a la voute de l'oratoire de Moissac

Rameaux fleurdelisés entrelacés et prophétes a la voute de l’oratoire de Moissac

383Il n’y a pas ici d’image de Jéssé.Le rameau sort de David reconnaissable à son instrument de musique et figuré sur le mur ouest(emplacement 1).Le rameau s’étend ensuite a toute la voute enserrant un personnage dans sa mandorle dont on peut penser qu’il s’agit de la Vierge (emplacement 2).A coté figurent des prophétes assis au milieu des rameaux et déroulant des phylactères (emplacement 3 )

Prophéte déroulant un parchemin

Prophéte déroulant un parchemin

Au dela figure le Christ dans une mandorle plus volumineuse (emplacement 4) probablement entouré des 4 symboles,mais l’image est séparée de la précédente par une large bordure décorative.A l’emplacement 5 figurent des apotres.

A la crypte de Tavant on admire une évocation de l’arbre de Jéssé,sous la forme d’un personnage tenant  délicatement un rameau.S’agit il de Jéssé? ou plutot de David maintes fois représenté sur les images de la crypte.?ou alors de la Vierge?

Crypte de Tavant,personnage tenant le rameau

Crypte de Tavant,personnage tenant le rameau

 

 

 

 

La chapelle d’Yron

4 février, 2016
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L’ancien bourg d’Yron est aujourd’hui intégré à la commune de Cloyes sur le Loir.La chapelle prieuriale est incluse dans des batiments utilisés comme maison de retraite.C’est un édifice rectangulaire à nef unique terminée par une abside en cul de four percée de trois ouvertures.Les peintures s’étalent à la voute et sur le mur de l’abside ainsi que sur les murs de la nef et sont datées de la fin du XII ième siècle.

Ensemble des peintures de l'abside

Ensemble des peintures de l’abside

Le Christ tronant à la voute n’est que du XIV ième siècle.Il recouvre presque entièrement le Christ du XII ième dont on parvient à discerner la téte au dessus de celle du Christ actuel.La gloire en amande du XII ième est visible par endroits,les symboles évangéliques ainsi que les anges autour de la gloire du Christ sont du XIVième.

Aigle de St Jean du XIV ième siècle.On distingue dans l'angle supérieur droit les bordures de la gloire du XII ième

Aigle de St Jean du XIV ième siècle.On distingue dans l’angle supérieur droit les bordures de la gloire du XII ième

On distingue encore excentrés par rapport à la gloire actuelle l’Aigle de St Jean et l’ange de St Mathieu romans.Les élus et les anges occupant la voute sont du XIV ième

Ange tenant l'épée(XIV ième siècle)

Ange tenant l’épée(XIV ième siècle)

Le mur en cul de four était à l’origine percé de trois baies identiques.Les quatre pans de murs disponibles étaient occupés par les images des 12 apotres reparties en 4 groupes de 3.Aux larges embrasures des fenètres sont figurés des évéques debout dans leurs habits sacerdotaux.Ils sont représentés simplement,hiératiques ,le visage sans expression.Chacun tient la crosse et le livre fermé.L’une des représentations a été détruite par l’elargissement postérieur de la baie coté Sud entrainant aussi l’effacement de deux images d’apotres.Les apotres sont mieux conservés coté nord.Chacun d’eux est figuré sous une arcade soutenue par deux colonnettes décorées de motifs géométriques en spirales.L’artiste s’est efforcé d’alterner les couleurs des robes et des alveoles,mais la teinte dominante demeure l’ocre rouge.Au dessus des arcades apparaissent des motifs géometriques,demi cercles à gauche,dessins trapézoidaux à droite.

Apotres et évèque

Apotres et évèque

Les peintures des murs de la nef sont circonscrites dans des tableaux rectangulaires limités de deux traits épais ocre rouge et jaune.Au mur Nord est figurée une adoration des mages.La vierge ,l’enfant sur ses genoux est adossée à une belle colonne à décoration spiralée surmontée d’un chapiteau peint en vert.La Vierge voilée de blanc au nimbe ocre rouge est assise jambe gauche repliée.L’enfant au large nimbe crucifère tend les bras vers les mages couronnés semblant arriver en courant

Les offrandes des mages

Les offrandes des mages

La Vierge à l'enfant (détail)

La Vierge à l’enfant (détail)

Le tableau suivant est consacré au Baiser de Judas,dans une « mise en scène »assez particulière ou Jésus et Judas apparaissent au centre encadrés de deux groupes identiques de personnages en armes.Le Christ tourne la téte et s’incline sur sa droite vers un Judas bien plus petit que lui.L’un des hommes du groupe de droite saisit le bras droit su Christ,tandis que Judas à gauche laisse tomber son bras droit en arrière,semblant désigner ainsi le groupe des traitres;Certains des hommes composant les deux groupes ne sont pas armés,les autre dérrière forment une haie de piques et de lances.

Le Baiser de Judas

Le Baiser de Judas

Le mur sud de la nef est percé de trois ouvertures.Deux baies et une porte ouverte plus tardivement dans la partie basse du mur.Entre les deux baies figure une image de saint identifié comme Bernard de Tiron disciple de Bernard de Clairvaux.Chasuble grise,auréole grise il tient le Livre et la crosse et figure sous une arcade dont les clonnes sont identiques à toutes celles que l’on observe sur l’ensemble peint.

Un troisième tableau évoque la Flagellation .Les limites du tableau sont matérialisées par des colonnes ocre rouges aux motifs décoratifs spiralés.La limite supérieure est figurée par une bande ocre jaune en forme de voute censée évoquer un toit.Le Christ est appuyé sur une large colonne rouge,à la fois bras vertical de la croix et pilier de soutien du toit.De part et d’autre deux bourreaux lèvent leur fouets.Le Christ est représenté bras écartés téte inclinée vers la gauche,jambes croisées.Un pagne vert et jaune enserre sa taille.Le visage semble apaisé.Il est porteur d’un large nimbe crucifère et non de l’habituelle couronne d’épine.Le peintre roman a quasiment ignoré la Flagellation ,peut etre la scène était elle considérée comme trop cruelle.Dans les rares représentations connues les bourreaux sont au nombre de trois.

Visage du Christ de la Flagellation

Visage du Christ de la Flagellation

 

 

 

 

Des gris à Ebreuil

3 février, 2016
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L’église St Léger d’Ebreuil en Bourbonnais ,à une cinquantaine de kilométres au nord de Clermont Ferrrand ne passe pas inaperçue tant le blanc clocher porche ressemblant à celui de St Benoit sur Loire qui la précéde est imposant.L’édifice mi roman mi gothique renferme un ensemble de peintures trés original,bien différent des peintures auvergnates voisines.Les fresques d’Ebreuil ne laissent pas indiffèrent on aime ou on aime pas.Le peintre a utilisé abondamment du gris ,une teinte ordinairement appliqué avec parcimonie.Ce gris associé a de vieux roses ,a des teintes orangées le tout rehaussé et éclairé par un utilisation sans modération de larges aplats de blanc donnant a cet ensemble une brillance remarquable,confère aux peintures un étonnant caractère de modernité.La palette est trés riche,blanc ,gris,rose,noir,ocres ,orangé,brun,bleu.

Les peintures datées des environs de 1130 ,date de construction de l’église,occupent les murs de la tribune occidentale s’ouvrant sur la nef.Sur la paroi Nord ,c’est à dire à gauche ,les peintures sont assez effacées.Une belle représentation de l’Annonciation est toutefois bien conservée.L’archange Gabriel ,désigné par une inscription au dessus de sa tète précède la Vierge.Entre les deux une main divine emerge de nuages.Le fond est composé de trois bandes colorées ,une large bande rouge en bas et au dessus une bande blanche puis une bande jaune.On peut voir aussi sur ce mur les images de Michel terrassant le dragon et de Raphael.

Annonciation au mur Nord

Annonciation au mur Nord

Le mur Sud,à gauche,montre trois personnages en pied,assez hiératiques.Le premier vétu d’une robe bleu n’est pas identifié.Les deux autres sont respectivement le pape Clément et St Austremoine dans un bel habit gris.Tous deux sont posées sur des ondulations ocres matérialisant la terre.Ils se détachent d’un fond composés de 7 bandes colorées à prédominance de roses et de blanc.A leur coté est figuré le martyre de St Pancrace .Le bourreau glaive au dessus de sa tète tient le supplicié par les cheveux.Pancrace dans une simple tunique sombre semble se jeter ,bras tendus en avant sur son bourreau.Au dessus de la scène court une large et belle frise de rinceaux blancs sur un fond vieux rose

Peintures de la paroi Sud

Peintures de la paroi Sud

Saint Austremoine

Saint Austremoine

St Clément et le martyre de St Pancrace

St Clément et le martyre de St Pancrace

La paroi ouest s’ouvrant sur la nef est creusée d’une porte plein cintre.Au registre supérieur court une frise garnie d’animaux(lions,aigle,dragon)mais aussi de motifs végétaux.Encadrant une femme assise au milieu des branches,apparaissent deux scènes de chasse.Un fauconnier précédé de chiens coursant un lièvre,et un homme a cheval soufflant dans une corne,chassant un cerf poursuivi par des chiens.Le tout se détache d’un fond gris bleu trés soutenu.

Frise représentant des scènes de chasse

Frise représentant des scènes de chasse

Au dessous sur un fond constitué d’un assemblage de carrés gris orangés bleus et blanc,est figuré comme sur un linteau,le martyre de Sainte Valerie.Etienne assis sur un curieux siège ,vétu d’un habit gris maintenu par un gros fermoir tient par la lame l’épée que lui tend un bourreau à demi allongé d’une main, tandis que de l’autre il désigne la victime

Martyre de Sainte Valérie (détail)

Martyre de Sainte Valérie (détail)

Etienne

Etienne

A coté figure la décollation de Valérie,téte baissée devant le bourreau.Le nom de la sainte « VALERIA » est inscrit au dessus.La scène suivante montre Valérie offrant sa tète à Martial qui est identifiable à la présence de lettres

Sur l’un des piliers de la nef figure une peinture du XV ième siècle représentant St Georges patron des croisés en chevalier casqué.

 

 

 

 

Visages romans

1 février, 2016
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Le moine Théophile explique dans sa « Scédula » comment étaient fabriquées et utilisées les couleurs.La réalisation des visages exigeaient la fabrication de couleurs dites complexes.L’une d’entre elles la »membrana »avait une importance capitale en peinture romane.C’était la couleur de la chair.Pour la fabriquer le moine préconise de placer de la céruse ou blanc de plomb ,sèche,dans un récipient en cuivre ou en fer et de mettre le tout à chauffer.On laissera ensuite refroidir la poudre ainsi obtenue que l’on mélangera avec du blanc de plomb et du cinabre(rouge).En augmentant la proportion de cinabre on obtenait une couleur » chair »plus foncée.Si l’on souhaitait une teinte plus pale on ajoutait du « vert de poireau »une teinte obtenue par reduction en poudre de quartz vert que l’on tamisait à travers un linge humide.Pour réaliser les visages,le peintre déposait sur le mur mouillé un aplat de couleur chair c’est à dire de « membrana ».En melangeant la « membrana » à de la chaux on obtenait une meilleure incorporation de la couleur sur le mur humide.Le peintre dessinait le contour et les traits du visage sur la teinte de base à l’aide du « posch »obtenu par adjonction à la « membrana »de vert et de rouge.Il mettra ensuite en place les ombres en utilisant un « posch » plus foncé dit « posch secondaire ».Il suffisait pour cela d’augmenter les doses de vert et de rouge mélées à la « membrana ».

Visages d'apotres a Vendome

Visages d’apotres a Vendome

.Pour obtenir les zones éclairées du visage,le peintre appliquait en des endroits bien précis la « lumina »obtenue par un mélange de couleur chair et de blanc de plomb broyé.La teinte rosée ainsi obtenue était d’autant plus claire que la proportion de blanc était importante.Ce rose clair ou « lumina »était réservé aux parties saillantes du visage et contrastait avec le »posch secondaire »limité aux zones en creux.Le coloriage du visage était ensuite affiné par application de traits rouge vif fins,notamment au niveau de la séparation des lévres et autour des pupilles.Le fond des yeux étaient exclusivement traités en blanc,les pupilles en gris.

Membrana posch et lumina aux visages de deux apotres à St Savin

Membrana posch et lumina aux visages de deux apotres à St Savin

A  Areines prés de Vendome,l’artiste a utilisé massivement un blanc quasiment pur en lieu et place de la « lumina »

Visage du Christ d'Areines

Visage du Christ d’Areines

Areines,un apotre

Areines,un apotre

Ces recommandations ne s’appliquaient que pour les peintures dites à fond clair.La ou les influences byzantines dominaient,le traitement des visages était sensiblement différent.

Visage d'apotre à Berzé la ville

Visage d’apotre à Berzé la ville

Il arrivait parfois que les teintes de fond étaient si « accrocheuses » qu’elles détournaient le regard du visage peint ,centre d’intérét principal de la scène .Il en est ainsi a Thiers ou le visage du Christ est noyé dans la masse rouge du fond carminé ou à St Martin de Fenollar ,le magnifique fond vermillon aimantant le regard du visiteur

Visage du Christ à Thiers

Visage du Christ à Thiers

Visage d'un roi mage à Fenollar

Visage d’un roi mage à Fenollar

Le traitement des visages obeissait a des règles constantes.Les visages du Christ ,de la Vierge et des personnages importants sont toujours figurés de face ou de trois quart.La position de profil a une valeur négative et est réservée aux personnages subalternes ou que l’on veut inférioriser(Judas,les bourreaux,les pauvres,les serviteurs).

Bourreau à Ste Marie aux Anglais

Bourreau à Ste Marie aux Anglais

Mais il y a des exceptions,témoin le beau visage trois quart face d’un pauvre aus fresques de St Aignan sur Cher

Visage d'un anonyme a St Aignan sur Cher

Visage d’un anonyme a St Aignan sur Cher

Le visage du Christ en majesté est toujours figé.Les yeux sans expression regardent droit devant eux comme si rien ne pouvait venir troublé sa sérénité et sa volonté.Les traits sont réguliers,le nez rectiligne,la bouche fermée ,lèvres fines.

Christ de Neuvy-Pailloux

Christ de Neuvy-Pailloux

Etrange visage du Christ de Parçay-Meslay

Etrange visage du Christ de Parçay-Meslay

Le traitement des Christ en majesté si il bénéficie de toutes les attentions du peintre,est particulier.Dans d’autres scènes le Christ est traité différemment,plus humainement,l’impassibilité disparait.C’est le cas a St Savin pour le Christ de la construction de l’arche.

Christ à St Savin

Christ à St Savin

Pour traduire les émotions le peintre agissait au niveau de certaines parties du visage.Le Christ du lavement de pieds de Vic incline légèrement la téte,l’orientation des prunelles accentue le mouvement,les sourcils sont relevé,le dessin de la bouche différent .Les lévres ne sont plus rectilignes.Le trait de « posch » marquant la fossette du menton montre une courbure de méme convexité que les sourcils

Vic ,visage du Christ du"lavement de pieds"

Vic ,visage du Christ du »lavement de pieds »

Les bouches sont presque systématiquement fermées.Seuls sont représentés bouche ouverte,les damnés,les déments,les figurations du diable,les « méchants ».

Neau,visage d'un prisonnier

Neau,visage d’un prisonnier

Les yeux fermés ne concernent que que les personnages dormant ou les morte.Les visages d’apotre ,yeux clos aux murs de la chartreuse du Liget sont une exception

Apotre ,yeux clos au Liget

Apotre ,yeux clos au Liget

La barbe est signe de vieileese.Les Vieillards de l’Apocalypse sont toujours représentés barbus(Fenollar,Montmorillon,Pritz)

Vieillard à Pritz

Vieillard à Pritz

La barbe est également synonyme de sagesse et de noblesse.Le Christ porte toujours la barbe,les apotres également à l’exception de Jean figuré imberbe pour bien souligner sa jeunesse.

L'apotre Jean à Vals

L’apotre Jean à Vals

Les cheveux longs évoquent la dignité,la grandeur d’un personnage masculin.Le Christ est toujours paré de longs et beaux cheveux

Beaux cheveux du Christ d'Auxerre

Beaux cheveux du Christ d’Auxerre

A l’inverse,la calvitie est signe de déchéance .La calvitie caractérisant St Paul correspond au maintien d’une tradition.A Avord dans le Cher la calvitie de St Paul est agrémentée d’un petite méche tombant sur le front

Saint Paul à Avord

Saint Paul à Avord

Le traitement des visages a permis à certains artistes de se singulariser.Certains visages caractérisent des peintures.Il en déterminent un style,en constituent la griffe.C’est particulièrement le cas a Vic,mais aussi aux Salles Lavauguyon,a Palluau sur Indre ou à Thevet St Julien
A Vic les visages sont caractéristiques,tous les personnages quel que soit leur statut révèlent un visage traité à l’identique (forme ovalaire,yeux rapprochés et ronds,sourcils épais,nez légèrement busqué)

Roi mage à Vic

Roi mage à Vic

Aux Salles Lavauguyon en Limousin les personnages montrent de grans yeux en amande aux pupilles claires ,trés expressifs

St Laurent aux Salles Lavauguyon

St Laurent aux Salles Lavauguyon

Le prieur Boso aux Salles Lavauguyon

Le prieur Boso aux Salles Lavauguyon

 

A Palluau sur Indre les visages ovales,stylisés s’ornent de 4 taches rondes ocre rouge,2 aux pommettes et 2 billes matérialisant les prunelles

Visage de la Vierge de Palluau

Visage de la Vierge de Palluau

A Thevet St Julien les beaux visages des Vieillards et des apotres s’inscrivent dans un triangle,nez rectiligne prenant racine trés haut

Visage d'un Vieillard à Thevet

Visage d’un Vieillard à Thevet

Certains artistes ont cultivé l’originalité à l’extraordinaire crypte de Tavant ou aux visages des anges de Fenollar.

Visage insolite d'ange à Fenollar

Visage insolite d’ange à Fenollar

Visage surréaliste à la crypte de Tavant

Visage surréaliste à la crypte de Tavant

Le peintre roman aimait assez représenter des groupes de personnages tétes contre tètes ou nimbe contre nimbe.Les exemples sont nombreux

Crypte de St Aignan sur Cher

Crypte de St Aignan sur Cher

Apotres à Lourouer St Laurent prés de La Chatre

Apotres à Lourouer St Laurent prés de La Chatre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peintures romanes et support gothique au Petit-Quevilly

30 janvier, 2016
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La commune du Petit Quevilly se situe dans la banlieue de Rouen sur l’autre rive de la Seine.Des peintures murales occupent des voutes de la chapelle St Julien,seul vestige d’un ensemble ducal bati au milieu du XII ième siècle sous le règne et en l’honneur de Henri II Plantagenet roi d’Angleterre.Les peintures datées de 1182 tapissent les voutes du choeur.Le peintre a utilisé les voutains déterminés par la croisée d’ogives.Ainsi l’église St Julien présente la particularité de montrer des peintures chronologiquement romanes sur une architecture clairement gothique,une voute d’ogives.Il est relativement fréquent ,notamment dans l’extrème sud de la France,de rencontrer des peintures datées du XIII ième siècle mais qui s’insérant dans des architectures parfaitement romanes ,ont conservé un souffle,un esprit,une iconographie romane.Les peintures de St Julien du Petit Quevilly sont l’un des rares exemples inverse.

Ensemble des peintures

Ensemble des peintures

La croisée d’ogives détermine six voutains tous utilisés par le peintre.Les fonds ne sont visibles que par endroits tant l’ornementation(florale pour l’essentiel) est dense,et tant sont serrées les scènes inscrites dans des médaillons bordurés de bleu et de crème.Le fond des grands médaillons est bleu,un bleu dont on dit qu’il serait à base de lapis lazuli,une hypothèse plausible compte tenu de la richesse du commanditaire.Si le bleu est omniprésent,la palette est riche et se compose d’ocre rouge,de jaune, de blanc,d’un beau vert que l’on perçoit notamment sur les fonds et sur certains vétements,de crème,et de noir utilisé pour les contours d’un dessin certes précis mais incontestablement déja gothique.Certains spécialistes y voient des influences « anglaises » comme on voit ailleurs des influences byzantines.Bien que les teintes soient aujourd’hui fanées,l’ensemble par sa polychromie devait à l’origine étre superbe.Pourtant ces peintures faillirent bien disparaitre dans les années trente,aprés que le batiment ait été utilisé comme léproserie et ait servi de grange.En 1964 elles furent décrochées ,restaurées et ne reintégrèrent l’église qu’en 1984.

Les peintures aux 6 voutains de la croisée d'ogives

Les peintures aux 6 voutains de la croisée d’ogives

Les peintures sont consacrées à des épisodes de l’enfance du Christ.Quel que soit le sens de la lecture que l’on adopte on ne perçoit pas de réelle cohérence iconographique.Le peintre ne parait avoir obéit qu’à des considérations esthétiques ,probablement bridé par les surfaces triangulaires utilisables.Ainsi sur les deux voutains les plus larges,il a réussi à insérer trois médaillons renfermant chacun un épisode et deux médaillons dans les quatre autres espaces.

Voutain Annociation Visitation Nativité

Voutain Annnociation Visitation Nativité
Au voutain de gauche,le baptème du Christ
Au voutain de droite la chevauchée des mages

Le voutain Annonciation Visitation Nativité  fait face au voutain a trois médaillons figurant la Vierge à l’enfant l’offrande des rois mages et le songe des rois mages.L’Annonciation en bas à gauche est trés effacée,l’ange Gabriel a disparu.Au dessus l’image de la Visitation est fanée,celle de la Nativité en bas à droite ne montre que la Vierge allongée ,l’enfant ,les animaux et Joseph ne figurent pas ,sans doute par manque de place.Ce voutain permet d’apprécier de beaux bleus

Voutain Vierge à l'enfant Offrandes des mages Songe des mages

Voutain Vierge à l’enfant Offrandes des mages Songe des mages

En bas à gauche les rois apportent leurs offrandes.La Vierge à l’enfant trone au dessus.En bas à droite figure le songe des rois mages tous trois cote à cote allongés sur un lit.Celui du centre vétu de blanc pose sa tété sur sa main tandis qu’au dessus plane un trés bel ange.Cet épisode de l’épopée des rois mages est rarement représenté en peinture murale.

Les quatre autres voutains à deux médaillons sont plus étroits.L’un montre les mages devant le roi Hérode,figurés sous une arcade trilobée au dessus de laquelle apparaissent les batiments d’une cité

Les mages devant Hérode

Les mages devant Hérode

Un autre voutain dévoile la chevauchée des rois mages chacun tenant la main levée vers le ciel.Le baptème du Christ auréolé de blanc ,met en scène trois personnages ,le Christ au centre qui reçoit l’esprit divin d’une colombe au dessus de sa tète,un ange et un troisième personnage nimbé de blanc vétu de rouge.Il s’agit probablement de Jean.Enfin le dernier voutain montre une belle fuite en Egypte ou la Vierge trés humanisée tenant tendrement l’enfant de son bras gauche ,vétue d’une robe verte sur son ane blanc est précédée par Joseph.

La fuite en Egypte

La fuite en Egypte

Ces peintures particulières ,sauvées in extremis sont d’une grande importance pour le patrimoine roman normand,assez pauvre en peintures murales de cette période

 

 

Le baptistère St Jean

29 janvier, 2016
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age, photos peitures murales | Pas de réponses »

Le baptistère St Jean de Poitiers est un monument exceptionnel.Un grand batiment rectangulaire existait déja au IV ième siècle,faisant du baptistère St Jean l’un des plus anciens édifice chrétien de France.Maintes fois remanié ils présente aujourd’hui sous la configuration de deux salles ,l’une occidentale par laquelle on accéde au monument,l’autre à l’est est la salle baptismale qui a conservé sa piscine en forme de cuve octogonale.Cette salle rectangulaire accueille le programme peint roman et s’ouvre sur trois absidioles ,l’une polygonale à l’est décorée de peintures gothiques dont un Christ à la voute dans une mandorle quadrilobée, ,les deux autres semi circulaires à l’est.Les murs Est ,Sud et Nord sont chacun percés de deux oculi

Baptistère St Jean (angle Nord Est)

Baptistère St Jean (angle Nord Est)

Le mur oriental de la salle baptismale est percé d’une large ouverture plein cintre et accueille un ensemble de peintures dont le thème principal est l’ascension.319Le peintre a du composer avec l’architecture générale du mur trés ajouré et relativement étroit pour parvenir a loger de maniére cohérente l’ensemble de son programme,ce qu’il a réussi parfaitement

Le baptistère St Jean dans archeologie imgp0732-300x197

Ensemble des peintures du mur Est

A l’emplacement 1 une magnifique bande de grecques montrant notamment un bleu eclatant presque « fluo » est interrompue de rectangles accueillant des figurations d’oiseaux.De part et d’autre court une triple bande colorée décorée de perles curieusement disposées en alternance ,4 perles dans des ovales,9 perles dans des carrés.

Bande de grecques limitant au niveau supérieur les peintures

Bande de grecques limitant au niveau supérieur les peintures

A l’emplacement 2 sous un arc en mitre, trone un Christ hiératique dans sa mandorle les bras grands ouverts.C’est le Christ de l’Ascension.Ses mains ,la gauche tenant le Livre ouvert,ainsi que son large nimbe débordent assez largement de la gloire à fond jaune orangé bordée d’une bande de rubans plissés entre deux lignes ocre rouge.

Christ de l'Ascension

Christ de l’Ascension

A l »emplacement 3 sous chaque oculus ,deux trés beaux anges trés aériens,épousant parfaitement la courbure désignent d’une main le Christ au dessus de l’autre les apotres à coté

Ange enroulé autour de l'oculus

Ange enroulé autour de l’oculus

A l’emplacement 4 de part et d’autre de la scène centrale s’étale une frise de 6 apotres semblant flotter sur des lignes d’ondulations matérialisant la terre.L’un deux a les jambes croisées comme à St Savin,un des arguments qui permirent de trouver des ressemblances avec l’ensemble des rives de la Gartempe.4 apotres de chaque coté occupent le mur est ,2 sont peints sur les murs en retour Sud et Nord.

Apotres sur des ondulations ocrées évoquant la terre

Apotres sur des ondulations ocrées évoquant la terre

A l’emplacement 5 apparait une main divine dans un médaillon circulaire.Dessous au sommet du grand arc,deux anges encadrent l’Agneau divin dans un cercle,complétant ainsi le triptyque Christ-Main divine-Agneau.Sur l’arc ,tout autour et au dessus les autres peintures sont gothiques

Aux emplacements 6 au registre inférieur de part et d’autre du grand arc figurent coté Nord une téte de cheval (le cavalier a disparu) et coté Sud Constantin à cheval  identifié par une inscription,vétu d’une cape jaune ,tenant une sphère evoquant le « monde » de sa main droite et un sceptre terminé par un tréfle symbolisant le pouvoir de sa main gauche.Les personnages sous arcatures devant lui sont d’époque gothique.

Constantin

Constantin

Le mur Nord de la salle baptismale respecte le méme schéma (deux oculi de part et d’autre d’un arc en mitre et quatre colonnettes).L’ouverture plein cintre donnant accés a l’absidiole édifiée au XIX ième ,est bien plus petite qu’a l’Est.Sous l’arc en mitre apparait un saint tenant une couronne.Sous chacun des oculi est figuré un paon symbole d’immortalité,un élément iconographique peu usité que l’on retrouve à la chapelle du Vilar en pays catalan.Les peintures sont ici plus dégradées et indéchiffrables aux larges intrados des oculi.

Paons au mur Nord

Paons au mur Nord

Le mur Sud présente la méme configuration mais les peintures sont mieux conservées.Au sommet du mur la trés belle bande de grecques qui court sur tout le périmétre de la salle est quasiment intacte ,de méme que la décoration sous la colonnade .Sous l’arc en mitre St Maurice vétu de gris porte la lance et un bouclier.Une inscription le désigne.Sous l’oculus de droite apparait un troisième paon,sous celui de gauche un beau dragon semble faire face à un combattant armé d’une épée.Entre les deux une inscription latine verticale peut etre traduite ainsi « il cria grace et s’enfuit ».Les ondulations ocres au dessus de la téte du combattant sont étonnantes à cet emplacement.

Détail des peintures du mur Sud.

Détail des peintures du mur Sud.

Le mur occidental est le seul a ne pas étre percé d’un oculus.En son centre figure un grand vase face au Christ de l’Ascension,encadré de deux paons,évoquant le thème du « Vase de Vie ».Malheureusement la peinture est dégradée et l’un des paons a complétement disparu.Sur les cotés figurent au Nord les traces d’un troisième cavalier ,coté Sud une belle image du quatrième cavalier robe jaune,cape bleue nouée a l’épaule,couronné et tenant au bout de sa main gauche une sphère.La présence conjointe de ces 4 cavaliers est unique et son interprétation mystérieuse.Sur l’un des piliers de l’arc d’entrée figure l’image d’un saint identifié comme étant St Julien.

L"Image" du baptistère;cavalier inconnu au mur ouest

L »Image » du baptistère;cavalier inconnu au mur ouest

Ces peintures aux tons clairs du début du XII ième siècle témoignent de l’art de la composition et de l’utilisation de surfaces de l’artiste qui excellent décorateur n’était pas un grand portraitiste.Le traitement des visages est assez maladroit(tache ocre entre des lèvres a peine marquées pour représenter la bouche)L’ensemble vaut aussi par la rareté de certaines images (paons,4 cavaliers)mais l’ensemble n’a pas le souffle des peintures de St Savin auxquelles on l’a parfois comparé ,et l’artiste n’a pas la virtuosité des peintres de Vendome ou des Salles Lavauguyon  pour ne citer que ces deux exemples.

buste d'apotre

buste d’apotre

 

 

 

 

 

 

 

Les devant d’autels peints

28 janvier, 2016
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A l’époque romane l’autel était toujours décoré.Dans les grands édifices les devant d’autels ou antépendiums étaient en or ou en argent.Les petites églises rurales n’avaient pas les moyens d’un tel luxe et se contentaient de décorer l’autel d’une simple étoffe ou de panneaux de bois peints.Le Conflent et la Cerdagne présentent la particularité de conserver quelques uns de ces antépendiums « in situ ».Le reste de notre territoire en est complétement dépourvu tandis que la partie espagnole de la Catalogne conserve un grand nombre de ces devant d’autels dans les musée de Barcelone et au trés remarquable musée épiscopal de Vich.

Dans le département des Pyrénées Orientales les autels étaient la pluspart du temps constitués d’un bloc de marbre trés présent dans la région.Sur le devant de l’autel rectangulaire était plaqué un assemblage de planches de bois,de parchemain,voire de cuir.La surface était recouverte d’un apprét sur lequel on étendait la peinture selon une technique d’inspiration byzantine.Les pigments broyés et délayés à l’oeuf,conservaient un éclat que l’on ne retrouve pas sur les peintures murales exécutées « a fresco » ou à la détrempe.

Le devant d’autel le plus ancien,daté des environs de 1100,a été déposé au musée des arts de Catalogne à Barcelone.Il appartenait à la remarquable église de Hix hameau de la commune de Bour-Madame.

Antépendium de St Martin d'Hix

Antépendium de St Martin d’Hix

Le devant d’autel est limité latéralement par deux bordures constituées de médaillons renfermant des animaux.En haut s’étire une double bande de rubans plissés et la bordure inférieure est composée d’une frise de rinceaux.Les fonds ,rouge vif,sont caractéristiques de la pluspart des antépendiums catalans.Le Christ au centre déborde d’une double mandorle,il n’y a pas de représentations des symboles évangéliques.Tout autour l’espace est occupé par 8 rectangles renfermant des apotres.On reconnait Pierre à ses clés et Paul à sa calvitie,tandis que St Martin patron de l’église est figurée deux fois,notamment en haut et à droite ou il apparait dans une posture insolite,coupant un pan de son manteau pour le donner à un pauvre ,chaines au cou.On sait que dans cette scène St Martin est d’habitude représenté à cheval.

Détail du devant d'autel d'HIX,St Pierre à gauche,St Martin à droite

Détail du devant d’autel d’HIX,St Pierre à gauche,St Martin à droite

Un autre devant d’autel peint ,bien différent et plus récent(fin du XII ième-début XIII ième ) a été mis à l’abri à Perpignan.Il provient de l’église de Saillagouse en Cerdagne.Le Christ dans sa gloire est entouré par les douze. apotres répartis en 4 ensemble s de 3 rectangles aux fond alternativement jaune,vert foncé et pourpre.L’alternance dans l’utilisation des couleurs est remarquable.La couleur dominante n’est plus ici le rouge vif mais un beau jaune qui vient éclairer le tableau aux tonalités plutot sombres.Le peintre a utilisé un rose pour les vétements aux beaux drapés un peu géométriques du Christ et de certains apotres,qui adoucit l’ensemble.Deux bordures l’une interne sur fond gris foncé,l’autre externe sur fond rougeatre ,séparées par un filet jaune,et constituées de frises de fins rinceaux viennent encadrer l’ensemble

Antépendium de Saillagouse déposé à Perpignan

Antépendium de Saillagouse déposé à Perpignan

Le Crist ,trés byzantin trone au centre se détachant d’un fond jaune ou figurent l’alpha et l’omega.Autour dans les angles figurent les 4 symboles.Celui de St Mathieu est matérialisé ici par « l’homme » plus que par l’ »ange ».

Le Christ du devant d'autel de Saillagouse

Le Christ du devant d’autel de Saillagouse

Quatre devant d’autels peints sont conservés « in situ »dans le département.Il s’agit des antépendiums d’Oreilla prés d’Olette en Conflent,d’Yravals,hameau de la commune de Latour de Carol en Cerdagne,d’Angoustrine prés de Bourg Madame et de La LLagone en Capcir entre Mont Louis et Formiguères.Nous aurions pu en rajouter un cinquième en provenance de l’ancienne abbaye de St Genis des Fontaines prés du Boulou,dont l’existence est attestée par des documents mais qui a été malheureusement détruit par bétise.

A Oreilla le Christ trone au centre accompagné des 4 symboles évangéliques.Le fond de la mandorle ,doré,est trés particulier constitué d’une sorte de réseau d’alvéoles en damiers et de reliefs.Les évangélistes déroulent des phylactères.Les apotres sont assis répartis par trois dans quatre tableaux à fond dorés bordurés de gris.Le visage trés sévère du Christ au grand nimbe rouge carminé attire tous les regards,tout comme son curieux « tablier » eclatant de blancheur.L’artiste a d’ailleurs utilisé beaucoup de blanc pour les vétements des apotres

Antépenduim peint d'Oreilla

Antépendium peint d’Oreilla

Des spécialistes voient des ressemblances stylistiques,italo-byzantines,avec le devant d’autel peint de Baltarga de la fin du XII ième,déposé au musée des arts catalans de Barcelone.

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Devant d’autel de Baltarga (Musée des arts catalans de Barcelone)

A Yravals,la partie inférieurede l’antépendium est complétement effacée.Au centre figure une Vierge à l’enfant sous un arc trilobé.En haut,à gauche une apparition du Christ ressuscité bien conservée,tandis quà droite seule une partie de l’entrée du Christ à Jérusalem est encore visible

L’église de La LLagone en Capcir conserve un devant d’autel peint de la fin du XII ième siècle attribué au Maitre de Soriguerola,du nom d’un village prés de Puigcerda petie ville frontalière de Cerdagne.L’ensemble est malheureusement trés dégradé.La partie inférieure a quasiment disparu et à droite les peintures sont difficilement déchiffrable.On reconnait une scène du martyre de Saint Vincent,patron de la paroisse.Le Christ  au large nimbe est a peu prés conservé et en haut à gauche on distingue bien St Vincent comparaissant avec un évèque devant le gouverneur Dacien.L’église conserve aussi un panneau en bois peint de qualité montrant une partie d’un Christ dans une mandorle soutenue par des anges et les symboles de Mathieu et de Luc

Détail du devant d'autel de La  Llagone

Détail du devant d’autel de La Llagone

A  Angoustrine l’antépendium peint ansi qu’un petit retable du XIII ième siècle proviennent de la chapelle Sant Marti d’Envalls située sur le territoire de la commune.Les tonalités de l’antépendium sont trés sombres rehaussées par des touches crème et une belle bordure rouge ornée de médaillons jaunes renfermant des représentations animales.Le Christ au centre est entouré des 4 symboles des évangiles.L’iconographie du reste du devant d’autel est ici bien différente.On distingue des scènes de l’enfance du Christ,annonciation,visitation,et en bas à droite l’offrande des rois mages.

Antépendium et peintures murales à l'abside

Antépendium et peintures murales à l’abside

Les peintures murales de l’abside,datant de l’extrème fin du XII ième siècle ,sont attribuées au Maitre de Soriguerola,celui la méme qui officia aux penitures de l’église voisine de Caldégas et à La Llagone.De qualité trés moyenne,le dessin est grossier,les peintures sont « sauvées »par l’association de gris bleuté et de tons vifs orangés ainsi que par deux singularités iconographiques.La premiére réside dans l’association d’un Christ de l’Apocalypse à une Cène et à un calendrier des mois.Un calendrier des mois qui a quitté ici son emplacement habituel à l’époque romane ,l’intrados de l’arc triomphal;Il convient toutefois de noter qu’en fin de période romanes les calendriers des mois ont migré sur les murs de la nef(Lourouer St Laurent en Berry).On retrouve une association Christ -zodiaque au mur de l’abside,aux fresques bien plus anciennes découvertes trés recemment à Ourjout en Cousserans.Mais à Ourjout ce sont les apotres en pieds qui remplacent plus classiquement la Cène.On trouve la deuxième originalité des peintures d’Angoustrine dans la présence d’un Janus à deux visages au calendrier pour évoquer Janvier

Janus à deux visages

Janus à deux visages

Il est à noter qu’en Cerdagne ,région de montagne,l’année ne débutait pas en Janvier ,mais jusqu’au milieu du XIV ième siècle le 25 Mars jour de l’Annonciation.

 

 

La Cène

26 janvier, 2016
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La Cène ou dernier repas du Christ est une représentation hautement et doublement symbolique.Symbole de l’Eucharistie ,c’est à dire de la communion à travers le repas et le partage du pain et du vin entre tous les apotres réunis autour du Christ elle évoque aussi la trahison de l’un d’entre eux ,celle de Judas.A l’origine,dans la tradition byzantine la table était semi circulaire ,le Christ a un bout de table Judas en face mais autour de la table comme les autres apotres.L’accent était mis essentiellement sur l’Eucharistie.Il n’y a pas en France ,de représentation byzantine de la Cène en peinture murale romane.Les peintures du XI ième siècle de San’t Angelo in Formis en Campanie renferment une trés belle cène ,byzantine.Judas ne se singularise qu’en se penchant vers la table le bras tendu vers un plat.

La Cène àSan't Angelo in Formis (Campanie)

La Cène à San’t Angelo in Formis (Campanie)

En France la tradition occidentale prévaut .La table est rectangulaire.Jésus au centre avec Jean à sa droite et Pierre a sa gauche.Tous les apotres sont alignés derrière la table le plus souvent encombrée d’ustensiles divers et d’aliments(pain ,poissons,viande)Seul judas est figuré devant la table ,toujours de profil ,généralement sans auréole,vétu simplement d’un habit souvent ocré,souvent de petite taille.Tout est fait pour devaloriser Judas le traitre .C’est clairement la trahison qui prévaut.On peut observer en France quelques belles Cènes.Elles ont aussi un intérét plus prosaique,celui d’avoir la vision en une seule image de l’ensemble du collège apostolique.

La Cène à Vic

La Cène à Vic

La Cène de Vic en Berry est remarquable.D’abord parce que la peinture est dans un trés bon état de conservation mais surtout parce que c’est un modéle d’équilibre et de construction.Le Christ et sa haute stature domine l »ensemble.Les apotres de part et d’autre n’apparaissent que comme des figurants.Les trois personnages clés Jésus Jean et Judas s’insérent dans un triangle isocèle dont les cotés sont déterminés par le rebord de la cape du Christ a gauche et son bras dirigé vers Judas avachi sur la table et dont le dos prolonge la main de Jésus.Un Judas pas trop mal traité ici,mémé si il est le seul qui n’est pas nimbé.Le message principal bien dans la tradition chrétienne occidentale est quand meme la trahison.C’est le méme symbolisme qui se dégage de la Céne représentée à la Chapelle de Rouillac sur la commune de Montcuq dans le Lot.Les peintures qui ne bénéficièrent du label monument historique qu’en 1980 sont de moins bonne qualité et surtout plus dégradées.Judas qui semble assis sur la table est figuré rabougri,de profil,et trés laid.Jésus semble lui donner la becquée.

La Cène à la chapelle de Rouillac(Lot)

La Cène à la chapelle de Rouillac(Lot)

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Cène de Amné (détail)

En l’église St Martin de Amné en Champagne,prés du Mans la Céne s’inscrit dans un grand rectangle borduré d’ocres.Les peintures sont statiques.Les apotres de part et d’autre du Christ central lèvent tous la main droite en signe d’acceptation.Judas est minuscule.A noter qu’ici St Pierre et sa clé sont figurés à la droite de Jean.

A Angoutrine en Cerdagne les peintures de la fin du XII ième rèvèlent une Céne ou Judas est assis sur la table.La nappe en damiers est peu commune.

Le Christ,Jean et Judas à Angoustrine

Le Christ,Jean et Judas à Angoustrine

A  St Jacques des Guérets dans la vallée du Loir la table recouverte d’un drap plissé ,n’est pas recouverte d’objets.On remarque l’énorme clé de Pierre,et surtout un Judas qui a conservé son auréole.

La Cène à St Jacques des Guérets

La Cène à St Jacques des Guérets

Aux murs du choeur de l’église de Sainte Marie aux Anglais en Normandie ,une Cène du début du XIII ième siècle est traitée de manière trés linéaire.La table est encombrée d’une multitude d’objets

La Cène à Ste Marie aux Anglais

La Cène à Ste Marie aux Anglais

En la chapelle St Georges de Rochecorbon non loin de Tours figure une image tronquée de la Cène,sans doute du début du XIII ième siècle se superposant sur un tableau plus ancien représentant le lavement de pied.La Céne confinée dans un cadre rectangulaire vaut surtout pour les belles tonalités claires verte,jaunes et grises.

La Cène à St Georges de Rochecorbon

La Cène à St Georges de Rochecorbon

Mais la Céne la plus surprenante figure hors de notre territoire aux fresques de la fin du XI ième siècle de l’église du prieuré benedictin de Saint Thomas de Fluvia en Catalogne.Le peintre a inversé la position de Pierre et de Jean.Jean est à la gauche du Christ sur son bras,alors que Pierre tenant son énorme clé comme un gourdin est à droite.Judas tend sa main vers un plat contenant un petit cheval.Un peu plus loin sur la nappe décorée de losanges un petit personnage féminin sort la téte d’un bol.Derrière Judas une minuscule téte munie d’une sorte de petit bec emerge largement auréolée d’un autre bol.Derrière la table l’un des apotres s’est saisi d’un poisson.

La cène à Saint Thomas de Fluvia (Catalogne)

La cène à Saint Thomas de Fluvia (Catalogne)

 

 

Moutiers en Puisaye

25 janvier, 2016
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La Puisaye aux confins de l’Orléanais du Gatinais et du Nivernais est une région naturelle vallonnée et bocagère parsemée d’étangs.Une région de potiers aussi ou plane l’ombre de Colette et ou il fait bon flaner et séjourner.Un territoire rural ,la petite ville de St Fargeau et son célèbre chateau en est la principale agglomération,riche en peintures murales.Ce patrimoine culturel s’est fortuitement enrichi en 1982 avec la découverte d’un important ensemble de peintures en l’église paroissiale St Pierre de Moutiers dépendance d’un trés ancien prieuré dont il subsiste des vestiges au village.Un ensemble important par son ampleur d’abord,200 métres carrés de peintures de différentes époques furent dégagées et restaurées en 1983 mais aussi car il constitue le seul ensemble de peintures du XII ieme siècle de la région.Les fresques romanes ne sont pas d’une qualité exceptionnelle ,la palette est resteinte(ocres rouges et jaune blanc et noir pour le contour des personnages)mais l’ensemble est clair et harmonieux et le dessin élégant et raffiné au niveau du traitement des nombreux anges et d’une décoration florale originale.L’iconographie est classique excepté au niveau des peintures s’étalant en deux tableaux de part et d’autre de la porte d’entrée au revers de la façade occidentale.Les peintures s’étalent en un seul registre.A gauche de la porte un personnage semble courir les bras tendus.Un filet rouge jaillit de son poignet.Devant,figure l’image à demi effacée d’une femme tenant une coupe destinée à recueillir le précieux liquide.A droite un personnage masculin csemble vider un récipient.Ces peintures plus stylisées paraissent différentes de celles s’affichant aux murs de la nef,au point qu’il est permis de se demander si elles ne furent pas exécutées par un autre artiste.

Revers de la façade occidentale,sang s'échappant du poignet d'un personnage non identifié

Revers de la façade occidentale,

Aprés le dégagement des peintures,les restaurateurs se trouvèrent confronter à un dilemme.Des peintures de différentes époques se superposaient.Ils firent le choix judicieux de privilégier le décor roman sur tout le mur nord de la nef,conservant ainsi la cohérence iconographique de l’ensemble.

Au mur sud de la nef,les fresques s’étalent en plusieurs registres mélées à des peintures plus récentes du XIII ième et XIV ième siècle.

Peintures gothiques au mur sud(fin du XIII ième siècle)Genèse et enfance du Christ

Peintures gothiques au mur sud(fin du XIII ième siècle)Genèse et enfance du Christ

Une travée du mur Sud montre au registre supérieur des peintures romanes,trois personnages couronnés et imberbes sous une série d’arcatures,portant de longues robes sont encadrés d’anges et de saints auréolés.Au registre inférieur,un personnage à cheval sur un monstre crachant du feu brandit un gourdin.

Le mur Nord de la nef est quasiment reservé aux peintures du XII ième siècle.Elles s’étalent sur plusieurs registre,les peintures du registre inférieur sont ici,comme souvent presque complétement effacées.Des piliers en bois de soutien de la charpente masquent une partie des peintures

143A l’emplacement 1 figure l’annonciation.Un bel ange aux ailes déployées se présente devant la Vierge ,lain droite levée vétue d’une robe ocre jaune et rouge et d’une cape brune On distingue une décoration végétale stylisée comme on en voit ailleurs tout au long du programme. De la visitation evoquée à l’emplacement 2 on ne distingue que des parties des tètes des deux femmes.La scène est en grande partie masquée par les poutres de bois.

Décoration végetale

Décoration végetale

A  l’emplacement 3 une nativité assez rudimentaire montre l’enfant emmailloté sous une lanterne qui a remplace l’étoile.Le boeuf et le cheval sont effacés .La Vierge allongée désigne du doigt son enfant tandis que Joseph au pied du lit est songeur.

La nativité

La nativité

L’annonce aux bergers qui figurait à l’emplacement 4 est trés dégradée.On voit encore l’ange dans le coin supérieur gauche et un beau rameau identique a ceux que l’on peut admirer tout au long du programme.

A l’emplacement 5 est représentée la scène principale de l’ensemble.Un Christ au nimbe crucifère vétu d’une trés belle robe ocre rouge apparait montrant ses plaies.

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Détail du Christ montrant ses plaies et ange sonnant de la corne

Détail du Christ montrant ses plaies et ange sonnant de la corne

Autour quatre anges soufflent dans une corne tandis que de part et d’autre,deux autres grands anges les ailes déployées sur leur téte apportent les instruments de la passion.On distingue à droite la couronne d’épines et les clous.

Ange apportant la couronne

Ange apportant la couronne

A la partie inférieure de la scène on distingue deux personnages malheureusement effacés,levant leur bras vers le Christ.A gauche figurait Marie identifiable a son auréole et à droite Jean selon l’iconographie habituelle.Le Christ partiellement masqué par une poutre,figure dans une mandorle quadrilobée caractérique du XIII ième siècle.

Visage du Christ

Visage du Christ

Il semble que cette gloire a été surajoutée postérieurement en méme temps que la bordure sortant sous la manche droite.Les mains de la vierge sont accolées à la mandorle à gauche,alors que celles de Jean à droite en sont éloignées.On peut en déduire que lors de la réalisation primitive de cette scène,la mandorle actuelle n’existait pas.

L’emplacement 6 révèle quelques vestiges non identifiables du registre inférieur.Les emplacements 7 sont des bandes décoratives de motifs végétaux en bas et d’un motif géométrique assez original eu haut composé de deux bandes de rubans plissés jaune et rouge déterminant de trés larges losanges assez peu courants

Bande décorative supérieure et triptyque du XV ième(emplacement 8)

Bande décorative supérieure et triptyque du XV ième(emplacement 8)

Le choeur et les chapelles absidiales conservent des peintures des XVII et XVIII ième siècle.L’église St Pierre de Moutiers offrait quelques attraits bien avant la découverte des peintures murales et notamment un trés beau porche gothique du XIII ième,comme ceux que l’on rencontre,moins élaborés,devant bon nombre d’églises du Gatinais voisin

Porche gothique de Moutiers

Porche gothique de Moutiers

 

 

 

Les anges de Saint-Chef

24 janvier, 2016
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L’église de St Chef en Isère,prés de Bourgoin Jallieu ne frappe pas d’entrée le visiteur.C’est un édifice banal,composite mais qui selon les dires de musiciens que j’avais rencontré lors de ma visite ,posséde d’assez extraordinaires qualités acoustiques;c’est déja ça.Mais pour découvrir le trésor de St Chef il faut s’avancer jusqu’au transept et la chapelle haute du bras nord qui renferme des peintures trés particulières.Certaines scènes,la Jérusalem Céleste en particulier, au méme titre que l’Arche de Noé de St Savin,le Tétramorphe de St Jacques des Guérets,les Vieillards de Fenollar ,la dormition de la Vierge du Liget ou la Vierge assise sur son « drakkar »à Palluau sur Indre font partie des images « culte »de la peinture murale romane.

Jérusalem celeste de St Chef

Jérusalem celeste de St Chef

La série d’anges aux ailes étirées au dessus de leur tète et diversement orientées ,tapissant la voute est unique.Elle singularise les peintures de St Chef.Mais les bleus profonds des groupes de saints aux murs de retombée des voutes et aux vétements de la Vierge en prière enrichissent aussi le particularisme de St Chef.

Visage d'un "bienheureux"

Visage d’un « bienheureux »

A la chapelle vient se greffer une petite absidiole dont l’arc d’entrée est couronné par l’image d’un agneau de Dieu entre deux anges.Au cul de four trone un Christ en gloire dans sa mandorle entouré de deux anges.L’ensemble est malheureusement trés dégradé ,les parties hautes sont effacées.Sous une jolie bande de rubans plissés figurent sur le mur en hémicycle et de part et d’autre d’une fenètre les images des archanges Michel,Gabriel,Raphael et Georges;

La voute principale de la chapelle haute montre un ensemble peint centré sur l’image d’un Christ dans une mandorle à fond clair,les bras en position d’orant.Il tourne le dos au voutain occidental occupé par la cèlèbre image de la Jérusalem céleste représentée sous forme d’un chateau aux allures disproportionnées ,surmonté d’un lanternon coiffé d’un agneau tout aussi disproportionné,tout comme le sont ,à l’instar des animaux de l’arche de Noé de St Savin,les personnages apparaissant aux fenètres du batiment.

Saint CHEF

Christ en gloire au centre de la voute

De part et d’autre du batiment matérialisant la Jérusalem céleste figurent deux grands anges.L’un a gauche tient l’apotre Jean par le bras,l’autre à droite accompagnent les petits élus vers le paradis.

Détail de l'ange tenant St Jean

Détail de l’ange tenant St Jean

Au voutain est(coté absidiole) est figurée une trés belle image de la vierge en position de prière,hiératique,dans une stricte robe bleu foncée,se détachant des blancs des ailes et des auréoles des anges qui l’entourent

Vierge et anges au voutain oriental

Vierge et anges au voutain oriental

Les voutains sud et nord sont occupés par les fameux anges et leurs étonnantes ailes.

Les anges de Saint-Chef dans archeologie saint-chef-det0024-300x202

Détail des anges du voutain sud

Anges et archanges au voutain Nord

Anges et archanges au voutain Nord

Une large frise de motifs végétaux sépare les peintures de la voutes des tableaux des murs,grands rectangles bordurés à fond bleu renfermantt les images de personnages tous nimbés assis et alignés comme une garde d’honneur.L’ensemble est limité à la partie inférieure par une bande de grecques.

Bienheureux aux murs de retombée de la voute

Chacun des personnages est traité différemment,chaque visage est particulier

saint  chef det0022st chef   sages0024Les peintures de Saint Chef font l’objet d’une polémique d’expert à propos de leur datation.Certains les considèrent comme datant de la deuxième moitié du XI ième siècle,d’autres avancent la date de 1100,d’autres encore parlent de peintures de la fin du XII ième.

 

 

 

 

 

 

Motifs décoratifs

23 janvier, 2016
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age, photos peitures murales | Pas de réponses »

Les motifs dits de décoration,occupent une place considérable dans les ensembles peints romans,tant en volume que du point de vue de leur signification.Trés variés,certains reviennent réguliérement comme un leitmotiv.Cette variéte rend parfois difficile l’interprétation,méme si il faut indéniablement attribuer une valeur symbolique précise à certains motifs.Tantot purement décoratifs(frise de monstres ou de scènes de chasse),tantot destinés à combler le vide,ils sont le plus souvent utilisés pour structurer l’ensemble peint,le compartimenter,le limiter(bandes de motifs géométriques,superpositions de traits etc..)Mais certains motifs,liès notamment au monde végétal ont une haute valeur symbolique.Les motifs décoratifs sont généralement classés en deux grandes catégories,les ornements géométriques et les motifs végétaux.

Le ruban plissé est la formule décorative géométrique la plus usitée .

Ruban plissé à Brinay(Cher)

Ruban plissé à Brinay(Cher)

Le ruban plissé utilisé en une seule bande détermine des espace triangulaires.On sait que le triangle était trés utilisé dans les frises byzantines.On lui attribue souvent un role occulte.Pointe en haut il symbolisait l’homme et le feu,pointe en bas il évoquait la femme et l’eau.

Simple ruban plissé à Angoustrine

Simple ruban plissé à Angoustrine

En double bande ,le ruban plissé libère des surfaces losangiques.Le losange identifie la femme depuis la préhistoire.

Double ruban plissé et losanges à Vic.

Double ruban plissé et losanges à Vic.

Quelquefois le ruban plissé décrit des courbes ,des méandres.Un double ruban plissé de méandres libère des surfaces en ellipse.L’ellipse n’est rien d’autre que le représentation en perspective du cercle et sa valeur symbolique est donc à rattacher à celle du cercle.

Ruban plissé et ellipse à Montgauch.

Ruban plissé et ellipse à Montgauch.

Les motifs de grecques sont largement répandus.La grecque dérive directement de la svastika,symbole trés ancien.La lettre grecque Gamma figure quatre fois dans la swastika,qui évoque une roue,un mouvement giratoire.Dans une bande de grecques il n’y a aucune ligne oblique.Toutes les lignes horizontales ou verticales sont parallèles entre elles.Les larges bordures de grecques limitent les scènes dans le sens horizontal.Parfois elles décorent l’extrados d’un arc.C(est le cas à St Plancard au niveau de l’arc d’entrée du choeur,mais aussi à St Hilaire de Poitiers.

St Hilaire de Poitiers,bande de grecques décorant un arc

St Hilaire de Poitiers,bande de grecques décorant un arc

Les grecques participent au cloisonement,à la séparation des scènes selon une tradition proche orientale.A Arles sur tech,Vic,Brinay,St Martin des Puits,une large bande de grecques limite les scènes au niveau supérieur,tandis qu’à St Chef elle constitue la limite inférieure des peintures représentant le collège apostolique.

Arles sur Tech,bande de grecques séparant les scènes

Arles sur Tech,bande de grecques séparant les scènes

A la chapelle castrale des Allinges,une double bande de grecques tapisse le mur en hémicycle de l’abside,enserrant à intervalles réguliers des tableaux ou sont figurées des bustes de vertus.Peut etre faut il attribuer à une telle disposition une signification apotropaique,c’est à dire le pouvoir de repousser les influences maléfiques.Ainsi les vertus cardinales ,symboles du bien,seraient protégées du mal par la double bande de grecques.On reconnait dans cette disposition des influences coptes.

Grecques et vertus aux Allinges

Grecques et vertus aux Allinges

Tés belle décoration de grecques interrompues de carrés renfermant oiseaux et animaux fantastiques à Tournus

Tés belle décoration de grecques interrompues de carrés renfermant oiseaux et animaux fantastiques à Tournus

Au Vieux Pouzauges en Vendée,la bande supérieure de gecques est interrompue de rectangles dans lesquels figurent des animaux fantastiques.Au baptistère St Jean de Poitiers,le méme motif sert de support à des représentations d’oiseaux tenant dans leur bec des rinceaux.

Lorsque plusieurs rubans se croisent et se recouvrent en dessinant des courbes diverses,on parle alors d’entrelacs.On peut observer de trés beaux exemples de ces motifs de décoration,à la basilique St Julien de Brioude qui dispose par ailleurs d’un trés riche répertoire ornemental.Les entrelacs sont considérès comme des symboles de croissance.Les évocations de l’Arbre de Jéssée s’accompagnent d’un réseau de tiges entrelacées,à Moissac particulièrement.

Entrelacs à Brioude

Entrelacs à Brioude

Rameaux entrelacés à Moissac

Rameaux entrelacés à Moissac

Les ondulations cinstituent également un motif décoratif trés répandu.Le plus souvent il s’agit de lignes ondulées parallèles sans signification particulière lorsqu’elles décorent un fond comme à Chateau Landon ou Parçay Meslay.En revanche dessinées sous les pied des personnages,de coloration ocrée,comme au baptistère St Jean de Poitiers,eles évoquent la terre.Parfois ces ondulations s’épaississent ,deviennent plus élaborées dans des tonalités plus claires et elles évoquent alors des nuages et matérialisent le ciel.

Ondulations au mur de l'abside de Parçay-Meslay prés de Tours.

Ondulations au mur de l’abside de Parçay-Meslay prés de Tours.

Ondulations matérialisant la terre au baptitére St Jean.

Ondulations matérialisant la terre au baptitére St Jean.

Les imbrications ou rangées d’écailles ont une signification différente selon leur orientation.Dirigées vers le bas les écailles évoquent le ciel palpable,elles peuvent par exemple matérialiser la couverture des toits.Dirigées vers le haut elles symbolisent le ciel impalpable,la montagne à gravir pour accéder au royaume des cieux.Parfois la pointe des écailles se termine par une sorte de volute et elles évoquent dans ce cas l’air ou les flots.On en observe un bel exemple à la crypte de St Aignan sur Cher aux scènes retraçant la légende de St Cilles,mais également à Vic.

St Gilles devant la mer à St Aignan.

St Gilles devant la mer à St Aignan.

Imbrications à volutes à Vic

Imbrications à volutes à Vic

De nombreux motifs de décoration font appel à des représentations circulaires.Suite de médaillons renfermant des animaux fantastiques ou des personnages(St Emilion)apotres en buste inscrits dans des disques(Poncé sur le Loir,St Michel d’Aiguilhe)représentations des tableaux des mois dans des cercles(Vieux Pouzauges).La valeur symbolique de toutes ces représentations est a rattacher à celle du cercle.

Alignement de cercles au clocher de l'ancienne abbaye de Beaulieu les Loches

Alignement de cercles au clocher de l’ancienne abbaye de Beaulieu les Loches

A Vals en Ariège,une série de cercles reliès entre eux forment une chaine.Figurés à la voute ,ils symbolisent le lien entre ciel et terre.Les simples bandes colorées,décorées à distance régulière de petites sphères ou de perles portent le nom de galon.On les rencontre à profusion.

Chaine de cercles à Vals

Chaine de cercles à Vals

Les oves ou hémicycles adossés si fréquents dans les peintures catalanes(Casesnove,Serrabone)sont signes d’ancienneté,mais ils sont parfois utilisés comme éléments archaisants.C’est le cas à Notre Dame du Vilar ou l’on peut observer rubans plissés,frise d’animaux fantastiques et hémicycles adoossès

Motifs décoratifs à la chapelle du Vilar

Motifs décoratifs à la chapelle du Vilar

Les ornements végétaux sont aussi divers que nombreux.Les représentations de fleurs sont surtout cantonnées aux vètements.Lorsqu’il s’agit de fleurs isolées on parlera de fleurons.Le fleuron n’est apparu qu’au XII ième siècle.Les fonds constellés de motifs floraux,souvent difficile à distinguer des images d’étoiles tellement ils sont stylisés,caractérisent plutot la période gothique ou l’extrème fin de la période romane(Ste Marie aux Anglais,Marcevol)

A Brioude ou à Berzé la Ville,on peut voir de belles représentations de fleurs dans leur vase.

Brioude,vases de fleurs décorant un pilier

Brioude,vases de fleurs décorant un pilier

Berzé,vase et végétaux

Berzé,vase et végétaux

Le symbolisme général d’une fleur est à rattacher à celui du nombre de ses pétales.

Tréfles à quatre feuilles associés a un galon aux Salles Lavauguyon

Tréfles à quatre feuilles associés a un galon aux Salles Lavauguyon

La fleur de lys et ses trois pétales est un motif ornemental trés représenté,dont la valeur symbolique s’est étiolée au fil des siècles,pour ne devenir qu’un pur élément de décoration.Pour le Moyen Age chrétien,la fleur de lys symbolise pour François Garnier »l’ordre surnaturel et l’ordre naturel ».Mais bien d’autres significations lui ont été attribuées avant qu’elle ne devienne le symbole de la royauté.

Fleurs de lys au temple de Cressac

Fleurs de lys au temple de Cressac

Les fleurs de lys du temple de Cressac doivent etre considérées comme à la fois le symbole de la lutte contre les infidèles mais aussi comme la confirmation d’une fleur de lys devenue symbole royal.Au baptistère St Jean de Poitiers l’empereur Constantin couronné et à cheval tient un globe dans une main et un sceptre surmonté d’une fleur de lys dans l’autre.Le sceptre et la couronne symbolisent le pouvoir terrestre,la fleur de lys symbolise la transmission du pouvoir divin à l’empereur.Les rameaux ascendants constituant l’Arbre de Jessée de Lavardin prés de Vendome se terminent tous par des fleurs de lys.La fleur de lys symbolise ici la filiation,la communication entre Dieu et son peuple.Une signification identique doit étre attribuée aux fleurs de lys plus stylisées terminant le rameau de Jéssée au Liget ;ainsi qu’à celles ornant les tiges de l’Arbre de Moissac.

La feuille de vigne est abondamment utilisée.Une belle représentation figure aux fresques de Vic sous forme d’une frise de rinceaux.

Rinceaux de feuille de vigne à Vic

Rinceaux de feuille de vigne à Vic

Les rinceaux sont constitués d’une tige végétale dessinant des méandres,de laquelle s’échappent des rameaux souvent fleuris.Les frises de rinceaux englobent parfois des représentations animales.Largement utilisés ,leur signification est à rapprocher de la symbolique de l’arbre.

Rinceaux simples à Areines

Rinceaux simples à Areines

Rinceaux plus élaborés à Cressac

Rinceaux plus élaborés à Cressac

Belle frise de rinceaux à Ebreuil

Belle frise de rinceaux à Ebreuil

Le peintre roman a dessiné les arbres de façon trés etonnantes.Les représentations sont schématiques ,déformées parfois à peine esquissées ,disons le baclées ,comme si les artistes ne souhaitaient que l’on ne perçoive l’arbre que dans sa profondeur symbolique si importante au Moyen Age(croix du Christ,arbre de la Tentation,arbre de vie etc..)

Curieux arbre au Vieux Pouzauges

Curieux arbre au Vieux Pouzauges

Arbres schématiques à St Savin

Arbres schématiques à St Savin

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A Saint-Polycarpe disciple de Saint Jean

22 janvier, 2016
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Des peintures de qualité ornent,disséminées sur le mur en hémicycle de l’abside,les voutes du choeur et de la nef,les arcs doubleaux de séparation,et quelques pans des murs gouttereaux,de l’église de Saint Polycarpe prés de Limoux.Pas faciles à admirer ni à photographier en raison de l’élévation de l’édifice,elles sont naturellement consacrées à des thèmes de l’Apocalypse de St Jean dont St Polycarpe ,patron de l’église,fut le disciple avant de mourir brulé vif.Elles furent découvertes en 1971 et restaurées.Ces peintures présentent des ressemblances avec celles de la Catalogne voisine.La palette est plutot riche(ocres roges et jaunes blanc ,noir ,gris,bleu)mais ce sont surtout les tonalités sombres des peintures et des thèmes iconographiques plutot rares,situés tels qu’ils le sont ici,qui font la singularité de l’ensemble en dépit du caractère parcellaire de l’oeuvre.

Le mur en hémicycle de l’abside conserve des fragments représentant des personnages.Il s’agit probablement des vestiges du collège apostolique,le Christ en gloire aujourd’hui disparu devait figurer à la voute accompagné des quatre symboles.

A la voute est représenté un thème rare en peinture murale,l’évocation des 7 églises d’Asie figurées dans les voutains dont les arétes sont peintes en ocre rouge.Les peintures des voutains est et ouest sont presque totalement effacées.Les voutains sud et nord montrent chacun deux anges aux grandes ailes relevées sur leur tète,comme on peut l’observer à Génneteil ou à Saint-Chef.Les anges sont encadrés de deux fines et longues tours,décorées de bandes transversales colorées.

Anges et tours à la voute de la nef

Anges et tours à la voute de la nef

Sur le mur Nord de la nef ,à la retombée de la voute ,en haut,apparait un ange dans un médaillon entouré de deux autre anges.En dessous de part et d’autre de la fenètre,a droite,un ange dirige sa main droite levée vers un personnage assis tenant dans sa main un rameau terminé par une fleur de lys.Peut etre s’agit il d’une évocation de l’Arbre de Jéssée.A gauche un magnifique ange ,les ailes déployées,comme lové dans ses vétements.On discerne encore un fragment de bande décorative.

Ange au mur Nord de la nef

Ange au mur Nord de la nef

Sur le mur Sud de la nef,à droite de la fenétre,subsiste l’image d’un quadrupède dréssé sur ses pattes arrières.Le train avant et la tète ont disparu.On retrouve une bordure identique à celle du mur Nord.

L’intrados de l’arc de séparation des voutes de la nef et du choeur révèle un ange pointant son index,et dessous un personnage debout.Sous ses pieds un autre ange surplombant deux autres personnages non identifiés.

La voute du choeur est consacrée à l’adoration de l’Agneau par les Vieillards de l’Apocalypse.L’agneau blanc au centre se détache dans un médaillon à fond ocre borduré d’un beau décor d’ondulations bleues et blanches évoquant les nuages,entre deux bandes ocres.Autour gravitent des anges ,groupés deux à deux dans un médaillon concentrique dont la bordure ocre est soulignée d’ondulations.On ne distingue  plus que trois anges aux courtes ailes.Les voutains sont occupés par les Vieillards,tous couronnés,assis sur un trone ,les uns tenant une viole ,les autres une coupe.On distingue encore neuf vieillards reparties aux voutains ouest et nord et deux sièges au voutain sud.On peut imaginer que les 24 vieillards étaient regroupés à 6 par voutain.

Agneau et Vieillards à la voute du choeur

Agneau et Vieillards à la voute du choeur

Détail des Vieillards au voutain ouest

Détail des Vieillards au voutain ouest

 

 

Les fresques anonymes d’Allouis

21 janvier, 2016
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Qui connait les peintures murales d’Allouis,en dehors des spécialistes et des passionnés d’art roman.Ce petit village du Cher,non loin de Mehun sur Yèvre ne dispose en effet de pas beaucoup d’atouts pour attirer les foules.Oasis au coeur d’une plaine agricole rigoureusement plate que l’on ne nomme pas encore ici « champagne »,le bourg est plus identifiable par la présence voisine du haut pylone de télécom,que pour les peintures de son église.Des peintures injustement anonymes qui méritent pourtant vraiment un détour.Cantonnées au mur oriental de la nef percé d’une ouverture plein cintre d’accés au choeur,ces peintures constituent un modéle d’utilisation du mur à peindre.D’ailleurs on a le sentiment que l’église a été construite pour accueillir un décor peint qui devait occuper toutes les surfaces du choeur et de l’abside.

Localisation des peintures au mur est de la nef.

Localisation des peintures au mur est de la nef.

Pas de fioritures ici;le mur est parfaitement quadrillé,les peintures disposées en quatre tableaux trés strictement délimités par de fines bordures,scindés en deux registres par une bande décorative et limités à la partie supérieure par une autre bande.Un médaillon central somme l’extrados décoré de l’arc dont les intrados sont occupés par un calendrier des mois conformément aux traditions du XII ième siècle.Les peintures ,restaurées en 1974,bien que par endroits dégradées sont de belle qualité.La palette est riche à dominante de tons ocres rouge et brun puissants et d’un vert accrocheur,encore vif par endroits ,presque métallique que l’on retrouve aux fresques de Poncé sur le Loir.Les blancs sont aussi trés présents notamment au niveau des visages et il faut noter la présence d’un beau bleu azur,type « bleu val de Loire » trés peu usité dans le Berry.L’ensemble esthétiquement plutot surprenant est « sauvé » par la qualité du dessin,supérieure au niveau des grands tableaux qui semblent avoir bénéficié,plus que les scènes du Calendrier des mois de l’attention et de la dextérité du peintre.

Le Calendrier des mois  aux intrados de l’arc est malheureusement incomplet.Les six scènes des parties basses ont disparu.Les rouges sont ici présents à l’excès,mais certaines scènes sont cocasses en particulier la vendange de Septembre.

Allouis,Septembre la vendange

Allouis,Septembre la vendange

L’évocation d’Avril est assez singulière.On y voit un personnage non identifié ,debout,vétu d’une longue robe blanche attestant qu’il ne s’agit pas d’un paysan,mais d’un personnage important.

Allouis,évocation du mois d'Avril

Allouis,évocation du mois d’Avril

A l’emplacement 1 deux beaux anges etirés epousant parfaitement la courbe de l’arc,encadrent un médaillon assez effacé à fond vert renfermant l’agneau de Dieu.Dessous à l’emplacement 2 est représenté l’ensevelissement du Christ sous une triple arcade brune et blanche.Joseph d’Arimathie à la barbe blanche soutient le Christ a demi allongé .Au pied du cercueil se tient Nicomède.La scène se détache d’un fond constitué de trois larges bandes banche verte et brune.

l'ensevelissement du Christ

l’ensevelissement du Christ

L’emplacement 3 révèle une image détériorée des Saintes Femmes au tombeau.La dernière des femmes la téte appuyée sur sa main présente un trés beau visage,expressif ,témoignant de la dextérité du peintre d’Allouis

allouis viergeA l’emplacement 4 il ne subsiste que la partie haute d’une crucifixion avec les représentations du soleil et de la lune dans les cantons supérieurs.L’image de la Vierge identifiée par l’inscriptionMA-RIA a disparu.De l’autre coté on distingue bien la téte auréolée de brun de Jean.Le christ sur la croix est traité de manière trés realiste,le corps décharné.allouis  crucifiction

L’emplacement 5 est tout entier à la gloire de la Vierge assise sur un large siège finement décorée ,tenant l’enfant de son bras gauche.Auréolée de brun et voilée de blanc elle est encadrée de deux femmes.Celle de droite tient au bout de son bras une sorte de calice ou de lampe.Les personnages sont figurés sous des arcades.D’autres arcatures en deux rangées superposées évoquent une galerie de cloitre oriental.

allouis  vierge tronan

Vierge à l’enfant (détail)

 

L’archivolte de l’arc triomphal (emplacement 6) est décorée d’animaux fantastiques se détachant d’un fond rougeatre.L’ensemble est malheureusement trés dégradé.Deux bades de grecques séparent l’une les peintures en deux registres,l’autre l’ensemble peint du plafond(emplacements 7 )

Des vestiges de peintures bien plus tardives ornent un mur de la nef;on y reconnait trois ecclésiastiques.

Le noir banni

20 janvier, 2016
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Le noir originel,celui qui prenait place dans le tryptique,rouge blanc noir des populations africaines,était quasiment banni au XII ième siècle.Banni au sens ou il n’était jamais utilisé en larges surfaces,et lorsqu’il l’utilisait le peintre roman s’efforçait de l’associer a une autre couleur pour en diminuer sa valeur séméiologique négative aux yeux de l’occident chrétien.Le noir symbolisait le deuil ,la mort et lorsque exceptionn.ellement il était appliqué en surfaces de fond,il ne s’agissait jamais d’un noir pur.

Peintures du XIII ième siècle à St Martin d' Aime(Rachel et le massacre des innocents)

Peintures du XIII ième siècle à St Martin d’ Aime(Rachel et le massacre des innocents)

A Caldégas ,hameau de la commune de Bourg-Madame,dans les pyrénées catalanes,les peintures du début du XIII ième qui ornent la petite église éminemment romane,s’étalent sur des fonds noirs.Noirs mais « adoucis ».Sur le superbe tableau montrant un chevalier au faucon partant pour la chasse,l’artiste a bien pris soin de gommer les impressions négatives qui pourraient émaner du fond noir,par un traitement presque exclusivement blanc du cheval et de son cavalier.

le cavalier au faucon de Caldégas

le cavalier au faucon de Caldégas

Caldégas,le lion de St Marc

Caldégas,le lion de St Marc

Aux peintures de la fin du XII ième siècle,ornant la crypte de l’église semi troglodytique Notre Dame dans la petite « cité du livre »de Montmorillon dans la Vienne ,le peintre a fait preuve de réalisme en peignant en noir le visage de Sainte Catherine d’Alexandrie désignée par la main de la vierge à l’enfant tronant à la voute.

Montmorillon,le visage noir de Ste Catherine

Montmorillon,le visage noir de Ste Catherine

A St Jacques des Guerets dans la vallée du Loir,l’artiste a utilisé le noir en divers endroits du grand programme peint;a la scène de la crucifixion,a l’évocation de la décollation de St Jean Baptiste ou encore pour le traitement de St Georges patron des croisés à l’intrados d’une fenètre

Damier noir et blanc au St Georges de St Jacques des Guerets

Damier noir et blanc au St Georges de St Jacques des Guerets

St Jacques des guérets,détail de la crucifixion

St Jacques des guérets,détail de la crucifixion

A Vals dans l’Ariège,les larges surfaces noiratres qui apparaissent a la voute,ne seraient dues qu’à une dégradation des pigments bleus d’origine.Les exemples précédents,tout comme celui de l’enfer à Polignac prés du Puy,ne sont que des exceptions.Le noir à l’époque romane,fut cantonné aux drapés des vétements,aux bordures des tableaux encadrant les scènes,aux cheveux et aux barbes,aux inscriptions et surtout aux contours des personnages soulignés d’un trait noir ou trés foncé de plus en plus large et appuyé au fur et à mesure que l’on s’est rapproché du XIII ième siècle.Finalement le noir n’aura acquis sa valeur séméiologique qu’avec l’avénement du gothique et l’apparition de larges litres funéraires.

Chamalières sur Loire,vierge à l'enfant,soulignée d'un épais trait noir(Peinture de la fin du XII ième)

Chamalières sur Loire,vierge à l’enfant,soulignée d’un épais trait noir(Peinture de la fin du XII ième)

 

Les vierges de Genneteil

19 janvier, 2016
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L’église St Martin de Genneteil en Anjou, conserve un ensemble de peintures murales datées du milieu du XII ième siècle ,localisées à l’absidiole septentrionale .D’autres traces de peintures d’une autre époque sont visibles sur les murs de la nef.On peut dire de ces peintures ,de belle qualité,qu’elles constituent une sorte d’ode à la Vierge.Les tons dominants sont sans surprise les ocres rouges et jaune,agrémentés de touches d’un beau vert de gris et de blanc.247

L’emplacement 1 correspond à une large bande décorative bordée d’ocre rouge et jaune,et composée de motifs géométriques de forme trapézoidale.Aux emplacements 2 figurent huit vierges de part et d’autre de la bande faitière.Douze d’entre elles tiennent une lampe conique.Toutes sont couronnées et auréolées et se détachent d’un fond blanc

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La tentation est grande de voir dans cette image une évocation de la parabole des Vierges Sages et des Vierges Folles.L’histoire est relatée dans l’evangile de St Mathieu.Dix jeunes vierges sont réunies pour rencontrer l’Epoux.Seules cinq d’entre elles disposent de l’huile nécessaire pour allumer leur lampes (Vierges Sages).Les cinq autres (Vierges Folles)partent en quète de la précieuse huile.A leur retour,elles trouvent porte close.Généralement le traitement des Sages et des Folles est fort différent,les artistes s’efforçant notamment de bien signifier la frivolité des Folles.Ce n’est pas le cas à Genneteil.On a d’autre part du mal à comprendre que la Vierge à l’Enfant puisse représenter l’Epoux.

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A l’emplacement 3 ,cul de four de l’absidiole,figure une trés belle représentation de la vierge dans une mandorle entouré par deux magnifiques anges agitant des encensoirs,leurs larges ailes déployées au dessus de leur tète.Sur le mur,séparée de la voute par une bande d’ondulations ocre rouge,on distingue les restes d’une présentation au temple

Vierge à l'enfant dans sa mandorle

Vierge à l’enfant dans sa mandorle

Détail de l'ange entourant la gloire de la Vierge

Détail de l’ange entourant la gloire de la Vierge

Ange agitant un encensoir(détail)

Ange agitant un encensoir(détail)

Sur le mur opposé(emplacement 4) une belle représentation du baptème du Christ.Le Christ est accompagné de l’apotre Jean,la présence d’un ange est perceptible au dessus.L’évocation du baptème sous cette forme est assez peu courante.On retrouve une image ressemblante aux peintures de Lavardin dans le Loir et Cher.Ailleurs l’enfant est représenté dans une cuve baptismale faisant confondre parfois le baptème avec le bain de l’enfant.

Le baptème du Christ

Le baptème du Christ

Enfin aux intrados de l’arc d’entrée(emplacement 5) de part et d’autre de l’image d’un Christ dans son médaillon,figurent les images de deux personnages parfois non ou mal identifiés en raison de la forme de l’ »objet » tenu a bout de bras par l’un d’entre eux .L’objet pris parfois pour un bouclier.Il s’agit en fait d’une gerbe de blé et le personnage la portant est Cain.Son frére Abel est représenté en face.La scène est quasiment identique a celle que l’on observe aux intrados d’une fenètre a Lignières de Touraine(Voir l’article sur Abel et Cain)

Cain offrant une gerbe de blé

Cain offrant une gerbe de blé

 

 

 

Les peintures atypiques de Montgauch

18 janvier, 2016
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La petite église de Montgauch,a l’entrée du village situé à quelques kilométres de St Lizier et donc de St Girons,ne sont pas trés connues.L’ensemble est pourtant important et assez différent de ce que l’on peut voir habituellement en matière de peintures murales dans la région.Les fresques découvertes en 1957 ont été depuis restaurées,elles sont datées de la deuxième moitié du XII ième siècle.Elles occupent essentiellement les voutes de l’abside et du choeur de l’église a nef unique de la fin du XI ième siècle.Les peintures se prolongent également sur le mur en hémicycle de l’abside en cul de four.La palette est riche avec une prédominance de tons plutot sombres(ocres,gris,bruns,bleus foncés)éclairés par des touches de blanc,au niveau des visages surtout et de vermillon judicieusement utilisé pour rehausser les peintures.Les contours des personnages sont soulignés d’un épais trait noir,comme souvent sur les peintures romanes de fin d’époque,sans que cela n’altère les qualités esthétiques indéniables de l’ensemble.

Montgauch,ensemble des peintures

Montgauch,ensemble des peintures

Il est surprenant de découvrir un ensemble aussi important,ainsi localisé aux voutes dans cette petite église rurale.Cette oeuvre résulte d’un mélange de styles,d’influences,de techniques de réalisation,qui rendent difficile son rattachement a telle ou telle autre ecole.Ainsi les influences du Maitre de Pedret,pourtant toutes proches à St Lizier,ne sont que peu perceptibles,si ce n’est peut etre dans le dessin des couvre chefs des élus à la voute du choeur

Groupe d'élus à la voute du choeur

Groupe d’élus à la voute du choeur

On note des ressemblances avec les peintures toulousaines,mais aussi avec les peintures catalanes(Ailes ocelées des archanges évoquant les ailes de l’ange d’Arles sur Tech)et certaines peintures du centre ouest pour ce qui est du traitement des visages.

Visage de l'apotre Jean

Visage de l’apotre Jean

Archange à la voute de l'abside

Archange à la voute de l’abside

Mais ce qui rend l’ensemble de Montgauch,franchement atypique,ce sont les incongruités iconographiques qu’il révèle.La plus flagrante étant la localisation à la voute du choeur d’un Jugement Dernier,dont la place est d’ordinaire systématiquement réservée au revers des façades occidentales.A Mongauch le Christ,trés éffacé,fait office de bande faitière,les scènes du Jugement dernier,incomplet,s’étalant de part et d’autre sur les murs de la voute.Plus incompréhensiblement encore,les damnés sont positionnés à la droite du Christ,place incontournablement dévolue au Elus.S’agit il d’une volonté du peintre ou d’une grossière erreur,nul ne le sait.Certains spécialistes y voient un rapport avec le combat contre l’hérésie cathare si prégnante dans la région.Mais d’autre bizarreries émaillent l’ensemble.Ainsi à la voute de l’abside,l’artiste semble avoir donné la priorité au traitement des deux grands archanges,confinant le Christ dans une mandorle trés effilée,qui parait insuffisante pour y loger l’ensemble de l’image,l’auréole débordant au sommet de la gloire.Les quatres petites représentations des évangiles sont quand à elles cantonnées,comme serrées à la partie inférieure.

Voute de l'abside(Christ,archanges,symboles des évangiles et vases à oreillettes)

Voute de l’abside(Christ,archanges,symboles des évangiles et vases à oreillettes)

Le mur en hémicycle de l’abside est orné de peintures en trois registres.Au registre supérieur dans les écoinçons des fenètres,sont relatées des scènes de l’enfance du Christ. On distingue à gauche une belle nativité avec l’enfant le boeuf et le cheval.A coté le « songe » de Joseph puis une visitation.

Nativité,l'enfant dans son berceau

Nativité,l’enfant dans son berceau

Le songe de Joseph

Le songe de Joseph

Au registre médian un groupe de personnages tous pieds nus suivent un cavalier et au registre inférieur subsite une belle crucifixion traitée dans des tons plus doux,se détachant d’un fond vert.Dans les cantons supérieurs de la croix deux anges soutiennent deux représentations du Soleil et de la Lune tandis que dessous à coté du porte hysope et du porte lance deux trés belles images de St Jean et de la Vierge.A la gauche de la Vierge subsistent les vestiges d’un thème peu courant ,la flagellation,et à droite de St Jean on distingue une scène montrant un soldat protégé d’un imposant bouclier.

Détail de la crucifixion

Détail de la crucifixion

Visage de la Vierge

Visage de la Vierge

 

 

 

 

 

 

 

Annonciation et Visitation

17 janvier, 2016
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LEAD Technologies Inc. V1.01Annonciation et Visitation sont souvent associées en peinture murale,et intègrent le cycle de l’enfance du Christ.Souvent mais pas toujours.Dans certains ensembles peints,la Visitation est absente ou incluse dans un autre cycle.Ainsi à Vic en Berry,l’Annonciation figure au mur oriental de la nef,tandis que la Visitation borde l’image de la crucifixion de St Pierre à l’abside.

Vic,l'annonciation au mur oriental de la nef

Vic,l’annonciation au mur oriental de la nef

Vic,la visitation aux murs de l'abside

Vic,la visitation aux murs de l’abside

 

A Pritz en Mayenne dans les faubourgs de Laval,l’Annonciation ,précède une image de la Vierge allaitant.La Visitation n’est pas représentée.

Pritz,vierge de l'annonciation

Pritz,vierge de l’annonciation

L’annonciation est l’annonce faite à Marie,par l’ange Gabriel ,de la naissance de son fils(Evangile de Luc).Néanmoins,les représentations peintes de l’Annonciation à l’époque romane,s’appuyent souvent sur des textes apocryphes.Dans la tradition byzantine,la Vierge est assise devant l’Ange Gabriel,généralement les mains en position d’orante.Dans la tradition orientale,la Vierge est figurée debout ,moins hiératique,moins solennelle;

Souday (Loir et Cher)Ange Gabriel et Vierge debout

Souday (Loir et Cher)Ange Gabriel et Vierge debout

Brinay,vierge de l'annonciation debout

Brinay,vierge de l’annonciation debout

Crypte de la cathédrale de Limoges,ange Gabriel et vierge de l'annonciation

Crypte de la cathédrale de Limoges,ange Gabriel et vierge de l’annonciation

Au prieuré de Notre Dame du Vilar ,dans les Pyrénées Orientales,l’ange Gabriel et la Vierge sont séparés par un oculus.La Vierge est assise sur un banc décoré dans la pure tradition byzantine,tout comme à Rocamadeur qui nous offre de l’Annonciation sa plus belle représentation,bénéficiant de la beauté et du prestige du site qui l’accueille,ainsi que du magnifique bleu de lapis lazuli qui occupe les fonds.La Vierge assise en position de prière reçoit l’esprit divin d’une colombe blanche effleurant sa tète.

Vierge de l'annonciation à Notre Dame du Vilar

Vierge de l’annonciation à Notre Dame du Vilar

Rocamadour,colombe de l'Annonciation

Rocamadour,colombe de l’Annonciation

378La Visitation est la visite de Marie qui vient d’apprendre la naissance,à sa cousine Elisabeth.Dans la tradition byzantine les deux femmes sot figurées marchant l’une vers l’autre.La peinture romane a rarement respecté cette tradition(fresques de l’église d’Areines prés de Vendome).Presque systématiquement l’artiste peintre s’est inspiré des modèles orientaux,ou les deux femmes sont représentées,joue contre joue,s’étreignant (Rocamadour,St Lizier,St Martin des puits)

Rocamadour,la visitation

Rocamadour,la visitation

la Visitation à St Martin des Puits

la Visitation à St Martin des Puits

 

 

 

 

Le Christ de Gourdon

16 janvier, 2016
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L’église Notre Dame de Gourdon,sur un ancien oppidum gaulois,surplombe la route menant de Montceaux les mines à Macon.C’est un bel édifice de la fin du XI ième siècle,intéressant car il n’a été que trés peu modifié.Des peintures murales,on ne pouvait voir jusqu’à une époque relativement rècente,que le Christ en majesté tronant à la voute.Les autres peintures ne furent dégagées que dans un deuxième temps.

gourdon en gloire0009L’extarordinaire visage du Christ dans sa gloire en amende,dégage une impression d sévérité accentuée par le dessin des yeux,disproportionnés figés et cerclés de rouge.Ce Christ était destiné à frapper le visiteur.Il y réussit encore fort bien.

516aLe reste des peintures se répartit essentiellement sur les murs de l’abside et du choeur.Les fragments visibles dans les absidioles ne sont pas identifiables.Sous l’image du Christ,dans les écoinçons déterminés par les arcs des trois baies plein cintre de l’abside,sont figurés deux evéques en buste,avec le palium,traités dans des tons ocre rouges trés soutenus.Les visages sont austères,les main traitées de façon trés particulière.

Main d'un évéque

Main d’un évéque

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gourdon  eveque0010

Au registre supérieur des murs du choeur,des deux cotés,court une frise d’apotres tous tournés vers le Christ.De beaux bleus viennent adoucir l’atmosphère pesante des puissants ocre rouges de la voute.

Bande bleue de fond derrière un groupe d'apotre

Bande bleue de fond derrière un groupe d’apotres.

Dessous,sous des arcatures aveugles,on peut observer plusieurs scènes.Coté sud ,une Nativité et une Annonciation.La Visitation a disparue.

Vierge de l'Annonciation

Vierge de l’Annonciation

La Nativité (détail)

La Nativité (détail)

Mais la scène la plus intéressante,car unique en France en peinture romane,se situe coté nord,ou figure sous un arc,une représentation des Pélerins d’Emmaus,confirmée par l’inscription « CLEOPAS » nom de l’un des pèlerins.L’histoire des Pélerins d’Emmaus est relatée dans l’évangile de Luc.Le Christ ressuscité rencontra deux pélerins incrédules sur un sentier.Souvent cet épisode n’est évoqué qu’au travers de l’image d’une mini Cène à trois personnages,le Christ et les deux pèlerins.C’est le cas à Gourdon.

Christ d'Emmaus

Christ d’Emmaus

premier pélerin

premier pélerin

 

"Cleopas" deuxième pélerin

« Cleopas » deuxième pélerin

A l’embrasure d’une fenètre,on peut voir l’image étonnante d’un diable cornu,décharné.Etonnante car réalisée ,à cet emplacement et hors du contexte d’un jugement dernier.

Diable cornu

Diable cornu

L’ensemble peint de Gourdon fait partie de ces oeuvres que l’on n’oublie pas.Non pas tant en raison de la qualité technique ou esthétique des peintures de la deuxième moitié du XII ième siècle,mais pour la rougeur sombre de la conque absidiale,le regard inquiétant du Christ de l’Apocalypse,le contraste quasi permanent entre ocre rouges soutenus et bleu profond des peintures des murs du choeur,qui confèrent à ces peintures une atmosphère pesante,allégée toutefois par la luminosité octroyée par les trés larges et hautes baies de l’abside

 

 

 

 

 

Problèmes de datation à Meobecq

15 janvier, 2016
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Les peintures murales de Méobecq dans l’Indre,ne sont pas les plus connues ni les plus spectaculaires du Berry.Il est vrai que les alignements de saints aux couleurs plutot fanées et au dessin rigide,si elles méritaient d’étre visitées,comme témoins de peintures murales en milieu rural, considérées alors de la deuxième moitié du XII ième siècle,ils ne suffisaient pas à attirer les foules.Or récemment des études ont prouvé que les peintures ne dataient pas du XII ième,mais qu’il fallait avancer leur date de réalisation d’un siècle,ce qui confère désormais à l’ensemble de Meobecq,devenu l’un des plus anciens de la région, un intérét archéologique considérable.L’intérét de Meobecq,réside aussi dans la présence d’images assez peut courantes,tirées du texte de l’Apocalypse.Des fragments,dont le style est sensiblement différent de celui des images de saints,semblent accréditer la thèse de la présence d’un deuxième peintre à Meobecq.

Le Christ en majesté qui tronait à la voute a quasiment disparu.Le mur en hémicycle est percé de trois grandes baies trés hautes,tandis que les deux murs de la travée droite sont décorées de hautes arcatures aveugles.La construction de l’église abbatiale de Méobecq est datée pécisément de 1048.Des transformations postérieures furent effectuées au XII ième siècle.C’est sans doute un des arguments qu’utilisérent les tenants d’une datation des peintures dans la deuxième moitié du XII ième siècle.L’architecture des murs permet de comprendre que l’artiste de Méobecq,disposait d’une surface à peindre relativement restreinte.

Au niveau des arcatures aveugles on observe une représentation de Saint Loyau qui fut le premier abbé de Méobecq.L’image est en partie effacée.Au dessus et a gauche de l’arc apparait l’image tronquée de St Jean auréolé et de l’ange de l’Apocalypse.

Ange et St Jean auréolé de gris

Ange et St Jean auréolé de gris.

A l’arcature sud est figuré St PIerre,le patron de l’église,assis sur un siège en X,se détachant d’un fond blanc.Dans un habit épiscopal rouge,il benit de sa main droite.La main gauche tient un livre et dessous est figurée une clé l’identifiant.Derrière son épaule apparait une crosse.

Saint Pierre

Saint Pierre

Sur les piedroits ,on peut voir du nord au sud,une image de Saint Cyran,fondateur de l’abbaye,dont la légende dit qu’il aurait été un proche parent de Dagobert et qu’il serait venu s’établir à Méobecq dés 632.La partie inférieur du saint a disparu.Dans un habit grisatre,il se détache d’un rectangle à fond blanc borduré d’ocres.Le saint auréolé d’ocre rouge,tient dans sa main gauche un livre et la crosse.Au dessus court un fragment d’une frise de rinceaux.

Saint Cyran

Saint Cyran identifié par une inscription

Au dessus figure un cavalier sur un cheval blanc tirant à l’arc.Il s’agit de la représentation du premier cavalier de l’Apocalypse.

Cavalier de l'Apocalypse

Cavalier de l’Apocalypse

L’image suivante montre Saint Benoit,patron du monachisme occidental,vétu de rouge,tenant le livre dans sa main gauche et la crosse dans sa main droite.Le personnage semble tassé,comme trop grand pour l’espace qui lui est réservé.

Saint Benoit

Saint Benoit

Le dernier saint est Saint Martial,premier évéque de Limoges ,célébré dans de nombreuses églises du Berry.Son nom est inscrit dans le coin gauche du cadre qui l’accueille.Il serre contre lui le livre des deux mains.Les drapés de ses vétements soulignés de vet,paraissent plus fluides que sur les autres représentations de saints

Saint Martial(détail)

Saint Martial(détail)

Aux intrados des fentres on peut admirer ,à la fentre axiale l’image un peu dégradée de deux beaux anges soutenant un médaillon.On ne peut déchiffrer l’image incluse dans le médaillon.

meobecq ange0002

A la fenètre sud ,deux personnages trés ressemblants se font face au sommet de l’intrados;L’image tronquée évoque deux martyrs.Chacun d’eux tient une couronne dans la main gauche.L’un a la main droite levée,l’autre dirige sa main droite ouverte vers le sol.Les couleurs des habits des personnages sont inversées.Cape rouge,robe verte pour l’un ,l’inverse pour l’autre.

Détail de l'un des deux martyrs

Détail de l’un des deux martyrs

Les peintures des registres inférieurs ont disparu;il subsiste l’image partielle d’un combattant en cote de mailles,sous le St Pierre.Peut etre s’agit il d’une évocation d’un combat des Vices et des Vertus

Guerrier représentant une Vertu

Guerrier représentant une Vertu

 

 

 

 

 

Abel et Cain

14 janvier, 2016
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L’histoire d’Abel et Cain est relatée dans la Genèse.Abel était berger et Cain cultivait la terre.Ils étaient les fils d’Eve.Ils présentèrent leurs offrandes à Dieu.Celui ci dédaigna ostensiblement celles de Cain qui fou de jalousie tua son frère et enfouit son corps dans le sol.Cain fut maudit par Dieu.

Chacun de ces épisodes a fait l’objet de diverses représentations tant sculptées que peintes.En peinture,l’histoire est magnifiquement reproduite aux fresques de Saint Savin.Ces épisodes ont été interprété comme une volonté divine de voir le peuple israélite demeurer un peuple de nomades.

St Savin,les offrandes d'Abel et Cain

St Savin,les offrandes d’Abel et Cain

Abel et Cain présentent leurs offrandes a Dieu.Il faut noter que Dieu tourne la téte à Cain,tandis qu’il désigne Abel déja auréolé et offrant un agneau.

St Savin,Cain frappe Abel gisant au sol

St Savin,Cain frappe Abel gisant au sol

A St Aventin prés de Luchon,un épisode de l’histoire d’Abel et Cain est représenté sur l’un des tableaux de la voute

A Ligniéres de Touraine ,prés d’Azay le rideau,Abel et Cain sont figurés aux intrados d’une fenètre,apportant chacun leur offrande.L’artiste a ouvré pour montrer qui était le « bon ».Abel porteur d’un couvre chef,est figuré à la droite de la main divine qui le désigne,c’est à dire du bon coté,celui des élus.Ses habits sont plus élaborés,une partie est relevée et servent de panier a l’agneau.Le bas de la robe claire est décorée de bandes colorées.Il est représenté de trois quart face,signifiant qu’il est devenu un personnage important.Cain est représenté à gauche de la main divine ,c’est à dire du mauvais coté,celui des rejetés.Il est figuré nue téte,sa tunique raide serrée à la taille est monochrome,ocre rouge.La palette est réduite à de l’ocre rouge et de l’ocre jaune.Cain est peint visage de profil,dans une représentation reservée aux personnages subalternes ou mauvais.

Ligniéres,Abel offrant un agneau

Ligniéres,Abel offrant un agneau

Lignières,Cain tenant une gerbe de blé

Lignières,Cain tenant une gerbe de blé

A St Jean le Thomas,village cotier normand prés de Avranches,le tympan au dessus d’une ouverture murée,montre le combat des deux frères.

St Jean le Thomas,duel entre les deux frères.

St Jean le Thomas,duel entre les deux frères.

Sur les murs de la nef,prés d’une fenètre,une deuxième image montre Abel et Cain présentant leurs offrandes sous le regard de Dieu figuré en haut et à droite.Cain est vétu d’une robe serrée à la taille,tandis qu’Abel porte un bel habit plus ample aux tons rouges.A coté on retrouve Cain de jaune vétu,une sorte de bèche à la main,tuant son frère.Le reste de la scène est éffacé.L’ensemble est limité au dessus par une large bande de beaux rinceaux rosatres,identiques a ceux qui ornent le tympan décrit précédemment.

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Les fresques byzantines de la cathédrale du Puy

14 janvier, 2016
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La trés belle ville du Puy en Velay fait partie avec Poitiers,Caen,Toulouse,Vienne ou Saintes des grandes cités d’art roman de notre pays.Le Puy ajoute des paysage et un environnement volcanique exceptionnel.La cathédrale constitue le fleuron roman de la cité et les trésors qu’elle rèvèle relèguent presque au deuxième plan les peintures d’un roman tardif et de facture trés byzantine qui par endroits la décorent.Elles constituent pourtant un ensemble singulier ,trés intéressant.

44Aprés avoir franchi les 139 marches du monumental et trés rude escalier on accède au porche ouest.La troisième travée offre la vision de peintures nettement byzantines.(Emplacement 1).A gauche trone une Vierge à l’enfant.De part et d’autre Isaie et Jean-Baptiste déroulent un parchemin.Sur les parois figurent les apotres Pierre et Paul.Au centre de l’arc une représentation du Christ bénissant,dans une gloire soutenue par des anges.Les fonds sont bleu nuit,comme la robe de la Vierge revétue d’un manteau rouge.

Vierge à l'enfant

Vierge à l’enfant

Ensemble de la fresque

Ensemble de la fresque

 

A droite on peut observer un thème rarement représenté en peinture murale,celui de la Transfiguration.Au mont Thabor,« le visage du Christ devient éclatant comme le soleil,ses habits blancs comme la neige… ».Au Puy le Christ est figuré tout de blanc vétu,juché sur un rocher,la main droite sur le coeur,des rayons s’échappent de ses vétements.Les trois apotres Pierre Jean et Jacques gisent au pied des rochers.Au large intrados de l’arc,St Etienne et St Laurent dans de grands rectangles à fond bleu bordés d’une double bandes marron et verte.

Visage du diacre Etienne

Visage du diacre Etienne

Saint Laurent

Saint Laurent

En pénétrant dans la cathédrale par le porche Saint Jean au nord,on découvre deux ensembles de fresques ornant les chapelles absidiales jumelles du bras nord du transept (Emplacement 2).A gauche apparait une trés belle évocation des Saintes Femmes au tombeau.La peinture ,encore d’influence byzantine date de la fin du XII ième siècle.Le traitement des drapés des vétements des saintes est remarquable,les visages finement déssinés.

Les trois Saintes Femmes

Les trois Saintes Femmes

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A droite,dans l’autre chapelle est peint le martyre de Sainte Catherine d’Alexandrie.La sainte est représentée en prière dans les rayons de la roue,instrument de son supplice.De part et d’autre sont figurés;l’empereur dans sa loge,les paiens et les bourreaux .Un trés bel ange actionne la roue.Ces peintures semblent plus récentes que les précédentes.

Ange actionnant la roue du supplice

Ange actionnant la roue du supplice

Sainte Catherine dans sa roue de supplice

Sainte Catherine dans sa roue de supplice

De part leur emplacement dans l’église et les thèmes qu’elles abordent,ces peintures semblent avoir été destinées à la masse des fidèles selon une tradition copte qui les séparaient de celles à destination des religieux.Ainsi des fresques plus « savantes »occupent le dessus de la tribune (Emplacement3).On y voit en particulier une trés grande représentation de St Michel terrassant le dragon,dans son habit d’apparat byzantin,les ailes déployées au dessus des épaules,foulant aux pieds le dragon dont il transperce la téte de sa lance.Sur les murs de part et d’autre,sont représentés le jugement de Salomon à gauche,une main bénissant en face et le meurtre de Jezabel figuré à droite.

L'immense St Michel

L’immense St Michel

A la tribune du croisillon sud,des peintures représentant un Christ et des personnages de l’Ancien Testament,prophétes et rois (Emplacement 4)

La chapelle dite des morts,en référence aux chanoines qui l’avaient faite construire pour y étre ensevelis,est un batiment jouxtant le magnifique cloitre,dont les murs sont décorés d’une fresque du XIII ième siècle,représentant une crucifixion d’inspiration byzantine.(Emplacement 5).La scène de crucifixionest inscrite dans un rectangle.Dans les cantons supérieurs de la croix s’insérent classiquement des représentations du soleil et de la lune,accompagnées ici d’anges à genoux.De part et d’autre,en deux registres ,sont figurés les prophètes Isaie,Osée,Jérémie et Philon d’Alexandrie.Voir le juif Philon associé ainsi aux prophètes est exceptionnel.

Bien qu’il ne s’agisse plus de peintures romanes,il ne faut pas manquer d’aller admirer la célèbre fresque des Arts Libéraux du XV ième siècle,dans la chapelle des Reliques.(Emplacement 6)

 

 

 

 

les tons sombres d’Estavar

13 janvier, 2016
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Visage d'apotre

Visage d’apotre

L’église St Julien d’Estavar en Cerdagne posséde des peintures murales du milieu du XII ième siècle bien différentes et de meilleure qualité que celles des églises voisines de Caldégas et d’Angoustrine.Bien que les personnages demeurent quelque peu hiératiques,signe d’une influence byzantine,des peintures d’Estavar émane un certain raffinement,lié aux dons de coloriste du peintre,qui utilise une palette plutot riche,a prédominance de tons sombres,bleus et gris soutenus,marrons ocres rouges et quelques touches d’un vert profond.A ce titre elles appartiennent au groupe des peintures dites à fond sombre,selon la classification aujourd’hui en grande partie obsolète établie par Focillon.Ces tonalités les font comparer aux fresques de Saint Polycarpe prés de Limoux et surtout à celle de Montgauch en Ariège qui utilisent massivement des tons rouges foncés.Elles furent découvertes en 1955.

A la voute de l’abside,subsiste la partie inférieure d’un Christ dans sa mandorle bordé de trois bandes blanche verte et brune.Le bas de sa robe rayé verticalement de gris et orangé est festonné,tandis que les pieds assez maladroitement exécutés débordent de la gloire.Il s’agit ici du Christ de l’Ascension dans une iconographie singulière ,sans la présence des anges.On déchiffre encore sur la partie droite de la mandorle ,un aigle de St Jean en haut et le taureau de St Luc en bas.Les deux autres symboles a gauche ont totalement disparu

Vestiges du Christ en gloire

Vestiges du Christ en gloire

Une belle bande de grecques délimite le mur en hémicycle dessous,qui affiche ,de part et d’autre d’une fenètre axiale,le collège apostolique.A gauche ne subsistent que les bustes de trois apotres .Parmi eux figure St Pierre.A droite,cinq apotres se détachent d’un fond rouge.A droite cinq apotres se détachent d’un fond rougeatre.Des lettres blanches au dessus de leur tété permettent de les identifier comme étant,Philippe,André ,Simon et Jean.Les uns barbus figés,tiennent un livre,les autres imberbes sont figurés de profil et lèvent la téte désignant de la main le Christ au dessus.Cette alternance anime la scène et gomme quelque peu la fixité et la médiocrité du dessin des visages soulignés d’un épais trait noir.

Alignement d'apotres sur le mur en hémicycle de l'abside

Alignement d’apotres sur le mur en hémicycle de l’abside

estavar tete Au pilier de l’arc triomphal,dans un tableau rectangulaire au fond constitué de deux larges bandes ocre rouge et jaune se détache une belle image de sainte identifiable par les lettres au dessus de téte couverte d’un curieux fichu noué.Il s’agit de Sainte Basilisse en position d’orante,épouse de St Julien ,le patron de l’église qui devait probablement figurer en face conformèment à l’une des traditions des peintres catalans,consistant à figurer les saints intercesseurs à l’arc triomphal.La sainte est vétue d’une longue robe rouge rayée de blanc et d’un chale bleuCette image caractérise les peintures murales d’Estavar.

Sainte Basilisse ,main en position de prière

Sainte Basilisse ,main en position de prière

visage d'un apotre

visage d’un apotre

 

L’église St Julien conserve aussi des peintures paradoxalement plus dégradées du XIV ième siècle,difficiles à déchiffrer.On reconnait trois tableaux,vestiges d’un calendrier des mois.

 

Des mains

12 janvier, 2016
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Le dessinateur roman semble avoir accordé un soin particulier au traitement des mains,parfois de manière outrancière(Disproportions à Saint Savin ou aux Salles Lavauguyon)mais souvent avec beaucoup d’application et de finesse comme à Parçay Meslay prés de Tours.

Mains disproportionnées à St Savin(construction de la tour de Babel)

Mains disproportionnées à St Savin(construction de la tour de Babel)

Main dispropoetionnée de la Vierge aux Salles Lavauguyon

Main dispropoetionnée de la Vierge aux Salles Lavauguyon

Main déformée d'un Vieillard de l'Apocalypse à St Martin de Fenollar

Main déformée d’un Vieillard de l’Apocalypse à St Martin de Fenollar

 

 

Mains disproportionnées à St Savin

Parçay-Meslay,main du Christ telant l'ostie.

Parçay-Meslay,main du Christ tenant l’ostie.

A la position des mains,il faut la pluspart du temps accoler une forte valeur symbolique.Pour s’en convaincre,lire l’extraordinaire ouvrage en deux tomes de François Garnier « Le langage de l’image au Moyen-Age ».Certains gestes de la main possèdent une signification symbolique précise.La main qui bénit est toujours la main droite,c’est la main de miséricorde.La main gauche est la main de justice mais aussi celle des malédictions.La main fermée,c’est à dire le poing évoque la violence.C’est le signe de la main qui va frapper.Mais la main fermée symbolise aussi le refus.Elle est trés peu représentée en peinture murale romane.Les poings sérrés du « danseur » et du personnage applaudissant de la crypte de Tavant,ne doivent étre considérés que pour ce qu’ils sont ,à savoir des artifices de style. La main fermée ,index tendu,sert à désigner quelqu’un ou quelque chose ou à donner la direction.Elle peut egalement dicter,ordonner ou accuser.Si la main appartient à un personnage subalterne,son index tendu ne peut signifier un ordre.La vertu d’ordonner ou d’accuser est réservée à la main du Christ.A St Plancard,dans le Comminges,l’index tendu par Adam n’est que monstratif.

Saint Plancard,Adam index tendu

Saint Plancard,Adam index tendu

Quelquefois deux doigts sont tendus,la signification est identique mais renforcée et strictement réservée au Christ et aux personnages importants.L’index pointé horizontalement peut signifier la volonté d’enseigner.

Neau(peintures du XIII ième siècles)St Vigor doigts tendus horizontalement,ordre et volonté d'enseigner

Neau(peintures du XIII ième siècles)St Vigor doigts tendus horizontalement,ordre et volonté d’enseigner

L’index pointé verticalement est signe d’autorité et de commandement,à condition que la lecture de la scène permette d’éliminer la signification monstrative.Ainsi les apotres disposés sous le Christ en gloire,en levant l’index ne font que désigner leur seigneur au dessus d’eux.En aucun cas ils ne font acte d’autorité. La main ouverte symbolise généralement l’acceptation,l’acquiescement sauf dans les cas,rares en peinture romane,ou la paume de la main est dirigée vers l’intérieur.On parlera alors de main en pronation,symbole d’opposition ou de renoncement.Les deux mains croisées devant soi,paume tournée vers l’intérieur exprime la rédemption.On peut en observer un bel exemple aux fresques de la chapelle de Rouillac dans le Lot.Une main ouverte,paume tournée vers l’extérieur dans l’alignement direct du bras indique la direction à suivre ,la conduite à tenir.La main ouverte,rejetée vers l’extérieur,faisant un angle avec le poignet est signe d’acceptation.

Main de Pierre à Vic en signe d'acceptation(scène du lavement de pieds)

Main de Pierre à Vic en signe d’acceptation(scène du lavement de pieds)

Main ouverte d'acceptation au Liget

Main ouverte d’acceptation au Liget

Les deux mains ouvertes paumes vers l’extérieur caratérisent la position d’orante,souvent utilisée dans les représentations de la Vierge.

Mains en position d'orante d'une Vertu aux Allinges.

Mains en position d’orante d’une Vertu aux Allinges.

La main levée,deux doigts repliés sur la paume est la main sui bénit.C’est la main divine et la main droite du Christ en majesté.

Main du Christ bénissant à Saint Plancard

Main du Christ bénissant à Saint Plancard

Main droite du Christ à Argenton les vallées

Main droite du Christ à Argenton les vallées

La main tenant le poignet d’un personnage peut etre interprétée de deux façons.Un geste de contrainte quand par exemple,les soldats d’Hérode tiennent les enfants par le poignet,dans les scènes évoquant le massacre des Innocents.Un geste de protection quand le Christ soustrait Adam et Eve de l’enfer .Dans tous les cas il s’agit d’une prise de possession de la personne.

Personnage tenu par le poignet à St Chef

Personnage tenu par le poignet à St Chef

Amné en champagne(Sarthe)Détail de la Cène.Le Christ bénit de la main droite.La position de la main de Jean penché sur la poitrine du Christ est signe d'abandon à son maitre.Les autres apotres sont main ouverte en signe d'acceptation

Amné en champagne(Sarthe)Détail de la Cène.Le Christ bénit de la main droite.La position de la main de Jean penché sur la poitrine du Christ est signe d’abandon à son maitre.Les autres apotres sont main ouverte en signe d’acceptation

Adam à Saint Plancard

Le « Maitre de Pedret » à Saint Lizier

11 janvier, 2016
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L’ancienne capitale épiscopale du Couserans,dans les faubourg de St Girons,jouit du privilége de posséder deux cathédrale.L’une Notre dame du Siège dans la ville haute,l’autre dans la ville basse accueille des peintures murales particulières,attribuées à l’école du Maitre de Pedret.Elles furent découvertes en 1960.Le cul de four de l’abside montre un Christ en majesté du XIII ième siècle dans une mandorle quadrilobée.Le mur en hémicycle de l’abside est percé de trois fenètres.De part et d’autre de la fenètre axiale la paroi est décorée de deux arcades aveugles.L’artiste a développé son oeuvre sur trois registres,sur les murs sous arcatures et les portions de murs qu’elles délimitent.Dans les espaces situés entre la corniche supérieure et la limite supérieure des arcs,apparaissent,se détachant de fonds blancs,des visages de personnages non identifiés accompagnés de divers objets.Les arcades en dessous sont décorées d’une riche ornementation de grecques et de motifs végétaux bordurés d’ocre rouge se détachant d’un fond bleu nuit.Les intrados montrent un décor de volutes sur fond orangé.

Ensemble des peintures,Christ en majesté du XIII iéme,dans une mandorle quadrilobée

Ensemble des peintures,Christ en majesté du XIII iéme,dans une mandorle quadrilobée

Saints groupés deux à deux sous des arcades

Saints groupés deux à deux sous des arcades

Au registre supérieur sont figurés quatre groupes de deux personnages en pied,sur un fond de quatre larges bandes colorées,bleu nuit,vert olive,brune et blanche.Chacun d’eux porte le Livre et tient un rouleau.Les auréoles sont alternativement jaunes et rouges.On reconnait en particulier les apotres Pierre et Paul.

Apotre tenant un rouleau

Apotre tenant un rouleau

En dessous une bande médiane foncée,limitée par deux bordures ocre rouge,renferme trois personnages en buste sous chaque arcade,chacun inclus dans un médaillon.Au registre inférieur,les peintures à gauche trés éffacées sont consacrées à l’épopée des rois mages.A droite sont figurées l’Annonciation et la Visitation.La vierge de l’Annonciation,voilée de sombre,visage sévère,allongé ,trés hiératique,précède un bel ange.Elle tient un fuseau blanc.

Vierge de l'Annonciation

Vierge de l’Annonciation

La Visitation

La Visitation

Au dela de l’arc doubleau ,dont les claveaux sont peints alternativement en orange et bleu et des piliers cylindriques marquant la limite du choeur,sous les arcades du mur sud,subsistent les vestiges de fresques représentant des saints.Une sinopia,ebauche de peinture consacrée à la Vierge,est encore visible à l’absidiole.Les peintures de St Lizier sont datées du début du XII ième siècle.

Les peintures sont attribuées à un artiste que les spécialistes ont nommé « Maitre de Pedret » ,peintre ayant oeuvré en Catalogne et dans le Val d’Aran et notamment dans l’église de San Quirce de Pedret.La zone d’influence de son école est perceptible dans des édifices comme Ager,Burgal ,Aneu,Cap d’Aran,Argolell,Rus entre autres et en France à St Lizier et peut etre à Vals.Le maitre de Pedret  s’inspira d’un courant artistique né en Italie,d’origine byzantine comme en témoigne le hiératisme des peintures.On note que bon nombre des peintures attribuées à son école,trouvent plac dans des édifices d’architecture lombarde,du premier art roman méditérranéen.Il semble que l’influence du Maitre de Pedret se soit propagée prés d’un siècle durant de la fin du XI ième siècle au deuxième tiers du XII ième.La particularité essentielle de cet artiste et de son école,réside dans le traitement des visages et plus particulièrement des cheveux tombant sur le front comme les dents d’un peigne

Visage d'apotre à Saint Lizier

Visage d’apotre à Saint Lizier

San Pere de Ager,l'apotre Thadée

San Pere de Ager,l’apotre Thadée

Ses ouvres sont également identifiables a des détails iconographiques ,comme le couvre chef des rois mages,non pas figurés comme des couronnes,mais comme des sortes de barrettes en forme de cones tronqués.

L'épiphanie à Santa Maria de Cap d'Aran

L’épiphanie à Santa Maria de Cap d’Aran

L’artiste montre aussi une prédilection pour des décors de grecques interrompues par des tableaux incluant des personnages.On notera aussi sur ces peintures une tentative de maitrise de perspective par des détails dans le positionnement des membres ou des attributs des personnages en dépit de leur hiératisme

Argolell,Paul et Pierre

Argolell,Paul et Pierre

San Pere de Burgal

San Pere de Burgal

Apotres à Rus

Apotres à Rus

 

 

 

La douceur de Varennes-Bourreau

10 janvier, 2016
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Tout est douceur à Varennes Bourreau,hameau en cul de sac au bord de la Sarthe,rattaché à St Denis d’Anjou;l’environnement bucolique,le climat et les peintures qui occupent essentiellement le mur diaphragme séparant la nef romane d’un choeur gothique.Le mur est percé d’une large baie plein cintre et las fresques du XII ième siècle s’étalent,dégradées autour et au dessus ainsi que sur une partie des murs de raccord à la nef.Les peintures sont douces,aux tons pastels(ocre jaune ,marron,gris ,blanc,crème et un étonnant vert ressemblant à certains verts du Liget en Touraine ainsi que quelques traces d’un beau bleu ciel.Il se détache de cette oeuvre une douce harmonie que l’on retrouvera rarement ailleurs.

Ensemble des peintures du mur diaphragme

Ensemble des peintures du mur diaphragme

Au ras du plafond,le mur diaphragme est décoré d’une large bande de rubans plissés aux tons ocrés.Au centre apparait un Christ du XIII ième siècle,dans une mandorle incomplète,de qualité bien inférieure au restes des peintures romanes du mur.A gauche de la baies les peintures sont éffacèes .A droite on peut admirer une trés belle descente de croix.Joseph d’Arimathie barbu est appuyé sur le montant vertical de la croix et soutient le Christ déharné vétu d’un pagne,qui penche la tète à sa droite vers Marie dessous inclinant tendrement son visage sur la main de son fils.De l’autre coté Nicomède coiffé d’un bonnet phrygien,retire le clou de la main du Christ.A ses cotés figure Jean vétu de blanc et auréolé de jaune.Tous deux sont juchés sur des tabourets.

Nicomède et l'apotre Jean

Nicomède et l’apotre Jean

Joseph d'Arimathie soutenant le Christ

Joseph d’Arimathie soutenant le Christ

Marie penchée sur la main de son fils

Marie penchée sur la main de son fils

 

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Les bras de la croix sont constitués de deux bandes grise et verte.Dans les cantons supérieurs,figurent les représentations habituelles du soleil et de la lune dans deux médaillons à fond vert bordés de jaune.Le cercle évoquant la lune à droite est trés dégradé.Deux beaux anges précédent chacun des médaillons se détachant d’un fond crème.

Ange devant un médaillon évoquant le soleil

Ange devant un médaillon évoquant le soleil

Sur les murs de raccordement à la nef apparaissent différentes scènes sur trois registres.Les peintures sont malheureusement trés abimées.On distingue encore une adoration des mages et une belle Cène ou les apotres autour du Christ sont alignésderrière une table recouverte d’un drap encombré de divers ustensiles,de pains et de poissons.Des touches d’un beau bleu émergent d’une scène consacrée aux Saintes Femmes au tombeau.

Détail de la Cène

Détail de la Cène

Le choeur gothique suélevé abrite des peintures du XV ième siècle montrant une série de personnages.L’église voisine de St Denis d’Anjou recèle un bel enselble de peintures murales d’époque gothique

 

Les costumes à travers la peinture romane

9 janvier, 2016
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Aux XI iémes et XII ième siècle,la mode vestimentaire n’existe pas encore.Le costume pour le paysan,marque la supériorité de l’homme sur l’animal,et l’habit indique l’appartenance à un groupe particulier(membre du clergé,chevalier,ouvrier ou paysan).Au moyen age,le costume reflète le degré de pouvoir de celui qui le porte.

St Savin;construction de la tour de Babel.

St Savin;construction de la tour de Babel.

Le personnage de droite vétu de vert,plus grand,est sans doute le « chef de chantier ».Il  porte un ,vétement plus richement décoré que la tunique ocrée de ceux qui le précèdent.Par la richesse de son habit,sa stature,sa position à droite et légèrement au dessus des ouvriers,le peintre a voulu signifier la supériorité de ce personnage.

Détail de la construction de la tour de Babel à St Savin;un groupe d'ouvriers.

Détail de la construction de la tour de Babel à St Savin;un groupe d’ouvriers.

L’étude des costumes revèt une certaine importance pour la datation des peintures.Elle permet au moins d’éviter les erreurs grossières.On peut penser que le peintre roman reproduisait les habits des religieux et des laics tels qu’il pouvait les observer à l’époque.Nous savons par exemple que la deuxième moitié du XII ième siècle s’est caracterisée par un allongement génèral du costume.Jusqu’alors les longs vétements étaient réservés aux écclésiastiques tandis que les laics portaient des tuniques courtes.Ainsi la présence sur des peintures murales de personnages laics,ouvriers ,serviteurs ou paysans,vétus de longs habits,permet de considérer de telles oeuvres comme antérieures au milieu du XII iéme siècle.

Les costumes à l’époque romane ne subiront que peu de modifications par rapport à ceux de la période carolingienne qui avaient été largement influencés par les apports byzantins voire gréco romains.Jusqu’au milieu du XII ième siècle ouvriers et paysans portent la chainse et le bliaud.

Personnage portant le bliaud à Brioude

Personnage portant le bliaud à Brioude

Le bliaud est une tunique dérivant directement de la gonelle mérovingienne.Cette tunique,courte chez l’homme,s’allonge jusqu’aux pieds chez la femme.Elle est constituée de lin ou de soie dans les classes sociales privilégiées.Le bliaud est serré à la ceinture et colle plus ou moins au torse.Les manches sont généralement longues ert ajustées au poignets.

La chainse est une tunique de lin issue de la camisia carolingienne.

Détail des Noces de Cana à Brinay;serviteurs portant la chainse

Détail des Noces de Cana à Brinay;serviteurs portant la chainse

En période hivernale,l’homme roman porte toujours la chape carolingienne,manteau circulaire que l’on enfilait par la tète et qui était muni d’un capuchon.La chape est habituellement fendue sur le devant et et attachée sur la poitrine ,tandis que la chasuble recouvre entièrement le corps jusqu’aux chevilles.Au XII ième siècle apparait le manteau qui s’attache soit devant soit sur le coté à l’aide d’un gros fermail et remplace l’antique chlamyde des grecs.

Aux pieds les hommes portent des braies dont l’origine trés ancienne est asiatique et qui furent utilisées en Europe par les Gaulois.A l’époque romane les braies sont de longueur variable,collant plus ou moins aux jambes.Les pieds étaient couverts de chausses assez courtes et généralement en lin.

Personnages portant des chausses à Boussac Bourg.

Personnages portant des chausses à Boussac Bourg.

Le couvre chef est assez peu répandu;certains personnages portent le bonnet phrygien sur des cheveux habituellement courts devant et longs derrière.Ce n’est qu’à la fin du XII iéme siècle que se généralisera le port du chaperon,capuchon rattaché à une pélerine indépendante de la chape.

Vieux Pouzauges;Berger portant le chaperon

Vieux Pouzauges;Berger portant le chaperon

 

Grace aux apports des croisades,le costume militaire se modifiera assez sensiblement en fin de période romane.Au XI ième siècle le chevalier porte la brogne carolingienne,corset de toile épaisse recouvrant la tunique.Mais trés vite ,à la toile se substitueront le cuir puis le cuivre.Ensuite le haubert remplacera la brogne.Le collet  et une coiffe de maille protègeront le cou et la tète.Le haubert devenu cote de maille s’allongera progressivement.Il est constitué de mailles de cuivre et de fer.Des chausses de mailles protègent les jambes,tandis que la chausse de lin est remplacée par le solleret à semelles de cuir.A l’extrème fin du XII ième siècle apparait la cote d’armes sans manches,placée au dessus du haubert,sur laquelle le chevalier fera broder ses armoiries selon un rite importé des croisades.Les simples soldats portent un casque léger sur la cote de maille.De forme conique ou semi sphérique,ces casques s’orneront avec le temps d’une petite visière et d’un protège nuque.Le chevalier coiffe le heaume lourd d’abord semi sphérique puis conique et muni du nasal.

Un combattant du XII ième siècle à Areines

Un combattant du XII ième siècle à Areines

 

Le costume liturgique acquiert ses spécificités dés le VI ième siècle.A l’époque romane,les religieux portent d’abord l’aube,longue tunique qui s’élargira avec le XII ième siècle et descend jusqu’aux pieds.Au dessus de l’aube la dalmatique,fendue sur les cotés,s’orne de deux bandes pourpres sur le devant.A l’origine,dans l’empire romain,la dalmatique était une large tunique portée par les laics.Ce n’est qu’au XII iéme siècle qu’elle deviendra un instrument exclusivement religieux.L’aube dépasse à l’extrémité inférieure de la dalmatique à manches courtes,sur laquelle l’évéque porte la chasuble.La chasuble est ornée d’une bande verticale garnie de croix tombant devant et derrière,reliée à une bande identique en V formant un cercle autour des épaules.L’évéque porte l’étole sorte d’écharpe et le manipule pièce de tissu équivalente à un mouchoir posée sur le poignet.

St Martial évéque dans ses habits episcopaux à Meobecq

St Martial évéque dans ses habits episcopaux à Meobecq

La mitre est la coiffure épiscopale.Au XIII ième siècle,les deux pointes de la mitre viennent se positionner l’une devant l’autre,tandis que jusqu’alors elles étaient disposées latéralement,l’une à gauche,l’autre à droite.Les deux pointes de la mitre représentent les deux testaments.

St Jacques des guérets à gauche,mitre du XII iéme siècle.Chartres(crypte de la cathédrale)à droite,mitre du XIII ième siècle.

St Jacques des guérets à gauche,mitre du XII iéme siècle.Chartres(crypte de la cathédrale)à droite,mitre du XIII ième siècle.

Les évéques étaient chaussés de brodequins,petites bottines généralement richement décorées.

Les tissus prédominants sont au XII ième siècle la laine,dont la fabrication s’est perfectionnée,et le lin.Le coton est surtout utilisé pour les voiles et les couvre-chefs.Pour les classes sociales privilégiées ,de nouvelles soies furent introduites par les croisés,tandis que les fourrures font l’objet d’un commerce juteux.L’utilisation des fourrures se limite aux encolures aux manches et aux revers de certains vètements.C’est le cas pour le vair assez répandu au XII ième et au début du XIII iéme siècle.Il est issu de la fourrure grise et blanche d’un écureuil ,le »petit gris ».Au revers de certains manteaux on associait le gris argenté et du bleu azur disposé en bandes horizontales dessinant des sortes de clochettes.On peut observer de belles représentations de vair,à la chapelle Sainte Radegonde de Chinon,à Asnières sur Vègre dans la scène de l’ensevelissement du Christ,ainsi qu’au Loroux Bottereau au revers du manteau de Charlemagne.

Vair au Loroux Bottereau prés de Nantes

Vair au Loroux Bottereau prés de Nantes

 

 

 

 

 

 

 

 

Boussac-Bourg

8 janvier, 2016
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Le village de Boussac Bourg est situé à un kilomètre de la petite ville de Boussac dans la Creuse,célèbre par son chateau ou fut découverte la première tapisserie de « la dame à la licorne ».Boussac Bourg offre la particularité de posséder deux églises qui ne sont distantes que de quelques métres sur un petit promontoire en bord de route.La chapelle renfermant les fresques est isolée dans un petit pré.

Ensemble des peintures de l'abside

Ensemble des peintures de l’abside

Les peintures assez dégradées,occupent essentiellement l’abside en cul de four.A la voute ne subsistent que les bordures d’une mandorle et les traces à sa partie inférieure,de deux symboles évangéliques ailés.Le Christ a totalement disparu.Sous une bande décorative rouge et jaune composée de parallélogrammes ,s’étalent quatre tableaux en deux registres sur le mur en hémicycle de part et d’autre d’une fénètre axiale.La scène la mieux conservée ,en haut et à droite représente une nativité.La Vierge allongée montre du doigt son enfant situé au dessus.Sa tète voilée de blanc,auréolée de jaune repose sur un coussin ovale aux motifs géométriques ocre rouge.Son corps est engoncé dans une couverture bleu décorée d’étoiles à huit branches.Au dessus l’enfant protégé d’un tissu vert à damiers est veillé par un boeuf et un cheval se détachant d’un fond rougeatre.Joseph à droite ,la main posée sur sa barbe parait sceptique.

La nativité à Boussac Bourg

La nativité à Boussac Bourg

Les peintures des murs latéraux du choeur sont trés dégradées.Une scène met en présence trois personnages dont on ne distingue plus que la partie inférieure des vétements et les chausses.Un quatrième personnage barbu et auréolé de blanc,vétu de rouge,tient à bout de bras l’enfant Jésus porteur d’une longue robe blanche.Peut etre s’agit il du Vieillard Siméon.

2 bouSur les murs de la nef figurent deux représentations de chevaux.L’un est monté par un cavalier casqué portant bouclier,la deuxième est trés étonnante;le cheval est déssiné seul,arnaché mais sans cavalier.

1 bouLes peintures de Boussac Bourg apparaissent naives et simplistes.Le dessin est souligné d’un trait épais ocre rouge.Cependant l’artiste semble avoir pris un soin tout particulier au traitement des chevaux.La qualité du dessin des tètes des chevaux et de celle du boeuf,affublé de grands yeux expressifs,ciliés et un peu en amande,tranche avec les visages de la Vierge et des autres personnages,inexpressifs et tracés à grands traits.

Détail de la nativité;l'enfant ,le boeuf et le cheval

Détail de la nativité;l’enfant ,le boeuf et le cheval

 

La Vierge aux six rayons de Saint Loup sur Cher

8 janvier, 2016
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Des peintures de la fin du XII ième siècle qui ornaient l’égise de mémé époque du petit village de St Loup sur Cher,non loin de Romorantin,il ne reste que quelques vestiges.Peu connus ces fragments sont pourtant intéressants et méritent le détour ne serait ce que pour la qualité chromatique des peintures et surtout par la présence d’une image unique;celle d’une Vierge aux six rayons,souvent improprement appelée vierge des douleurs,tronant à l’un des cantons de la voute brisée du choeur.Sous la poitrine de la Vierge est figuré un médaillon incluant une effigie du Christ,d’ou s’échappent six épais rayons tous terminés par un cercle renfermant une colombe blanche.Au ba de la scène on note la présence de deux anges et en bas et à droite d’un personnage en prière.Les tons dominants sont l’ocre rouge et les verts.

Vierge aux 6 rayons

Vierge aux 6 rayons

Au canton voisin un Christ en gloire,main droite levée,le Livre ouvert dans sa main gauche se détache dans une mandorle à trés beau fond bleu »val de loire ».Sa robe est blanche sous un long manteau ocre rouge.Le nimbe crucifère jaune effleure le bord d’une mandorle constituée de plusieurs bandes colorées donnant l’impression d’un arc en ciel.La gamme chromatique est riche et méme si les peintures sont assez éffacées,elles demeurent trés lumineuses.Sur les autres cantons de la voute,d’autres vestiges apparaissent ça et là et notamment une scène détériorée évoquant une présentation au temple.A l’arc triomphal,on déchiffre encore quelques motifs geométriques circulaires accompagnés de rinceaux.Au revers de la façade occidentale figure un Christ en majesté du XVI ième,vestige peut étre d’un jugement dernier.

Christ en gloire à la voute du choeur

Christ en gloire à la voute du choeur

St Loup sur Cher,ensemble des peintures

St Loup sur Cher,ensemble des peintures

Problèmes de conservation

7 janvier, 2016
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Lors de mon périple à travers la France romane,j’ai pu recenser quelques 120 édifices recélant des vestiges de peintures murales.La liste n’est évidemment pas exhaustive ne serait ce que parce que régulièrement de nouveaux ensembles ou fragments sont mis à jour(Ourjout en Ariège,Lignières de Touraine)Néanmoins force est de constater que peu de vestiges peints de cette époque sont parvenus jusqu’à nous,si on établit une comparaison avec le nombre d’édifices romans qui tapissent notre territoire et dont la pluspart avaient reçu à l’origine un décor peint.Trés vite s’est donc posé et se pose encore le problème de la conservation de ces oeuvres dont certaines sont dans un tel état de délabrement que l’on peut craindre leur disparition(L’Isle Barbe à Lyon par exemple)Car aux outrages naturels du temps se sont ajoutés au fil des siècles,les destructions dues aux guerres,les mutilations provoquées par les excès de la révolution,les campagnes d’effacement systèmatique du XIX ième siècle,mais aussi les pillages en tous genre.Ce fut le cas à Artins dans la vallée du Loir et à Casenoves prés de Perpignan ou les peintures les plus anciennes du département furent décrochées par un personnage indélicat et vendues à des musées suisse et américain.Aujourd’hui,aprés  plus de trente années d’un incroyable imbroglio juridique,une partie des peintures a pu etre récupéré et déposé à l’hospice d’Ille sur Tét ou elles sont visibles.

Casenoves,les Rois Mages

Casenoves,les Rois Mages

Casenoves;l'Aigle de St Jean

Casenoves;l’Aigle de St Jean

En France nous devons en grande partie le sauvetage de ces oeuvres à l’intervention de Prosper Mérimée.Depuis la prise de conscience des autorités de l’état a permis à travers diverses campagnes de restaurations,de sauvegarder voire d’enrichir par de novelles découvertes ct aspect de notre patrimoine.L’action menée sous l’égide des Monuments Historiques a été facilité par un nouvel engouement des français pour l’art roman si longtemps ignoré.Il convient de saluer aussi les heureuses initiatives de particuliers,à Notre Dame du Vilar par exemple,l’action de sociétés locales d’archéologie,la réalisation de brochures ,de monographies grand public,l’organisation de visites commentées,les efforts pour une meilleure signalisation des édifices et de meilleures conditions de visite,toutes actions destinées à faire connaitre et apprécier cet art.

En Espagne,les musées de Barcelone surtout,mais aussi ceux de Solsona et de Vich renferment la pluspart des fresques détachées des murs des églises catalanes et andorranes souvent laissées un temps à l’abandon.Le musée de Jaca en Aragon conserve les magnifiques fresques de Bagues.En France c’est un autre cheminement qui a été suivi avec la réalisation d’une série d’aquarelles qui ornent le musée des Monuments Français à Paris.Si la majorité des peintures a été conservée in situ,d’autres initiatives de conservation sont ici ou là à signaler.A Souday dans le Loir et Cher ,prés de Mondoubleau,il a été réalisé des reproductions des peintures disparues qui sont exposées sous verre à l’église paroissiale.Il s’agit d’une Annonciation Visitation.A l’abbaye de la Trinité de Vendome un fragment de fresque magnifique,représentant une scène de pèche sur le lac de Thibériade,a été replacé sous la protection d’une vitrine dans une galerie de la salle capitulaire.

Souday (Loir et Cher),reproduction sous verre.

Souday;reproduction sous verre

Vendome,fresques déplacées et protégées sous verre à la salle capitulaire de l'abbaye (Visages d'apotres)

Vendome,fresques déplacées et protégées sous verre à la salle capitulaire de l’abbaye (Visages d’apotres)

A Loches ,un trés beau St Brice du début du XI iéme siècle a éte déplacé dans un endroit plus sur,une niche dans la crypte de l’église St Ours.

Loches;St Brice

Loches;St Brice

Les peintures de l’église basse de St Séverin à Chateau Landon dans le Gatinais ont été déposées dans une salle de l’hospice voisin constituant désormais le plus bel ensemble de peintures murales romanes d’Ile de France.Ces peintures datées du milieu du XII ième siécle,découvertes lors de fouilles réalisées en 1927,relatent la légende de St Séverin,moine du Valais Suisse qui aurait été mandaté par Clovis malade lors de son passage à Chateau Landon.Elles s’étalent sur deux grands panneaux rectangulaires bordés de rouge.Le premier tableau évoque la guérison de Clovis.Le fond orangé est parsemé dans sa partie haute d’ondulations irrégulières superposées ocre rouge.Ces ondulations intéressent aussi les deux tiers inférieurs du tableau de couleur bleutée.Clovis à la belle barbe,est allongé,méditatif,la tète appuyée sur sa main droite.Il désigne St Séverin debout au pied du lit accompagné d’un moine tonsuré tenant un livre.A la téte du lit un personnage vétu de blanc prépare une potion à l’aide d’un bol et d’un pilon.

Chateau Landon;St Séverin au chevet de Clovis

Chateau Landon;St Séverin au chevet de Clovis

 

Clovis (détail)

Clovis (détail)

Le deuxième tableau moins bien conservé ,présente le méme fond.Au dessus apparaissent de  trés beaux motifs décoratifs géométriques.St Séverin bras écartés apparait dérrière un autel recouvert d’un drap blanc.Un autre personnage plus éffacé tend sa main vers le saint.Au dessus on distingue des tées de personnages désignés par des inscriptions.Les peintures de Chateau Landon font partie de ces oeuvres que l’on n’oublie pas.

Saint Séverin et son assesseur

Saint Séverin et son assesseur

Les peintures du Loroux -Bottereau prés de Nantes,datées de la fin du XII ième siècle,ornaient à l’origine la petite chapelle St Laurent longtemps utilisée comme salle des fètes,qui fut démolie en 1974.Les fresques furent accrochées à deux grands tableaux sur le mur sud de la nef de l’église paroissiale.Les deux scènes relatent une légende de la vie de Charlemagne.Ce dernier,aprés avoir commis le péché d’inceste avec sa soeur Gisèle,aurait subit les foudres de St Gilles.Charlemagne aurait promis de faire pénitence et accepté le mariage de sa soeur avec Milon comte d’Angers.Au panneau supérieur,deux cavaliers chevauchant l’un un cheval blanc ,l’autre un cheval brun.Le premier barbu et couronné,richement vétu porte un manteau à la doublure bleu et blanche en vair identique à celui que l’on observe au vétement de l’un des cavaliers figuré à Sainte Radegonde de Chinon.Le second sonne de l’olifant.Au dessus de la scène on peut lire l’inscription FOVENTUS ; Au panneau inférieur,est évoquée la rencontre entre Charlemagne et St Gilles.Le panneau est scindé par une ligne irrégulière verte.Au dessus de la ligne se détachent d’un fond blanc,les remparts d’une cité d’ou émerge un toit aux allures trés orientales.Sous la ligne verte,sur un fond constitué de cinq bandes colorées,apparait Charlemagne agenouillé mains jointes,face à un St Gilles trés éffacé.La partie gauche de la scène montre quatre personnages.Devant deux hommes,apparaissent au premier plan ,Giséle la soeur de Charlemagne qui tend la main à son futur époux Milon d’Angers.Les visages sont remarquablement traités.

Deux cavaliers ,dont Charlemagne sur son cheval blanc

Deux cavaliers ,dont Charlemagne sur son cheval blanc

Gisèle ,soeur de Charlemagne

Gisèle ,soeur de Charlemagne

Milon ,comte d'Angers

Milon ,comte d’Angers

Milon et Charlemagne au Loroux Bottereau

Milon et Charlemagne au Loroux Bottereau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La peinture romane et l’Apocalypse

6 janvier, 2016
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L’Apocalypse,c’est à dire littéralement la « révélation »est un texte attribué à l’apotre Jean,qui l’aurait rédigé en exil sur l’ile de Patmos.L’iconographie romane a beaucoup emprunté au texte de l’apocalypse et particulièrement la painture murale,méme si tous les thèmes n’y sont pas abordés.L’apocalypse est à la fois une révèlation et une parole prophétique »la seconde venue du messie à la fin des temps,aprés une série de cataclysmes … ».Le texte primitif qui au fil du temps s’enrichira d’autres sources,se compose de 7 septenaires(les 7 lettres aux 7 églises d’Asie,les 7 sceaux,les 7 trompettes annonçant les 7 plaies,les 7 visions du dragon,les 7 coupes de la colère,les 7 visions de la chute de Babylone,les 7 visions de la consommation incluant les 7 visions de la Jérusalem nouvelle).

La Jérusalem nouvelle à Saint Chet dans l'Isére

La Jérusalem nouvelle à Saint Chet dans l’Isére

Le nombre 7 structurant tout le texte,exprime l’idée de totalité de perfection et doit etre interprété comme 7=4+3;trois étant le chiffre de Dieu,quatre évoquant le cosmos,les quatre horizons.La peinture romane nous offre de belles images pour illustrer le texte de l’Apocalypse.Les représentations du Christ triomphant accompagné de l’Alpha et de l’Omega sont nombreuses.

Le Livre ouvert avec l'Alpha et l'Omega (Christ de la cathédrale d'Auxerre)

Le Livre ouvert avec l’Alpha et l’Omega (Christ de la cathédrale d’Auxerre)

« Au milieu de du trone et autour de lui se tiennent les quatres vivants ».La théophanie si souvent représentée aux conques absidiales est l’expression de ce texte,notamment à St Jacques des Guerets.

Le Christ entouré des quatre vivants à St Jacques des Guérets

Le Christ entouré des quatre vivants à St Jacques des Guérets

« Vingt quatre sièges entourant le trone aux quatre vivants et les Vieillards….un agneau comme égorgé ».La peinture romane nous a laissé de trés belles représentations des Vieillards de l’Apocalypse,a St Martin de Fenollar,a Pritz,à Saint Junien ou à Montmorillon.Les vieillards sont toujours représentés une coupe à la main.

St Junien ,les Vieillards dans une double mandorle

St Junien ,les Vieillards dans une double mandorle

St Junien les Vieillard s'alignent sur la voute de part et d'autre d'une bande faitière

St Junien les Vieillard s’alignent sur la voute de part et d’autre d’une bande faitière

Les beaux visages des vieillards de Pritz sous des arcades

Les beaux visages des vieillards de Pritz sous des arcades

Coupe dans une main et viole dans l'autre à St Martin de Fenollar

Coupe dans une main et viole dans l’autre à St Martin de Fenollar

Somptueux vieillard à St Martin de Fenollar

Somptueux vieillard à St Martin de Fenollar

Le récit de l’apocalypse débute vraiment avec l’ouverture des 7 sceaux.A l’ouverture du premier sceau »apparut un cheval,celui qui le montait tenait un arc ».L’église de Meobecq offre une belle représentation de cet épisode entre deux fénètres.Les fresques de St Savin montrent plusieurs images de l’Apocalypse.Deux d’entre elles sont particulièrement cèlèbres,la Vierge et le dragon et le fléau des sauterelles.

st savin dragonLa scène du fléau des sauterelles est emprunté au Livre des 7 trompettes.La cinquième trompette décrit les forces du mal en action et l’invasion des sauterelles qui s’inspire du Livre de Job.A  St Savin l’artiste a laissé libre cours à son imagination.Les sauterelles sont figurées en quadrupèdes ailés aux tétes couronnées.Elles sortent d’un puits dérriere lequel se tient un ange jouant de la trompette.

Le fléau des sauterelles

Le fléau des sauterelles

Mais bien d’autres thèmes apocalyptiques sont traités à St Savin(combat des anges contre le dragon,fléau des quatre anges et des cavaliers,Christ en gloire,Jérusalem céleste..),toutes figurées au mur du rez de chaussée de la tour porche.

Ange portant la croix,a la mandorle du Christ de l'apocalypse ,à la tour porche de St Savin

Ange portant la croix,a la mandorle du Christ de l’apocalypse ,à la tour porche de St Savin

Les peintures de Saint Polycarpe  prés de Limoux offrent des images rares du thème des 7 églises d’Asie.A Auxerre,aux voutes de la crypte de la cathédrale,on peut admirer une remarquable image du Christ à Cheval entouré de quatre anges cavaliers.Cette scène est décrite dans la dernière partie du livre de l’Apocalypse.Le Christ sur son cheval blanc est figuré avec son sceptre de fer, »les armées du ciel(anges cavaliers)vétues de lin d’une blancheur parfaite »l’accompagnent sur de beaux chevaux blancs.

585Il est à noter que les figurations murales de l’Apocalypse,sont exclusivement d’inspiration occidentale.

Le peintre roman a rattaché,souvent par commodité,aux chapitres consacrés à l’Apocalypse,le thème du Jugement Dernier,occupant de ce fait une place singulière dans l’iconographie romane.Cette tendance ne se répandra réellement que sur les oeuvres de la fin du XII ième siècle,sans que l’on puisse affirmer que la volonté des artistes peintres fut de reproduire le texte de la vision de Jean.En dehors de l’exemple des peintures disparues de St Benoit sur Loire ,il n’y a pas trace à l’époque romane de représentations peintes complétes de ce thème et les images des derniers temps que nous observons encore,puisent davantage aux sources de l’évangile de Mathieu que dans l’Apocalypse de Jean.En peinture,les jugements derniers sont,lorsque l’architecture le permet,figurés au revers des façades occidentales,comme la sculture les évoque elle aux tympans des portails.Les jugements derniers peints sont toujours représentés selon le méme schéma.Le Christ en haut et au centre accompagné d’anges et de saints;en dessous St Michel pède les ames et s’oppose au diable.Les ressuscités qui sortent des tombeaux seront séparés en élus conduits par les anges et placés à la droite du Christ,tandis que les damnés seront précipités en enfer à la gauche du Christ.Les premiers sont vétus,les seconds représentés nus.Les jugements derniers ofrent des images spectaculaires de monstres de démons(Brioude,Asnières sur Vègre)de  damnés précipités dans les flammes de l’enfer,de morts soulevant le couvercle de leur cercueil(Lutz en Dunois Thevet en Berry St Jacques des Guérets).A Polignac les élus sont figurés en une multitude de bustes de petits personnages entre des ondulations,a St Pierre les églises on observe un un St Michel combattant un énorme dragon,tandis que à Poncé sur le Loir les élus acceuillis par St Pierre sot représentés en buste dans des médaillons

l'enfer à Asnières sur Vègre

l’enfer à Asnières sur Vègre

le diable au Jugement dernier de Polignac

le diable au Jugement dernier de Polignac

Les morts sortant de leur tombeau à Thevet St Julien

Les morts sortant de leur tombeau à Thevet St Julien

La résurection des morts à Poncé sur le Loir

La résurection des morts à Poncé sur le Loir

Les élus dans des médaillons à Poncé sur le Loir

Les élus dans des médaillons à Poncé sur le Loir

Un montre de l'enfer d'Asnières sur Vègre

 

 

Un thème iconographique rare à Chalivoy-Milon

5 janvier, 2016
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age, photos peitures murales | Pas de réponses »

Les peintures de l’église St Eloy de Chalivoy Milon en Berry nous parviennent malheureusement aujourd’hui trés dégradées.Les fresques de la nef ont disparu,le Christ en gloire qui devait figurer à l’abside n’existe plus et les peintures des registres inférieurs du choeur sont indéchiffrables.Pourtant les peintures restantes ,en dépit d’une palette assez pauvre(ocres rouge et jaune,blanc,gris,et quelques touches de vert)sont de belle qualité.Mais Chalivoy-Milon conserve une image rare,unique en France,celle d’une gigantesque croix,dite mosaique,d’origine copte,occupant toute la voute du choeur.Elle est centrée autour d’un médaillon circulaire renfermant un agneau pascal effacé,bordé d’un large bandeau de rubans plissés.Du médaillon partent quatre bras s’élargissant progressivement jusqu’aux extrémités ,comme pour une croix pattée.Les bras ocre rouge de la croix sont garnis de motifs floraux tous identiques.Le long de chaque bras s’alignent deux rangées de quatre médaillons renfermant chacun le buste d’un martyr.Chaque canton de la croix est occupé par l’image de saints auréolés groupés par deux sous des arcades.Tous déroulent des phylactères.

Ensemble des peintures

Ensemble des peintures

LEAD Technologies Inc. V1.01

Deux saints sous une arcade

Deux saints sous une arcade

Médaillons de martyrs et ruban plissé autour du médaillon central

Médaillons de martyrs et ruban plissé autour du médaillon central

St Pierre déroulant un phylactère

St Pierre déroulant un phylactère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La voute est séparée des murs du choeur par une belle bande de grecques.Sur les murs les fresques s’étalent en deux registres et en tableaux séparés par un rang de billettes.Chacun des murs est percé d’une large baie plein cintre.Les peintures du registre inférieur sont trop abimées pour etre identifiables.Aux ébrasements des larges fenètres,subsistent seulement des inscriptions permettant d’identifier les personnages qui y figuraient;les eveques de Bourges.Au registre supérieur apparait au sud,un scène tres peu représentée en peinture murale;Jésus chassant les marchands du temple.Jésus tend la main vers un groupe de personnagesrichement vétus,montrant de grands yeux étonnés et inquiets et poussant devant eux un troupeau de vaches et de chevaux;l’un d’eux tient sous le bras deux volatiles blancs.Les peintures du tableau suivant sont indéchiffrables

Jésus chassant les marchands du Temple

Jésus chassant les marchands du Temple

 

goupe des marchands étonnés

goupe des marchands étonnés

Vaches et chevaux

Vaches et chevaux

Au nord le mur révèle une résurrection du pauvre Lazare,debout emmailloté et sortant de son cercueil.

Le Christ devant Lazare réssuscité.

Le Christ devant Lazare réssuscité.

 

Le tableau suivant montre une entrée du Christ à Jérusalem sur son cheval précédé ici de son poulain

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Des bleus et le bleu d’aérinite

4 janvier, 2016
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age, photos peitures murales | Pas de réponses »

Le bleu ,couleur du ciel,couleur divine,est plus utilisé dans ses tonalités sombres que dans les tons clairs.Il est donc le plus répandu dans les peintures romanes d’Auvergne,de Bourgogne ou du Languedoc,ou il participe plutot à l’assombrissement des fresques.Dans les peintures dites à fond sombre,on souligne souvent la présence de gris-bleus ou de bleus nuit.Ces bleus foncés ont souvent été utilisés comme fond ,en larges aplats,l’artiste peintre ayant remarqué l’immatérialité de cette couleur.En appliquant sur ces fonds une couleur chaude ,rouge ou ocre rouge,on en augmente les qualités attractives.Cet artifice fut utilisé dans les peintures d’influence byzantine,avec un bleu obtenu souvent par application d’un mélange de chaux et de vinaigre sur du cuivre.Les exemples sont légion;Christ « byzantin » de Montoire,Christ à la cathédrale d’Auxerre,peintures du Velay au Puy ou à Brioude etc..

Christ en gloire;Auxerre(cathédrale)

Christ en gloire;Auxerre(cathédrale)

Christ à Brioude

Christ à Brioude

A Montgauch en Ariège ou à Notre Dame la grande de Poitiers,le contraste entre couleurs chaudes et couleurs froides est encore plus saisissant,l’artiste ayant utilisé du vermillon sur des fonds bleu nuit.A St Lizier prés de St Girons ,le peintre ,en utilisant largement du bleu foncé comme on utilise des ocres a obtenu un résultat plutot médiocre.

Apotre à St Lizier

Apotre à St Lizier

A Rocamadour et à Bersé la ville les bleus sont différents.Les fonds sont à la fois soutenus et brillants.A Berzé la brillance des peintures est liée à la technique utilisée,le procédé à la grecque.A Rocamadour elle tient à l’utilisation de lapis lazuli.C’est aussi le cas à la chapelle de Rouillac dans le Lot.

Ange de l'annonciation à Rocamadour

Ange de l’annonciation à Rocamadour

Berzé la ville

Berzé la ville

Le taureau de St Luc à Rouillac

Le taureau de St Luc à Rouillac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les bleus ciel ou bleus azur sont moins répandus.Leur présence se limite à quelques édifices du centre ouest et il y sont rarement utilisés en grandes surfaces.Ce bleu que certains définissent comme « caractéristique du val de Loire »s’obseve notamment à la mandorle du Christ de St Loup sur Cher,a St Jacques des guérets,au Liget,en l’église haute de Tavant,a St Bohaire,à Areines prés de Vendome,au niveau des nimbes ,rehaussant incontestablement les peintures,en la petite église de Broc ou encore a St Aubin d’Angers dans une trés belle alternance avec du bleu nuit et du vermillon.

Nimbe bleu "val de loire" à Areines(Loir et cher)

Nimbe bleu « val de loire » à Areines(Loir et cher)

Le roi Hérode devant les rois mages à l'arcade d'une des galeries de la salle capitulaire de St Aubin d'Angers

Le roi Hérode devant les rois mages à l’arcade d’une des galeries de la salle capitulaire de St Aubin d’Angers

 

 

Ce beau bleu est encore présent au beau vair(fourrure d’un petit rongeur trés prisée au moyen age)des vétements sur les fresques du Lorroux Botereau prés de Nantes ou de la chapelle Ste Radegonde à Chinon.Lorsqu’il est bien conservé,et c’est le cas a Areines,ce beau bleu constitue pour les peintures qui l’accueillent,une « griffe »,une sorte de label de qualité.Il fait partie des couleurs que l’on n’oublie pas,au méme titre que les ocres de Vic,les roses et les gris métalliques d’Ebreuil,le rose encore de l’ange de St Sernin de Toulouse,le cinabre du Christ de Thiers,l’association des verts et des rouges aux vieillards de St Martin de Fenollar,ou les bleus un peu délavés et si particulier qui caractérisent les peintures de St Chef au moins autant que la pléiade d’anges aux ailes déployées au dessus de leur téte qui bordent la voute.

Vair au revers du vetement d'un cavalier à Sainte Radegonde de Chinon

Vair au revers du vetement d’un cavalier à Sainte Radegonde de Chinon

 

Pourtant bon nombre d’artistes et non des moindres ont délaissé totalement le bleu.C’est le cas à St Savin,à la crypte de Tavant ou à Palluau sur Indre sans que cela n’altère la qualité chromatique de ces ensembles.Il convient de signaler que certains pigments chromatiques bleus ont tendance,sous certaines conditions à s’altérer jusqu’à nous parvenir si sombres,qu’ils donnent à penser qu’il s’agit de noir;C’est une des hypothèses qui a été emise pour expliquer la « noiceur » de certaines surfaces bleues de Vals en Ariège.

bustes d'apotres se détachant de bleus foncés à Vals

bustes d’apotres se détachant de bleus foncés à Vals

Vierge de la nativité à Vals

Vierge de la nativité à Vals

Enfin dans les années quatre vint dix,fut découvert un pigment ,l’aérinite,qui donne des bleus verts trés singuliers.Ce pigment provient de minéraux extraits dans les régions de Lérida en Catalogne et de Huesca en Aragon.Il fut utilisé sur les célèbres fresques de Tahull et sur les peintures de la pluspart des églises d’Andorre.En France ce pigment a été identifié aux fresques de l’oratoire du palais abbatial de Moissac,ainsi que sur les peintures récemment découvertes a Nogaro dans le Gers ou il accompagne d’autres bleus élaborés à partir de lapis lazzuli.Il est possible que certains bleus présents aux peintures de Notre Dame du Vilar à Villelongue del monts ,prés de Perpignan,proviennent aussi de ce pigment.

Moissac,bleu d'aérinite

Moissac,bleu d’aérinite

Moissac,oratoire du Palais abbatial

Moissac,oratoire du Palais abbatial

Notre Dame du Vilar

Notre Dame du Vilar

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Peintures murales de Nogaro (Gers)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petite église,grandes fresques ,St Martin des puits

3 janvier, 2016
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La minuscule église parait comme blottie ,entourée de cyprés classés,un peu en contrebas de la petite route des Corbiéres non loin de Lagrasse.Elle conserve des fresques datées du début du XII iéme siècle.Les peintures de grande qualité,occupent les murs sud et est du choeur qui s’ouvre,un peu comme à Fenollar,par un trés bel arc outrepassé soutenu par deux colonnes de marbre blanc surmontées de deux chapiteaux mérovingiens.La palette est riche;bleus,blanc,brun,rouge,gris ,jaune,ocre rouge,noir ,rose.Les couleurs sont encore assez vives,le dessin précis.

Le mur sud du choeur dévoile un tableau carré peu courant composé de quatre images de dragons.Deux d’entre eux sont peints en rose sur un fond bleu nuit,les deux autres sont gris sur fond brun.Les quatres carrés sont limités par une trés originale bordure à fond jaune ornée de croix noires en forme de swastikas.430Sur ce méme mur apparait un magnifique bain de l’enfant,quasiment monochrome.Traité dans un ocre rouge puissant,seules quelques touches d’ocre jaune et de gris viennent contraster la scène.L’enfant est trempé dans un bénitier par deux servantes qui le soutiennent au bout de leur longs bras.Il est porteur d’un large nimbe crucifère ocre rouge.Au dessus de la scène flotte un ange.

570Le mur est du choeur est percé d’une petite baie plein cintre bordée de bandes brunes,jaunes et rouges encadrant un large bandeau bleu décoré de volutes rouge.Le large intrados de la fénètre ,à fond blanc,est agrémenté de fins rinceaux rouges.

Ensemble des peintures du mur est

Ensemble des peintures du mur est

Sur le mur les peintures s’étalent en trois registres.Au registre inférieur ne subsistent que quelques trace d’une fausse tenture et de médaillons renfermant des animaux fantastiques.Le registre moyen a quasiment disparu.Sous la fentre à droite,subsiste un oiseau semblant s’en prendre à un personnage.A l’extème gauche apparait le visage d’un personnage inconnu,magnifiquement représenté,les sourcils relevés,les yeux dirigés vers le cul de four.Il s’agit de l’une des images las plus belles que la peinture romane nous ait offerte (Voir page de bienvenue du blog)

Le registre supérieur est limité à sa partie haute par une bande de grecques assez détériorée.Trois tableaux s’offrent à nos yeux.A droite sous une série de petites arcades évoquant une galerie de cloitre,on reconnait Nabuchodonosor,affublé d’une longue cape rouge accompagné de deux soldats.

st martin les puits gu0017Au centre est évoquée la mésaventure de trois hébreux jetés dans la fournaise.Tous trois sont porteurs d’une sorte d’ »auréole »carrée jaune,se détachant vigoureusement d’un fond bleu nuit.Les hébreux sont traités curieusement de façon trés géométrique,seules les tétes des personnages sont arrondies.Leur vétements,leur chausses,leur membres sont déssinés de manière anguleuse.On a le sentiment que le peintre a voulu montrer combien ils étaient discrédités,jusque dans leur physique.

st martin les puits co0011.bmpA gauche de l’image précédente,un personnage vétu de rose,jambes écartées,pousse les hébreux de sa main gauche,tandis que de sa main droite il montre index tendu,deux personnages situés à sa droite.L’un est un cavalier en cote de maille,l’autre un petit homme vétu d’une simple chemise rouge.

Un cavalier

Un cavalier

Le dernier tableau du registre supérieur à gauche ,est le mieux conservéet le plus soiné.Il met en scène une Annonciation à trois personnages se déroulant devant une batisse aux toits de tuiles rouges dont l’un des murs est percé d’une multitude de fenètres sur plusieurs niveaux.Le bras d’une échelle apparait en façade.Au centre de la scène ,la Vierge magnifiquement traitée,penche sa téte auréolée de jaune et voilée de gris vers l’ange Gabriel.Le visage est rond avec de grands yeux en amande,le nez fin et légèrement busqué.De « l’écouteuse » située à sa gauche on ne distingue plus que qu’un bras et sa robe grise,tandis que l’image de l’ange Gabriel est assez détériorée.Le fond de la scène est constitué d’une large bande bleu nuit,d’une large bande jaune et de meandres bruns évoquant le terre,sur lesquels reposent les pieds des personnages.

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Mains de la Vierge et de l'ange Gabriel

Mains de la Vierge et de l’ange Gabriel

 

Le léviathan à Lutz en Dunois

3 janvier, 2016
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L’église de Lutz en Dunois en pleine beauce ,prés de Chateaudun,possède un grand ensemble de peintures murales de la fin du XII ième siècle assez méconnues,sans doute du fait de la situation géographique de l’édifice.Ces peintures délaissées par les spécialistes sont pourtant intéressantes,ne serait ce que par la présence de l’image rare et monstrueuse du léviathan.A forte dominante ocre rouge et ocre jaune,elles ne sont pas de grande qualité,le dessin est assez grossier et souligné d’un épais trait rouge,mais elles offrent une panoplie de la pluspart des thèmes iconographiques utilisés en peinture romane.Les peintures occupent les murs de l’abside et une partie des murs de la nef.;le Christ en gloire qui devait figurer à la voute a disparu.En dessous de part et d’autre d’une fenètre axiale on observe sous des arcades ,deux groupes de quatre apotres.Les tètes des personnages du groupe de droite on disparu.Le groupe de Gauche montre les apotres figurés pieds nus,tous auréolés,chacun tenant un livre.L’artiste a alterné l’utilisation des rouges et des jaunes sur les auréoles e les habits.Seul l’apotre Jean imberbe est vétu de blanc.

168Sous les apotres court une frise de motifs décoratifs géométriques interrompus par des cercles.Deux de ces cercles montrent deux poissons superposés téte bèche.Une image que l’on retrouve à Montoire.

Aux embrasures de la fenètre,deux représentations d’évèques se détachent d’un fond ocre jaune,vétus d’une longue chasuble rougeatre et tenant le baton pastoral.Ils sont coiffés d’une mitre a deux pointes depassant de l’auréole.A la clé dans un cercle,un animal portant un nimbe gris bleu ,affublé d’une croix,foule aux pieds une sorte de monstre Sa longue crinière evoque plutot un cheval que l’habituel agneau de Dieu.On retrouve une image comparable aux fresques de Montmorillon dans la Vienne.

Eveque à l'embrasure de la fenètre absidiale

Eveque à l’embrasure de la fenètre absidiale

Les fresques de la nef montrent au mur sud,une belle représentation de la mise au tombeau.Le Christ repose sur une couche funéraire décorée de losanges.Prés de sa téte se tient Nicomède au large nimbe souligné d’un trait épais.Au pied du Christ est figuré le seul personnage non auréolé,Joseph d’Arimathie.Au centre un personnage penché sur le Christ n’est pas identifiable.En arrière plan apparait Marie Madeleine en prière et auréolée.Prés de la téte du Christ la Vierge debout,les yeux mi clos,penche légérement la téte vers son fils.Enfin au dessus de la scène flotte un ange descendu du ciel.

La mise au tombeau

La mise au tombeau

Tout au long du mur apparaissent des visages de personnages inconnus et des fragments de peintures difficilement identifiables.Peut étre les vestiges d’une crucifixion et d’une descente de croix.

Saint personnage inconnu

Saint personnage inconnu

Au mur nord ,la scène principale est l’entrée du Christ à Jérusalem.Le Christ ,main droite levée,apparait juché sur une anesse blanche que téte son petit.Il est suivi des apotres et des habitants de la cité.Entre les branches d’un arbre on distingue un petit personnage vétu de rouge.

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Détail de l'entrée du Christ à Jérusalem,un anon tétant sa mère.

Détail de l’entrée du Christ à Jérusalem,un anon tétant sa mère.

Au mur occidental est représentée l’apparition à Marie Madeleine figurée agenouillée dans l’angle du mur,tandis que Jésus aux longs cheveux semble l’observer.Le Christ téte légèrement inclinée,est vétu d’une longue tunique blanche sans encolure.Le visage,tout en longueur est coiffé d’un nimbe crucifère à fond ocre jaune.

Le Christ de l'apparition à Marie Madeleine

Le Christ de l’apparition à Marie Madeleine

Suit l’image phare de l’ensemble,celle du Léviathan.Le monstre mythique apparait sous forme d’une énorme tète,narines retroussées,bouche béante hérissée  de gigantesques dents.La bouche est pleine de petits étres nus.Le gros oeil à l’arrière,à la pupille ocre,accentue encore l’impression de férocité.Debout devant le monstre,le Christ armé d’une lance extirpe Adam et Eve .Un bel ange debout devant une balance évoque le pèsement des ames,tandis qu’apparait un St Michel terrassant le dragon

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Les étonnantes peintures de Toulongergues

2 janvier, 2016
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De trés anciennes peintures tapissent encore les murs de la petite église St Pierre et St Paul du hameau de Toulongergues,isolée sur le causse,sur la commune de Villeneuve d’Aveyron.L’édifice est trés ancien,d’origine mérovingienne,comme en témoigne la présence entre autre,d’une colonne au niveau du choeur,décorée d’une sculpture en méplat représentant St Paul.L’église longtemps abandonnée a beaucoup souffert des outrages du temps et des hommes.Cédée en 1923 à des intérets privés,le chevet fut éventré par le percement d’une large porte,provoquant la disparition d’une partie des peintures.Lorsque nous visitames l’église ,dans les années quatre vingt,les fresques étaient dans un piteux état.Il s’agit d’une oeuvre étonnante ,trés singulière.Les peintures ,oeuvre probablement d’un atelier local,sont de piétre facture,mais elles constituent le seul exemple de peintures romanes du Rouergue et sont datées du début du XI ième siècle.

De part et d’autre d’un occulus,sont figurés deux des symboles évangéliques;à droite l’aigle de St Jean auréolé d’un nimbe bleu cerclé de blanc,ailes déployées,tenant le livre entre ses griffes.A gauche une représentation moins soignée d’un étre mi homme mi animal également auréolé de bleu,grossièrement dessiné.Les ailes déployées sont ocre rouge et bleues.Le corps de l’animal est pourvu d’une longue queue,la téte montre des yeux matérialisés par deux taches blanches.L’ensemble est souligné d’un épais trait ocre rouge.

Evocation de l'aigle de St Jean

Evocation de l’aigle de St Jean

Mi homme mi animal

Mi homme mi animal

Dessous sous une bande ocre rouge

Apotre dont on distingue encore une main et une partie du visage

Apotre dont on distingue encore une main et une partie du visage

Sur le mur de droite se détache d’un fond bleu soutenu bordé de rouge,entre deux contreforts,une étonnante image d’Eve nue ,émouvante de naiveté,bras levés et écartés.

425En face apparait un saint personnage à large nimbe jaune,vétu d’une longue robe ocre jaune rehaussée de lignes marrons,tenant un livre contre sa poitrine.Le visage ovale et rose est traité schématiquement,le nez matérialisé d’un simple épais trait blanc,les yeux de deux taches blanche avec deux petits cercles jaunes évoquant les pupilles.

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Visage d'un saint

Visage d’un saint

 

Sur le mur nord ,les peintures sont mieux conservées,insérées dans de profondes niches,limitées par des arcs plein cintre soulignés de deux bandes ocre rouge.L’iconographie est étonnante et rare.Dans une des niches ,deux oiseaux blancs boivent dans un calice,dans l’autre un rapace,traité avec beaucoup de réalisme dévore un lapin.On retrouve ce genre d’image mettant en scène un volatile,en l’église d’Azé au bord de la Mayenne,ou un oiseau picore dans une motte indéterminée.

Rapce dévorant un lapin

Rapce dévorant un lapin

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Lecture d’un décor peint,iconographie et emplacements

2 janvier, 2016
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La peinture romane se caractèrise par sa diversité ,limitée toutefois par un certain nombre de contraintes qui lui confèrent une certaine unité.Ce paradoxe émane de la qualité et du statut des peintres.Tous poursuivaient le méme objectif,faire connaitre le plus agréablement possible,nous parlerons alors de dispositions narratives,mais aussi élever l’ame du visiteur vers Dieu au travers de signes,dans une disposition symbolique.Tous poursuivaient le méme objectif,mais ils étaient aussi encadrés par des moines ,leurs principaux commanditaires.Tous avaient le gout du voyage et les peintres étaient avant tout des itinérants,et ils subirent et s’enrichirent des influences diverses nées de la multiplication des echanges dans tout l’occident chrétien qui caractérisa la période romane.Les programmes des cycles peints obeissent à des règles strictes auxquelles nul peintre ne songeait à se soustraire.Les volontés du commanditaire et du peintre étaient bridées par des contraintes architecturales,la configuration des églises et la disposition des murs utilisables pouvant etre bien différentes d’un édifice à un autre.Mais il arrivait aussi que les edifices aient été batis pour recevoir les peintures,le peintre pouvant etre simultanèment architecte et décorateur.Dans l’ensemble,l’oeuvre peinte fait corps avec l’église qui la porte et tout cycle peint ne saurait étre étudié en dehors du cadre qu’il contribue à composer.L’examen parallèle du support architectural et de la décoration peinte,permet de retrouver les liens unissant fresques et monuments.

Schéma de lecture du décor peint

Schéma de lecture du décor peint

L’imposante représentation à l’abside du Christ en majesté entouré des quatre symboles des évangiles constitue le pivot du décor peint.Il est l’élément destiné à frapper d’entrée le visiteur et il est par ailleurs souvent le mieux conservé.De la part le récit des scènes bibliques qui s’étalent le long des parois du choeur et de la nef,divisé en registres dans le sens vertical et en tableaux dans le sens horizontal.La lecture doit s’effectuer dans le sens des aiguilles d’une montre ,de gauche à droite à partir de la porte d’entrée occidentale,en commençant toujours par le registre supérieur.

Le cadre iconographique composé de thèmes essentiellement religieux,mais aussi profanes,intégrait à la fois des sujets figurés et purement décoratifs.

Chapelle d'Yron à Cloyes sur le Loir,ensemble des peintures

Chapelle d’Yron à Cloyes sur le Loir,ensemble des peintures

 

Les thèmes religieux étaient empruntés majoritairement aux épisodes du Nouveau testament.Les représentations de l’ancien testament sont assez peu fréquentes dans les églises de notre territoire,mais il y a l’extraordinaire exception de la « bible » de Saint Savin.Les motifs décoratifs,trés divers dans leur forme;géométriques(grecques,rubans plissés,oves adossés etc..)ou constitués d’élements végétaux,ou tirés du bestiaire animal ou fantastique,n’ont pas toujours une visée strictement esthétique.Le contenu de ces bandes décoratives,peut avoir en fonction de leur emplacement un but hautement symbolique.C’est la cas par exemple pour les bandes séparant les peintures des voutes de celles des murs en cul de four des absides.Cet étroit espace matérialise alors la séparation entre l’univers celeste(la voute) et le monde terrestre(les murs)et n’est garni que de motifs géométriques.

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Mais l’image peinte la plus représentée,celle destinée à happer le regard du visiteur,est celle du Christ en majesté figuré à la conque absidiale.Cette scène mantes fois reproduite,garde ses codes,certains hérités de la tradition grecque(auréole ou nimbe symbole de divinité).Le Christ apparait dans une gloire,enveloppe divine généralement à l’époque romane en forme d’amende(on parle alors de mandorle)limitée par une bordure épaisse richement décorée.La gloire a parfois une forme losangique(St Martin de Fenollar dans les pyrénées catalanes)ou en toute fin d’époque et au début du XIII ième,un aspect trilobé(St Lizier en Ariège).

Christ en majesté dans sa mandorle à l'église haute de Tavant(Indre et Loire)

Christ en majesté dans sa mandorle à l’église haute de Tavant(Indre et Loire)

 

Dans l’Apocalypse,il est dit qu’autour de Dieu se tiennent les quatre vivants.Un lion,un taureau,l’homme et un aigle.Le lion symbolise la résurrection du Christ,le taureau ou le boeuf évoque la crucifixion,l’aigle annonce l’ascension et l’homme est l’incarnation du Christ.Les quatre animaux sont associés aux quatre évangelistes.Le lion à St Marc,le taureau à St Luc,l’aigle à St Jean et l’homme figuré souvent par un ange est associé à St Mathieu.Dans le tétramorphe,l’ange de St Mathieu est figuré en haut à gauche de la mandorle du Christ,l’aigle de St Jean en haut et à droite,le taureau ou boeuf de St Luc en bas à gauche tandis qu’en bas à droite apparait le lion de St Marc.Parfois les animaux sont figurés ailés(Rouillac dans le Lot)et souvent ces scènes de theophanies sont complétées par des anges.Une main divine dans un médaillon surplombe régulièrement l’ensemble.Le symbole christique,le chrisme y est rarement représenté(Les Cluses Hautes en Roussillon).

Les images du Christ en gloire sont en général assez bien conservées;sans doute en raison de leur position haute,a l’abri des mains des visiteurs et peut etre aussi de leur situation aux absides un peu moins sujettes que les murs des nefs et des transepts aux modifications architecturales postérieures,souvent dés l’avenement du gothique.

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Le boeuf de St Luc à Vals en Ariège

Le boeuf de St Luc à Vals en Ariège

Le lion ailé de St Marc à la chapelle de Rouillac prés de Moncuq dans le Lot

Le lion ailé de St Marc à la chapelle de Rouillac prés de Moncuq dans le Lot

l'aigle de St Jean à St Jacques des Guerets(Loir et Cher)

l’aigle de St Jean à St Jacques des Guerets(Loir et Cher)

 

Les fresques de nos églises ne montrent pas beaucoup d’images issues de l’ancien testament.Par bonheur nous disposons de l’immense ensemble peint de St Savin,qui étale bon nombre des épisodes relatifs à l’ancien testament,à commencer par la création.Outre la création,on peut admirer egalement d’autres thèmes disséminés dans d’autres edifices;l’arbre de Jessée,des episodes de la vie d’Abraham,de Noé,du roi David,de l’histoire de Moise.

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Dieu annonçant le déluge à Noé et ordonnant la construction de la tour de Babel

Dieu annonçant le déluge à Noé et ordonnant la construction de la tour de Babel

St Savin;l'ivresse de Noé

St Savin;l’ivresse de Noé

 

L’iconographie romane s’alimente essentiellement de textes issus du nouveau testament et presque exclusivement de l’évangile de Luc.Les principaux thèmes concernent la naissance ,l’enfance,la vie et la mort du Christ ainsi que sa résurrection.

Deux thèmes sont toujours regroupés,l’Annonciation et la Visitation,tout comme la Nativité associée parfois au bain de l’enfant.

Brinay(Cher),la Nativité

Brinay(Cher),la Nativité

L’épopée des Rois Mages est abondamment représentée.

Vic,les Rois Mages apportant leurs offrandes et l'étoile du Berger

Vic,les Rois Mages apportant leurs offrandes et l’étoile du Berger

La présentation au Temple est évoquée au travers du vieillard Siméon,sorte d’émissaire divin,recevant l’enfant de Marie.La présentation au Temple est interprétée comme la célébration de la lumière et sera fétée plus tard ,au mois de février à la Chandeleur.

 

Le baptème du Christ est évoqué dans les quatre évangiles,mais il n’aura pas connu en France un grand succés auprés des peintres romans.

Une colombe représentant l'esprit divin vient effleurer la téte du Christ au baptéme de Lavardin(Loir et Cher)

Une colombe représentant l’esprit divin vient effleurer la téte du Christ au baptéme de Lavardin(Loir et Cher)

La fuite en Egypte  est souvent représentée ainsi que le Massacre des Innocents.

574La Cène ou dernier repas du Christ est presque partout présente.Des scènes de la passion ,la crucifixion sera la plus représentée,accompagnée parfois de la déposition de croix.La flagellation succinctement évoquée dans les évangiles de Mathieu,Jean et Marc est paradoxalement absente de celui  de Luc.Peu représentée par le peintre roman,en raison peut étre de sa cruauté,la chapelle d’Yron à Cloyes sur le Loir ,nous en restitue un bel exemple.

577La résurrection n’est évoquée qu’à travers les images des trois Saintes Femmes au tombeau.

Les scènes tirées du récit de l’Apocalypse sont figurées de manière un peu particulière et parcellaire par le peintre roman.Le jugement dernier y est plus ou moins intégré,souvent figuré au revers des façades occidentales.

Image de l'Enfer de Brioude (Haute Loire)

Image de l’Enfer de Brioude (Haute Loire)

Les images de Saints sont abondantes.Le collége apostolique souvent représenté au mur en hémicycle des absides,les saints en pieds sur les piliers du choeur ou de la nef,ou aux ébrasements des fenètres,ou dans des scènes évoquant leur martyre.

Saint éveque à St Loup de Naud prés de Provins

Saint éveque à St Loup de Naud prés de Provins

La Vierge est toujours trés présente,d’abord dans les épisodes de l’enfance et de la passion du Christ,mais aussi figurée aux voutes en gloire.

Vierge à l'enfant dans sa gloire à Montmorillon(Vienne)

Vierge à l’enfant dans sa gloire à Montmorillon(Vienne)

Enfin les thèmes profanes ne sont pas absents;Zodiaque et Calendrier des mois à l’arc triomphal,scènes de chasse ou épisodes de la vie de grands personnages,images du bestiaire,monstres et motifs végétaux divers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La peinture murale et les croisades

31 décembre, 2015
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age | Pas de réponses »

Paradoxalement les épisodes des croisades ont été peu représentés par les artistes peintres romans.Pourtant les croisades bouleversérent la vie au XII iéme siècle.C’est en 1095,au concile de Clermont que le pape UrbainII precha la formation d’une croisade pour aller libérer les lieux saints.Quatre ans plus tard Jérusalem est prise par les premiers croisés et l’ordre du Temple sera crée en terre sainte en 1118.Aprés la défaite byzantine d’Ascalon la deuxième croisade initiée par Bernard de Clairvaux permettra au monde occidental d’assurer sa domination commerciale sur toute la méditerranée.La nouvelle croisade echouera à Damas en 1148.La troisième croisade organisée par Philippe Auguste,Henri II et Frédéric Barberousse en 1189 se soldera par un echec en 1192.Néanmoins en 1204,les croisés s’empareront de Constantinople et substitueront à l’empire byzantin,un empire latin d’orient avec à sa téte Beaudoin premier.LEAD Technologies Inc. V1.01

Deux programmes peints sont toutefois consacrés en grande partie au récit de ces croisades.Le premier au Temple de Cressac en Charentes,le second aux murs de la nef de la petite église de Sainte Marie aux Anglais en Normandie.

L’église de Sainte Marie aux Anglais,trés bien entretenue,date de la fin du XII iéme siècle.Les peintures du début XIII iéme pour la pluspart,sont de médiocre qualité ,à dominante ocre rouge et présentent la particularité d’étre toutes exécutées sur des fonds blancs constéllés d’étoiles rouges à six branches pour les murs de la nef et du choeur,à dix et douze branches pour les voutes.Bien que la palette soit trés réduite,le dessin sommaire,l’ensemble est néanmoins harmonieux.A la voute du choeur trone un Christ dans une mandorle.Les autre voutains sont occupés par l’annonciation et la visitation,une nativité.Au dessous la représentation des rois mages.En suivant on peut observer une dormition de la Vierge.Les murs du choeur conservent au sud,une entrée du Christ à Jérusalem et au nord une Cène bien conservée.Au mur est ,derrière l’autel,on observe trois panneaux peints,au centre une descente de croix,à gauche un portement de croix et à droite l’une des images las plus connues de l’ensemble,un bourreau hache à la main.

161Les autres peintures prés de l’arc triomphal,sont trés abimées.On y reconnait trois soldats endormis appuyés les uns sur les autres.L’intrados de l’arc abritait un calendrier des mois aujourd’hui trés dégradé.

Ce sont les murs de la nef qui hébergent les peintures consacrées aux croisades.Au nord on peut voir un soldat,casque à nasal et cote de mailles,tentant de frapper un évéque reconnaissable à la mitre,tandis qu’un personnage essaye de le défendre à l’aide d’une croix pattée.

ste marie an combat0034Suivent ensuite diverses scènes de combats.Dans l’une d’entre elles des soldats escaladent une forteresse aux murs rouges crénellés.Derrière on distingue des tentes ,chacune surmontée d’une croix .Cette méme croix que l’on retrouve ailleurs ,peinte en rouge sur le casque des croisés.

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UNn cavalier au combat ,une croix peinte sur son casque

UNn cavalier au combat ,une croix peinte sur son casque

La chapelle des templiers du hameau de Cressac présente un ensemble de peintures murales de la fin du XII iéme siècle en grande partie consacré aux croisades.L’église de plan rectangulaire, était à l’origine entièrement décorée de peintures.Longtemps utilisée comme grange,les peintures auront beaucoup souffert et il a fallu une longue campagne de restauration pour sauver les fresques du mur sud,déposées puis remises en place dans l’édifice sur de grands panneaux de bois.

Le mur oriental montre une belle image d’evéque tenant la crosse et portant le mitre.A gauche,au registre inférieur une scène évoque l’archange St Michel combattant le dragon et le pésement des ames.Au dessus figure un trés beau chrisme plein de symbolisme.

Au revers de la façade occidentale on peut voir l’image d’une femme devant un homme en armure face à un monstre de type griffon.A droite de la fenètre,la scène la plus connue de l’ensemble montre un cavalier couronné foulant sous le sabot de son cheval un homme a terre évoquant « l’infidèle »,dénudé langue tirée hirsute,tournant la tète comme pour implorer de l’aide,vers une femme également couronnée,tendant une fleur de lys à son cavalier.Une fleur identique à toutes celles tapissant le fond de la scène.Le cavalier couronné passe pour étre le roi Philippe Auguste,co organisteur de la troisième croisade.

523Les fresques du mur sud s’étalent en deux registres superposés.Au registre supérieur une longue frise évoque la victoire des croisés sur l’armée sarrazine.Des tours crenellées d’une cité,des personnages observent le départ d’un groupe de cavaliers à la tète desquels des historiens reconnaissent le comte d’Angoulème GuillaumeIV Taillefer.La dernière scène montre un sarrazin juché sur un tour,sonnant le rappel,comme pour confirmer la déroute de l’armée musulmane.363Au registre inférieur on voit des cavaliers chevauchant prés de leur campement ou chargeant les sarrazins.Ensuite est figurée une scène de restitution d’otages.Les scènes du registre inférieur se détachent d’un fond rouge soutenu.Une partie des tètes des personnages est masquée par une large bande décorative séparant les registres.cressac infidele0011Les scènes du registre supérieur s’étalent sur un fond blanc ,limitées par une frise de losanges entre deux bordures rouges.A l’intérieur de chaque losange et dans les intervalles apparaissent des étoiles à huit branches.

cressac  che valier0013Les peintures de Cressac bien que traitées presque exclusivement dans des tonalitées ocres rouges ,ocres jaunes et blanches,n’inspirent aucune monotonie,grace à une savante répartition des rouges et des blancs et à l’enchainement dynamique des scènes,méme si le dessin est assez sommaire et géometrique.

Peintures pré-romanes à St Pierre les Eglises

30 décembre, 2015
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Le village de St Pierre est aujourd’hui englobé dans la petite ville de Chauvigny.Il était situé sur une importante voie romaine reliant Bourges à Poitiers et a possédé jusqu’à trois édifices religieux ,d’ou son nom de St Pierre les églises.Le petit édifice restant est blotti parmi les cyprés en un site charmant,dans un antique cimetière ou furent mis à jour une série de sarcophages mérovingiens,trés nombreux dans la région,en particulier à Civaux.

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Les peintures murales trés anciennes,passent pour étre les plus vieilles de France.Qualifiées fréquemment de carolingiennes,leur date de réalisation demeure imprécise.Il est généralement admis qu’elles furent exécutées à la fin du X ième siècle.Les fresques furent découvertes en 1851 et s’étalent sur le mur en hémicycle du choeur et sur les parois de raccordement à la nef ,en quatre tableaux et sur deux registres.On y admire une crucifixion trés particulière.Le Christ sur une large croix grise se détachant d’un fond constitué d’épaisses bandes ocre rouge,blanche et grise,apparait affublé d’un curieux nimbe crucifère tréflé.Sa téte est minuscule par rapport à la longueur de son corps et de ses bras sous lesquels s’activent deux personnages.A gauche le porte lance coiffé d’un casque pointu et à sa droite le porte hysope.Dans les cantons supérieurs de la croix figurent classiquement mais éffacées,les représentations du soleil et de la lune dans des médaillons circulaires ocre rouge.

325Dans un autre tableau,l’archange St Michel dans une tunique grise et blanche,au nimbe crucifère jaune cerclé de blanc,déploie d’immenses ailes rouges face à une représentation du dragon à sept tétes.

st pierre eglise monstreUne belle nativité montre trois trois femmes autour de l’enfant qui baigne dans un baquet,sous le regard de la Vierge.

326La palette est trés réduite;ocre rouge,ocre jaune ,gris et blanc.La présence de bleu exclusivement reservé aux jambes du Christ est un mystère.

Motifs décoratifs sous forme de rinceaux

Motifs décoratifs sous forme de rinceaux

Les mystères du Liget

30 décembre, 2015
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La chapelle St Jean du Liget,sur la commune de Chemillé sur Indrois prés de Loches,vestige d’une ancienne chartreuse,présente un ensemble de peintures murales incomparables.Les peintures s’étalent sur tout le pourtour des parois et aux ébrasements des fenètres plein cintre de la chapelle rigoureusement circulaire.L’ancienne nef,qui permettait d’accéder à l’ouest à la rotonde a aujourd’hui disparu.Les fenètres délimitent six pans de murs sur lesquels sont peints autant de tableaux.Au dessus court une frise par endroits totalement éffacée,constituée d’une large bande de grecques interrompue régulièrement de petits tableaux carrés renfermant les bustes de personnages auréolés déroulant des phylactères.Les peintures bien que dégradées,sont de grande qualité et dégagent une impression de calme de sérénité accentuée par la douceur des tons utilisés.

Le Liget;schéma de la disposition des peintures

Le Liget;schéma de la disposition des peintures

A l’emplacement I figure l’arbre de Jéssée tenant délicatement entre ses doigts la rameau censer assurer sa descendance.

L’emplacement II est reservé à la Nativité.

A l’emplacement III est représentée la présentation au temple.Le beau visage du vieillard Siméon permet d’établir des similitudes entre les peintures du Liget et celles de St Aignan sur Cher.

Le vieillard Siméon de la présentation au temple                                                                                                                                                                                                    Le vieillard Siméon(Présentation au temple)

L’emplacement IV montre une descente de croix.

La déposition de croix

La déposition de croix

A l’emplacement V est figurée la résurrection,sous la forme de l’image des Saintes Femmes au tombeau.

L’emplacement VI révèle laplus belle scène du programme,la dormition de la Vierge

le liget   scene dormi0017                                                                                                                                                                                                     La dormition de la Vierge

Aux embrasures des fenètres apparaissent des images de Saints;

En 1 Saint Maurice,en 2 Saint Denis à gauche et Saint Brice à droite,en 3 Saint Jean Baptiste à gauche,Saint Pierre à droite,en 4 Saint Nicolas a gauche et Saint Hilaire à droite,en 5 Saint Benoit à gauche,Saint Gilles à droite,en 6,à gauche Saint Etienne à droite Saint Laurent,traités dans un style différent ,plus byzantin.

Saint Nicolas

Saint Nicolas

La frise supérieure montre une série de tableaux renfermant des bustes de personnages déroulant des phylactères ou figurent des inscriptions en partie effacées.Abraham est clairement identifiable,un autre personnage ressemble curieusement au St Jean Baptiste représenté à l’embrasure d’une des fenètres.

Abraham déroulant un phylactère

Abraham déroulant un phylactère

Mais la chapelle du Liget préserve des zones de mystère,laissant ainsi place à diverses interprétations.Mystère concernant l’interprétation des éléments épigraphiques déchiffrables sur les phylactères et le rapport avec les personnages qui les tendent.Mystère a propos de l’interprétation iconographique de certains tableaux.Mystère concernant la date d’exécution des peintures.Certains les datent de 1170 1180 en raison de certaines similitudes avec les peintures de la crypte de St Aignan.Mystère sur la relation entre la partie circulaire et la nef aujourd’hui disparue.Mystère enfin sur les motifs qui poussèrent architecte et peintre à batir et à décorer ce curieux monument ici,dans un clairière ,en lisière d’une forét eloignée de tout.

Peut etre St Jean Baptiste

Peut etre St Jean Baptiste

 

Procédés techniques

29 décembre, 2015
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Il n’y a pas eu de révolution technique depuis les peintures rupestres d’Altamira et de Lascaux puis les peintures paléo-chrétiennes,jusqu’à la peinture murale des XI ième et XII ième siècles.Trois grandes techniques furent utilisées pour réaliser les oeuvres peintes à l’époque romane.Le procédé à la fresque,les peintures à la détrempe et celles à la »grecque » plus lentes ,plus couteuses et bien moins utilisées.

Le procédé à la fresque ou à »buon fresco« ,terme impropre pour qualifier une peinture exécutée sur un enduit encore frais ,se déroulant en cinq étapes.

1 Sur le mur de pierre on étale un enduit grossier constitué de chaux éteinte ,de cailloux concassés ou de sable dans lequel on incorporait quelquefois de la paille(tradition byzantine)

2 Le schéma de la composition est esquissé au charbon de bois sur la première couche.

5063 Application d’une couche plus mince de lait de chaux.L’artiste ne prépare ainsi que la portion de mur qu’il pourra décorer avant que l’enduit ne soit sec.L’esquisse au charbon de bois apparaissant par transparence est reprise à l’ocre rouge et quelquefois gravée en creux.

4 Les couleurs détrempées dans de l’eau douce sont posées par aplats sur un enduit encore mouillé dans lequel elles pénétrent aussitot.

5 Le peintre trace les ombres et les lumières à l’aide de larges touches d’un blanc vif.

Les couleurs sont mates à base de terre.On retrouve souvent l’ocre rouge,l’ocre jaune,le vert ,le bleu ,le blanc parfois le vermillon.Le peintre commence toujours par des fonds sombres.Cette technique réclamait habileté et promptitude et ne laissait pas place à l’erreur,les retouches étant quasiment impossibles.Mais en contrepartie,le procédé à la fresque assurait la pérennisation de l’oeuvre.Le cycle de St Martin de Fenollar prés de Perpignan est un des rares exemples de peintures à la vraie fresque.

Fenollar ,un ange

Fenollar ,un ange

Fenollar ,la nativité

Fenollar ,la nativité

 

Fenollar ,Vierge orante dans une gloire losangique

Fenollar ,Vierge orante dans une gloire losangique

 

 

 

 

 

 

 

 

La technique à la détrempe fut de loin la plus utilisée en France.Il arrive que des peintures réalisées à la fresque aient été reprises selon le procédé de la détrempe.Le procédé découle directement de celui de la fresque,la différence résidant dans le fait que le mortier est ici appliqué en une seule fois sur toute la surface à décorer.Le mortier est ensuite réguliérement remouillé en cours de travail.Cette technique permettait plus aisèment les retouches,mais la qualité de conservation des peintures s’est avérée moins bonne,particuliérement au niveau des rectifications,la peinture n’ayant pas pu penetrer parfaitement dans un enduit déja trop sec.Le plus grand et le plus célèbre exemple de peintures à la détrempe,peut ètre admiré à St Savin.

Dieu et la famille de Noé

Dieu et la famille de Noé

La prière d'Enoch

La prière d’Enoch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larche de Noé

Larche de Noé

Les peintures à la »grecque »,ont éte trés peu utilisées.L’exemple type nous est donné par les peintures du prieuré clunisien de Berzé la Ville en Bourgogne.Une longue préparation du support était necessaire.Le mur était piqué pour permettre au revètement d’adhérer.Puis sont appliquées cinq couches successives de mortier.Dans la dernière couche un liant gras destiné à donner plus de brillant aux peintures est incorporé à la chaux éteinte et au sable.Sur le fond les personnages sont dessinés à l’ocre rouge.Les couleurs sont appliquées en deux temps.D’abord les tons mats,posés par aplats à la colle,puis les couleurs brillantes à la cire ,pour rehausser chairs et draperies.La palette est trés étendue.Pour Berzé la Ville on a dénombré huit couleurs de base.Ocres rouges et jaunes,cinabre,vert de cuivre ,bleu d’azurite,noir de fumée,blanc de plomb et brun.Des tons intermédiaires sont crées,trés nuancés,en superposant différentes couleurs,mais en ne les mélangeant jamais.Cette technique trés exigeante nécessitait un travail à sec.

 

Berzé,les apotres autour de la mandorle du Christ

Berzé,les apotres autour de la mandorle du Christ

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L’utilisation de la chaux.La chaux vive est obtenue par calcination du calcaire ou pierre à chaux.La chaux éteinte est de la chaux vive diluée à l’eau.Mélangée au sable elle donnera le mortier appliqué au mur.Le lait de chaux est obtenu par dilution a l’eau de la chaux éteinte.Il faisait office d’agglutinant pour les pigmentsL’eau de chaux était enfin obtenue en ajoutant de l’eau au lait de chaux.Elle était utilisée pour les éventuelles retouches.

 

 

 

 

La trilogie de Montoire

28 décembre, 2015
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montoire guerrierLes peintures tapissent l’ensemble de la petite chapelle St Gilles,située au fond d’une ruelle à la sortie de la ville et constituent l’un des plus beaux témoignages de la peinture murale romane en France.Les fresques furent réalisées selon deux techniques différentes dans des styles distinctifs marquant leur date d’exécution.

Le petit édifice est composé de trois absides précédées d’une courte nef.Les peintures de l’abside orientale,les plus anciennes ,datées du début du XII ième siècle,furent réalisées selon la technique de la « vraie » fresque.Celles des absides sud et nord ont été éxécutées selon la technique dite à la détrempe,la plus utilisée en France,et datent de la fin du XII ième poue l’absidiole sud ,et sans doute du tout début du XIII ième pour l’absidiole nord.

Cette « trilogie »,trois représentations différentes de trois Christ en gloire d’époques différentes,aux culs de four de trois absidioles,confèrent à la chapelle St Gilles une importance considérable.

186Au cul de four de l’abside orientale(Emplacement 1)éclairée par trois fenètres,trone le premier Christ en gloire entouré des symboles des evangiles et accompagné de deux groupes d’anges ailés.Il est inscrit dans une double gloire,l’une ronde ,l’autre en amande.Le Christ présente de longs cheveux blonds,son nimbe crucifère aux branches à angles droits parait posé en équilibre sur sa téte.Il lève la main droite et tient le Livre ouvert dans sa main gauche.C’est le Christ pantocrator,celui de l’Apocalypse.Les bordures de la gloire sont constituées de cinq bandes colorées concentriques.Tout autour dansent des anges les mains levées posées sur la gloire,les ailes relevées au dessus de leur tétes.Les vétements semblent flotter au vent confèrant le mouvement à l’ensemble de la scène.Entre la voute et le mur dessous une large bande colorée foncée,décorée de demi cercles plus clairs,assure la transition entre monde celeste et monde terrestre.Au registre inférieur subsistent quelques peintures éffacées,probablement des apotres.

Christ de l'abside orientale,le plus ancien

Christ de l’abside orientale,le plus ancien

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Ange soutenant la mandorle

 

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L’intrados de l’arc triomphal précédant l’abside(Emplacement2) montre au sommet un agneau de Dieu inscrit dans un disque,porteur d’un nimbe crucifère identique à celui du Christ.De part et d’autre,deux anges soutiennent le cercle de leurs ailes déployées croisées au dessus de leur téte.

Agneau de Dieu

Agneau de Dieu

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Ange à l’intrados de l’arc

Au cul de four de l’absidiole sud(Emplacement3)trone un Christ plus byzantin de la fin du XII ième siècle,dans une mandorle,assis sur une gloire circulaire.Les fonds sont bleus,le Christ montre des cheveux blonds ,plus courts et une barbe plus dense.L’auréole beige est plus réduite.Ses bras sont largement ouverts et de sa main droite il semble confier les clés à St Pierre figuré dessous dans un demi cercle et vétu d’une longue tunique blanche et d’un manteau ocre.Les vétements du Christ sont ici plus élaborés.Les autres secteurs de la voute sont occupés par des peintures du XIII ième siècle.On y reconnait les fragments d’un martyre de St Laurent.

Christ de l'abside sud

Christ de l’abside sud

L’intrados de l’arc triomphal(Emplacement 4)est décoré de losanges jaunes rouges et bleus.A la clé un plus grand losange à fond bleu,borduré de rouge et jaune,renferme une main de Dieu.Sur l’un des piédroits,un médaillon formé de trois cercles concentriques blanc rouge et jaune,renferme deux poissons téte bèche.Sans doute les restes d’un Zodiaque.

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Main divine

Au cul de four de l’abside nord(Emplacement5)dans une simple gloire en amande richement décorée,trone un Christ auréolé de bleu.Il a les bras grands ouverts à l’horizontale formant avec son corps une croix.Vétu de rouge,ses yeux en amande sont grands ouverts,ses cheveux un peu aplatis sur son crane.Les traits du visage sont soulignés de noir.C’est le Christ le plus récent,sans doute de l’extrème fin du XII ième siècle.Un faisceau s’échappe de ses mains,il transmet ainsi l’esprit sain à ses apotres chargés d’aller précher la bonne parole.

Christ de l'abside Nord

Christ de l’abside Nord

L’intrados de l’arc triomphal(Emplacement 6) est décoré de trois beaux anges.

L’intrados de l’arc doubleau ouest ,celui qui permet l’accés aux trois absidioles et limite la courte nef,(Emplacement 7),montre à la clé l’image d’un Christ nimbé dans un beau médaillon à fond rouge bordé de jaune.Sa tété est encadrée de l’Alpha et de l’Omega.De part et d’autre figurent deux cavaliers.

Buste de Christ à l'intrados de l'arc doubleau ouest

 

Un combattant

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Le Christ à la faucille de Burnand

28 décembre, 2015
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Le Christ à la faucille

Le hameau de Burnand en Saone et Loire,prés de Malay,dans un cul de sac au creux d’un vallon,s’enorgueillit de la présence d’un élegant petit chateau et d’une eglise romane au chevet décoré d’arcatures lombardes,dont l’intérieur est tapissé de trés anciennes peintures murales montrant un thème unique en France,l’image d’un Christ à la faucille.De découverte récente,les peintures d’époques différentes décorent l’abside en cul de four de la petite église St Nizier.

Visage du Christ à la faucille

Visage du Christ à la faucille

A la voute apparaissent des anges nettement gothiques ainsi que les fragments d’une théophanie du XV ième siècle qui viennent par endroits se superposer avec le Christ roman au centre,assis sur une double mandorle et accompagné des symboles des évangiles.Ce Christ trés particulier,unique,tient dans sa main gauche une faucille.Cet élement iconographique permet aux spécialistes de faire le lien entre laes peintures de la péninsule ibérique et une partie des fresques de Bourgogne.Une influence réciproque,liée à l’itinérance des ateliers de peintres romans,favorisée par le developpement des grandes voies de pélerinage.Si le thème du Christ à la faucille se retrouve sur un manuscrit castillan,d’autres éléments rapprochent Burnand de la peinture catalane(Sescort,La Seu de Urgell à la frontiére andorrane).Si les peintures de Burnand ne sont pas trés spectaculaires,elles revètent un grand intéret archéologique.Le mur en hémicycle est recouvert de peintures représentan tune série de saints personnages tous auréolés,tenant chacun un livre,sous une double bande décorative.A leur coté ,à droite,figure l’image d’un saint évéque,d’époque plus récente.

Bustes de deux apotres

Bustes de deux apotres

 

Deux apotres

Deux apotres

Un combattant

Un combattant

Visage d'apotre

Visage d’apotre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin l’intrados du pilier droit de l’arc triomphal montre une énigmatique et intéressante image d’un combattant(un croisé?)dont la téte a malheureusement disparu,semblant fouler aux pieds un poisson.

Les peintures de Burnand sont de médiocre qualité.La palette est pauvre(Blanc,gris,ocre rouge,ocre jaune),le dessin grossier,schématique,le visage des personnages,hiératiques,sont soulignés d’un épais trait noir.Les drapés sont inerte ,l’ensemble statique,mais les fresques de Burnand,probablement du XI iéme siècle,figurent parmi les plus anciennes de Bourgogne.Il faut noter d’ailleurs la ressemblance dans le graphisme,avec les peintures des grottes de Jonas en Auvergne,elles aussi du XI iéme siècle.

Le temps qui passe…

27 décembre, 2015
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L’idée du temps qui s’écoule est matérialisé par les représentations des douze signes du Zodiaque.Assez peu figurées en peinture murale romane,les peintres leur préféreront des images des travaux des mois,dans une volonté de correspondance des activités humaines avec le monde celeste.

D’origine gréco-romaine,le Zodiaque avait un caractère strictement astronomique.Chaque constellation de l’hémisphère nord sera affublée d’un mois qui sera représenté par une image humaine ou animale,en commençant par l’agneau ou le bélier.Fréquemment ces signes du Zodiaque seront remplacés par des images des Travaux des mois ou des occupations des hommes au fil des douze mois de l’année,sous forme de tableaux peints constituant un calendrier des mois.En France les représentations des signes du Zodiaque sont rares.On connait une représentation du signe des poissons à Montoire sur le Loir et trés recemment l’église d’Ourjout en Ariége a révélé une magnifique série de signes zodiacaux inclus dans des médaillons,malheureusement en partie altérés par l’ouverture postérieure de deux baies au registre inférieur du mur en hémicycle de l’abside portant les peintures.

Une évocation du signe des poissons à Montoire sur le Loir

Une évocation du signe des poissons à Montoire sur le Loir

Le signe du Capricorne a Ourjout

Le signe du Capricorne a Ourjout

Lignières de Touraine,Calendrier des mois (détail)

Lignières de Touraine,Calendrier des mois (détail)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les calendriers de mois sont eux plus présents,presque systématiquement figurés à l’intrados de l’arc triomphal du choeur,comme pour faire le lien entre le monde terrestre et humain des murs de la nef et celui céleste et divin des voutes du choeur et de l’abside.Citons les calendriers de Allouis et Brinay dans le Cher,de Pritz prés de Laval,ou du Vieux Pouzauges en Vendée ainsi que tout récemment découvert celui de Ligniéres de Touraine.Il convient de noter qu’à partir du XIII ième siècle,le calendrier des mois a tendance à quitter l’arc triomphal pour s’étaler en tableaux sur les murs de la nef(Lourouer Saint Laurent prés de la Chatre,et St Rémy la Varenne en Anjou)tandis que les travaux de janvier sont parfois remplacés par l’image d’un Janus à deux visages à Angoustrine dans les Pyrénées Catalanes,ou à trois visages sur les fresques fin XIII ième -début XIV ième de Sargé sur Braye prés du Mans

Allouis (Cher) Evocation de Juillet et de la moisson

Allouis (Cher) Evocation de Juillet et de la moisson

Brinay(Cher)Evocation du mois de Février

Brinay(Cher)Evocation du mois de Février

Le mois de Novembre au Calendrier de Brinay

Le mois de Novembre au Calendrier de Brinay

Pritz(Mayenne) La moisson de Juillet

Pritz(Mayenne) La moisson de Juillet

Evocation des travaux d'Aout à Pritz

Evocation des travaux d’Aout à Pritz

Une image cocasse à Pritz poue évoquer Septembre et la vendange

Une image cocasse à Pritz pour évoquer Septembre et la vendange

Pritz;représentation du mois d'octobre

Pritz;représentation du mois d’octobre

Vieux Pouzauges(Vendée)Evocation de Juillet et Aout

Vieux Pouzauges(Vendée)Evocation de Juillet et Aout

Montferrand,unique exemple de peintures romanes en Périgord

27 décembre, 2015
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age, photos peitures murales | Pas de réponses »

Paradoxalement,le Périgord,haut lieu de la peinture rupestre,compte trés peu de vestiges peints d’époque romane.Quelques traces à St Leon sur Vézère et à St Amand de Coly et des vestiges de fresques trés anciennes à Montferrand prés de Cadouin,petite cité périgourdine type,avec sa remarquable halle sur la place principale ,bordées de vieilles maisons à la belle patine ocrée.

Les peintures ornent les murs d’une charmante chapelle isolée dans son cimetière à quelques lieues du bourg.Le petit édifice a une curieuse allure,constitué d’une petite nef d’une seule travée raccourcie à l’époque gothique,accolée à un puissant clocher sur massif barlong,maintes fois restauré,reposant sur un choeur trés ancien.La nef voutée en berceau présente trois grandes arcades aveugles plein cintre.Sur le mur plat du choeur percé d’une petite ouverture,s’étalent des peintures du XVI iéme siècle sur un fond rouge vermillon.A la voute du choeur trone un Christ des XIV ième ou XViéme siècle et à la retombée de la voute,les symboles évangeliques dont un taureau de St Luc magnifiquement traité.A la voute de la nef,deux grandes évocations naives du soleil et de la lune ,d’époque gothique.

Les peintures romanes sont disséminées sur les mur de la nef.Au mur nord apparait une évocation de l »enfer sous la forme d’un monstre hirsute avalant des damnés.A coté,une scène indechiffrable,traitée en ocre rouge, montre l’image d’une mise au tombeau ou d’un ensevelissement?Au mur sud ,une peinture trés ancienne,peut etre du XIième siècle,montre un saint identifié par l’inscription au dessus de la scène Saint Leonard.Il est figuré entre deux enfants.Au dessus s’animent deux anges aux ailes geométriques déployées,tandis qu’au bas du tableau à gauche,sous une fausse arcade bordurée d’ocre rouge et jaune,apparait un cercle de fond ocré renfermant une croix pattée.Au dessus du médaillon un volatile blanc grossierement souligné de rouge ,s’ébat.A droite de St Leonard,dans le bas de la scène est figurée une porte ouverte.

Le dessin de ces peintures est naif,statique,trés geométrique.Les visages sommairement traités et la palette réduite a du blanc et des ocres avec un peu de brun pour l’habit de l’un des enfants.

Légende de Saint Leonard

Légende de Saint Leonard

Sur le méme mur prés de la porte d’entrée au registre supérieur,figurent les restes d’une peinture plus récente,probablement du début du XIII ième siècle.Se détachant d’un fond brun trés soutenu,inséré dans un cadre dont on distingue encore une partie de la bordure ocrée,apparait un fragment  de scène mettant en évidence deux personnages auréolés d’ocre jaune,les yeux levés vers le ciel sans doute vers le Christ qui devait figurer à la voute.Les visages aux yeux clairs,expressifs ,sont bien représentés.L’un des deux apotres désigne la voute du doigt.On distingue encore la manche de son vétement trés richement décorée.Le second ,un peu en retrait,est vétu d’un simple habit rougeatre.Entre les deux personnage ,l’image d’une constructin impossible à identifier.La palette est extèmement réduite,ocres rouges et jaunes,blanc et un peu de bleu pour les yeux.

montferrand saint

Méconnues et délaissées;les fresques de Saint Bohaire

26 décembre, 2015
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L’église de Saint Bohaire tout prés de Blois fait partie de ces églises romanes à peintures murales méconnues et délaissées.J’ai eu l’occasion de visiter cette église à deux reprises à quelques années d’intervalle et j’ai pu constater la rapidité avec laquelle les fresques se détérioraient;comme a l’Ile Barbe à Lyon,à Sainte Lizaigne dans le Berry,à Sallertaine prés de Noirmoutier,entre autres.Si rien n’est fait on peut redouter la disparition compléte de ces peintures intéressantes et qui donnent une bonne idée de ce que fut l’art mural à l’extréme fin du XII iéme siècle.

L’ensemble fut decouvert en 1957 et les fresques occupent le croisillon sud du transept qui présente la particularité d’étre fort désaxé par rapport à la nef.La scène la mieux conservée représente un thème trés courant en peinture murale romane;les Saintes Femmes au tombeau du Christ,qui constitue la seule évocation peinte de la résurection du Christ.De belles figurations de cet épisode sont visibles à Allouis dans le Cher,à la cathédrale du Puy,à St Sernin de Toulouse,aux grottes de Jonas,ou encore éffacées à Norrey en Auge.Les Saintes Femmes sont toujours figurées au nombre de trois conformèment au texte de l’évangile de Luc(d’autres textes n’en décrivent que deux).Un ange avertit les myrrophores (porteuses de myrrhe)c’est ainsi qu’elles sont nommées ,en ces termes « Pourquoi cherchez vous le Vivant parmi les morts?Il n’est pas ici mais il est ressuscité… ».A Saint Bohaire les trois saintes,précédées d’une double arcade plein cintre de couleur verte,sont aureolées successivement de bleu de jaune et d’ocre rouge,voilées et vétues de longues robes ocre rouge ,grise et verte.Sous un baldaquin on distingue éffacée la téte auréolée de gris d’un ange.

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Visage de l’une des Saintes femmes

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Au registre inférieur se déroulent des scènes de la nativité.On distingue encore assez bien le bain de l’enfant,pongé dans une grande cuve jaune ,par deux sage femmes.

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Le Bain de l’enfant

Au cul de four subsiste une scène trés éffacée du couronnement de la Vierge.L’un des deux grands seraphins soutenant la gloire dans laquelle trone la Vierge est toutefois bien conservé.L’ange à genoux ,auréolé de jaune,déploie au dessus de ses épaules deux grandes ailes vertes et ocre rouge.D’autres scènes sont vraiment trés détériorées(crucificxon,dormition de la Vierge,présentation au temple)mais on distingue tout de méme deux tétes d’apotres finement traitées.

Un séraphin ailes déployées

Un séraphin ailes déployées

Visages d'apotres

Visages d’apotres

Couleur et prédominance des ocres en peinture romane

25 décembre, 2015
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Traiter de peinture amène tout naturellement à s’interroger sur la place,l’importance,la qualité,voire le symbolisme de la couleur.La peinture romane est un art essentiellement religieux et les oeuvres furent le plus souvent commanditées par des prélats et exécutées par des artistes animés d’une grande foi.Ces caractéristiques laissent supposer que rien dans la réalisation de ces peintures particulières ne fut laissé au hasard.Ainsi aux vertus esthétiques techniques voire pédagogiques ou messianiques que l’on pourrait attribuer à toute oeuvre d’art,vient se greffer concernant la peinture romane,une portée symbolique indéniable.Nous ne pensons pas toutefois qu’il faille accorder à la couleur une valeur symbolique absolue.Les ensembles peints conservés nous sont souvent restitués dans un tel état,qu’il est difficile d’accorder un crédit séméiologique total à telle ou telle autre couleur,méme utilisée sur un motif particulier,à un emplacement du mur bien défini dans une tonalité précise.D’autre part les ensembles peints sont rarement parvenus complets et souvent l’intensité chromatique des vestiges a été modifiée.La pluspart du temps les couleurs nous apparaissent fanées ou foncées par les siècles,quelquefois elles ont été incontestablement rehaussées par des restaurateurs trop zélés,a St Emilion par exemple ou carrément modifiées comme en l’église haute d’Anzy le duc en Bourgogne .Dans certains édifices les peintures donnent l’impression d’étre voilées.Le flou qui les caractérise est du à la pauvreté en hydroxyde de calcium sécrété à la surface du mortier.On perçoit ce phénomène en l’église d’Aime en Haute Savoie.Dans ces cas l’analyse des couleurs n’est pas chose aisée.

Saint Marc,la peinture est voilée par hyposécrétion d'hydroxyde de calcium

Saint Marc,la peinture est voilée par hyposécrétion d’hydroxyde de calcium

 

Fresque abusivement restaurée à Anzy le Duc

Fresque abusivement restaurée à Anzy le Duc

 

 

semisemiIl arrive aussi que les conditions hygrométriques induisent avec le temps,une modiification de certains pigments chromatiques.C’est le cas a Vals en Ariége  ou les pigments d’origine bleus ont noirci.Nous devons également tenir compte des difficultés techniques de fabrication des couleurs.Il était beaucoup plus facile et moins couteux de préparer des couleurs ocrées que du bleu ou du vermillon par exemple.

Que faut il penser de la relative pauvreté de la « palette » du peintre roman?Faut il y voir une conséquence des difficultés techniques de l’époque ou la volonté de délivrer un message?Notre perception visuelle de la gamme chromatique est sans doute fort différente de celle de l’homme du XII ième siècle.Certes physiologiquement il n’y a aucune différence,mais l’homme occidental moderne baigne dans une polychromie généralisée,ce qui n’était pas le cas au moyen-age.Concernant la palette romane ,nous pensons que plus la gamme chromatique était restreinte,plus la valeur symbolique des couleurs utilisées était importante.Cette vertu symbolique de la couleur,niée par certains spécialistes d’art roman,ne doit toutefois  étre considérée qu’associée aux thèmes iconographiques développés,au graphisme,à l’architecture des murs portant les peintures et pourquoi pas à l’épigraphie.

Les peintures romanes,peintures religieuses,sont aussi des oeuvres d’art exécutées par des artistes qui bien qu’anonymes et souvent inconsidérés,accordaient une grande importance à l’embellissement de la »maison de Dieu »,qu’ils étaient chargés de décorer.Ils utilisaient la couleur pour ses qualités esthétiques,pour créer dans l’église une atmosphére propice a susciter auprés du peuple roman ,la curiosité ,l’envie;le bonheur de « lire » sur les murs,souvent conçus comme un livre d’images ((le peuple au XIIième siècle ne savait pas lire le latin),le message biblique.Et pour cela il fallait bénéficier des meilleures conditions possibles.La lumiére avait une importance considérable au moyen age.Lumière signifiait beauté.Dans l’église devait pénétrer la lumière qui symbolisait Dieu.Il est facile d’imaginer combien le peintre roman devait prendre soin d’utiliser au maximum la maigre lumiére diffusée dans les édifices romans,pour attirer l’attention sur telle ou telle autre partie du décor.

Aujourd’hui il est difficile de restituer l’éclairage regnant au XI ième et XII ième siècles dans les églises et particulièrement dans les cryptes.Les conditions modernes d’éclairage faussent l’interprétation symbolique que l’on pourrait attribuer aux peintures et à leurs couleurs.C’est entre autres le cas en la magnifique crypte peinte de St Aignan sur Cher.L’éclairage électrique,si il permet de déchiffrer parfaitement les peintures,ne restitue pas les jeux d’ombres et de lumière,l’atmosphère lumineuse du XII ième siècle,crée alors par les cierges et les petites ouvertures absidiales.Toutes les diverses modifications par rapport à l’état et à l’exposition des peintures à l’epoque romane,doivent nous remplir d’humilité au moment de tenter une interprétation de la gamme chromatique.489Cependant des évidences s’imposent a notre regard.Les teintes ocrées sont largement prédominantes.Dans certains édifices la prédominance des surfaces ocres rouges est telle,que l’ensemble apparait monochrome.Cette monochromie rougeatre est souvent synonyme de monotonie,au temple de Cressac en Angoumois par exemple ou encore a la chapelle de Rouillac prés de Moncuq dans le Lot ou àLutz en dunois prés de Chateaudun.Le maitre de Vic en Berry a su et ce n’est pas le moindre de ses mérites,utiliser ces masses rougeatres pour créer une atmosphère inoubliable.

Fresques de Vic;de gauche à droite,le lavement de pieds,Pierre et Malchus,et l'arrestation du Christ

Fresques de Vic;de gauche à droite,le lavement de pieds,Pierre et Malchus,et l’arrestation du Christ.

Les teintes ocrées dominent donc ,et seul le talent de certains fresquistes dans l’utilisation concomitante de couleurs plus complexes et de blanc permet de gommer en partie leur obsédante présence.Tel n’est pas le cas à Allouis dans le Cher ou sur certaines scènes du calendrier des mois,on a du mal à détacher le personnage ocre rouge d’un fond de méme tonalité.

Forte prédominance des ocres à Lutz en Dunois

Forte prédominance des ocres à Lutz en Dunois

Allouis;calendrier des mois.La fenaison

Allouis;calendrier des mois.La fenaison

Les ocres rouges ou jaunes et les bruns sont les couleurs de la terre,de l’humus.Elles inspirent l’humilité.Les ocres étaient obtenus par broyage de l’argile.La proportion variable d’hydroxyde de fer permettait l’obtention d’une teinte plus ou moins rouge,en fonction de la concentration en hématite.Lorsque les terres étaient plus sableuses,la prédominance de goethite,permettait l’obtention d’ocres jaunes.Les teintes étaient appliquées sur le mur préparé aprés adjonction d’un agglutinant,du lait de chaux le plus souvent.

Il ne faut pas donner une signification symbolique aux ocres lorsqu’ils sont utilisés en grandes surfaces sur  les murs d’un édifice.Il faut surtout rattacher leur utilisation massive à leur relative facilité d’obtention et d’utilisation.Toutefois la valeur symbolique des tonalités brunes en général,devra etre prise en compte quand elles sont appliquées en bandes de fond et sous forme d’ondulations.Elles évoquent alors le monde terrestre.

Bandes de fond ocres a Brinay

Bandes de fond ocres a Brinay

Les jaunes et ocres jaunes n’étaient pas trés prisés au moyen age.Symboliquement ambivalents,ils furent progressivement délaissés.Il y avait un « bon jaune » et un « mauvais jaune ».Le jaune citron ou soufre évoquait le mensonge ,l’avarice ,la félonie.Ce mauvais jaune était attaché aux faussaires aux chevaliers félons,aux traitres ,à Judas.Il fut trés rarement utilisé en peinture romane.Le jaune miel,or,le bon jaune est synonyme de plaisir ,d’abondance.Sa présence fut proportionnelle a la prégnance des influence byzantine,comme aux fresques de la cathédrale du Puy en Velay.

Ocres jaunes à Saint Savin

Ocres jaunes à St Savin

 

 

 

 

 

Singularités iconographiques des Cluses

24 décembre, 2015
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Le hameau des Cluses prés de la frontière espagnole,a une trentaine de kilomètres de Perpignan,est accessible à partir de la N9 par une petite route à gauche à la sortie du Boulou.Des restes de fresques subsistent au cul de four de l’abside centrale et à l’intrados de l’arc triomphal de la petite église.Ces peintures de grande qualité,et dont on ne connait pas la date de découverte,se caractérisent par quelques singularités iconographiques.Sobrement restaurées dans les années soixante dix,elles présentent quelques ressemblances avec les fresques voisines de St Martin de Fenollar,sans toutefois que l’on puisse formellement les attribuer au méme artiste ni à l’un de ses élèves.En effet si des ressemblances sont nettes entre l’ange décorant la voute et l’image évoquant Mathieu à la voute de Fenollar,elles sont moins évidentes concernant la téte du Christ en gloire tronant au cul de four et quasiment absentes,en dehors de la forme des couronnes,si l’on considère les images des deux rois mages peintes sur le mur en hémicycle.La palette est riche,à prédominance de rouges parfois trés soutenus,mais les jaunes sont moins présents et les verts bien différents de ceux de Fenollar.Ces peintures sont en outre probablement légèrement postérieures au cycle peint de la chapelle de la Mahut à Fenollar.

A la voute trone le Christ dans une mandorle à trés large bordure constituée de plusieurs bandes colorées enserrant une épaisse décoration de grosses vésicules déterminées par les circonvolutions d’un filament blanc.Les oves colorées essentiellement en vert,sont bordées de croissants de lune ocre rouges dans une disposition assez particulière.Le visage du Christ est trés beau.De longs cheveux bruns s’échappent des branches du nimbe crucifère jaune.Le fond de la mandorle,bleu,montre au dessus de l’épaule gauche du Christ,un disque bordé de blanc renfermant une croix pattée.Sous les branches horizontales de la croix apparaissent à gauche l’Alpha et à droite l’Omega.La présence de ce chrisme à cet endroit est une singularité iconographique.Seule la partie supérieure du Christ dans sa gloire est conservée.

Le Christ dans sa mandorle

Le Christ dans sa mandorle

Le reste de la voute est occupé,à droite par un trés bel ange traité quasi exclusivement dans des tonalités rouges,tenant un candélabre et déployant de belles ailes vertes et blanches.On peut penser qu’un deuxième ange figurait à l’origine sur la partie gauche de la voute.Les symboles des évangiles ne sont pas figurés autour du Christ,une autre singularité iconographique de cet ensemble.

Ange tenant un candélabre

Ange tenant un candélabre

A l’intrados de l’arc triomphal,deux rectangles au fond rosé,renferment l’un,la représentation assezeffacée du Lion de St Marc,l’autre au centre de l’arc,l’image d’un volatile blanc ,les ailes déployées au puissant bec jaune,la téte dans un médaillon.L’image évoque plus la colombe du Saint Esprit que l’aigle de St Jean.Il est probable que faisant le pendant coté gauche,figurait une représentation du Taureau de St Luc.Encore une singularité iconographique que révèle le programme des Cluses,au méme titre que le chrisme accompagnant le Christ dans sa mandorle et l’image des deux rois mages figurant sur le mur en dessous,dans un espace réservé habituellement au collége apostolique.

Sous une bande de grecques apparaissent dégradées,les images de deux rois mages traités différemment des autres peintures,au point qu’il est permis de se demander si elles ne furent pas exécutées par un autre artiste.Le dessin est plus géométrique ,plus stylisé.Tous deux présentent une coupe au bout de leur bras.Les couronnes ressemblent à celles de Fenollar et sont ornées de pierres précieuses et décorées au sommet de petits rameaux rouges.L’un porte un habit vert et jaune simple,l’autre est vétu d’une robe plus sophistiquée bleue et rouge.

Les rois mages

Les rois mages

 

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Les grottes peintes de Jonas

24 décembre, 2015
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Les grottes de Jonas se composent d’une soixantaine d’excavations creusées dans la paroi de tuf rouge du puy de St Pierre Colamine entre Champeix et Besse en Chandesse.On ignore la date de creusement de ces grottes,mais on est sur par contre qu’elles furent amenagées a l’époque romane.C’est à cette époque ,au début du XI ième siècle,que fut décorée la chapelle dédiée à St Laurent.Les peintures,les plus anciennes d’Auvergne,constituent l’un des rares exemples de peintures rupestres du XI ième siècle.

Les fresques occupent la voute et l’une des parois internes(la paroi opposée s’est effondrée)de l’une des grottes amenagée en chapelle.

A la voute apparait un Christ,ainsi qu’une descente de croix assez réaliste bien qu’en partie effacée.

Détail de la déposition de croix

Détail de la déposition de croix

Au dessus de la porte,dans une niche trone une vierge en majesté.Sur les parois limitant la porte sont figurés Jésus devant Pilate,le reniement de Pierre(l’une des scènes les mieux conservées)et le couronnement d’épines.

Pierre identifiable a sa clé

Pierre identifiable a sa clé

Le couronnement d'épines (détail)

Le couronnement d’épines (détail)

 

A gauche de la porte,sont représentées les Saintes Femmes au tombeau ainsi qu’une apparition du Christ.

Les Saintes Femmes au tombeau

Les Saintes Femmes au tombeau

A noter la présence insolite d’un beau coq au dessin naif,comme l’ensemble des peintures dont le ton dominant est l’ocre rouge,qui ne manquent pas de charme et se révèlent particulièrement emouvantes.

Plusieurs motifs décoratifs,dont certains sous forme de superpositions d’oves adossés sont identiques a ceux renconrtés dans les peintures romanes catalanes,témoignent de l’ancienneté de l’oeuvre.

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Motifs décoratifs,oves adossées

Motifs décoratifs,oves adossées

A Jonas la peinture murale romane en est à ses balbutiements.Le dessin est sommaire ,émouvant de naiveté.Les drapés sont rigoureusement linéaires et soulignés d’un épais trait noir,comme aux peintures de Burnant de méme époque ,en Saone et Loire.

L’image d’un apotre révèle les caractéristiques de la peinture romane du début du XI iéme siècle.Le visage et le corps du personnage s’inscrivent dans deux rectangles.Du personnage se dégagent puissance et solidité.L’image plate,en deux dimensions,n’est toutefois pas complètement statique.On peut noter un léger desaxement de la téte par rapport au tronc,induit par le tracé de l’épaule droite.Le personnage est légèrement de profil,et la position de ses pieds lui confèrent une trés lègère impression de mouvement.

Bien que de petite taille ,l’apotre est plutot équilibré.On ne trouve pas ici les disproportions criardes que l’on peut observer ailleurs,notamment au XII iéme siècle.Il est a noter que le visage a été plutot bien traité,sans distorsions entre les différents étages de la face.

Le graphisme ne cessera par la suite d’évoluer.La peinture murale se révélera moins statique,le mouvement deviendra le maitre mot et un effort de recherche de perspective indéniable s’affirmera pour atteindre son apogée à St Savin au milieu du XII ième siècle.508

 

 

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