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10
fév 2016
Répartition géographique des peintures

Lorsque l’on sillonne la France en quéte de peintures murales romanes on constate trés vite que des pans entiers de notre territoire en sont totalement dépourvus ou presque.Cela parait d’autant plus etonnant que cette carence concerne parfois des régions ,par ailleurs grands « pays d’art roman ».On peut essayer des explications mais si pour certaines régions elles ont une certaine pertinence ,pour d’autres le mystère demeure.Il y a bien sur des causes générales les guerres les conflits locaux ,certaines exactions au cours de la révolution,les pillages ,les campagnes d’effacement au XIX ième siècle,mais comment expliquer que toutes ces causes n’aient pas touché uniformément notre territoire?Pour certaines régions on peut au moins avancer certaines hypothèses crédibles;l’influence cistercienne,la prolifération de l’art gothique,des influences climatiques et peut etre méme un parti pris artistique.

Les édifices recèlant des peintures romanes se concentrent sur un territoire comprenant le sud de l’Ile de France;la Bourgogne,le Lyonnais et une partie des Alpes,l’Auvergne et le Velay,le Rouergue,et plus au Sud le Languedoc,le Roussillon,les Pyrénées puis en remontant par le Quercy,le Limousin,le Berry tres riche en vestiges peints ,le Poitou la Touraine et plus généralement tous les territoires ligériens bien pourvus ,puis le Maine et au delà une partie de la Normandie.L’Alsace,la Franche Comté,la Lorraine,la Champagne,le Nord,la Picardie,la Bretagne,une grande partie du Sud Ouest,l’extreme Sud Est de la Provence à la Corse , plus curieusement la Saintonge et plus generalement la bande cotière atlantique ne possèdent quasiment pas de peintures romanes.Certaines régions disposent d’une concentration exceptionnelle de peintures romanes,la Vallée du Loir en particulier qui s’enorgueillit de posseder une dizaine d’édifices ornés de peintures romanes sur 80 kilométres.

Pour les régions du Nord et voisines de l’Ile de France l’absence de peintures romanes découle de la campagne systématique de destructions et de transformations des églises romanes des l’avénement du gothique,né tout prés à St Denis,et ce parfois dés la fin du XII ième siècle.Dans les édifices conservés le vitrail prit souvent la place de la peinture murale.Pour l’Alsace ,pourtant grande terre d’art roman et plus généralement pour les contrées du Nord Est,l’absence de peintures reste plus mystérieuse.En Alsace ,les seuls vestiges peints romans sont visibles a Avolsheim à une trentaine de kilométres au sud de Saverne.La petite cité possède deux édifices d’origine carolingienne,le célèbre Dompeter et la chapelle St Ulrich qui renferme des peintures murales de fin d’époque romane.Les fresques occupent la coupole que surplombe le clocher édifié dans la deuxième moitié du XII ième siècle.

Avolsheim,ensemble des peintures de la coupole

Avolsheim,ensemble des peintures de la coupole

COT URS

Au dome trone un Christ en majesté dans une gloire circulaire.Les symboles évangeliques sont cantonnés sur le tambour,dans des demi sphères accompagnés de leurs attributs habituels.Entre chaque symbole figurent des anges.Dessous,entre les fenètres décorées de rinceaux ocre rouge tant à l’intrados qu’à l’extrados,s’étalent des scènes difficilement identifiables.

Fenètre décorée de rinceaux

Fenètre décorée de rinceaux

Les peintures de la fin du XII ième ne sont pas d’une qualité exceptionnelle,le dessin est assez naif et grossier,la palette assez restreinte à forte dominante ocre rouge et l’état de conservation variable en fonction des secteurs.Néanmoins l’intérét architectural du batiment qui les accueille ,leur caractère exclusif pour l’Alsace imposent une visite.

Pour les provinces du Sud Est et la Bourgogne,relativement pauvre en peintures murales romanes ,si l’on tient compte de l’impressionnante densité d’églises romanes dans cette région,on peut avancer l’hypothèse de l’influence cistercienne.

L’absence de peintures romanes en Saintonge est plus difficile a expliquer.Les artistes auraient t ils concentré tout leur savoir faire sur la décoration sculptée?Ou l’humidité du climat aurait elle empéché la conservation des oeuvres peintes?A l’appui de cette hypothèse ,on peut remarquer que la bande cotière atlantique de la Bretagne au Pays Basque est dépourvue de peintures murales ,à l’exception des vestiges rongés par l’humidité et le salpètre de l’église de Sallertaines en Vendée ou des fresques du XIII ième siècle de Retjons protégées par le forét landaise.A Sallertaine,prés de Beauvoir sur mer,face à Noirmoutier dans une zone marécageuse subsistent des fragment s de peintures romanes.Le tronc dénudé d’un Christ sur sa croix et des médaillons évoquant les restes d’un calendrier des mois.

Corps du Christ en croix à Sallertaine

Corps du Christ en croix à Sallertaine

Sallertaine,vestiges d'un calendrier des mois

Sallertaine,vestiges d’un calendrier des mois

Pays Basque Gascogne Guyenne et Périgord sont quasiment dépourvus de peintures romanes.En Périgord il ne subsiste que les peintures de Montferrand,En Guyenne il ne subsite guère que des peintures de fin d’époque décorant l’église collégiale de St Emilion .On peut y voir une belle image de la Vierge,aux tonalités encore vives sur l’un des piliers.A coté une serie de gros médaillons renfermant des personnages non identifiés.Dans l’un des médaillons certains spécialistes pensent reconnaitre l’évocation du martyre de Sainte Catherine.Malheureusement les peintures sont trop abusivement restaurées.;

Saint Emilion,la Vierge

Saint Emilion,la Vierge

Médaillons renfermant des personnages à St Emilion

Médaillons renfermant des personnages à St Emilion

Le martyre de Sté Catherine?

Le martyre de Sté Catherine?

Récemment un bel ensemble de peintures murales a été dégagé en la belle église St Nicolas de Nogaro dans le Gers ,prés de Aire sur Adour.Les peintures ,semble t il exécutées selon la technique de la fresque sont datées du début du XII ième siècle et constituent le seul exemple de peintures romanes de Gascogne.(voir article « Des bleus et le bleu d’aérinite).Elles furent découvertes en deux temps.En 1995 à la suite de travaux à l’absidiole Nord fut dégagé un ensemble de tableaux sur deux registres consacrés à la vie et au martyre de St Laurent.En 2003 d’autres peintures furent dégagées à la voute de l’absidiole sud et notamment une belle théophanie ou le Chrst apparait dans une mandorle festonnée de bleu

St Laurent baptisant le soldat Romain(absidiole Nord)

St Laurent baptisant le soldat Romain(absidiole Nord)

Christ dans sa mandorle à l'absidiole sud

Christ dans sa mandorle à l’absidiole sud

En Bretagne on ne connaissait jusqu’à il y a peu que l’image d’un christ à la partie haute du mur oriental du croisillon sud du transept de l’église St Sauveur de Redon

Christ de Redon

Christ de Redon

Dans les années 80 furent découvertes ,à coté de peintures pré existentes du XVI ième et XVII ième siècle ,des fresques du XII ième en l’église de Langast au sud de St Brieuc.Ces peintures qui occupent la chapelle St Gall ,du nom d’un ermite irlandais compagnon du fameux St Colomban,cotoyent des élément architecturaux trés anciens dits en « arétes de poisson » et constituent le seul ensemble de peintures romanes de Bretagne.Elles occupent les intrados des grandes arcades et des piliers qui les soutiennent et révèlent une série d’anges aux ailes déployées.

Ange à Langast

Ange à Langast

Chaque ange tient un livre contre sa poitrine et présente sa main droite ouverte vers l’extérieur.Seuls les vétements et leurs coiffures les différencient.Mais les images les plus intéressantes sont celles de St Michel et de Mélchisedech.St Michel est figuré ailes déployées,un personnage sortant de son ventre.Le personnage evoquerait une ame.Nous serions donc en présence d’un St Michel psychopompe,c’est à dire interfèrant sur l’ame des morts.Cette représentation de St Michel est trés rare et habituellement sa fonction psychopompe est figurée dans les scènes du pèsement des ames.

Saint Michel

Saint Michel

Melchisedech est un personnage biblique assez mystérieux évoqué dans des textes probablement apocryphes de la Genèse ,consacrés à l’histoire d’Abraham.

Melchisedech face à St Michel

Melchisedech face à St Michel

A noter sur le mur entre les deux fenétres l’appareil en « opus spicatum ».Ces éléments archaisant ont entre autres,longtemps fait dater les peintures de Langasr du XI ième voire du Xième siècle.Des études ont démontré qu’elles n’étaient pas antérieures au XII ième siècle.En dépit d’une palette trés restreinte,d’un dessin geométrique,de personnages figés et disproportionnés,les peintures de Langast revètent pour la Bretagne un intérét archeologique considérable.

 

 

 

 

 

 

 

 


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