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7
jan 2016
Problèmes de conservation

Lors de mon périple à travers la France romane,j’ai pu recenser quelques 120 édifices recélant des vestiges de peintures murales.La liste n’est évidemment pas exhaustive ne serait ce que parce que régulièrement de nouveaux ensembles ou fragments sont mis à jour(Ourjout en Ariège,Lignières de Touraine)Néanmoins force est de constater que peu de vestiges peints de cette époque sont parvenus jusqu’à nous,si on établit une comparaison avec le nombre d’édifices romans qui tapissent notre territoire et dont la pluspart avaient reçu à l’origine un décor peint.Trés vite s’est donc posé et se pose encore le problème de la conservation de ces oeuvres dont certaines sont dans un tel état de délabrement que l’on peut craindre leur disparition(L’Isle Barbe à Lyon par exemple)Car aux outrages naturels du temps se sont ajoutés au fil des siècles,les destructions dues aux guerres,les mutilations provoquées par les excès de la révolution,les campagnes d’effacement systèmatique du XIX ième siècle,mais aussi les pillages en tous genre.Ce fut le cas à Artins dans la vallée du Loir et à Casenoves prés de Perpignan ou les peintures les plus anciennes du département furent décrochées par un personnage indélicat et vendues à des musées suisse et américain.Aujourd’hui,aprés  plus de trente années d’un incroyable imbroglio juridique,une partie des peintures a pu etre récupéré et déposé à l’hospice d’Ille sur Tét ou elles sont visibles.

Casenoves,les Rois Mages

Casenoves,les Rois Mages

Casenoves;l'Aigle de St Jean

Casenoves;l’Aigle de St Jean

En France nous devons en grande partie le sauvetage de ces oeuvres à l’intervention de Prosper Mérimée.Depuis la prise de conscience des autorités de l’état a permis à travers diverses campagnes de restaurations,de sauvegarder voire d’enrichir par de novelles découvertes ct aspect de notre patrimoine.L’action menée sous l’égide des Monuments Historiques a été facilité par un nouvel engouement des français pour l’art roman si longtemps ignoré.Il convient de saluer aussi les heureuses initiatives de particuliers,à Notre Dame du Vilar par exemple,l’action de sociétés locales d’archéologie,la réalisation de brochures ,de monographies grand public,l’organisation de visites commentées,les efforts pour une meilleure signalisation des édifices et de meilleures conditions de visite,toutes actions destinées à faire connaitre et apprécier cet art.

En Espagne,les musées de Barcelone surtout,mais aussi ceux de Solsona et de Vich renferment la pluspart des fresques détachées des murs des églises catalanes et andorranes souvent laissées un temps à l’abandon.Le musée de Jaca en Aragon conserve les magnifiques fresques de Bagues.En France c’est un autre cheminement qui a été suivi avec la réalisation d’une série d’aquarelles qui ornent le musée des Monuments Français à Paris.Si la majorité des peintures a été conservée in situ,d’autres initiatives de conservation sont ici ou là à signaler.A Souday dans le Loir et Cher ,prés de Mondoubleau,il a été réalisé des reproductions des peintures disparues qui sont exposées sous verre à l’église paroissiale.Il s’agit d’une Annonciation Visitation.A l’abbaye de la Trinité de Vendome un fragment de fresque magnifique,représentant une scène de pèche sur le lac de Thibériade,a été replacé sous la protection d’une vitrine dans une galerie de la salle capitulaire.

Souday (Loir et Cher),reproduction sous verre.

Souday;reproduction sous verre

Vendome,fresques déplacées et protégées sous verre à la salle capitulaire de l'abbaye (Visages d'apotres)

Vendome,fresques déplacées et protégées sous verre à la salle capitulaire de l’abbaye (Visages d’apotres)

A Loches ,un trés beau St Brice du début du XI iéme siècle a éte déplacé dans un endroit plus sur,une niche dans la crypte de l’église St Ours.

Loches;St Brice

Loches;St Brice

Les peintures de l’église basse de St Séverin à Chateau Landon dans le Gatinais ont été déposées dans une salle de l’hospice voisin constituant désormais le plus bel ensemble de peintures murales romanes d’Ile de France.Ces peintures datées du milieu du XII ième siécle,découvertes lors de fouilles réalisées en 1927,relatent la légende de St Séverin,moine du Valais Suisse qui aurait été mandaté par Clovis malade lors de son passage à Chateau Landon.Elles s’étalent sur deux grands panneaux rectangulaires bordés de rouge.Le premier tableau évoque la guérison de Clovis.Le fond orangé est parsemé dans sa partie haute d’ondulations irrégulières superposées ocre rouge.Ces ondulations intéressent aussi les deux tiers inférieurs du tableau de couleur bleutée.Clovis à la belle barbe,est allongé,méditatif,la tète appuyée sur sa main droite.Il désigne St Séverin debout au pied du lit accompagné d’un moine tonsuré tenant un livre.A la téte du lit un personnage vétu de blanc prépare une potion à l’aide d’un bol et d’un pilon.

Chateau Landon;St Séverin au chevet de Clovis

Chateau Landon;St Séverin au chevet de Clovis

 

Clovis (détail)

Clovis (détail)

Le deuxième tableau moins bien conservé ,présente le méme fond.Au dessus apparaissent de  trés beaux motifs décoratifs géométriques.St Séverin bras écartés apparait dérrière un autel recouvert d’un drap blanc.Un autre personnage plus éffacé tend sa main vers le saint.Au dessus on distingue des tées de personnages désignés par des inscriptions.Les peintures de Chateau Landon font partie de ces oeuvres que l’on n’oublie pas.

Saint Séverin et son assesseur

Saint Séverin et son assesseur

Les peintures du Loroux -Bottereau prés de Nantes,datées de la fin du XII ième siècle,ornaient à l’origine la petite chapelle St Laurent longtemps utilisée comme salle des fètes,qui fut démolie en 1974.Les fresques furent accrochées à deux grands tableaux sur le mur sud de la nef de l’église paroissiale.Les deux scènes relatent une légende de la vie de Charlemagne.Ce dernier,aprés avoir commis le péché d’inceste avec sa soeur Gisèle,aurait subit les foudres de St Gilles.Charlemagne aurait promis de faire pénitence et accepté le mariage de sa soeur avec Milon comte d’Angers.Au panneau supérieur,deux cavaliers chevauchant l’un un cheval blanc ,l’autre un cheval brun.Le premier barbu et couronné,richement vétu porte un manteau à la doublure bleu et blanche en vair identique à celui que l’on observe au vétement de l’un des cavaliers figuré à Sainte Radegonde de Chinon.Le second sonne de l’olifant.Au dessus de la scène on peut lire l’inscription FOVENTUS ; Au panneau inférieur,est évoquée la rencontre entre Charlemagne et St Gilles.Le panneau est scindé par une ligne irrégulière verte.Au dessus de la ligne se détachent d’un fond blanc,les remparts d’une cité d’ou émerge un toit aux allures trés orientales.Sous la ligne verte,sur un fond constitué de cinq bandes colorées,apparait Charlemagne agenouillé mains jointes,face à un St Gilles trés éffacé.La partie gauche de la scène montre quatre personnages.Devant deux hommes,apparaissent au premier plan ,Giséle la soeur de Charlemagne qui tend la main à son futur époux Milon d’Angers.Les visages sont remarquablement traités.

Deux cavaliers ,dont Charlemagne sur son cheval blanc

Deux cavaliers ,dont Charlemagne sur son cheval blanc

Gisèle ,soeur de Charlemagne

Gisèle ,soeur de Charlemagne

Milon ,comte d'Angers

Milon ,comte d’Angers

Milon et Charlemagne au Loroux Bottereau

Milon et Charlemagne au Loroux Bottereau

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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