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Archive pour octobre, 2018


Sainte Lizaigne

31 octobre, 2018
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age, photos peitures murales | Pas de réponses »

L’eglise qui nous occupe ici n’est pas l’église paroissiale qui borde la route reliant Issoudun ,distante de quelques kilométres et Vierzon,mais un édifice roman situé au coeur du village.C’est un édifice simple a nef unique qui connut bien des vicissitudes,et surtout une sorte de mépris débouchant sur un véritable abandon.Lorsque je visitais l’église ,a la fin des années 80,l’édifice était quasiment en ruine.Le clocher avait été détruit en 1954,parce qu’il penchait et les peintures que les travaux de destruction du clocher avaient permis de mettre a jour,laissées en l’état.La toiture était effondrée par endroits,des gravats jonchaient le sol et la voute du choeur résistait encore sous de lourds étais .Aprés étre parvenu a me faufiler par une porte entrebaillée ,jai pu observer ce qu’il restait des peintures du XII iéme et du XIV iéme siécle.L’edifice avait pourtant été classé dés 1970.Depuis sous l’impulsion d’une méritoire association l’église a été proprement restaurée permettant ainsi ,enfin, de sauver ce qui pouvait l’étre,méme si l’extérieur entiérement repeint en blanc a plus l’aspect d’un edifice du sud de l’Espagne que d’une église berrichonne.

L'église sans son clocher,repeinte en blanc

L’église sans son clocher,repeinte en blanc

Sur le mur oriental de la nef(arc diaphragme,coin nord)subsiste l’image d’un personnage auréolé,trés effacé et non identifiable traité dans des tonalités ocres rouges et jaunes.On remarque deux traits ocres rouges a la base du cou,comme aux peintures de deux autres églises berrichonnes ,plus au sud autour de La Chatre,celles de Lourouer St Laurent et de Thevet St Julien.

visage effacé au coin nord de l'arc triomphal coté nef

visage effacé au coin nord de l’arc triomphal coté nef

Ce méme arc triomphal ,coté choeur,est occupé par des peintures trés dégradées figurant un jugement dernier.Au centre un christ dans une mandorle a fond bleu surplombe une série de tableaux rectangulaires bordurés d’ocre rouge et jaune,dans lequel on distingue les acteurs d’une résurrection des morts.L’emplacement et l’iconographie présentent des ressemblances avec le méme théme évoqué a Thevet St Julien

Resurrection des morts a l'arc triomphal coté choeur

Resurrection des morts a l’arc triomphal coté choeur

En face les embrasures de la fenétre axiale du choeur montrent deux belles images,relativement bien conservées.L’une a gauche évoque la synagogue,l’autre a droite ,l’église.(Voir l’artcle « la dualité caractéristique de la peinture romane)

Image de l'Eglise,(embrasure droite)

Image de l’Eglise,(embrasure droite)

Image de la Synagogue(embrasure gauche)

Image de la Synagogue(embrasure gauche)

A cette méme fenétre axiale ,au dessus de l’arc,apparait une belle image d’un saint personnage traité en ocre rouge et jaune

Buste d'un personnage nimbé au dessus de l'arc de la fenétre axiale du choeur

Buste d’un personnage nimbé au dessus de l’arc de la fenétre axiale du choeur

l’ensemble de ces peintures est habituellement daté de la fin du XII iéme siécle.Les traces de peintures que l’on observe un peu partout dans l’église,celles du XIIiéme comme celle du XIViéme ,que ce soit au niveau du choeur ou de la nef donnent à penser que l’église était à l’origine entiérement peinte.

 

 

 

 

 

 

 

Notre Dame sur l’eau à Domfront

27 octobre, 2018
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C’est un véritable massacre archéologique qu’a subit cette remarquable église de l’Orne,un des joyaux de l’art roman normand.En 1836 la construction d’une route entraina la destruction de quatre travées de la nef et des bas cotés.L’intervention de Prosper Mérimée fut vaine.Il ne reste aujourd’hui de ce magnifique édifice que le choeur ,le chevet surmonté de son clocher et deux travées de la nef.Quatre années plus tard ,ce qu’il restait de l’édifice fut inscrit aux Monuments historique ,permettant de sauver ce qui pouvait l’étre encore.Mais les malheurs ne s’arrétérent pas là.En 1944 les bombardements détruisirent a nouveau une partie de l’édifice.Un temps abandonnée,elle fut remarquablement restaurée et aujourd’hui soigneusement entretenu.Les outrages des hommes avaient débuté beaucoup plus tot,dés la guerre de 100 ans,puis durant les guerres de religion et enfin à la révolution ou l’église servit de dépot,puis de grange et méme de filature.

Le remarquable clocher et l'ensemble du chevet,modéle d'équilibre,bordant la Varenne

Le remarquable clocher et l’ensemble du chevet,modéle d’équilibre,bordant la Varenne

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Des peintures murales romanes subsistent dans des niches creusées dans les murs de l’absidiole sud.Cinq personnages sont représentés assis dans cinq des six niches aménagées dans le mur en hemicycle de part et d’autre d’une fenétre axiale.Les personnages sont probablement des « docteurs »si l’on considére la position de leur mains et du livre du dogme que tient chacun d’entre eux.Les visages sont empreints de noblesse et dégagent une certaine sévérité.Les tons utilisés sont plutot sombres (vert,bleus,gris,ocres).Les parties supérieures,tétes et bustes sont plus soignées et mieux conservées.Les parties basses paraissent comme écrasées dans leur niche,comme si,une fois les bustes réalisés,l’artiste s’était rendu compte qu’il manquait d’espace et avait logé tant bien que mal les parties basses dans l’espace encore disponible.

l’église ayant été consacrée en 1158,il est généralement admis que les peintures datent de la deuxiéme moitié du XII iéme siécle,avec des retouches au XViéme,époque à laquelle furent exécutées les fresques trés effacées subsitant sur les murs de l’absidiole Nord.

Il est a noter qu’a l’extérieur subsiste une série d’antiques dalles funéraires ,tandis qu’un vieux lavoir dérriére le chevet ajoute encore au charme de l’ensembledoc 1

 

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Peintures à la crypte de la cathédrale de Chartres

24 octobre, 2018
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L’immense crypte St Lubin de la cathédrale de Chartres,d’origine carolingienne,la plus vaste de France aprés celle récemment restaurée de Boulogne sur mer,recele  quelques peintures de fin d’époque romane,dans deux de ses chapelles.La chapelle St Clément conserve des fresques datables des environs de 1200.

Ensemble des fresques du mur de fond de la chapelle St Clément

Ensemble des fresques du mur de fond de la chapelle St Clément

Apparaissent six saints debouts sous une série  d’arcatures jaunes aux fines colonnettes.Certains sont identifiables grace aux inscriptions figurant sur le fond blanc dérriére eux.Tout a droite figure St Clément patron de la chapelle.A ses cotés St Nicolas coiffé d’une mitre blanche et tenant la crosse,précéde Jacques « le Majeur » (celui de Compostelle).St Pierre a ses cotés est identifiable à son enorme clé.Le suivant portant comme St Nicolas une mitre blanche ,n’est pas identifiable.A ses cotés ,sous une arcade un peu plus large figure St Gilles dans un habit bleuté,déroulant un phylactére.Il dit la messe a Charlemagne figuré couronné et barbu,agenouillé dans le coin gauche.

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Au dessus court une trés belle frise de volatiles divers autour d’une cité ,composé de trois batiments.Un batiment central s’ouvrant par une longue galerie de cloitre ,précédé d’un clocher surmonté d’une croix Un autre clocher a plutot l’allure d’un minaret tandis que le dernier batiment est clairement d’allure orientale.On note aussi la présence de deux combattants armés de massues et de boucliers

Frise au dessus des personnages

Frise au dessus des personnages sous un arc

le plus frappant est l’utilisation massive du blanc(fonds ,vétements)et jusqu’au fond des yeux taités a l’aide d’un blanc pur conférant aux personnages un regard étonné.Le tracé des vétement ,la forme des mitres ,une pointe devant l’autre dérriére confirment  une époque de réalisation autour de l’an 1200.

Saint Nicolas dans ses habits épiscopaux

Saint Nicolas dans ses habits épiscopaux

Saint non identifié

Saint non identifié

Sur le mur latéral une double rangée de cercles enfermant des images de lions,selon la tradition byzantine,paraissent imiter les etoffes antiques.

Une autre chapelle,la chapelle dite Notre dame sous terre,a revélé à la suite de travaux en 1976,sous des badigeons du XIX iéme siécle des peintures du début XIII iéme au mur sud et en particulier une vierge a l’enfant sous une triple arcature,dans un cadre rectangulaire

Fresque début XIII iéme ,dans la galerie de Notre dame sous terre(vierge a l'enfant)

Fresque début XIII iéme ,dans la galerie de Notre dame sous terre(vierge a l’enfant)

 

 

 

 

Les précieux vestiges de Norrey en Auge

20 octobre, 2018
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Le petit village normand de Norrey en Auge entre Falaise et Vimoutiers,conserve un ancienne église dont les parties les plus anciennes datent du XI iéme siécle.A l’origine le site devait devenir le siége d’une abbaye,puis le projet fut abandonné.Il reste l’église paroissiale composé d’une nef romane à collatéraux de quatre travées,terminée par un transept roman mais sensiblement remanié et d’un choeur gothique qui conserve quelques peintures d’époque.

Mais l’élément le plus intéressant réside dans la présence entre les fenétres hautes des murs de la nef,au dessus des grandes arcades assurant la communication avec les bas cotés,de peintures de la deuxiéme moitié du XII iéme siécle,d’autant plus précieuses que la Normandie pourtant grand pays d’art roman,est pauvre en vestiges peints d’époque romane.Les peintures se présentent sous forme de deux grands rectangles bordurés.Dans l’un est figurée une adoration des mages,dans l’autre une entrée du Christ à Jérusalem.Un troisiéme panneau rectangulaire existe,mais les peintures sont quasi totalement éffacées.

l'adoration des mages(fin du XII iéme)

l’adoration des mages(fin du XII iéme

La vierge assise ,l’enfant sur ses genoux accueille les Rois.Dérriére la vierge on distingue des saintes femmes.Un bel ange aux ailes blanches surplombe la scéne.Le fond est constitué de trois larges bandes colorées,marron,blanche et ocre jaune.L’enfant emmailloté de jaune,tend les bras vers les mages;la vierge voilée de blanc et nimbée de jaune porte une longue robe brune.Malheureusement les peinture apparaissent comme usées ,les teintes délavées.Il est a noter une large utilisation de blancs qui éclairent la scéne.

Détail de la vierge et l'enfant

Détail de la vierge et l’enfant

le dessin est particulier et intéressant.La vierge et l’enfant sont traités différemment des autres personnages.Le dessin des tétes est tout en rondeur.Les visages dans leurs auréoles sont si rondement réguliers qu’ils semblent avoir été tracés au compas.Méme les yeux sont figurés comme de petits cercles parfaitement rond.Le graphisme au niveau des rois mages qui précédent est différent,les visages s’allongent,le tracé des corps et des vétements est plus anguleux ,plus graphique.Cette différenciation fut probalement intentionnelle,dans quel but?

Les rois mages

Les rois mages

Le deuxiéme panneau est encore plus éffacé.Il évoque une entrée du christ a Jérusalem.Il faut noter qu’au dessus de la bordure limitant les panneaux  apparaissent des bustes de personnages nimbés.Ils appartiennent au XIII iéme siécle

Visage de l'un des saint personnages composant la scéne de l'entrée du Christ a Jérusalem

Visage de l’un des saint personnages composant la scéne de l’entrée du Christ a Jérusalem

 

 

La nudité

13 octobre, 2018
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Dans le monde chrétien,la nudité perçue plutot négativement s’oppose au vétement auquel sont rattachées des valeurs plutot positives.Tandis que les grecs louaient la nudité,les peuples judéo chrétiens la considérent,du moins depuis le péché originel,comme honteuse voire infamante.Car avant la tentation la nudité symbolisait la pureté,l’innocence ,évoquée par exemple par l’éve nue peinte aux murs de la petite église rouergate de Toulongergues.

Eve nue à Toulongergues (Aveyron)

Eve nue à Toulongergues (Aveyron)

Dans les scénes de la création,que ce soit aux Salles Lavauguyon,a St Savin ou à Aime en Savoie,Adam et Eve sont figurés nus.

La création au revers de la façade occidental de l'église des Salles Lavauguyon en Limousin.

La création au revers de la façade occidental de l’église des Salles Lavauguyon en Limousin.

La création a St Savin.Eve et Adam nus

La création a St Savin.Eve et Adam nus

Mais les exemples bibliques connotant négativement la nudité sont majoritaires et les peintures en témoignent.Ainsi Noé dans son ivresse maudit son fils parce qu’il l’a surpris nu.Dans l’Apocalypse est proclamé heureux celui qui,gardant ses vétements afin de ne pas marcher nu,ne laisse ainsi pas voir sa honte.

Dans les scénes évoquant l’enfer,la nudité des personnages est généralisée.A la belle représentation de l’enfer de St Julien de Brioude,les deux démons sont figurés nus.Les élus comme les damnés des jugement derniers sont représentés sous la forme de petits hommes nus (Polignac prés du Puy en Velay),et ce n’est pas la nudité qui permet de différencier élus et damnés.

Elus en petits hommes nus au jugement dernier de Asniéres sur Végre

Elus en petits hommes nus au jugement dernier de Asniéres sur Végre

Damnés et démon figurés nus à St Jacques des Guérets

Damnés et démon figurés nus à St Jacques des Guérets

 

Dans les figurations de la résurrection des morts,les personnages soulevant le couvercle des cercueils sont nus(St jacques des Guérets,Thevet St Julien,Poncé sur le Loir).

Pour évoquer la luxure,l’artiste de Tavant a représenté une femme trés dénudée.La nudité était imposée aux prisonniers et suppliciés.Retirer les vétements était un traitement volontairement dégradants.Le Christ dans les scénes de la passion est représenté nu.Les soldats de Pilate lui retirent ses vétements avant la crucifixion.

Les vestiges d'un christ nu à Sallertaine (Vendée)

Les vestiges d’un christ nu à Sallertaine (Vendée)

Les peintures romanes montrent les martyrs souvent nus.C’est le cas notamment à Berzé la ville ou en la crypte de St Savin ou St Cyprien apparait nu ,deux crochets plantés dans le dos.C’est aussi le cas a Brinay dans le massacre des innocents

Le martyre de St Cyprien à la crypte de St Savin

Le martyre de St Cyprien à la crypte de St Savin

Le massacre des innocents à Brinay

Le massacre des innocents à Brinay

Mais la nudité peut aussi étre évoquée positivement.Elle peut symboliser la pauvreté et donner un vétement à quelqu’un est le signe d’un éxtréme désintéressement.A St Aignan sur Cher,les peintures de la crypte montrent St Gilles donnant un vétement a un pauvre figuré torse nu.

Un pauvre ,torse nu reçoit un vétement de St Gilles (Crypte de St Aignan sur Cher)

Un pauvre ,torse nu reçoit un vétement de St Gilles (Crypte de St Aignan sur Cher)

A Lutz en Dunois en Beaucele Christ rédempteur extirpe Adam et Eve figurés nu de la bouche du Léviathan.Ce méme théme est évoqué de façon comparable en la crypte de Tavant.

Adam et Eve nus sont extraits de la bouche du Léviathan (Lutz en Dunois)

Adam et Eve nus sont extraits de la bouche du Léviathan (Lutz en Dunois)

Les ames s’échappant de la bouches des morts sont représentés par de petits étres dénudés.C’est la cas dans le traitement de la parabole du mauvais riche à St Junien en Limousin par exemple ou a Poncé sur le Loir

L'ame du mourant est représenté par un petit étre dénudé(Poncé sur le Loir)

L’ame du mourant est représenté par un petit étre dénudé(Poncé sur le Loir)

La nudité peut aussi étre représenté sans qu’il faille y attribuer une quelconque valeur symbolique.C’est le cas au calendrier des mois de Pritz prés de Laval ou un paysan est figuré torse nu ,un fléau à la main.Il ne faut y voir que la matérialisation de la chaleur de l’été

Paysan torse nu au calendrier des mois de Pritz

Paysan torse nu au calendrier des mois de Pritz

L’enfant que l’on trempe dans le bain est evidemment nu,tout comme le Christ pour son baptéme

Le bain de l'enfant à St Martin des puits (Aude)

Le bain de l’enfant à St Martin des puits (Aude)

Le christ du baptéme nu à Genneteil

Le christ du baptéme nu à Genneteil

Une étrange image enfin à Brinay,d’un homme nu dans une curieuse posture ,une fléche planté dans le pied ,provenant d’un Sagitaire positionné en face

Homme nu une fleche plantée dans le pied à Brinay (Cher)

Homme nu une fleche plantée dans le pied à Brinay (Cher)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du rouge

10 octobre, 2018
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Rouge au Christ de l'abside de l'église St Geniés de Thiers (fin du XII èmé siécle)

Rouge au Christ de l’abside de l’église St Geniés de Thiers (fin du XII èmé siécle)

Le rouge ou cinabre est un sulfure de mercure relativement répandu .On a constaté sa présence dans divers sols argileux ou calcaire mais il est également présent dans les coulées de lave volcanique.Le pigment est obtenu par broyage et lavage du minerai.L’adjonction de souffre permet d’obtenir du vermillon.Selon le moine Theophile on obtenait au XII ième siécle le vermillon par chauffage de ceruse ou blanc de plomb,jusqu’à obtention d’un résidu couleur vermillon.

Le rouge compléte la premiére triade chromatique (blanc-noir-rouge)utilisée dés la préhistoire et pérennisée par les peuples noirs d’Afrique.Il ouvre ainsi la deuxiéme triade chromatique adoptée par les blancs d’occident(rouge-vert-bleu).Hautement symbolique le rouge fut la premiére valeur chromatique a étre reconnue par les hommes comme couleur.En effet ,physiologiquement la perception du rouge reléve de la sensation colorée,les autres composants de la gamme chromatique étant plutot perçus comme des sensations lumineuses.Quand on sait l’importance de la lumiére pour la religion catholique,on peut extrapoler sur la place particuliére que devait occuper le rouge symbolisant par ailleurs le sang du christ,dans la peinture romane.

Pourtant le cinabre ou rouge vif fut assez peu utilisé en peinture murale en France à l’époque romane,peu utilisé en grands aplats et particuliérement dans les régions du centre Ouest qualifié de région a peintures a fond clair si riches en vestiges peints du XII ième siécle.Néanmoins le cinabre fut utilisé pour le traitement des détails,a St Savin notamment au niveau des vétements(robe rouge de Eve filant la quenouille)mais aussi dans la Limousin (vieillards de St Junien,peintures des Salles Lavauguyon,ou plus au Sud aux fresques (restaurées)de St Emilion,mais aussi a Saint Aubin d’Angers ou des touches de rouge viennent accompagner les bleus aux peintures évoquant l’épopée des rois mages aux arcades de la galerie de cloitre.

rouge aux habits de la vierge a St Emilion(fin d'époque romane)

rouge aux habits de la vierge a St Emilion(fin d’époque romane)

Cette utilisation ciblée du rouge dans les églises d’un grand centre ouest,tient au fait que les peintre avaient remarqué le caractére filtrant du rouge et observé combien la lumiére tamisée qui régnait dans les églises romanes éclairées uniquement par de de petites ouvertures et la lueur des cierges,opacifiait les rouges et exaltait les verts et les bleus

C’est une toute autre approche que l’on observe dans le sud en catalogne en particulier et dans les provinces limitrophes ou rouges et vermillon sont utilisés a profusion en particulier dans les peintures catalanes ou la présence du rouge quasi systématique est une caractéristique de ces oeuvres.Le rouge que l’on retrouve aussi réguliérement en Auvergne et Velay doit étre plutot interprété comme une persistance des influences byzantines.

Concernant le vermillon que l’on retrouve par touches dans divers édifices catalans et des pyrénées ,mais aussi en Auvergne et jusqu’en Ile de France a Chateau Landon,il convient surtout de lui attribuer un role d’éclairage des peintures et de rehaussement des couleurs voisines(Rois mages a Montgauch et St Plancard)

Surabondance du rouge a Tahull en catalogne espagnole(Aigle de St Jean)

Surabondance du rouge a Tahull en catalogne espagnole(Aigle de St Jean)

Rouge des habits des vieillards a St Martin de Fenollar (Pyrénées orientales)

Rouge des habits des vieillards a St Martin de Fenollar (Pyrénées orientales)

Touches de vermillon au Christ de la Céne de Angoustrine (Pyrénées orientales)Fin du XII iéme siécle)

Touches de vermillon au Christ de la Céne de Angoustrine (Pyrénées orientales)Fin du XII iéme siécle)

Rouge et vermillon a Cadegas (Pyrénées Orientales)Détail de la crucifixion (début XIII ième)

Rouge et vermillon a Cadegas (Pyrénées Orientales)Détail de la crucifixion (début XIII ième)

Cabridé sur fond rouge à St Aventain prés de Luchon(Fin du XII iéme siécle)

Cabridé sur fond rouge à St Aventin prés de Luchon(Fin du XII iéme siécle)

Rouges au christ de St Julien de Brioude(Fin du XII iéme siécle)

Rouges au christ de St Julien de Brioude(Fin du XII iéme siécle)

Nimbe rouge a la vierge a l'enfant de Chamaliéres sur Loire (Haute Loire) Fin d'époque romane

Nimbe rouge a la vierge a l’enfant de Chamaliéres sur Loire (Haute Loire) Fin d’époque romane

Rouge à la Vierge polychrome de Lestours  prés de Monistrol d'allier (XIIiéme siécle)

Rouge à la Vierge polychrome de Lestours prés de Monistrol d’allier (XIIiéme siécle)

Rouge et Vermillon aux fresques du XII iéme siécle de Chateau Landon (Essonne)

Rouge et Vermillon aux fresques du XII iéme siécle de Chateau Landon (Essonne)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Evolution du dessin à travers l’étude des drapés

8 octobre, 2018
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Les caractéres principaux du dessin en peinture romane sont les suivants;concision,précision,simplicité et large prédominance de l’utilisation de la ligne courbe.Toutefois si la ligne courbe reste la régle,certains artistes ont évolué vers une stylisation du graphisme,qui en certains édifices ,à Tavant en particulier,confine au cubisme.

Danseur à la crypte de Tavant

Danseur à la crypte de Tavant

 

Visage à Tavant

Visage à Tavant

Les effets de style perceptibles sur certains programmes peints du XII iéme siécle,notamment au niveau des gloires (gloires losangiques de Fenollar ou de Marcevol)ne sont en fait que des références à la peiture pré romane.On les qualifie souvent d’éléments « archaisants » et ces artifices peuvent étre générateurs d’erreurs de datation.

Gloire losangique enserrant la vierge de St Martin de Fenollar(XIIiéme)

Gloire losangique enserrant la vierge de St Martin de Fenollar(XIIiéme)

Le dessin roman détermine le plus souvent une image en deux dimensions.L’absence de profondeur n’est toutefois pas systématique.L’artiste peintre à l’apogée de cet art,c’est à dire par exemple à St Savin au milieu du XIIiéme siécle,a su créer cette profondeur.Néanmoins les peintures à deux dimensions ,qualifiées de plates dominent.Cette absence de profondeur est liée à une non maitrise généralisée de la perspective,méme si en certains édifices (Brinay,Tavant,Saint Chef) des tentatives furent effectuées.De méme dans les représentations de batiments,de cités de la Jerusalen Celeste(St aubin d’Angers,Couddes dans le Loir et Cher),mais avec des résultats toujours incomplets.

Une cité au dessus du roi Dannus à Couddes

Une cité au dessus du roi Dannus à Couddes

La Jérusalem Celeste entre les rois mages à St Aubin d'Angers

La Jérusalem Celeste entre les rois mages à St Aubin d’Angers

Les déformations ,les anomalies dans les proportions restent également une contante du graphisme roman.

L’examen des drapés des vétements est révelateur de l’évolution du graphisme.Il permet également de mesurer l’impact des diverses influences sur l’artiste roman.

A Jonas en Auvergne sur la commune de St Pierre Colamine ,non loin de Besse en Chandesse,une partie des grottes creusées à méme la falaise,recélent quelques peintures murales reconnues comme étant les plus anciennes de la région et datées du XI iéme siécle.on peut y observer diverses scénes et des personnages ,dont un apotre en pied

Un apotre aux grottes de Jonas(XI iéme siécle)

Un apotre aux grottes de Jonas(XI iéme siécle)

Ici la peinture romane en est à ses balbutiements.Le dessin est sommaire,emouvant de naiveté.Les drapés sont rigoureusement linéaires soulignés d’un épais trés noir.Le visage et le corps du personnage s’inscrivent dans deux rectangles.Du personnage se dégagent puissance et solidité.

L’image plate,en deux dimensions,n’est toutefois pas absolument statique.On peut noter un léger désaxement de la téte par rapport au tronc,induit par le tracé de l’épaule droite.Le personnage est légérement de profil et la position de ses pieds lui confére une trés légére impression de mouvement.Bien que de petite taille le personnage est plutot équilibré.On ne note pas ici les disproportions criardes que nous retrouverons ailleurs.La dimension de la téte avec son nimbe représente un cinquiéme de la hauteur totale.Il faut aussi noter que le visage a été plutot bien traité sans distorsions entre les différents étages de la face.

En l’église de Burnand en Saone et Loire figurent des peintures murales contemporaines de celles de Jonas.Les vétements des apotres tapissant les murs de l’abside présentent les mémes caractéristiques qu’à Jonas (Drapés linéaires,soulignés d’un épais trait noir,image statique ,plate en deux dimensions)

Apotres a Burnand  (XIiéme siécle)

Apotres a Burnand (XIiéme siécle)

Bien différente est l’image du Saint Paul figurée en l’ancienne cathédrale de St Lizier à la périphérie de St Girons en Ariége.Les peintures datées des premiéres années du XII iéme siécle et attribuées à un artiste catalan connu sous le pseudonyme de « Maitre de Pedret »,dont on retrouve une oeuvre en l’église voisine de Vals.

St Paul aux fresques de l'ancienne cathédrale de St Lizier (Début du XII iéme siécle)

St Paul aux fresques de l’ancienne cathédrale de St Lizier (Début du XII iéme siécle)

Le dessin ,plus élaboré qu’à Jonas,demeure extémement simple.Les drapés sont rigoureusement linéaires et presque exclusivement verticaux à l’exception des courbures légérement obliques au bas du manteau.La verticalité est la caractéristique essentielle de l’image  conformément à la tradition byzantine dont l’influence est ici trés marquée.Les pieds ,légérement écartés sont démesurément longs par rapport à la taille du personnage et figurés de face un peu désaxés.On a l’impression de regarder St Paul par dessous.La robe allongée jusqu’aux chevilles accentue la sensation de verticalité qui n’est atténuée que par le bandeau d’étoffe enserrant la taille trés haut.Le nimbe ovalaire,plus large que haut,les bandes de fond colorées et le rouleau blanc dans la main gauche du saint,assurent un semblant d’horizontalité.

Contrairement à l’apotre de Jonas,le personnage est ici disproportionné.La partie inférieure du corps délimitée par le bandeau d’étoffe horizontal est deux fois plus longue que la partie supérieure téte et nimbe compris.Le visage en forme de poire,si il montre trois étages faciaux équilibrés,confére à la téte un effet d’allongement.Les cheveux ,disposés comme un peigne et tombant sur le front,constituent en quelque sorte la griffe du « Maitre de Pedret ».

A la verticalité de l’ensemble s’ajoute l’extréme rigidité du dessin.On peut parler de hiératisme.Le visage impassible,montre de petits yeux inexpressifs regardant fixement droit devant eux.La seule esquisse de mouvement découle du léger déplacement rotatif de la main droite à l’index levé et à peine recourbée.La main gauche ,trés mal réalisée,parait paralysée ,crispée sur le rouleau.

Malgré l’absence totale de mouvement et de profondeur,la qualité générale du graphisme en dépit d’imperfections techniques est meilleur qu’à Jonas.Les contours du dessin sont ici à peine soulignés.

 

A plusieurs centaines de kilométres au nord,mais à seulement quelques années d’intervalle,nous voici dans la crypte de Tavant en Touraine,aux antipodes des peintures du « Maitre de Pedret ».Au statisme vertical et au hiératisme byzantin de St Lizier,le maitre de Tavant oppose le mouvement tri dimensionnel.

Danseur?Saul?à Tavant (Début du XII iéme siécle)

Danseur?Saul?à Tavant (Début du XII iéme siécle)

Le peintre de Tavant s’est débarrassé de l’influence byzantine et des canons en vigueur à l’époque pour laisser éclater tout son genie.Dessin et couleur sont intimement liés.Le mouvement est assuré par les larges courbures superposées qui déterminent aussi les axes.L’alternance des couleurs donne le relief.

Les qualités de dessinateur apparaissent au travers du traitement des mains.Quelle différence avec le dessin des mains à St Lizier méme si l’angle qu’elles font avec le poignet est erroné.D’ailleurs le peintre de Tavant parait se moquer des erreurs.Elles sont criardes au niveau du siége ,au point de se demander si il n’accentue pas les déformations volontairement.Ailleurs,au niveau du visage,le dessin est exécuté à grands traits,comme esquissé.Le peintre de Tavant recherche avant tout le mouvement et il y parvient fort bien.Il restera pour l’époque un cas particulier.

 

A Saint Savin s’opére un retour vers l’orthodoxie iconographique.Nous sommes au milieu du XII iéme siécle et la peinture murale y atteint sa pleinitude,favorisée certes par le talent du peintre,mais aussi par les conditions architecturales qui lui furent offertes.Aucun autre artiste de son époque ne pourra bénéficier d’une telle surface linéaire et réguliére pour laisser libre cours à son talent.Les représentations de Dieu,suivant les épisodes de l’Ancien Testament en divers emplacement de la voute de la nef sont remarquables.Le dessin est précis et par la composition des drapés,la position des corps et des mains l’artiste a su conférer aux peintures un mouvement permanent.Précision,mouvement ,légéreté,tels sont les maitres mots pour définir le graphisme de St Savin.Ces caractéristiques sont magnifiquement concrétisées dans la représentation de Dieu bénissant Noé.

St Savin,Dieu Noé et sa famille (Milieu du XIIiéme siécle)

St Savin,Dieu Noé et sa famille (Milieu du XIIiéme siécle)

Par de jeux de courbes et contre courbes savamment disposées,l’artiste assure à l’oeuvre volume et légéreté.Dieu trés aérien,bras écartés semble flotter.Pour donner encore un peu plus de légéreté au personnage,les extrémités inférieures des drapés sont transparentes.Sur d’autres tableaux Dieu est figuré jambes croisées pour accentuer encore l’impression de légéreté et de mouvement.Certains drapés montrent des lignes verticales interrompues par endroits choisis par le peintre ,de bourrelets transversaux resserrant les vétements et brisant ainsi la verticalité.A la souplesse et a la légéreté de l’ensemble l’artiste a su rajouter la variété.ici point de monotonie ,chaque tableau est traité différemment

Dieu confiant à Moise les tables de la loi

Dieu confiant à Moise les tables de la loi

A St Savin peut etre plus qu’ailleurs ,en particulier au niveau des mains ,mais aussi du décor végétal,les distorsions et les disproportions perdurent,mais en n’altérant en rien la qualité des peintures,accroissant méme leur valeur symbolique (dessin des arbres trés particulier par exemple) et en aiguisant la curiosité.

 

Sur les rives du Cher,la belle église de St Aignan conserve en sa crypte des peintures murales datées de la deuxiéme moitié du XII iéme siécle,oeuvres d’un grand dessinateur.Le dessin y est en effet précis presque trop académique parfaitement illustré aux scénes évoquant la légende de St Gilles

St Aignan sur Cher,légende de St Gilles(deuxiéme moitié du XII iéme siécle)

St Aignan sur Cher,légende de St Gilles(deuxiéme moitié du XII iéme siécle)

Les drapés sont admirablement rendus et a défaut de légéreté assurent le mouvement.Les habits plaquent au corps en divers endroits(bras,buste,taille)accroissant ainsi le volume des vétements flottant aux parties inférieures.La position de mains des bras et des tétes guident le mouvement.Leur axe induit un mouvement d’automates .Ainsi en dépit de la qualité du dessin,sa trop grande stylisation ne permet pas de retrouver le souffle qui se dégage des peintures de St Savin.Les visages sont simplement mais remarquablement exécutés.Trés équilibrés ils s’inscrivent dans un ovale quasi parfait,aussi parfait que le tracé des cercles matérialisant les nimbes.Quand aux mains elles sont réalisées avec beaucoup de réalisme ,sans disproportions.On ne retrouve pas les outrances de St Savin .Nous approchons de la fin du siécle et le contour du dessin s’est épaissi,il s’épaissira encore au début du XIII iéme siécle,

 

Bien que contemporaines des peintures de St Aignan c’est a un tout autre style que l’on est confronter à Gourdon en Saone et Loire .Jusqu’à il y a peu nous ne connaissions des peintures de Gourdon que l’inquiétant christ en majesté tronant a l’abside Des restaurations ont permis de dégager d’autres peintures ,oeuvre  d’un autre artiste,plus postérieures ,datées de la fin du XII iéme siécle et montrant entre autres,un groupe de personnages dont les tétes ont malheureusement disparu.

Groupe de personnages non identifiés à Gourdon (Fin du XIIiéme siécle)

Groupe de personnages non identifiés à Gourdon (Fin du XIIiéme siécle)

Le peintre s’est probablement inspiré des peintures clunisiennes du prieuré de Berzé voisin,malheureusement il n’en avait pas tout a fait le talent ,ne disposait pas non plus d’un support équivalent et n’utilisait pas la méme technique ,la peinture a la grecque .Le résultat donne des personnages un peu lourdauds ,méme si les drapés ,surtout ceux du personnage central sont particuliérement travaillés ,complexes,constitués d’une alternance plutot réussie de lignes courbes et plus droites ,verticales ,horizontales et obliques malheureusement soulignés d’un épais trait noir,ou bleu ou ocre en fonction de la tonalité principale utilisée pour les vétements.Il a tout de méme réussi a donner du mouvement a l’ensemble par la position alternée des pieds de chacun des personnage,leur inclinaison et le tracé de chacun des pans des manteaux.Mais il n’aura pas su régler le probléme du rapport des couleurs des vétements avec les bandes colorées de fond,particuliérement avec les bleus qui se confondent a la partie basse de la scéne.Les pieds traités assez grossiérement sur bande de fond claire ne sont pas non plus une grande réussite.Ainsi ces peintures de fin d’époque romane sont un bon temoin de la regression du graphisme roman a l’orée et durant toute une bonne partie du XIII iéme siécle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les visages de Lourouer St Laurent

6 octobre, 2018
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L’église de Lourouer St Laurent dans le Berry,prés de La Chatre,mérite un détour.Edifice composite constitué d’une nef romane séparée du choeur gothique par un mur diaphragme,elle renferme des peintures murales superposées découvertes en 1981 et restaurées en 2000.La quasi totalité des murs a été décoré de peintures s’étalant du XII iéme au XV iéme siécle.Les plus précieuses disséminées en quelques fragments sur les murs de la nef et à la partie haute du mur diaphragme appartiennent au XII iéme .On peut y voir un griffon ainsi qu’une belle crucifixion de fin d »époque romane ou début XIII iéme,traitée de maniére trés réaliste.

Crucifixion (détail)                                                                                                                                                                                           Détail de la crucifixion (Partie haute du mur diaphragme)

 

Visage Jean                                                                                                                                                                                                     Visage de Jean (scéne de la crucifixion)

 

Mais les vestiges les plus intéressants se résument en une série de visages de personnages non identifiés,oeuvre d’un véritable portraitiste ,parvenu,en dépit de la relative pauvreté de la palette (ocres rouge et jaune,blanc,et quelques touches de bleu et de vert) à une création des plus réussies.Les visages allongés aux traits fins,trés expressifs,aux paupiéres et joues rehaussées de taches vertes ou ocre rouge sont remarquables

lourouer apotres                                                                                                                                                                                       Série de visages aux murs de la nef

 

L’artiste qui oeuvra postérieurement aux peintres des églises voisines de Thevet et de l’incomparable ensemble de Nohant Vic,s’est plus inspiré des beaux visages allongés figurant aux vestiges de la petite église transformée en grange de Thevet St Julien,que de ceux uniques et rondouillards des fresques de Vic.

thevet visage                                                                                                                                                                                              Visage de St Thomas à Thevet St Julien

Visage Vic                                                                                                                                                                                             Visage caractéristique de Vic

 

Comme à Thevet St Julien les visages sont allongés,on retrouve les deux traits rouges matérialisant les rides du cou.Le dessin est toutefois moins graphique qu’à Thevet.Il faut noter parmi les quatres portraits alignés a la nef de Lourouer,les particularisme du visage du troisiéme personnage,tout aussi expressif que les autres ,mais plus anguleux et dont les joues et les zones d’ombres autour des yeux sont traitées à l’aide d’un vert soutenu remplaçant l’habituel rouge que l’on retrouve généralement sur les visages des personnages des peintures du centre ouest.

lourouer  visages

Deux traits rouges au niveau du coup et « posch »

vert aux pommettes et autour des yeux

De maniére générale les visages étaient traités dans ces régions du centre ouest,selon une technique décrite par le moine Théophile,dans sa fameuse « Scédula… » qui nous explique comment le peintre roman fabriquait la couleur chair,la « membrana »,obtenue par chauffage de la céruse ou blanc de plomb dans un récipient en cuivre ou en fer.La poudre obtenue était mélangée avec du cinabre c’est a dire du rouge permettant l’obtention d’une teinte rosée d’autant plus soutenue que la proportion de cinabre était importante.Pour une couleur chair plus pale on rajoutait du vert,un « vert de poireau »obtenu par réduction en poudre de quartz que l’on tamisait dans un linge humide.Les traits et contours du viasage ainsi que les zones d’ombre étaient réalisées à l’aide d’un « posch »obtenu par adjonction à la « membrana »de vert et de rouge mélés.

En dehors des peintures du XII iéme siécle ,il faut également noter la présence d’un intéréssant calendrier des mois,réalisé curieusement sur un des murs de la nef et datant comme la maorité des peintures de l’église du XIII iéme siécle.

Calendrier des mois                                                                                                                                                                                           Image du calendrier des mois (évocation de Janvier)

 

Au niveau du choeur toutes les peintures sont gothiques à l’instar d’un belle images du Christ

lourouer chris                                                                                                                                                                                        Lourouer,Christ d’époque gothique

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