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Archive pour décembre, 2015


La peinture murale et les croisades

31 décembre, 2015
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age | Pas de réponses »

Paradoxalement les épisodes des croisades ont été peu représentés par les artistes peintres romans.Pourtant les croisades bouleversérent la vie au XII iéme siècle.C’est en 1095,au concile de Clermont que le pape UrbainII precha la formation d’une croisade pour aller libérer les lieux saints.Quatre ans plus tard Jérusalem est prise par les premiers croisés et l’ordre du Temple sera crée en terre sainte en 1118.Aprés la défaite byzantine d’Ascalon la deuxième croisade initiée par Bernard de Clairvaux permettra au monde occidental d’assurer sa domination commerciale sur toute la méditerranée.La nouvelle croisade echouera à Damas en 1148.La troisième croisade organisée par Philippe Auguste,Henri II et Frédéric Barberousse en 1189 se soldera par un echec en 1192.Néanmoins en 1204,les croisés s’empareront de Constantinople et substitueront à l’empire byzantin,un empire latin d’orient avec à sa téte Beaudoin premier.LEAD Technologies Inc. V1.01

Deux programmes peints sont toutefois consacrés en grande partie au récit de ces croisades.Le premier au Temple de Cressac en Charentes,le second aux murs de la nef de la petite église de Sainte Marie aux Anglais en Normandie.

L’église de Sainte Marie aux Anglais,trés bien entretenue,date de la fin du XII iéme siècle.Les peintures du début XIII iéme pour la pluspart,sont de médiocre qualité ,à dominante ocre rouge et présentent la particularité d’étre toutes exécutées sur des fonds blancs constéllés d’étoiles rouges à six branches pour les murs de la nef et du choeur,à dix et douze branches pour les voutes.Bien que la palette soit trés réduite,le dessin sommaire,l’ensemble est néanmoins harmonieux.A la voute du choeur trone un Christ dans une mandorle.Les autre voutains sont occupés par l’annonciation et la visitation,une nativité.Au dessous la représentation des rois mages.En suivant on peut observer une dormition de la Vierge.Les murs du choeur conservent au sud,une entrée du Christ à Jérusalem et au nord une Cène bien conservée.Au mur est ,derrière l’autel,on observe trois panneaux peints,au centre une descente de croix,à gauche un portement de croix et à droite l’une des images las plus connues de l’ensemble,un bourreau hache à la main.

161Les autres peintures prés de l’arc triomphal,sont trés abimées.On y reconnait trois soldats endormis appuyés les uns sur les autres.L’intrados de l’arc abritait un calendrier des mois aujourd’hui trés dégradé.

Ce sont les murs de la nef qui hébergent les peintures consacrées aux croisades.Au nord on peut voir un soldat,casque à nasal et cote de mailles,tentant de frapper un évéque reconnaissable à la mitre,tandis qu’un personnage essaye de le défendre à l’aide d’une croix pattée.

ste marie an combat0034Suivent ensuite diverses scènes de combats.Dans l’une d’entre elles des soldats escaladent une forteresse aux murs rouges crénellés.Derrière on distingue des tentes ,chacune surmontée d’une croix .Cette méme croix que l’on retrouve ailleurs ,peinte en rouge sur le casque des croisés.

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UNn cavalier au combat ,une croix peinte sur son casque

UNn cavalier au combat ,une croix peinte sur son casque

La chapelle des templiers du hameau de Cressac présente un ensemble de peintures murales de la fin du XII iéme siècle en grande partie consacré aux croisades.L’église de plan rectangulaire, était à l’origine entièrement décorée de peintures.Longtemps utilisée comme grange,les peintures auront beaucoup souffert et il a fallu une longue campagne de restauration pour sauver les fresques du mur sud,déposées puis remises en place dans l’édifice sur de grands panneaux de bois.

Le mur oriental montre une belle image d’evéque tenant la crosse et portant le mitre.A gauche,au registre inférieur une scène évoque l’archange St Michel combattant le dragon et le pésement des ames.Au dessus figure un trés beau chrisme plein de symbolisme.

Au revers de la façade occidentale on peut voir l’image d’une femme devant un homme en armure face à un monstre de type griffon.A droite de la fenètre,la scène la plus connue de l’ensemble montre un cavalier couronné foulant sous le sabot de son cheval un homme a terre évoquant « l’infidèle »,dénudé langue tirée hirsute,tournant la tète comme pour implorer de l’aide,vers une femme également couronnée,tendant une fleur de lys à son cavalier.Une fleur identique à toutes celles tapissant le fond de la scène.Le cavalier couronné passe pour étre le roi Philippe Auguste,co organisteur de la troisième croisade.

523Les fresques du mur sud s’étalent en deux registres superposés.Au registre supérieur une longue frise évoque la victoire des croisés sur l’armée sarrazine.Des tours crenellées d’une cité,des personnages observent le départ d’un groupe de cavaliers à la tète desquels des historiens reconnaissent le comte d’Angoulème GuillaumeIV Taillefer.La dernière scène montre un sarrazin juché sur un tour,sonnant le rappel,comme pour confirmer la déroute de l’armée musulmane.363Au registre inférieur on voit des cavaliers chevauchant prés de leur campement ou chargeant les sarrazins.Ensuite est figurée une scène de restitution d’otages.Les scènes du registre inférieur se détachent d’un fond rouge soutenu.Une partie des tètes des personnages est masquée par une large bande décorative séparant les registres.cressac infidele0011Les scènes du registre supérieur s’étalent sur un fond blanc ,limitées par une frise de losanges entre deux bordures rouges.A l’intérieur de chaque losange et dans les intervalles apparaissent des étoiles à huit branches.

cressac  che valier0013Les peintures de Cressac bien que traitées presque exclusivement dans des tonalitées ocres rouges ,ocres jaunes et blanches,n’inspirent aucune monotonie,grace à une savante répartition des rouges et des blancs et à l’enchainement dynamique des scènes,méme si le dessin est assez sommaire et géometrique.

Peintures pré-romanes à St Pierre les Eglises

30 décembre, 2015
archeologie, ART ROMAN, fresques murales romanes, fresques romanes, Moyen age | Pas de réponses »

Le village de St Pierre est aujourd’hui englobé dans la petite ville de Chauvigny.Il était situé sur une importante voie romaine reliant Bourges à Poitiers et a possédé jusqu’à trois édifices religieux ,d’ou son nom de St Pierre les églises.Le petit édifice restant est blotti parmi les cyprés en un site charmant,dans un antique cimetière ou furent mis à jour une série de sarcophages mérovingiens,trés nombreux dans la région,en particulier à Civaux.

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Les peintures murales trés anciennes,passent pour étre les plus vieilles de France.Qualifiées fréquemment de carolingiennes,leur date de réalisation demeure imprécise.Il est généralement admis qu’elles furent exécutées à la fin du X ième siècle.Les fresques furent découvertes en 1851 et s’étalent sur le mur en hémicycle du choeur et sur les parois de raccordement à la nef ,en quatre tableaux et sur deux registres.On y admire une crucifixion trés particulière.Le Christ sur une large croix grise se détachant d’un fond constitué d’épaisses bandes ocre rouge,blanche et grise,apparait affublé d’un curieux nimbe crucifère tréflé.Sa téte est minuscule par rapport à la longueur de son corps et de ses bras sous lesquels s’activent deux personnages.A gauche le porte lance coiffé d’un casque pointu et à sa droite le porte hysope.Dans les cantons supérieurs de la croix figurent classiquement mais éffacées,les représentations du soleil et de la lune dans des médaillons circulaires ocre rouge.

325Dans un autre tableau,l’archange St Michel dans une tunique grise et blanche,au nimbe crucifère jaune cerclé de blanc,déploie d’immenses ailes rouges face à une représentation du dragon à sept tétes.

st pierre eglise monstreUne belle nativité montre trois trois femmes autour de l’enfant qui baigne dans un baquet,sous le regard de la Vierge.

326La palette est trés réduite;ocre rouge,ocre jaune ,gris et blanc.La présence de bleu exclusivement reservé aux jambes du Christ est un mystère.

Motifs décoratifs sous forme de rinceaux

Motifs décoratifs sous forme de rinceaux

Les mystères du Liget

30 décembre, 2015
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La chapelle St Jean du Liget,sur la commune de Chemillé sur Indrois prés de Loches,vestige d’une ancienne chartreuse,présente un ensemble de peintures murales incomparables.Les peintures s’étalent sur tout le pourtour des parois et aux ébrasements des fenètres plein cintre de la chapelle rigoureusement circulaire.L’ancienne nef,qui permettait d’accéder à l’ouest à la rotonde a aujourd’hui disparu.Les fenètres délimitent six pans de murs sur lesquels sont peints autant de tableaux.Au dessus court une frise par endroits totalement éffacée,constituée d’une large bande de grecques interrompue régulièrement de petits tableaux carrés renfermant les bustes de personnages auréolés déroulant des phylactères.Les peintures bien que dégradées,sont de grande qualité et dégagent une impression de calme de sérénité accentuée par la douceur des tons utilisés.

Le Liget;schéma de la disposition des peintures

Le Liget;schéma de la disposition des peintures

A l’emplacement I figure l’arbre de Jéssée tenant délicatement entre ses doigts la rameau censer assurer sa descendance.

L’emplacement II est reservé à la Nativité.

A l’emplacement III est représentée la présentation au temple.Le beau visage du vieillard Siméon permet d’établir des similitudes entre les peintures du Liget et celles de St Aignan sur Cher.

Le vieillard Siméon de la présentation au temple                                                                                                                                                                                                    Le vieillard Siméon(Présentation au temple)

L’emplacement IV montre une descente de croix.

La déposition de croix

La déposition de croix

A l’emplacement V est figurée la résurrection,sous la forme de l’image des Saintes Femmes au tombeau.

L’emplacement VI révèle laplus belle scène du programme,la dormition de la Vierge

le liget   scene dormi0017                                                                                                                                                                                                     La dormition de la Vierge

Aux embrasures des fenètres apparaissent des images de Saints;

En 1 Saint Maurice,en 2 Saint Denis à gauche et Saint Brice à droite,en 3 Saint Jean Baptiste à gauche,Saint Pierre à droite,en 4 Saint Nicolas a gauche et Saint Hilaire à droite,en 5 Saint Benoit à gauche,Saint Gilles à droite,en 6,à gauche Saint Etienne à droite Saint Laurent,traités dans un style différent ,plus byzantin.

Saint Nicolas

Saint Nicolas

La frise supérieure montre une série de tableaux renfermant des bustes de personnages déroulant des phylactères ou figurent des inscriptions en partie effacées.Abraham est clairement identifiable,un autre personnage ressemble curieusement au St Jean Baptiste représenté à l’embrasure d’une des fenètres.

Abraham déroulant un phylactère

Abraham déroulant un phylactère

Mais la chapelle du Liget préserve des zones de mystère,laissant ainsi place à diverses interprétations.Mystère concernant l’interprétation des éléments épigraphiques déchiffrables sur les phylactères et le rapport avec les personnages qui les tendent.Mystère a propos de l’interprétation iconographique de certains tableaux.Mystère concernant la date d’exécution des peintures.Certains les datent de 1170 1180 en raison de certaines similitudes avec les peintures de la crypte de St Aignan.Mystère sur la relation entre la partie circulaire et la nef aujourd’hui disparue.Mystère enfin sur les motifs qui poussèrent architecte et peintre à batir et à décorer ce curieux monument ici,dans un clairière ,en lisière d’une forét eloignée de tout.

Peut etre St Jean Baptiste

Peut etre St Jean Baptiste

 

Procédés techniques

29 décembre, 2015
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Il n’y a pas eu de révolution technique depuis les peintures rupestres d’Altamira et de Lascaux puis les peintures paléo-chrétiennes,jusqu’à la peinture murale des XI ième et XII ième siècles.Trois grandes techniques furent utilisées pour réaliser les oeuvres peintes à l’époque romane.Le procédé à la fresque,les peintures à la détrempe et celles à la »grecque » plus lentes ,plus couteuses et bien moins utilisées.

Le procédé à la fresque ou à »buon fresco« ,terme impropre pour qualifier une peinture exécutée sur un enduit encore frais ,se déroulant en cinq étapes.

1 Sur le mur de pierre on étale un enduit grossier constitué de chaux éteinte ,de cailloux concassés ou de sable dans lequel on incorporait quelquefois de la paille(tradition byzantine)

2 Le schéma de la composition est esquissé au charbon de bois sur la première couche.

5063 Application d’une couche plus mince de lait de chaux.L’artiste ne prépare ainsi que la portion de mur qu’il pourra décorer avant que l’enduit ne soit sec.L’esquisse au charbon de bois apparaissant par transparence est reprise à l’ocre rouge et quelquefois gravée en creux.

4 Les couleurs détrempées dans de l’eau douce sont posées par aplats sur un enduit encore mouillé dans lequel elles pénétrent aussitot.

5 Le peintre trace les ombres et les lumières à l’aide de larges touches d’un blanc vif.

Les couleurs sont mates à base de terre.On retrouve souvent l’ocre rouge,l’ocre jaune,le vert ,le bleu ,le blanc parfois le vermillon.Le peintre commence toujours par des fonds sombres.Cette technique réclamait habileté et promptitude et ne laissait pas place à l’erreur,les retouches étant quasiment impossibles.Mais en contrepartie,le procédé à la fresque assurait la pérennisation de l’oeuvre.Le cycle de St Martin de Fenollar prés de Perpignan est un des rares exemples de peintures à la vraie fresque.

Fenollar ,un ange

Fenollar ,un ange

Fenollar ,la nativité

Fenollar ,la nativité

 

Fenollar ,Vierge orante dans une gloire losangique

Fenollar ,Vierge orante dans une gloire losangique

 

 

 

 

 

 

 

 

La technique à la détrempe fut de loin la plus utilisée en France.Il arrive que des peintures réalisées à la fresque aient été reprises selon le procédé de la détrempe.Le procédé découle directement de celui de la fresque,la différence résidant dans le fait que le mortier est ici appliqué en une seule fois sur toute la surface à décorer.Le mortier est ensuite réguliérement remouillé en cours de travail.Cette technique permettait plus aisèment les retouches,mais la qualité de conservation des peintures s’est avérée moins bonne,particuliérement au niveau des rectifications,la peinture n’ayant pas pu penetrer parfaitement dans un enduit déja trop sec.Le plus grand et le plus célèbre exemple de peintures à la détrempe,peut ètre admiré à St Savin.

Dieu et la famille de Noé

Dieu et la famille de Noé

La prière d'Enoch

La prière d’Enoch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larche de Noé

Larche de Noé

Les peintures à la »grecque »,ont éte trés peu utilisées.L’exemple type nous est donné par les peintures du prieuré clunisien de Berzé la Ville en Bourgogne.Une longue préparation du support était necessaire.Le mur était piqué pour permettre au revètement d’adhérer.Puis sont appliquées cinq couches successives de mortier.Dans la dernière couche un liant gras destiné à donner plus de brillant aux peintures est incorporé à la chaux éteinte et au sable.Sur le fond les personnages sont dessinés à l’ocre rouge.Les couleurs sont appliquées en deux temps.D’abord les tons mats,posés par aplats à la colle,puis les couleurs brillantes à la cire ,pour rehausser chairs et draperies.La palette est trés étendue.Pour Berzé la Ville on a dénombré huit couleurs de base.Ocres rouges et jaunes,cinabre,vert de cuivre ,bleu d’azurite,noir de fumée,blanc de plomb et brun.Des tons intermédiaires sont crées,trés nuancés,en superposant différentes couleurs,mais en ne les mélangeant jamais.Cette technique trés exigeante nécessitait un travail à sec.

 

Berzé,les apotres autour de la mandorle du Christ

Berzé,les apotres autour de la mandorle du Christ

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L’utilisation de la chaux.La chaux vive est obtenue par calcination du calcaire ou pierre à chaux.La chaux éteinte est de la chaux vive diluée à l’eau.Mélangée au sable elle donnera le mortier appliqué au mur.Le lait de chaux est obtenu par dilution a l’eau de la chaux éteinte.Il faisait office d’agglutinant pour les pigmentsL’eau de chaux était enfin obtenue en ajoutant de l’eau au lait de chaux.Elle était utilisée pour les éventuelles retouches.

 

 

 

 

La trilogie de Montoire

28 décembre, 2015
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montoire guerrierLes peintures tapissent l’ensemble de la petite chapelle St Gilles,située au fond d’une ruelle à la sortie de la ville et constituent l’un des plus beaux témoignages de la peinture murale romane en France.Les fresques furent réalisées selon deux techniques différentes dans des styles distinctifs marquant leur date d’exécution.

Le petit édifice est composé de trois absides précédées d’une courte nef.Les peintures de l’abside orientale,les plus anciennes ,datées du début du XII ième siècle,furent réalisées selon la technique de la « vraie » fresque.Celles des absides sud et nord ont été éxécutées selon la technique dite à la détrempe,la plus utilisée en France,et datent de la fin du XII ième poue l’absidiole sud ,et sans doute du tout début du XIII ième pour l’absidiole nord.

Cette « trilogie »,trois représentations différentes de trois Christ en gloire d’époques différentes,aux culs de four de trois absidioles,confèrent à la chapelle St Gilles une importance considérable.

186Au cul de four de l’abside orientale(Emplacement 1)éclairée par trois fenètres,trone le premier Christ en gloire entouré des symboles des evangiles et accompagné de deux groupes d’anges ailés.Il est inscrit dans une double gloire,l’une ronde ,l’autre en amande.Le Christ présente de longs cheveux blonds,son nimbe crucifère aux branches à angles droits parait posé en équilibre sur sa téte.Il lève la main droite et tient le Livre ouvert dans sa main gauche.C’est le Christ pantocrator,celui de l’Apocalypse.Les bordures de la gloire sont constituées de cinq bandes colorées concentriques.Tout autour dansent des anges les mains levées posées sur la gloire,les ailes relevées au dessus de leur tétes.Les vétements semblent flotter au vent confèrant le mouvement à l’ensemble de la scène.Entre la voute et le mur dessous une large bande colorée foncée,décorée de demi cercles plus clairs,assure la transition entre monde celeste et monde terrestre.Au registre inférieur subsistent quelques peintures éffacées,probablement des apotres.

Christ de l'abside orientale,le plus ancien

Christ de l’abside orientale,le plus ancien

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Ange soutenant la mandorle

 

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L’intrados de l’arc triomphal précédant l’abside(Emplacement2) montre au sommet un agneau de Dieu inscrit dans un disque,porteur d’un nimbe crucifère identique à celui du Christ.De part et d’autre,deux anges soutiennent le cercle de leurs ailes déployées croisées au dessus de leur téte.

Agneau de Dieu

Agneau de Dieu

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Ange à l’intrados de l’arc

Au cul de four de l’absidiole sud(Emplacement3)trone un Christ plus byzantin de la fin du XII ième siècle,dans une mandorle,assis sur une gloire circulaire.Les fonds sont bleus,le Christ montre des cheveux blonds ,plus courts et une barbe plus dense.L’auréole beige est plus réduite.Ses bras sont largement ouverts et de sa main droite il semble confier les clés à St Pierre figuré dessous dans un demi cercle et vétu d’une longue tunique blanche et d’un manteau ocre.Les vétements du Christ sont ici plus élaborés.Les autres secteurs de la voute sont occupés par des peintures du XIII ième siècle.On y reconnait les fragments d’un martyre de St Laurent.

Christ de l'abside sud

Christ de l’abside sud

L’intrados de l’arc triomphal(Emplacement 4)est décoré de losanges jaunes rouges et bleus.A la clé un plus grand losange à fond bleu,borduré de rouge et jaune,renferme une main de Dieu.Sur l’un des piédroits,un médaillon formé de trois cercles concentriques blanc rouge et jaune,renferme deux poissons téte bèche.Sans doute les restes d’un Zodiaque.

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Main divine

Au cul de four de l’abside nord(Emplacement5)dans une simple gloire en amande richement décorée,trone un Christ auréolé de bleu.Il a les bras grands ouverts à l’horizontale formant avec son corps une croix.Vétu de rouge,ses yeux en amande sont grands ouverts,ses cheveux un peu aplatis sur son crane.Les traits du visage sont soulignés de noir.C’est le Christ le plus récent,sans doute de l’extrème fin du XII ième siècle.Un faisceau s’échappe de ses mains,il transmet ainsi l’esprit sain à ses apotres chargés d’aller précher la bonne parole.

Christ de l'abside Nord

Christ de l’abside Nord

L’intrados de l’arc triomphal(Emplacement 6) est décoré de trois beaux anges.

L’intrados de l’arc doubleau ouest ,celui qui permet l’accés aux trois absidioles et limite la courte nef,(Emplacement 7),montre à la clé l’image d’un Christ nimbé dans un beau médaillon à fond rouge bordé de jaune.Sa tété est encadrée de l’Alpha et de l’Omega.De part et d’autre figurent deux cavaliers.

Buste de Christ à l'intrados de l'arc doubleau ouest

 

Un combattant

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Le Christ à la faucille de Burnand

28 décembre, 2015
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Le Christ à la faucille

Le hameau de Burnand en Saone et Loire,prés de Malay,dans un cul de sac au creux d’un vallon,s’enorgueillit de la présence d’un élegant petit chateau et d’une eglise romane au chevet décoré d’arcatures lombardes,dont l’intérieur est tapissé de trés anciennes peintures murales montrant un thème unique en France,l’image d’un Christ à la faucille.De découverte récente,les peintures d’époques différentes décorent l’abside en cul de four de la petite église St Nizier.

Visage du Christ à la faucille

Visage du Christ à la faucille

A la voute apparaissent des anges nettement gothiques ainsi que les fragments d’une théophanie du XV ième siècle qui viennent par endroits se superposer avec le Christ roman au centre,assis sur une double mandorle et accompagné des symboles des évangiles.Ce Christ trés particulier,unique,tient dans sa main gauche une faucille.Cet élement iconographique permet aux spécialistes de faire le lien entre laes peintures de la péninsule ibérique et une partie des fresques de Bourgogne.Une influence réciproque,liée à l’itinérance des ateliers de peintres romans,favorisée par le developpement des grandes voies de pélerinage.Si le thème du Christ à la faucille se retrouve sur un manuscrit castillan,d’autres éléments rapprochent Burnand de la peinture catalane(Sescort,La Seu de Urgell à la frontiére andorrane).Si les peintures de Burnand ne sont pas trés spectaculaires,elles revètent un grand intéret archéologique.Le mur en hémicycle est recouvert de peintures représentan tune série de saints personnages tous auréolés,tenant chacun un livre,sous une double bande décorative.A leur coté ,à droite,figure l’image d’un saint évéque,d’époque plus récente.

Bustes de deux apotres

Bustes de deux apotres

 

Deux apotres

Deux apotres

Un combattant

Un combattant

Visage d'apotre

Visage d’apotre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin l’intrados du pilier droit de l’arc triomphal montre une énigmatique et intéressante image d’un combattant(un croisé?)dont la téte a malheureusement disparu,semblant fouler aux pieds un poisson.

Les peintures de Burnand sont de médiocre qualité.La palette est pauvre(Blanc,gris,ocre rouge,ocre jaune),le dessin grossier,schématique,le visage des personnages,hiératiques,sont soulignés d’un épais trait noir.Les drapés sont inerte ,l’ensemble statique,mais les fresques de Burnand,probablement du XI iéme siècle,figurent parmi les plus anciennes de Bourgogne.Il faut noter d’ailleurs la ressemblance dans le graphisme,avec les peintures des grottes de Jonas en Auvergne,elles aussi du XI iéme siècle.

Le temps qui passe…

27 décembre, 2015
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L’idée du temps qui s’écoule est matérialisé par les représentations des douze signes du Zodiaque.Assez peu figurées en peinture murale romane,les peintres leur préféreront des images des travaux des mois,dans une volonté de correspondance des activités humaines avec le monde celeste.

D’origine gréco-romaine,le Zodiaque avait un caractère strictement astronomique.Chaque constellation de l’hémisphère nord sera affublée d’un mois qui sera représenté par une image humaine ou animale,en commençant par l’agneau ou le bélier.Fréquemment ces signes du Zodiaque seront remplacés par des images des Travaux des mois ou des occupations des hommes au fil des douze mois de l’année,sous forme de tableaux peints constituant un calendrier des mois.En France les représentations des signes du Zodiaque sont rares.On connait une représentation du signe des poissons à Montoire sur le Loir et trés recemment l’église d’Ourjout en Ariége a révélé une magnifique série de signes zodiacaux inclus dans des médaillons,malheureusement en partie altérés par l’ouverture postérieure de deux baies au registre inférieur du mur en hémicycle de l’abside portant les peintures.

Une évocation du signe des poissons à Montoire sur le Loir

Une évocation du signe des poissons à Montoire sur le Loir

Le signe du Capricorne a Ourjout

Le signe du Capricorne a Ourjout

Lignières de Touraine,Calendrier des mois (détail)

Lignières de Touraine,Calendrier des mois (détail)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les calendriers de mois sont eux plus présents,presque systématiquement figurés à l’intrados de l’arc triomphal du choeur,comme pour faire le lien entre le monde terrestre et humain des murs de la nef et celui céleste et divin des voutes du choeur et de l’abside.Citons les calendriers de Allouis et Brinay dans le Cher,de Pritz prés de Laval,ou du Vieux Pouzauges en Vendée ainsi que tout récemment découvert celui de Ligniéres de Touraine.Il convient de noter qu’à partir du XIII ième siècle,le calendrier des mois a tendance à quitter l’arc triomphal pour s’étaler en tableaux sur les murs de la nef(Lourouer Saint Laurent prés de la Chatre,et St Rémy la Varenne en Anjou)tandis que les travaux de janvier sont parfois remplacés par l’image d’un Janus à deux visages à Angoustrine dans les Pyrénées Catalanes,ou à trois visages sur les fresques fin XIII ième -début XIV ième de Sargé sur Braye prés du Mans

Allouis (Cher) Evocation de Juillet et de la moisson

Allouis (Cher) Evocation de Juillet et de la moisson

Brinay(Cher)Evocation du mois de Février

Brinay(Cher)Evocation du mois de Février

Le mois de Novembre au Calendrier de Brinay

Le mois de Novembre au Calendrier de Brinay

Pritz(Mayenne) La moisson de Juillet

Pritz(Mayenne) La moisson de Juillet

Evocation des travaux d'Aout à Pritz

Evocation des travaux d’Aout à Pritz

Une image cocasse à Pritz poue évoquer Septembre et la vendange

Une image cocasse à Pritz pour évoquer Septembre et la vendange

Pritz;représentation du mois d'octobre

Pritz;représentation du mois d’octobre

Vieux Pouzauges(Vendée)Evocation de Juillet et Aout

Vieux Pouzauges(Vendée)Evocation de Juillet et Aout

Montferrand,unique exemple de peintures romanes en Périgord

27 décembre, 2015
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Paradoxalement,le Périgord,haut lieu de la peinture rupestre,compte trés peu de vestiges peints d’époque romane.Quelques traces à St Leon sur Vézère et à St Amand de Coly et des vestiges de fresques trés anciennes à Montferrand prés de Cadouin,petite cité périgourdine type,avec sa remarquable halle sur la place principale ,bordées de vieilles maisons à la belle patine ocrée.

Les peintures ornent les murs d’une charmante chapelle isolée dans son cimetière à quelques lieues du bourg.Le petit édifice a une curieuse allure,constitué d’une petite nef d’une seule travée raccourcie à l’époque gothique,accolée à un puissant clocher sur massif barlong,maintes fois restauré,reposant sur un choeur trés ancien.La nef voutée en berceau présente trois grandes arcades aveugles plein cintre.Sur le mur plat du choeur percé d’une petite ouverture,s’étalent des peintures du XVI iéme siècle sur un fond rouge vermillon.A la voute du choeur trone un Christ des XIV ième ou XViéme siècle et à la retombée de la voute,les symboles évangeliques dont un taureau de St Luc magnifiquement traité.A la voute de la nef,deux grandes évocations naives du soleil et de la lune ,d’époque gothique.

Les peintures romanes sont disséminées sur les mur de la nef.Au mur nord apparait une évocation de l »enfer sous la forme d’un monstre hirsute avalant des damnés.A coté,une scène indechiffrable,traitée en ocre rouge, montre l’image d’une mise au tombeau ou d’un ensevelissement?Au mur sud ,une peinture trés ancienne,peut etre du XIième siècle,montre un saint identifié par l’inscription au dessus de la scène Saint Leonard.Il est figuré entre deux enfants.Au dessus s’animent deux anges aux ailes geométriques déployées,tandis qu’au bas du tableau à gauche,sous une fausse arcade bordurée d’ocre rouge et jaune,apparait un cercle de fond ocré renfermant une croix pattée.Au dessus du médaillon un volatile blanc grossierement souligné de rouge ,s’ébat.A droite de St Leonard,dans le bas de la scène est figurée une porte ouverte.

Le dessin de ces peintures est naif,statique,trés geométrique.Les visages sommairement traités et la palette réduite a du blanc et des ocres avec un peu de brun pour l’habit de l’un des enfants.

Légende de Saint Leonard

Légende de Saint Leonard

Sur le méme mur prés de la porte d’entrée au registre supérieur,figurent les restes d’une peinture plus récente,probablement du début du XIII ième siècle.Se détachant d’un fond brun trés soutenu,inséré dans un cadre dont on distingue encore une partie de la bordure ocrée,apparait un fragment  de scène mettant en évidence deux personnages auréolés d’ocre jaune,les yeux levés vers le ciel sans doute vers le Christ qui devait figurer à la voute.Les visages aux yeux clairs,expressifs ,sont bien représentés.L’un des deux apotres désigne la voute du doigt.On distingue encore la manche de son vétement trés richement décorée.Le second ,un peu en retrait,est vétu d’un simple habit rougeatre.Entre les deux personnage ,l’image d’une constructin impossible à identifier.La palette est extèmement réduite,ocres rouges et jaunes,blanc et un peu de bleu pour les yeux.

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Méconnues et délaissées;les fresques de Saint Bohaire

26 décembre, 2015
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L’église de Saint Bohaire tout prés de Blois fait partie de ces églises romanes à peintures murales méconnues et délaissées.J’ai eu l’occasion de visiter cette église à deux reprises à quelques années d’intervalle et j’ai pu constater la rapidité avec laquelle les fresques se détérioraient;comme a l’Ile Barbe à Lyon,à Sainte Lizaigne dans le Berry,à Sallertaine prés de Noirmoutier,entre autres.Si rien n’est fait on peut redouter la disparition compléte de ces peintures intéressantes et qui donnent une bonne idée de ce que fut l’art mural à l’extréme fin du XII iéme siècle.

L’ensemble fut decouvert en 1957 et les fresques occupent le croisillon sud du transept qui présente la particularité d’étre fort désaxé par rapport à la nef.La scène la mieux conservée représente un thème trés courant en peinture murale romane;les Saintes Femmes au tombeau du Christ,qui constitue la seule évocation peinte de la résurection du Christ.De belles figurations de cet épisode sont visibles à Allouis dans le Cher,à la cathédrale du Puy,à St Sernin de Toulouse,aux grottes de Jonas,ou encore éffacées à Norrey en Auge.Les Saintes Femmes sont toujours figurées au nombre de trois conformèment au texte de l’évangile de Luc(d’autres textes n’en décrivent que deux).Un ange avertit les myrrophores (porteuses de myrrhe)c’est ainsi qu’elles sont nommées ,en ces termes « Pourquoi cherchez vous le Vivant parmi les morts?Il n’est pas ici mais il est ressuscité… ».A Saint Bohaire les trois saintes,précédées d’une double arcade plein cintre de couleur verte,sont aureolées successivement de bleu de jaune et d’ocre rouge,voilées et vétues de longues robes ocre rouge ,grise et verte.Sous un baldaquin on distingue éffacée la téte auréolée de gris d’un ange.

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Visage de l’une des Saintes femmes

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Au registre inférieur se déroulent des scènes de la nativité.On distingue encore assez bien le bain de l’enfant,pongé dans une grande cuve jaune ,par deux sage femmes.

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Le Bain de l’enfant

Au cul de four subsiste une scène trés éffacée du couronnement de la Vierge.L’un des deux grands seraphins soutenant la gloire dans laquelle trone la Vierge est toutefois bien conservé.L’ange à genoux ,auréolé de jaune,déploie au dessus de ses épaules deux grandes ailes vertes et ocre rouge.D’autres scènes sont vraiment trés détériorées(crucificxon,dormition de la Vierge,présentation au temple)mais on distingue tout de méme deux tétes d’apotres finement traitées.

Un séraphin ailes déployées

Un séraphin ailes déployées

Visages d'apotres

Visages d’apotres

Couleur et prédominance des ocres en peinture romane

25 décembre, 2015
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Traiter de peinture amène tout naturellement à s’interroger sur la place,l’importance,la qualité,voire le symbolisme de la couleur.La peinture romane est un art essentiellement religieux et les oeuvres furent le plus souvent commanditées par des prélats et exécutées par des artistes animés d’une grande foi.Ces caractéristiques laissent supposer que rien dans la réalisation de ces peintures particulières ne fut laissé au hasard.Ainsi aux vertus esthétiques techniques voire pédagogiques ou messianiques que l’on pourrait attribuer à toute oeuvre d’art,vient se greffer concernant la peinture romane,une portée symbolique indéniable.Nous ne pensons pas toutefois qu’il faille accorder à la couleur une valeur symbolique absolue.Les ensembles peints conservés nous sont souvent restitués dans un tel état,qu’il est difficile d’accorder un crédit séméiologique total à telle ou telle autre couleur,méme utilisée sur un motif particulier,à un emplacement du mur bien défini dans une tonalité précise.D’autre part les ensembles peints sont rarement parvenus complets et souvent l’intensité chromatique des vestiges a été modifiée.La pluspart du temps les couleurs nous apparaissent fanées ou foncées par les siècles,quelquefois elles ont été incontestablement rehaussées par des restaurateurs trop zélés,a St Emilion par exemple ou carrément modifiées comme en l’église haute d’Anzy le duc en Bourgogne .Dans certains édifices les peintures donnent l’impression d’étre voilées.Le flou qui les caractérise est du à la pauvreté en hydroxyde de calcium sécrété à la surface du mortier.On perçoit ce phénomène en l’église d’Aime en Haute Savoie.Dans ces cas l’analyse des couleurs n’est pas chose aisée.

Saint Marc,la peinture est voilée par hyposécrétion d'hydroxyde de calcium

Saint Marc,la peinture est voilée par hyposécrétion d’hydroxyde de calcium

 

Fresque abusivement restaurée à Anzy le Duc

Fresque abusivement restaurée à Anzy le Duc

 

 

semisemiIl arrive aussi que les conditions hygrométriques induisent avec le temps,une modiification de certains pigments chromatiques.C’est le cas a Vals en Ariége  ou les pigments d’origine bleus ont noirci.Nous devons également tenir compte des difficultés techniques de fabrication des couleurs.Il était beaucoup plus facile et moins couteux de préparer des couleurs ocrées que du bleu ou du vermillon par exemple.

Que faut il penser de la relative pauvreté de la « palette » du peintre roman?Faut il y voir une conséquence des difficultés techniques de l’époque ou la volonté de délivrer un message?Notre perception visuelle de la gamme chromatique est sans doute fort différente de celle de l’homme du XII ième siècle.Certes physiologiquement il n’y a aucune différence,mais l’homme occidental moderne baigne dans une polychromie généralisée,ce qui n’était pas le cas au moyen-age.Concernant la palette romane ,nous pensons que plus la gamme chromatique était restreinte,plus la valeur symbolique des couleurs utilisées était importante.Cette vertu symbolique de la couleur,niée par certains spécialistes d’art roman,ne doit toutefois  étre considérée qu’associée aux thèmes iconographiques développés,au graphisme,à l’architecture des murs portant les peintures et pourquoi pas à l’épigraphie.

Les peintures romanes,peintures religieuses,sont aussi des oeuvres d’art exécutées par des artistes qui bien qu’anonymes et souvent inconsidérés,accordaient une grande importance à l’embellissement de la »maison de Dieu »,qu’ils étaient chargés de décorer.Ils utilisaient la couleur pour ses qualités esthétiques,pour créer dans l’église une atmosphére propice a susciter auprés du peuple roman ,la curiosité ,l’envie;le bonheur de « lire » sur les murs,souvent conçus comme un livre d’images ((le peuple au XIIième siècle ne savait pas lire le latin),le message biblique.Et pour cela il fallait bénéficier des meilleures conditions possibles.La lumiére avait une importance considérable au moyen age.Lumière signifiait beauté.Dans l’église devait pénétrer la lumière qui symbolisait Dieu.Il est facile d’imaginer combien le peintre roman devait prendre soin d’utiliser au maximum la maigre lumiére diffusée dans les édifices romans,pour attirer l’attention sur telle ou telle autre partie du décor.

Aujourd’hui il est difficile de restituer l’éclairage regnant au XI ième et XII ième siècles dans les églises et particulièrement dans les cryptes.Les conditions modernes d’éclairage faussent l’interprétation symbolique que l’on pourrait attribuer aux peintures et à leurs couleurs.C’est entre autres le cas en la magnifique crypte peinte de St Aignan sur Cher.L’éclairage électrique,si il permet de déchiffrer parfaitement les peintures,ne restitue pas les jeux d’ombres et de lumière,l’atmosphère lumineuse du XII ième siècle,crée alors par les cierges et les petites ouvertures absidiales.Toutes les diverses modifications par rapport à l’état et à l’exposition des peintures à l’epoque romane,doivent nous remplir d’humilité au moment de tenter une interprétation de la gamme chromatique.489Cependant des évidences s’imposent a notre regard.Les teintes ocrées sont largement prédominantes.Dans certains édifices la prédominance des surfaces ocres rouges est telle,que l’ensemble apparait monochrome.Cette monochromie rougeatre est souvent synonyme de monotonie,au temple de Cressac en Angoumois par exemple ou encore a la chapelle de Rouillac prés de Moncuq dans le Lot ou àLutz en dunois prés de Chateaudun.Le maitre de Vic en Berry a su et ce n’est pas le moindre de ses mérites,utiliser ces masses rougeatres pour créer une atmosphère inoubliable.

Fresques de Vic;de gauche à droite,le lavement de pieds,Pierre et Malchus,et l'arrestation du Christ

Fresques de Vic;de gauche à droite,le lavement de pieds,Pierre et Malchus,et l’arrestation du Christ.

Les teintes ocrées dominent donc ,et seul le talent de certains fresquistes dans l’utilisation concomitante de couleurs plus complexes et de blanc permet de gommer en partie leur obsédante présence.Tel n’est pas le cas à Allouis dans le Cher ou sur certaines scènes du calendrier des mois,on a du mal à détacher le personnage ocre rouge d’un fond de méme tonalité.

Forte prédominance des ocres à Lutz en Dunois

Forte prédominance des ocres à Lutz en Dunois

Allouis;calendrier des mois.La fenaison

Allouis;calendrier des mois.La fenaison

Les ocres rouges ou jaunes et les bruns sont les couleurs de la terre,de l’humus.Elles inspirent l’humilité.Les ocres étaient obtenus par broyage de l’argile.La proportion variable d’hydroxyde de fer permettait l’obtention d’une teinte plus ou moins rouge,en fonction de la concentration en hématite.Lorsque les terres étaient plus sableuses,la prédominance de goethite,permettait l’obtention d’ocres jaunes.Les teintes étaient appliquées sur le mur préparé aprés adjonction d’un agglutinant,du lait de chaux le plus souvent.

Il ne faut pas donner une signification symbolique aux ocres lorsqu’ils sont utilisés en grandes surfaces sur  les murs d’un édifice.Il faut surtout rattacher leur utilisation massive à leur relative facilité d’obtention et d’utilisation.Toutefois la valeur symbolique des tonalités brunes en général,devra etre prise en compte quand elles sont appliquées en bandes de fond et sous forme d’ondulations.Elles évoquent alors le monde terrestre.

Bandes de fond ocres a Brinay

Bandes de fond ocres a Brinay

Les jaunes et ocres jaunes n’étaient pas trés prisés au moyen age.Symboliquement ambivalents,ils furent progressivement délaissés.Il y avait un « bon jaune » et un « mauvais jaune ».Le jaune citron ou soufre évoquait le mensonge ,l’avarice ,la félonie.Ce mauvais jaune était attaché aux faussaires aux chevaliers félons,aux traitres ,à Judas.Il fut trés rarement utilisé en peinture romane.Le jaune miel,or,le bon jaune est synonyme de plaisir ,d’abondance.Sa présence fut proportionnelle a la prégnance des influence byzantine,comme aux fresques de la cathédrale du Puy en Velay.

Ocres jaunes à Saint Savin

Ocres jaunes à St Savin

 

 

 

 

 

Singularités iconographiques des Cluses

24 décembre, 2015
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Le hameau des Cluses prés de la frontière espagnole,a une trentaine de kilomètres de Perpignan,est accessible à partir de la N9 par une petite route à gauche à la sortie du Boulou.Des restes de fresques subsistent au cul de four de l’abside centrale et à l’intrados de l’arc triomphal de la petite église.Ces peintures de grande qualité,et dont on ne connait pas la date de découverte,se caractérisent par quelques singularités iconographiques.Sobrement restaurées dans les années soixante dix,elles présentent quelques ressemblances avec les fresques voisines de St Martin de Fenollar,sans toutefois que l’on puisse formellement les attribuer au méme artiste ni à l’un de ses élèves.En effet si des ressemblances sont nettes entre l’ange décorant la voute et l’image évoquant Mathieu à la voute de Fenollar,elles sont moins évidentes concernant la téte du Christ en gloire tronant au cul de four et quasiment absentes,en dehors de la forme des couronnes,si l’on considère les images des deux rois mages peintes sur le mur en hémicycle.La palette est riche,à prédominance de rouges parfois trés soutenus,mais les jaunes sont moins présents et les verts bien différents de ceux de Fenollar.Ces peintures sont en outre probablement légèrement postérieures au cycle peint de la chapelle de la Mahut à Fenollar.

A la voute trone le Christ dans une mandorle à trés large bordure constituée de plusieurs bandes colorées enserrant une épaisse décoration de grosses vésicules déterminées par les circonvolutions d’un filament blanc.Les oves colorées essentiellement en vert,sont bordées de croissants de lune ocre rouges dans une disposition assez particulière.Le visage du Christ est trés beau.De longs cheveux bruns s’échappent des branches du nimbe crucifère jaune.Le fond de la mandorle,bleu,montre au dessus de l’épaule gauche du Christ,un disque bordé de blanc renfermant une croix pattée.Sous les branches horizontales de la croix apparaissent à gauche l’Alpha et à droite l’Omega.La présence de ce chrisme à cet endroit est une singularité iconographique.Seule la partie supérieure du Christ dans sa gloire est conservée.

Le Christ dans sa mandorle

Le Christ dans sa mandorle

Le reste de la voute est occupé,à droite par un trés bel ange traité quasi exclusivement dans des tonalités rouges,tenant un candélabre et déployant de belles ailes vertes et blanches.On peut penser qu’un deuxième ange figurait à l’origine sur la partie gauche de la voute.Les symboles des évangiles ne sont pas figurés autour du Christ,une autre singularité iconographique de cet ensemble.

Ange tenant un candélabre

Ange tenant un candélabre

A l’intrados de l’arc triomphal,deux rectangles au fond rosé,renferment l’un,la représentation assezeffacée du Lion de St Marc,l’autre au centre de l’arc,l’image d’un volatile blanc ,les ailes déployées au puissant bec jaune,la téte dans un médaillon.L’image évoque plus la colombe du Saint Esprit que l’aigle de St Jean.Il est probable que faisant le pendant coté gauche,figurait une représentation du Taureau de St Luc.Encore une singularité iconographique que révèle le programme des Cluses,au méme titre que le chrisme accompagnant le Christ dans sa mandorle et l’image des deux rois mages figurant sur le mur en dessous,dans un espace réservé habituellement au collége apostolique.

Sous une bande de grecques apparaissent dégradées,les images de deux rois mages traités différemment des autres peintures,au point qu’il est permis de se demander si elles ne furent pas exécutées par un autre artiste.Le dessin est plus géométrique ,plus stylisé.Tous deux présentent une coupe au bout de leur bras.Les couronnes ressemblent à celles de Fenollar et sont ornées de pierres précieuses et décorées au sommet de petits rameaux rouges.L’un porte un habit vert et jaune simple,l’autre est vétu d’une robe plus sophistiquée bleue et rouge.

Les rois mages

Les rois mages

 

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Les grottes peintes de Jonas

24 décembre, 2015
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Les grottes de Jonas se composent d’une soixantaine d’excavations creusées dans la paroi de tuf rouge du puy de St Pierre Colamine entre Champeix et Besse en Chandesse.On ignore la date de creusement de ces grottes,mais on est sur par contre qu’elles furent amenagées a l’époque romane.C’est à cette époque ,au début du XI ième siècle,que fut décorée la chapelle dédiée à St Laurent.Les peintures,les plus anciennes d’Auvergne,constituent l’un des rares exemples de peintures rupestres du XI ième siècle.

Les fresques occupent la voute et l’une des parois internes(la paroi opposée s’est effondrée)de l’une des grottes amenagée en chapelle.

A la voute apparait un Christ,ainsi qu’une descente de croix assez réaliste bien qu’en partie effacée.

Détail de la déposition de croix

Détail de la déposition de croix

Au dessus de la porte,dans une niche trone une vierge en majesté.Sur les parois limitant la porte sont figurés Jésus devant Pilate,le reniement de Pierre(l’une des scènes les mieux conservées)et le couronnement d’épines.

Pierre identifiable a sa clé

Pierre identifiable a sa clé

Le couronnement d'épines (détail)

Le couronnement d’épines (détail)

 

A gauche de la porte,sont représentées les Saintes Femmes au tombeau ainsi qu’une apparition du Christ.

Les Saintes Femmes au tombeau

Les Saintes Femmes au tombeau

A noter la présence insolite d’un beau coq au dessin naif,comme l’ensemble des peintures dont le ton dominant est l’ocre rouge,qui ne manquent pas de charme et se révèlent particulièrement emouvantes.

Plusieurs motifs décoratifs,dont certains sous forme de superpositions d’oves adossés sont identiques a ceux renconrtés dans les peintures romanes catalanes,témoignent de l’ancienneté de l’oeuvre.

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Motifs décoratifs,oves adossées

Motifs décoratifs,oves adossées

A Jonas la peinture murale romane en est à ses balbutiements.Le dessin est sommaire ,émouvant de naiveté.Les drapés sont rigoureusement linéaires et soulignés d’un épais trait noir,comme aux peintures de Burnant de méme époque ,en Saone et Loire.

L’image d’un apotre révèle les caractéristiques de la peinture romane du début du XI iéme siècle.Le visage et le corps du personnage s’inscrivent dans deux rectangles.Du personnage se dégagent puissance et solidité.L’image plate,en deux dimensions,n’est toutefois pas complètement statique.On peut noter un léger desaxement de la téte par rapport au tronc,induit par le tracé de l’épaule droite.Le personnage est légèrement de profil,et la position de ses pieds lui confèrent une trés lègère impression de mouvement.

Bien que de petite taille ,l’apotre est plutot équilibré.On ne trouve pas ici les disproportions criardes que l’on peut observer ailleurs,notamment au XII iéme siècle.Il est a noter que le visage a été plutot bien traité,sans distorsions entre les différents étages de la face.

Le graphisme ne cessera par la suite d’évoluer.La peinture murale se révélera moins statique,le mouvement deviendra le maitre mot et un effort de recherche de perspective indéniable s’affirmera pour atteindre son apogée à St Savin au milieu du XII ième siècle.508

 

 

La dualité,caractéristique de la peinture romane

23 décembre, 2015
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L’une des caractéristiques de la peinture murale romane est de mettre en scène la dualité.Le peintre roman utilise toujours l’alternance,l’opposition,la dualité.Les dégradés n’existent pas en peinture romane.L’artiste roman ne nuance pas ,il tranche.Et si la couleur n’y suffit pas ,il utilisera le dessin ,le graphisme,divers objets.Sombre-clair,ombre-lumiére,bien-mal,beau-laid,petit-grand,important-subalterne,monde celeste-monde terrestre,telles sont les oppositions constamment recherchées et matérialisées.

Si par exemple l’utilisation de la couleur n’est pas suffisante,le peintre se servira de l’alternance.Ainsi aux peintures murales de la chapelle d’Yron à Cloyes sur le Loir,le peintre utilise l’alternance des couleurs pour distinguer les apotres groupés deux par deux.Les vétements et les nimbes de chacun d’entre eux sont traités dans une couleur différente.

Pour accentuer l’attrait d’une scène,mettre en valeur un personnage,le peintre utilisait les couleurs les plus belles ,les plus brillantes,réservant les couleurs plus ternes,les ocres notamment,couleurs de la terre,aux sujets qu’il souhaite dévaloriser.Ce fut systématiquement le cas pour le traitement de l’image du Christ en majesté tronant aux absides,qui bénéficia de toutes les attentions de l’artiste.A contrario pour Judas représenté dans la Cène,le peintre utilise toujours des tons fanès,et ses habits sont le plus souvent monochromes.

On peut admirer l’une des plus remarquables manifestation de ces oppositions,de cette dualité en l’église désaffectée de Sainte Lizaigne en Berry.L’artiste a peint deux évocations féminines de l’Eglise et de la Synagogue aux intrados des murs d’une fenètre.A droite(la place des élus)l’Eglise est représentée sous les traits d’une reine debout,altière,tenant du bout des doigts de sa main finement dessinée,un beau calice.Sa téte est coiffée d’une couronne d’or décorée de pointes vertes.Un beau voile gris et vert retombe sur sa robe.A gauche(la place des bannis)est figurée l’image de la synagogue,sous la forme d’une reine entièrement peinte en ocres rouges et jaunes,se transperçant le cou a l’aide d’une lance brisée.Elle laisse choir une coupe,les genoux sont pliés,la téte inclinée.Ici plus que la couleur,c’est le dessin(mains ,visages,calice)et l’emplacement (l’une à droite,l’autre à gauche)qui concourent de manière essentielle au decodage du message.

Il existe une autre représentation de cette dualité Eglise-Synagogue,utilisant les mémes ingrédients,à Saint Rémy la Varenne en Anjou.

504                                                                                                                                                                                Peintures murales de St Rémy la Varenne.A la droite du Christ ,l’Eglise en reine couronnée

A la gauche du Christ,la Synagogue en simple habit ocre rouge,le corps plié ,le buste rejeté en arrière

Sainte Lizaigne,a gauche la synagogue,à droite l'église

Sainte Lizaigne,a gauche la synagogue,à droite l’église

Des fresques romanes aux Allinges

22 décembre, 2015
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Des fresques romanes occupent la chapelle castrale des Allinges au dessus de Thonon les bains.Pour y accéder ,a partir de Thonon,il faut prendre la direction de Noyer.Une petite route conduit au chateau des Allinges.L’accés a la chapelle se fait à pied a l’issue d’une courte mais rude montée.Du site on peut jouir de beaux points de vues sur Thonon et le Lac Léman.

A l’origine ,sur cette bute dominant le lac Léman,s’élevait une double forteresse.La chapelle castrale ornée de fresques,jouxtait au nord l’enceinte du chateau dit neuf.C’est un petit édifice à nef unique voutée en berceau plein cintre et terminée par une abside semi-circulaire.Les peintures ,assez bien conservées,occupent l’abside en cul de four ainsi que le mur nord de raccord à la nef.Datées pour certains de la fin du XIième siècle,elles dateraient pour d’autres du début du XII ième,comme semble en attester le dessin des onciales qui accompagnent les fresques.Le hiératisme des personnages donne a penser que les peintures ont subie une influence byzantine

La vierge aux Allinges

La vierge aux Allinges

Les Allinges,ensemble des peintures de l'abside

Les Allinges,ensemble des peintures de l’abside

 

 

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Le Livre ouvert

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L’ange de St Mathieu dans un médaillon

Au cul de four de l’abside figure le classique tétramorphe(Christ entouré des 4 symboles des évangiles).Chacun des symboles est inscrit dans un cercle.Le Christ tient dans sa main gauche ,le Livre ouvert qui porte l’inscription « Ego sum lux mundi ».De part et d’autre de la mandorle,deux trés beaux séraphins.

Un séraphin

Un séraphin

L’ensemble de la scène,qui se détache d’un fond composé de trois larges bandes blanche ocre et verte,est complété par la présence de la vierge a gauche et de St Jean à droite

Au registre inférieur,une large et belle bande de grecques délimite des carrés à fond blancs qui renferment les images de quatre vertus,dont trois(Caritas,Humilitas et Patiencia la mieux conservée)sont identifiables grace à une inscription en ocre rouge au dessus de leur téte.

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Vertu et grecques

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Patiencia

Sur le mur nord de raccordement a la nef,on peut voir une belle image de St Martin en habit épiscopal,portant le pallium.

Visage d'ange

Visage d’ange

un saint eveque

un saint eveque

 

 

Bienvenue

21 décembre, 2015
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vous entrez ici dans le blog d’un amateur d’art(art pictural et photographique en particulier)mais aussi d’histoire médièvale.Ce blog n’a pour objectif que de vous faire connaitre ou redécouvrir et pourquoi pas aimer. un aspect de l’art roman assez méconnu et parfois délaissé

Cordialement   JJL

St Martin des puits (Aude) Personnage inconnu

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