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9
jan 2016
Les costumes à travers la peinture romane

Aux XI iémes et XII ième siècle,la mode vestimentaire n’existe pas encore.Le costume pour le paysan,marque la supériorité de l’homme sur l’animal,et l’habit indique l’appartenance à un groupe particulier(membre du clergé,chevalier,ouvrier ou paysan).Au moyen age,le costume reflète le degré de pouvoir de celui qui le porte.

St Savin;construction de la tour de Babel.

St Savin;construction de la tour de Babel.

Le personnage de droite vétu de vert,plus grand,est sans doute le « chef de chantier ».Il  porte un ,vétement plus richement décoré que la tunique ocrée de ceux qui le précèdent.Par la richesse de son habit,sa stature,sa position à droite et légèrement au dessus des ouvriers,le peintre a voulu signifier la supériorité de ce personnage.

Détail de la construction de la tour de Babel à St Savin;un groupe d'ouvriers.

Détail de la construction de la tour de Babel à St Savin;un groupe d’ouvriers.

L’étude des costumes revèt une certaine importance pour la datation des peintures.Elle permet au moins d’éviter les erreurs grossières.On peut penser que le peintre roman reproduisait les habits des religieux et des laics tels qu’il pouvait les observer à l’époque.Nous savons par exemple que la deuxième moitié du XII ième siècle s’est caracterisée par un allongement génèral du costume.Jusqu’alors les longs vétements étaient réservés aux écclésiastiques tandis que les laics portaient des tuniques courtes.Ainsi la présence sur des peintures murales de personnages laics,ouvriers ,serviteurs ou paysans,vétus de longs habits,permet de considérer de telles oeuvres comme antérieures au milieu du XII iéme siècle.

Les costumes à l’époque romane ne subiront que peu de modifications par rapport à ceux de la période carolingienne qui avaient été largement influencés par les apports byzantins voire gréco romains.Jusqu’au milieu du XII ième siècle ouvriers et paysans portent la chainse et le bliaud.

Personnage portant le bliaud à Brioude

Personnage portant le bliaud à Brioude

Le bliaud est une tunique dérivant directement de la gonelle mérovingienne.Cette tunique,courte chez l’homme,s’allonge jusqu’aux pieds chez la femme.Elle est constituée de lin ou de soie dans les classes sociales privilégiées.Le bliaud est serré à la ceinture et colle plus ou moins au torse.Les manches sont généralement longues ert ajustées au poignets.

La chainse est une tunique de lin issue de la camisia carolingienne.

Détail des Noces de Cana à Brinay;serviteurs portant la chainse

Détail des Noces de Cana à Brinay;serviteurs portant la chainse

En période hivernale,l’homme roman porte toujours la chape carolingienne,manteau circulaire que l’on enfilait par la tète et qui était muni d’un capuchon.La chape est habituellement fendue sur le devant et et attachée sur la poitrine ,tandis que la chasuble recouvre entièrement le corps jusqu’aux chevilles.Au XII ième siècle apparait le manteau qui s’attache soit devant soit sur le coté à l’aide d’un gros fermail et remplace l’antique chlamyde des grecs.

Aux pieds les hommes portent des braies dont l’origine trés ancienne est asiatique et qui furent utilisées en Europe par les Gaulois.A l’époque romane les braies sont de longueur variable,collant plus ou moins aux jambes.Les pieds étaient couverts de chausses assez courtes et généralement en lin.

Personnages portant des chausses à Boussac Bourg.

Personnages portant des chausses à Boussac Bourg.

Le couvre chef est assez peu répandu;certains personnages portent le bonnet phrygien sur des cheveux habituellement courts devant et longs derrière.Ce n’est qu’à la fin du XII iéme siècle que se généralisera le port du chaperon,capuchon rattaché à une pélerine indépendante de la chape.

Vieux Pouzauges;Berger portant le chaperon

Vieux Pouzauges;Berger portant le chaperon

 

Grace aux apports des croisades,le costume militaire se modifiera assez sensiblement en fin de période romane.Au XI ième siècle le chevalier porte la brogne carolingienne,corset de toile épaisse recouvrant la tunique.Mais trés vite ,à la toile se substitueront le cuir puis le cuivre.Ensuite le haubert remplacera la brogne.Le collet  et une coiffe de maille protègeront le cou et la tète.Le haubert devenu cote de maille s’allongera progressivement.Il est constitué de mailles de cuivre et de fer.Des chausses de mailles protègent les jambes,tandis que la chausse de lin est remplacée par le solleret à semelles de cuir.A l’extrème fin du XII ième siècle apparait la cote d’armes sans manches,placée au dessus du haubert,sur laquelle le chevalier fera broder ses armoiries selon un rite importé des croisades.Les simples soldats portent un casque léger sur la cote de maille.De forme conique ou semi sphérique,ces casques s’orneront avec le temps d’une petite visière et d’un protège nuque.Le chevalier coiffe le heaume lourd d’abord semi sphérique puis conique et muni du nasal.

Un combattant du XII ième siècle à Areines

Un combattant du XII ième siècle à Areines

 

Le costume liturgique acquiert ses spécificités dés le VI ième siècle.A l’époque romane,les religieux portent d’abord l’aube,longue tunique qui s’élargira avec le XII ième siècle et descend jusqu’aux pieds.Au dessus de l’aube la dalmatique,fendue sur les cotés,s’orne de deux bandes pourpres sur le devant.A l’origine,dans l’empire romain,la dalmatique était une large tunique portée par les laics.Ce n’est qu’au XII iéme siècle qu’elle deviendra un instrument exclusivement religieux.L’aube dépasse à l’extrémité inférieure de la dalmatique à manches courtes,sur laquelle l’évéque porte la chasuble.La chasuble est ornée d’une bande verticale garnie de croix tombant devant et derrière,reliée à une bande identique en V formant un cercle autour des épaules.L’évéque porte l’étole sorte d’écharpe et le manipule pièce de tissu équivalente à un mouchoir posée sur le poignet.

St Martial évéque dans ses habits episcopaux à Meobecq

St Martial évéque dans ses habits episcopaux à Meobecq

La mitre est la coiffure épiscopale.Au XIII ième siècle,les deux pointes de la mitre viennent se positionner l’une devant l’autre,tandis que jusqu’alors elles étaient disposées latéralement,l’une à gauche,l’autre à droite.Les deux pointes de la mitre représentent les deux testaments.

St Jacques des guérets à gauche,mitre du XII iéme siècle.Chartres(crypte de la cathédrale)à droite,mitre du XIII ième siècle.

St Jacques des guérets à gauche,mitre du XII iéme siècle.Chartres(crypte de la cathédrale)à droite,mitre du XIII ième siècle.

Les évéques étaient chaussés de brodequins,petites bottines généralement richement décorées.

Les tissus prédominants sont au XII ième siècle la laine,dont la fabrication s’est perfectionnée,et le lin.Le coton est surtout utilisé pour les voiles et les couvre-chefs.Pour les classes sociales privilégiées ,de nouvelles soies furent introduites par les croisés,tandis que les fourrures font l’objet d’un commerce juteux.L’utilisation des fourrures se limite aux encolures aux manches et aux revers de certains vètements.C’est le cas pour le vair assez répandu au XII ième et au début du XIII iéme siècle.Il est issu de la fourrure grise et blanche d’un écureuil ,le »petit gris ».Au revers de certains manteaux on associait le gris argenté et du bleu azur disposé en bandes horizontales dessinant des sortes de clochettes.On peut observer de belles représentations de vair,à la chapelle Sainte Radegonde de Chinon,à Asnières sur Vègre dans la scène de l’ensevelissement du Christ,ainsi qu’au Loroux Bottereau au revers du manteau de Charlemagne.

Vair au Loroux Bottereau prés de Nantes

Vair au Loroux Bottereau prés de Nantes

 

 

 

 

 

 

 

 


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