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AIME  (Savoie) Basilique St Martin    Peintures murales de la fin du XII ième et du XIII ième siècle dans un magnifique monument roman hors culte.

ALLINGES (LES)  (Haute -Savoie) Peintures murales du début du XII ième siècle occupant la totalité de l’abside de la chapelle castrale(Voir article)

ALLOUIS  (Cher) Ensemble de peintures murales du XII ième siècle au mur oriental de la nef (Voir article)

AMNE EN CHAMPAGNE  (Sarthe) Restes de peintures murales du XII ième siècle.

ANGERS  (Maine et Loire) Restes de peintures murales du XIIième,localisées aux claveaux d’arcs de la salle capitulaire de l’ancienne abbaye de St Aubin (épopée des rois mages sur fond bleu)

ANGOUSTRINE  (Pyrénées -Orientales)   Peintures murales et devant d’autel peint de la fin du XII ième siècle (Voir article)

ANZY LE DUC (Saone et Loire) Peintures murales du XIIième a l’abside(trés restaurées) et dans la crypte d’une trés belle église du Brionnais.

AREINES  (Loir et Cher) Original ensemble de peintures de la deuxième moitié du XII ième siècle localisées a l’abside

Areines (Loir et Cher) Visage d'apotre

Areines(Loir et Cher) Visage d’apotre

ARGENTON LES VALLEES  (Deux  Sèvres) Belle fresque du XII ième siècle,d’un imposant Christ en majesté à l’abside de la chapelle castrale (Edifice privé)

ARLES SUR TECH  (Pyrénées  Orientales) Fresques du XII ième au revers de la façade occidentale de l’eglise abbatiale Sainte Marie (Voir article)

ASNIERES SUR VEGRE  (Sarthe) Important ensemble de peintures du XII ième siècle tapissant les murs de la nef (Voir article)

AUTUN  (Saone et Loire) Eglise St Nicolas des Marchaux. Peintures du XII ième a la voute de l’abside(Christ et tetramorphe)

St Nicolas des Marchaux,fresques de la voute de l'abside

Autun (Saone et Loire) Eglise St Nicolas des Marchaux ,peintures de l’abside

AUXERRE  (Yonne)  Crypte de la cathédrale St Etienne,fresques du XIII ième (Christ en gloire) à l’abside,et trés belle fresque de la fin du XI ième a la voute du choeur

Ancienne abbaye St Germain,fresques consacrées à la vie et au martyre de St Etienne datées du Xième siècle

AVOLSHEIM (Bas Rhin) Uniques peintures murales romanes d’Alsace (Fin du XII ième) à la coupole de la chapelle St Ulrich (Voir article)

AVORD (Cher) Peintures du XII ième au choeur et a l’arc triomphal de l’église St Hugues (Belles image de St Pierre et St Paul)

AZE  (Mayenne) Vestiges de peintures murales du XII ième a l’abside méridionnale de l’église St Saturnin au borrd de la Mayenne

BERZE LA VILLE  (Saone et Loire) Célèbre ensemble de peintures du XII ième siècle localisées a l’abside de la chapelle haute du « chateau des Moines ».Rare exemple de peintures exécutées à la « grecque »

BOUSSAC-BOURG  (Creuse) Peintures du milieu du XII ième siècle occupant l’abside d’un petit édifice au milieu d’un pré.(Belle nativité).Voir article

BRINAY  (Cher) Grand ensemble de peintures du XIIième aux tonalités claires tapissant l’ensemble des murs de l’église

Brinay (Cher) détail de la scène du massacre des innocents

Brinay (Cher) Détail du massacre des innocents

BRIOUDE  (Haute Loire) Basilique St Julien .Grand ensemble de peintures de fin d’époque romane localisées à la tribune sud du narthex et à la nef

Brioude (Haute Loire)un ane

Brioude (Haute Loire) Image d’un ane

BROC  (Maine et Loire) Peintures murales de la fin du XII ième,dégradées mais de belle qualité ,à la petite abside de l’église Notre Dame.(Voir article)

BURNAND (Saone et Loire)Intéressantes fresques du XI ième siècle récemment découvertes à l’abside de l’église St Nizier (Voir article)

CALDEGAS (Pyrénées Orientales) Fresques du début du XIII ième dans belle église du premier age roman méditérranéen

CASESNOVES  (Pyrénées orientales) Communes de Ille sur Tét  .Fresques de la fin du XI ième siècle réintroduites récemment dans l’eglise  St Sauveur et a l’hospice de la ville

CATLLAR  (Pyrénées Orientales) Rare exemple de peintures murales en extérieur d’époque romane(milieu du XII ième siècle).Tympan et intrados de l’arc du portail sud d’entrée ade la chapelle Notre Dame de Riquer

CHALIVOY-MILON  (Cher) Important ensemble de peintures murales du XII ième siècle présentant des thémes iconographiques peu courants(Jésus chassant les marchands du Temple et grande croix mosaique d’origine copte a la voute) (Voir article)

CHARTRES  (Eure et Loir) Peintures du début du XIII ième siecle dans une des chapelle de l’immense crypte romane de l’immense crypte St Lubin de la cathédrale de Chartres(Serie de saints sous une arcade)

CHATEAU-GONTHIER  (Mayenne) Ensemble de fresques du XII ième malheureusement assez dégradées situeés sur les parties hautes de l’église St Jean Baptiste

CHATEAU-LANDON (Seine et Marne) Bel ensemble de peintures murales du XII ième siècle déposée dans une salle de la maison de retraite évoquant un épisode de la vie de Clovis

CHINON  (Indre et Loire) Peintures de belle qualité(Fin du XII ième siècle)ornant la chapelle troglodytique Sainte Radegonde (Ensemble de cavaliers)

CHISSEAUX  (Indre et Loire) Vestiges trés effacés de fresques du XII ième siècle (Beau roses)

CLERMONT FERRAND  (Puy de Dome) Crypte de la cathédrale gothique.Fresques de l’extreme fin du XII ième siècle (Multiplication des pains ,Sermon sur la montagne)

CLOYES SUR LE LOIR  (Eure et Loir) Bel ensemble de fresques du XII ième ornant les murs de la Chapelle d’Yron (Voir article)

CLUSES-HAUTES (LES)  (Pyrénées Orientales) Restes de belles et trés particulières fresques du XII ième siècle (Voir article)

COUDDES  (Loir et Cher) Interessantes fresques du XII ième siècle evoquant la vie de St Christophe

COULONGE  (Sarthe) Restes de fresques du XII ième au cul defour de l’abside(Christ en gloire et tetramorphe)

CRESSAC  (Charentes) Chapelle des templiers.Grand ensemble de peitures murales de la fin du XII ième ,sonsacrées aux croisades (Voir article)

Temple de Cressac (Charentes) Chrisme                                                                                                                                                                                                 Temple de Cressac  Un chrisme

CURGY  (Saone et Loire) Eglise St Férreol .Reste de fresques du XII ième siècle a l’abside(Christ en gloire et tetramorphe)

DENEZE SOUS LE LUDE (Maine et Loire) Peintures de fin d’époque (tetramorphe et anges musiciens)

DEOLS (Indre) Vestiges de peintures du XII ième aux embrasures des fenétres hautes ,sous les combles,de l’église St Etienne(Beaux anges)

DOMFRONT (Orne) Figures de « docteurs » dans des niches (Fin d’époque)en la trés belle église Notre Dame sur l’eau.

DOUY (Eure et Loir) Fresques étonnamment bien conservées(milieu du douzième)à l’église du prieuré sur une ile sur le loir(Edifice privé)

EBREUIL (Allier) Bel et singulier ensemble de fresques du XIIième a la tribune (Voir article)

ESTAVAR (Pyrénées Orientales) Fresques du XII ième siècle aux tonalités sombres(Voir article)

GENNETEIL (Maine et Loire) Bel ensemble de peintures du XIIiéme siècle localisées a la voute de part et d’autres d’une bande faitière (Voir article)

GOURDON (Saone et Loire) Important ensemble de fresqus du XII ième;etonnant Christ en Gloire,pélerins d’Emaus..(Voir article)

ILE BARBE(l’) (Rhone) Trés anciennes fresques en péril dans église de l’agglomération lyonnaise

iLE BARBE                                                                                                                                                                                      Deux saints et une sainte au mur de l’abside

ILLIAT (Ain) Belles fresques au cul de four de l’abside (Personnages sous des arcatures)du milieu duXII ième siècle

JONAS grottes de (Puy de Dome)Peintures murales du début du XIième siècle dans une des grottes creusées a flanc de falaise ,transformée en chapelle (Voir article)

LANGAST (Cotes d’Armor) Important ensemble de peintures murales du XI ième siècle (Voir article)

LAVARDIN (Loir et Cher) Restes de peintures murales du XII ième (Arbre de Jéssé,Baptéme du Christ) cotoyant des peintures murales d’autres époques.

LE  LIGET (Indre et Loire) trés bel et mystérieux ensemble de peinture du XII ième dans un petit édifice en rotonde isolé dans le parc de la chartreuse (Voir article)

LAVAUDIEU (Haute Loire) Peintures murales aux tonalités sombres (Belle image de la Vierge)de fin d’époque

LIGNIERES DE TOURAINE (Indre et Loire) Important ensemble de fresque de fin de période tapissant la voute disposées en tableau (Images de la création)

LOCHES  (Indre et Loire) Image du XI ième siècle de St Brice et polychromie du portail a l’église St Ours

MARCEVOLPrieuré de  (Pyrénées Orientales) Ancien prieuré isolé sur la commune de Arboussols.Fresques du XII ième trés graphiques (Voir article)

MEOBECQ (Indre) Important ensemble de fresques probablement du XI ième siècle (Voir article)

MOISSAC (Tarn et Garonne) Peintures du XII ième siècle(Arbre de Jéssé) tapissant la voute d’un oratoire de l’ancien palais abbatial.Bleus particuliers,bleu d’aérinithe (Voir article)

MONTBAZIN (Herault) Peintures de fin d’époque,trés retouchées (Alignement d’apotres au mur de l’abside)

MONTFERRAND DU PERIGORD (Dordogne) reste de fresques du XIIième sur un mur de la nef (Voir article)

MONGAUCH (Ariège) Grand ensemble de fresques du XII ième siècle au murs de l’abside et aux voutes de l’abside et du choeur (Voir article)

main mongauch0001.bmp                                                                                                                                                                                                      Main a Montgauch

MONTMORILLON  (Vienne) Belles fresques fin du XII ième siècle (Vierge en majesté) (Voir Article)

MONTOIRE SUR LE LOIR (Loir et Cher) Trés grand ensemble de fresques du XII ième dans la petite chapelle St Gilles aux trois absides (Voir article)

MOUTIERS EN PUYSAYE (Yonne) Important ensemble de peintures du XII ième sur deux murs de la nef mélées a d’autres peintures plus postérieures(Voir article)

NEVERS  (Nièvre)  Cathédrale.Peintures murales du XIIième a la voute de l’abside(grand christ en majesté)et a la coute travée droite du choeur.

NEUVY PAILLOUX (Indre) Belle image incompléte d’un christ en gloire du XIIième à l’abside dans une mandorle soutenue par deux beaux anges

NORREY EN AUGE (Calvados) Reste de fresques du XII ième malheureusement assez effacées sur les murs de la nef.Belle image d’une vierge a l’enfant(adoration des mages)

NOGARO (Gers)  Remarquables fresques au murs de l’abside (Vie de St Laurent)et a une absidiole.Utilisation de plusieurs variétés de bleus.(Voir article)

OUGY (Saone et Loire) Belle image de fin d’époque d’un buste de St Philippe au linteau dune porte

OURJOUT (Ariège) Commune des Bordes sur le Lez.Magnifique ensemble de fresques à forte influence catalane(Tahull) sur le mur de l’abside ,découvertes tout récemment(Saints en pied ,remarquable série de signes du zodiaque,et belle bande de grecques)

ourj deco                                                                                                                                                                                    Bande de grecques a Ourjout

PALLUAU SUR INDRE (Indre) Ancien prieuré St Laurent.Fresques dans un édifice partiellement inclus dans une habitation.Célébre image de la vierge sur un siège en forme de drakkar.Visages singuliers tous identiques(Voir article)

PARCAY MESLAY(Indre et Loire) Fresque du XIIième siécle.Christ a l’etrange visage tenant délicatement un ostie et apotres ,le tout sur fond entièrement tapissé d’ondulations ocrées

PETIT QUEVILLY (le) (Seine Maritime) Rare exemple de peintures murales du XII ième siècle sur support architectural(voute)gothique (Voir article)

PEYRUSSE (Haute Loire) Peintures murales de l’extréme fin du XIIième a l’abside sur fonds bleus un peu fané (Dormition de la Vierge)

PLAINCOURAULT (Indre) Chapelle d’une commanderie templière.Fresques de la fin du XII ième au mur de l’abside en grands tableaux rectangulaires,parfois superposées a des peintures plus récentes(Tentation,Crucifixion..)

POITIERS (Vienne) Eglise Notre Dame la Grande.  Grand ensemble de peintures romanes occupant les voutes de l’abside et du choeur malheureusement trés éffacées.Fresques à la crypte (Images de saints en pied)

Baptistére Saint Jean. Peintures murales du XIIième (beaux cavaliers,images rares de paons etc..) (Voir article)

Eglise Saint Hilaire le grand.Grand ensemble de peintures de belle qualité disséminées dans le vaste édifice(Voir article)

POLIGNAC (Haute Loire) vestiges de peintures de fin d’époque d’influence copte(jugement dernier)

PONCE SUR LE LOIR (Sarthe) Eglise St Julien.Grand ensemble de peintures du XIIieme siècle occupant les parties hautes des murs de la nef percés d’immenses arcs;les peintures trop abusivement restaurées de l’abside et du choeur n’ont plus d’intérét (Voir article)

PRITZ (Mayenne) Faubourgs de Laval.Remarquable ensemble de fresques du XII ième siècle,présence massive d’un vert trés intense (Beaux vieillards,Scénes de l’enfance du Christ,Calendrier des mois)

pritz  apotres0020                                                                                                                                                                                          Apotres à Pritz

PUY EN VELAY (le) (Haute Loire)  Eglise Notre Dame d’Aiguilhe .Ensemble de trés anciennes peintures murales restaurées aux voute d’un édifice trés spectaculaire sur un dyke volcanique(Voir article)

Cathédrale.Grand ensemble de fresques du XII ième d’influence byzantine et copte (Voir article)

REDON  (Ile et Vilaine) Eglise St Sauveur.Vestiges de fresques du XIIième en haut d’un mur du croisillon sud du transept(Belle image du Christ)

ROCAMADOUR (Lot) Peintures murales de l’extréme fin du XIIième;rare exemple de peintures romanes en extérieur (Annonciation et Visitation) (Voir article)

ROCHECORBON (Indre et Loire) Chapelle St georges ,semi troglodytique.Restes de fresques de fin d’époque,en deux tableaux en partie superposés (Cene,Lavement de pieds)

ROUILLAC chapelle de. (Lot) Commune de Montcuq.Grand ensemble de peintures du XII ième,malheureusement par endroit effacées,a forte prédominance ocre rouge et jaune sur fonds bleus intense

rouillac   ange0026                                                                                                                                                                                                    Visage d’apotre a Rouillac

SAINT AIGNAN SUR CHER  (Loir et Cher) Grand ensemble de fresques du XII ième siècle dans une magnifique crypte (Légende de St Gilles) (Voir article)

SAINT AMAND DE COLY  (Dordogne) Vestiges de peintures de le fin du XIIième au croisillon du transept de l’immense eglise (Image d’une cité sous les restes effacés d’une crucifixion)

SAINT ANDRE DE SOREDE (Pyrénées Orientales) Peinture du premier quart du XII ième siècle (Crucifixion) déplacée dans l’eglise abbatiale

SAINT AVENTIN (Haute Garonne) Ensemble de fresques de fin d’époque a l’abside ,a la voute et aux intrados des grandes arcades,de médiocre qualité mais aux etonnantes tonalités « vieux roses » dans une trés belle église sur les pentes du col de Peyresourde

SAINT BOHAIRE (Loir et Cher) Bel ensemble de fresques (Fin du XII ième siècle) malheureusement assez dégradées (Saintes femmes au tombeau) (Voir article)

SAINT CHEF (Isere) Grand ensemble de peintures murales du XIIième siècle ornant les voute d’un chapelle acollée au bras nord du transept de l’église aux fonds bleus sombres (Magnifiques anges) (Voir article)

SAINT EMILION (Gironde) Reste de fresques de la fin du XIIième ,aux tons trés vifs,malheureusement trop restaurées a la nef de l’église collégiale (Belle image de la vierge et serie de cercles renfermant entre autres un martyre de Ste Catherine)

SAINT JACQUES DES GUERETS (Loir et Cher) Celebre ensemble de peintures de la fin du XII ième siècle occupant le mur en hemicycle de l’abside et les murs de la nef,exceptionnel par la tonalité et la variété de la palette(trés beau Christ en gloire accompagné du tetramorphe)

SAINT JEAN LE THOMAS  (Manche) trés interessants vestiges de peintures romanes relatant l’histoire d’Abel et Cain dans une trés ancienne église (parties du Xième siècle) (Voir article)

SAINT JUNIEN  (Haute Vienne) Important ensemble de peintures du XIIième siècle localisées essentiellement à la voute de la nef(Vieillards de l’Apocalypse)et immense représentation d’un St Cristophe au mur d’un croisillon.(Voir article)

SAINTE LIZAIGNE (Indre) Restes de fresques du XII ième dans un edifice hors culte ,(Evocation de la dualité Eglise Synagogue) ( Voir article)

SAINT LIZIER  (Ariège) Ancienne cathédrale (ville basse) Fresque du début du XII ième siècle attribuées au Maitre de Pedret (Apotres sous des arcatures a l’abside) (Voir article)

SAINT LOUP SUR CHER (Loir et Cher) peintures de fin d’époque romanes à la voute (Vierge aux douleurs et Christ en gloire) (Voir article)

st loup livre ouvert.bmp                                                                                                                                                                                           Livre ouvert du Christ en gloire

SAINT LOUP DE NAUD (Seine et Marne) Vestiges d’un ensemble de peintures de la fin du XI ième siècle malheureusement détruites en 1874.Il subsiste une belle image d’un saint evéque et quelques traces d’un zodiaque

SAINTE MARIE AUX ANGLAIS (Calvados) Ensemble de peintures du début du XIII ième siècle évoquant les croisades (Voir article)

SAINT MARTIN DE FENOLLAR (Pyrénées Orientales) Superbe ensemble de fresques du premier tiers du XIIième siècle aux couleurs encore eclatantes a la chapelle de la Mahut sur la commune de Maureillas

SAINT MARTIN DES PUITS (Aude) Trés bel ensemble de peintures dans une minuscule église des Corbières (Voir article)

SAINT PIERRE LES EGLISES (Vienne) Rare exemple de peintures murales de la fin du Xième ou début XI ieme dans une petite église des faubourgs de Chauvigny (Crucifixion,Nativité,Bel image de l’archange St Michel) (Voir article)

SAINT PLANCARD  (Haute Garonne) Chapelle St Jean des vignes.Grand ensemble de peintures du XII ième siècle ,différents l’un a l’abside,l’autre aux murs d’une petite absidiole (Voir Article)

SAINT POLYCARPE (Aude) Beaux vestiges de peintures du XII ième siècle à la haute voute (Thémes de l’Apocalypse) (Voir article)

SAINT REMY LA VARENNE (Maine et Loire) Peintures de la fin du XII ième siècle a la salle capitulaire de l’ancien prieuré ,à la riche palette bienque partiellement effacées(Dualité eglise Synagogue,Crucifixion,Vierge a l’enfant) (Voir article)

SAINT SAVIN  (Vienne) exceptionnel ensemble de peintures murales du XII ième siècle a la voute de l’église abbatiale (Scénes de l’ancien testament)au clocher porche(scénes de l’Apocalypse) et plus ancienne a la crypte (Voir article)

saint savin songe                                                                                                                                                                                   St Savin;L’ »ivresse » de Noé

SALLERTAINE (Vendée) Vestiges de fresques du XII ième siècle(restes d’un calendrier des mois,Christ) rongées par le salpétre

SALLES LAVAUGUYON (les) (Haute Vienne) Magnifique ensemble de peintures du XII ième au revers de la façade occidentale(Création) et aux murs de la nef(vie de St Laurent,Histoire du roi Dannus…(Voir article)

SAULCET  (Allier) Reste de peintures de fin d’époque romane (Couronnement de la Vierge)noyées dans un ensemble de peintures du XIVième ,aux belles tonalités vertes,a l’abside

SERRABONE (Pyrénées Orientale) Vestiges de peintures du XII ième siècle à la nef d’un superbe prieuré de schistes isolé dans un magnifique paysage des Aspres (Descente de croix,Motifs décratifs)

SOUDAY  (Loir et Cher) Images d’une Annonciation et d’une visitation ,sous verre,à la nef de l’église.Peintures du XViéme-XVIième au transept et dans la crypte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la vallée de la belle rivière l’Hers,malheureusement abimée par le creusement en 1985 de l’immense réservoir de Montbel prés de Chalabre,le minuscule village de Vals entre Mirepoix et Pamiers,aux toits de tuiles rosées et grises,est dominé par une trés particulière église semi rupestre fortifiée,décorée au début du XII ième siècle de singulières peintures murales.L’édifice qui connut au fil des siècles bien des vicissitudes,s’élève adossé à la roche,sur un plateau appelé plateforme du Rahus,dans un superbe environnement arbustif.Erigée selon les archeologues,sur les bases d’un ancien temple romain et sur une source située sous la chapelle d’entrée,l’église appartenait au Xième siècle à la puissante abbaye bénédictine de Lagrasse dans l’Aude.Sur la plateforme subsistent les restes d’un ancien village semi troglodytique.

l'église de Vals surplombant le village

Aprés avoir gravit un escalier ,l’unique entrée dans l’édifice s’effectue par la face nord.Un escalier permet de descendre dans la nef semi souterraine baptisée crypte.Maintes fois remaniée elle se prolonge par une abside en contrebas datée du Xième siècle ou furent exécutées les peintures.L’abside rectangulaire barrée par un chevet plat percé d’une fenètre trés postérieure,frappe par son élévation encore accentuée par l’etroitesse de la petite pièce.L’abside est divisée en trois travées,la voute ou figurent les peintures,scindée en trois compartiments par deux larges et épais arcs doubleaux.Au dessus on accede par un escalier à une chapelle du XII ième siècle ,la chapelle St Michel qui est aujourd’hui englobée dans une tour défensive surmontée d’une terrasse,construite au XIV ième siècle.

L'entrée de l'église ,coté Nord.En bas à droite une stèle en l'honneur de l'Abbé Durand qui découvrit les peintures

L’entrée de l’église ,coté Nord.En bas à droite une stèle en l’honneur de l’Abbé Durand qui découvrit les peintures

l'église et sa tour sur la plateforme du Rahus

l’église et sa tour sur la plateforme du Rahus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les peintures de l’abside semi souterraine que j’avais visitées au début des années 90,ont subit depuis deux campagnes de restauration en 2006 et en 2008.L’histoire de ces réhabilitations est relatée dans un petit et sympathique musée (gratuit)intéressant et trés bien tenu au pied de l’édifice.Il présente des collections d’objets issus des fouilles effectuées sur le site.Les peintures furent découvertes par l’abbé Durand en 1956.

Porte et escalier d'accés à l'abside semi souterraine

Porte et escalier d’accés à l’abside semi souterraine

Essentiellement exécutées à la voute,les peintures s’étalent sur les trois compartiments,quelques fragments subsistant aussi au niveau des arcs doubleaux.

Le premier compartiment en partant de l’entrée de l’abside,montre un Christ des derniers temps dans une gloire ovale simplement bordurée.Comme souvent la mandorle semble trop étroite pour lui.Il est entouré des symboles des evangiles.Seules les représentations de St Mathieu,un ange et de St Luc un taureau,sont bien conservées.Sous le symbole de St Mathieu,un ange non identifié est nommé par une inscription partielle au dessus de sa téte SCS PANTA.Sous le taureau de St Luc est figuré St Michel tenant sa lance surmontée d’une croix et porteur d’un rouleau en signe de sa fonction d’avocat au tribunal des derniers temps.Les deux anges encadrent un séraphin et ses trois paires d’ailes ocellées.De l’autre coté de la mandorle,deux autres anges non identifiès encadrent un autre séraphin

Ensemble des peintures de la première travée de la voute(Crit en gloire et symboles)                                                                                                                                                                                        Ensemble des peintures de la première travée de la voute

Le Christ en majesté dans sa mandorle

Le Christ en majesté dans sa mandorle

Les fresques de Vals revisitées dans archeologie g-300x200

l’ange de Mathieu et le taureau de Luc et au dessous

encadrant un séraphin,deux archanges dont St Michel

h-300x260 dans ART ROMAN                                                                                                                                                                                       L’ange de St Mathieu

Le deuxième compartiment est occupé par les images de 4 apotres groupés par deux de part et d’autre d’une chaine.Sur l’un des rempants Pierre reconnaissable a ses clés est associé à André porteur de sa fameuse croix.En face deux autres apotre dont l’un n’est pas identifiable,l’autre est désigné par une inscription,il s’agit de Philippe.Sur les arcs doubleaux subsistent des images de saints dont une belle image d’apotre identifié par l’inscription MATHIAS.

i-300x185 dans fresques murales romanes                                                                                                                                                                                   Ensemble des peintures du deuxième compartiment de la voute

j-300x213 dans fresques romanes                                                                                                                                                                                            Philippe et un apotre inconnu

k-200x300 dans Moyen age                                                                                                                                                                                                         Pierre et André

l-233x300 dans photos peitures murales                                                                                                                                                                                               MATHIAS sur l’un des arcs doubleaux a la deuxième travée

 

Le troisième compartiment de la voute est consacré à la naissance et à l’enfance du Christ.Sur l’un des rampants figure l’Annonciation.On y voit classiquement la Vierge accompagnée de l’ange Gabriel,sous une arcades composée de figures géométriques imbriquées rouges bleues et blanches.Moins classique est la présence au dessus d’un deuxième ange.Cet ange tourne le dos à une paire d’anges,l’un traité en rouge l’autre en bleu,qui surmontent la scène de la nativité figurée sur l’autre rampant.La vierge y est montrée allongée,recouverte d’une couverture décorée de disques entourant des losanges.Il faut noter que le peintre de Vals a abondamment utilisé le cercle comme élément décoratif.A Vals la Vierge de la nativité ne désigne pas du doigt l’enfant,mais par la position de ses bras et de ses mains pendantes ,semble accompagner son fils qui est au dessous soumis au bain par deux sages femmes.La scène du bain de l’enfant accompagne parfois la nativité,mais ce n’est pas une généralité.Une scène trés ressemblante figure aux peintures de l’église de St Martin des Puits dans les Corbières non loin de Lagrasse.

m-234x300                                                                                                                                                                                                L’Annonciation à la troisième travée

n                                                                                                                                                                                                     un ange tournant le dos a la Vierge de l’Annonciation

o-200x300                                                                                                                                                                                                 La Vierge de la nativité et le bain de l’enfant

p-203x300                                                                                                                                                                                                     L’enfant au bain (détail)

Sous la voute,sur le mur plat du chevet,au dessus de la fenètre ,subsistent des peintures qui représentaient une adoration des mages.On y reconnait encore la téte de la Vierge et l’étoile du berger,curieusement représentée ici,sous la forme d’une grande fleur à plusieurs pétales.Le traitement du visage de la Vierge est sensiblement différent de celui des vierges de l’Annonciation et de la Nativité,accréditant ainsi la thèse de l’intervention a Vals de plusieurs peintres.Les deux anges peints au troisième compartiment au dessus de la nativité semblent également etre l’oeuvre d’un autre artiste.D’autres traces de peintures existent ici et la en dehors de la voute,a l’intrados de l’arc d’entrée mais paraissent plus récentes ,probablement du XIII ième siècle

q                                                                                                                                                                                                      Détail des motifs décoratifs de la scène de la nativité

r-241x300                                                                                                                                                                                                 Deux anges au dessus de la Vierge de la Nativité ,oeuvre probablement d’un autre artiste

s-300x176                                                                                                                                                                               Reste d’une adoration des mages au sommet du mur du chevet plat

(visage de la Vierge et étoile du berger)

Les peintures de Vals offrent une autre particularité,celle d’etre considérées comme appartenant à un groupe,celui de l’ecole du Maitre dit de Pedret.Cette appellation est une construction d’archéologues,qui comme pour le « Maitre de Cabestany » en sculpture,ayant constaté des caractéristiques communes ,tant iconographiques que stylistiques dans différents programmes peints parfois trés éloignés géographiquement,ont donné un nom à cet artiste et à ses éléves.On sait qu’au XII ième siècle les peintres romans étaient non seulement itinérants car ne travaillant qu’à la commande,mais aussi anonymes.Ce titre de « Maitre de Pedret » découle du nom de l’une des localités ,Pedret en Catalogne ou cet artiste a oeuvré.

Un séraphin du Maitre de Pedret à Pedret                                                                                                                                                                                                           Séraphin a Pedret (Catalogne)

Les oeuvres attribuées au Maitre de Pedret,se répartissent essentiellement en Catalogne et en Andorre,mais aussi en France,en Ariège,à Vals donc mais aussi à la cathédrale de St Lizier pres de Saint Girons(voir article sur St Lizier).L’influence de cet artiste et de son école sera perceptible de la fin du XI ième au deuxième tiers du XII ième siècle.On classe les programmes peints appartenant à ce groupe en deux cercles,un premier cercle correspondant aux peintures du XI ième siècle et du tout début du XIIième(Pedret,Sant Pere de Ager,Santa Maria de Cap d’Aran,Aneu,Burgal)un deuxième cercle correspondant a des peintures du XIIième siècle(Chapelle du chateau de Orcau,Argolell,Rus,Baiasca et Vals)

L'Apotre Thadée à St Père de Ager(XI ième )                                                                                                                                                                                    l’apotre Thadée à Sant Pere de Ager(premier cercle)

Santa Maria se Cap d'Aran                                                                                                                                                                                          Vierge à l’enfant à Santa Maria de Cap d’Aran(premier cercle)

St Pere de Burgal (Fin du XI ième)                                                                                                                                                                                   Apotres à San Pere de Burgal(premier cercle)

Sant Serni de Baiasca(début du XII ième)                                                                                                                                                                                                  Sant Serni de Baiasca (deuxième cercle)

St Jean à Argolell                                                                                                                                                                                                Saint Jean à Argolell(deuxième cercle)

Toutes ces peintures ont des caractéristiques communes;le hiératisme trés byzantin des personnages,un dessin trés graphique,des visages allongés et sévères,de grands yeux noirs quasiment fixes,un tracé particulier de l’encolure des vétements,une abondante utilisation du cercle(tangents ,sécants ou entourant des losanges),de longues mains souvent disproportionnées,une position des pieds singulière(écartés et en éventail).La caractéristique la plus spectaculaire se situe au niveau de l’implantation capillaire,une mèche de cheveux tombant comme un peigne sur le front que l’on retrouve à Vals au visage de Saint Pierre

photo 18                                                                                                                                                                                               Saint Pierre à VALS(mèche de cheveux et chaine de cercles)

A l’issu de ce tour d’horizon de la peinture murale en France,je voudrais retenir une image.L’image extraite du calendrier des mois de l’église de Pritz en Mayenne,d’une jeune personne souriante cueillant une fleur.L’image du bonheur en somme,d’un bonheur simple ,naturel,discret,comme celui qui fut le mien à la découverte de ces oeuvres,et authentique comme cet art si longtemps délaissé peut etre parce qu’il ne s’offre pas spontanèment,peut etre parce qu’il nous oblige à ouvrir la porte.

PRITZ,calendrier des mois,personnage cueillant des fleurs

PRITZ,calendrier des mois,personnage cueillant des fleurs

Si le monument roman enracine,structure ,rassure,si la sculpture romane éléve les uns inquiéte les autres,la peinture elle ,suggère et enseigne, »rationalise »avant l’heure et nous ramène en permanence à notre condition humaine,à ses espoirs et à nos devoirs.

Si j’ai limité mon propos aux peinture murales de France,j’ai dit aussi combien cet art était développé ailleurs,sur un territoire que nous nommerions aujourd’hui Europe.Et si l’art gothique,le bien mal nommé,est un art français,l’art roman et sa peinture est un art d’occident,un art d’Europe.Un art « moderne » en quelque sorte?

An espérant que vous aurez trouvé un intérét à parcourir ce blog.Cordialement.

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Si la peinture romane nous offre quelques grands ensembles quasiment complets(St Savin,Vic,Brinay,Montoire,Berzé,Le Liget,Tavant)la plus part des peintures murales romanes visibles dans nos églises sont arrivées jusqu’à nous a l’état fragmentaire.Voici quelques exemples de ces fresques que je n’ai pas eu l’occasion d’évoquer précédemment.

A ILLIAT dans l’Ain l’église St Symphorien conserve des peintures localisées a l’abside.Le Christ en gloire qui devait figurer à la voute a disparu.Le mur est décoré d’une serie de 7 arcatures dont 4 sont aveugles et ornées de fresques datées du milieu du XII ième siècle.Les peintures restaurées en 1980 furent exécutées selon la technique de la vrai fresque .A gauche sous la premiere arcade apparait une image assez abimée de St Marc

Saint Marc

Saint Marc

Les deux arcatures aveugles centrales montrent deux personnages féminins se détachant d’un fond composé de plusieurs bandes colorées.La première a droite identifiée par l’inscription « SANCTA  MARIA « est probablement la Vierge Marie.La seconde figure sous l’inscription « MARIA »,il s’agit peut etre de Marie Magdalena.A la dernière arcature a droite St Pierre est reconnaissable  à ses clès

101141116_Illiat_sept_09_23illiat_New1                                                                                                                                                                           La Vierge Marie

Marie Magdalena et St Pierre

Marie Magdalena et St Pierre

Prés de Villefranche sur Saone,dans le Beaujolais,le beau village de Ternand sur un éperon rocheux dominant la vallée de l’Azergues,conserve dans la crypte de son église d’intéressantes peintures que les spécialistes datent du X ième siècle.Les fresques sont malheureusement trés éffacées.A la voute on distingue encore un Christ accompagné des symboles évangéliques dans des médaillons ainsi que des anges musiciens.Sur le mur dessous on reconnait une nativité et quelques personnages effacés,probablement des apotres.L’image la mieux conservée est assez rare.Il s’agit d’une vierge,sous une arcade à fond vert,auréolée et voilée de blanc ,tenant dans sa main gauche un rameau d’olivier et pinçant une olive entre les doigts de sa main droite.

Vierge tenant un rameau d'olivier

Vierge tenant un rameau d’olivier

Aux embrasures de la petite baie axiale,on distingue un Agneau pascal dans un médaillon entre deux anges.Dessous un personnage reçoit l’onction divine d’une colombe.Il s’agit de St Grégoire.Un deuxième personnage,le « sacramentaire » tient un livre à la main.Autour de la porte d’entrée apparaissent des personnages trés éffacés dans des médaillons.

Ange dans un médaillon

Ange dans un médaillon

La palette est assez pauvre,à dominante d’ocres rouges avec quelques touches de jaune de vert et de bleu.Le contour des personnages est souligné d’un épais trait noir ,une des caractéristiques du dessin des peintures pré-romanes

En 1966,des peintures furent découvertes dans l’église de LAVAUDIEU en Haute Loire.Une intéressante représentation d’une « peste noire » datée précisément de 1315 ,montre une femme brandissant des flèches des deux mains.Le refectoire des moines,belle salle accolée au trés remarquable petit cloitre,possède la plus grande fresque d’époque romane d’Auvergne.Datant de la fin du XII ième siècle,elle est divisée en deux registres.Les deux tiers supérieurs sont occupés par l’image d’un Christ en majesté au buste disproportionné,entouré des symboles.Au registre inférieur trone la Vierge devant une draperie tendue par deux anges.Elle pose les mains sur sa poitrine et est vétue d’une longue robe ocre et blanche et  d’un magnifique manteau bleu aux reflets mauves

56aDe part et d’autre de la Vierge se tiennent debout les 12 apotres,faces tournées vers elle

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Visage de l'un des apotres de Lavaudieu

Visage de l’un des apotres de Lavaudieu

La crypte de la cathédrale gothique de CLERMONT-FERRAND conserve des peintures de l’extreme fin du XII ième siècle ornant la galerie tournante autour de la salle centrale carrée.On peut encore y voir une Vierge en majestée,une adoration des mages,une multiplication des pains et une scène assez rare ,le sermon sur la montagne ou le Christ apparait immense par rapport aux personnages qui l’entourent

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L’église de SAULCET dans l’Allier,prés de St Pourçain sur Sioule conserve des peintures murales de différentes époques dégagées en 1927.La plus part datent du XIV ième siècle(Dict des trois morts et des trois vifs,et deux Christ en majesté)et se singularisent par la présence d’un vert original.

Ensemble des peintures de Saulcet

Ensemble des peintures de Saulcet

Des peintures de fin d’époque romane se superposent aux peintures du XIV ième.On distingue encore les restes d’une crucifixion et surtout une intéressante image d’un couronnement de la Vierge dans un cadre rectangulaire borduré d’une double bande marron et jaune,agrémenté d’un arc en mitre sous lequel le Christ livre ouvert pose une couronne sur la téte de la Vierge.Deux beaux anges les encadrent.La sçène se détachant de fonds blancs est exclusivement traitée en marron et ocre jaune

Détail du couronnement de la Vierge

Détail du couronnement de la Vierge

L’abside de la cathédrale de NEVERS conserve des peintures restaurées en 1990.Longtemps considérées comme datant du milieu du XII ième siècle ,de nouvelles recherches ont permis d’ancer leur date de réalisation à l’époque de la construction de l’édifice c’est à dire 1058.A la voute trone un grand Christ vétu d’un manteau rouge orangé dans une gloire au fond bleu foncé constellé d’étoiles.

Le Christ de la voute avant restauration

Le Christ de la voute avant restauration

La coute travée droite qui précéde est décoré en son centre d’un beau médaillon a fond bleu festonné renfermant l’Agneau pascal.De part et d’autre il ne reste que deux tableaux refermant les images tronquées des Vieillards groupés par 4.

L'agneau pascal entre deux tableaux renfermant 4 Vieillards (aprés restauration)

L’agneau pascal entre deux tableaux renfermant 4 Vieillards (aprés restauration)

L’arc doubleau revéle des vestiges peints qui evoquent un calendrier des mois ou des signes du zodiaque

L’église St Férreol de CURGY entre Autun et Beaune conserve des peintures au cul de four de l’abside.Un grand Christ trone à la voute accompagné des quatre symboles.Ses yeux ont perdu leur pupilles et conférent au Christ un etrange regard.Il lève une main droite assez maladroitement dessinée.Le dessin est d’ailleurs assez médiocre,les contours soulignés d’un épais trait ocre,mais l’habile utilisation des ocres prédominants et de gris et blancs rend l’ensemble élégant.

Christ en majesté de Curgy

Christ en majesté de Curgy

La bordure de la mandorle constituée d’une bande de rinceaux gris trés stylisés sur fond gris et d’une bande externe de carrés jaunes renfermant  des oves a deux couleurs alternées ocre rouge et gris,entre des bordures ocre rouges,ne manque pas d’intérét.Les symboles evangéliques accompagnés d’anges sont traités sommairement,les corps jaunes,les ailes bicolores ,ocre rouge et grises comme au niveau des oves de la bordure

Curgy ,le lion de St Marc

Curgy ,le lion de St Marc

Les fonds sont blancs ,décorés de rameaux végétaux rudimentaires terminés par des pointes triangulaires ocre rouge

En 1927 des peintures murales furent découvertes dans la crypte de l’abbaye St Germain d’AUXERRE.Ces fresques carolingiennes ,parmi les plus anciennes de notre pays relatent en trois scènes la vie de St Etienne.Elles s’étalent sous trois grandes arcatures limitées à la partie basse par une large bande décorative de motifs végétaux trés denses.

Frise de motifs végétaux carolingiens

Frise de motifs végétaux carolingiens

Le fond des scénes laisse apparaitre le bleu originel mais les tonalités prédominantes sont les ocres rouge et jaune eclairés par du blanc.La première scène montre Etienne devant le tribunal de Jérusalem ,il apparait ensuite déclamant au milieu de la foule.

St Etienne parlant au milieu de la foule

St Etienne parlant au milieu de la foule

La dernière scène montre la célébre lapidation du saint.Une main divine apparait à la droite du tableau

La lapidation de St Etienne

La lapidation de St Etienne

Il faut noter le traitement assez remarquable des visages ou les sentiments de personnages sont particulièrement bien rendus

Visage d'un personnage autour d'Etienne parlant

Visage d’un personnage autour d’Etienne parlant

Deux bourreaux de la lapidation

Deux bourreaux de la lapidation

L’immense crypte de la cathédrale de CHARTRES renferme dans l’une de ses chapelles des peintures murales de fin d’époque romane(autour de 1200).La chapelle St Clément est ornée sur son mur occidental de deux séries de médaillons renfermant des lions ,selon une tradition bien byzantine.Des lions placés peut etre ici dans une fonction apotropaique.Des influences byzantines que l’on retrouve dans le hiératisme des saints représentés sur la fresque du mur nord.Six personnages apparaissent debout sous une série d’arcatures soutenues par de fines colonnettes.Certains sont identifiables par une inscription qui les accompagne

Fresque du mur norfd de la Chapelle St Clément.

Fresque du mur norfd de la Chapelle St Clément.

On reconnait de droite à gauche,St Clément « patron « de la chapelle,St Nicolas,St Jacques « le majeur »(celui de Compostelle)dans un beau manteau sombre,St Pierre reconnaissable à sa clé,un saint vétu de rouge non identifiable et St Gilles qui déroule un phylactére et dit la messe à Charlemagne couronné et barbu ,agenouillé à sa droite

St Jacques "le majeur"

St Jacques « le majeur »

L’élément marquant réside dans la trés large utilisation de blancs(fond,vétements ,mitres) parfois pur comme au niveau du fond des yeux,conférant aux personnages un regard particulier.

Saint Nicolas

Saint Nicolas

Au dessus,sous une double bande court une trés belle frise de divers volatiles,interrompue par le combat de deux guerriers.Au centre la représentation d’une cité avec un clocher surmonté d’une grande croix et deux tours dont l’une est coiffée d’un toit tés oriental

Frise décorative

Frise décorative

Dans la galerie tournante on peut observer une peinture plus franchement du XIII ième siècle représentant une Vierge à l’enfant sous une triple arcature

L’église de NORREY EN AUGE en Normandie,tout prés de St Pierre sur Dive conserve quelques peintures murales de la fin du XII iéme siècle,précieuses  compte tenu de la pauvreté en peintures romanes de la région.

Vierge à l'enfant devant les rois mages

Vierge à l’enfant devant les rois mages

Sur l’un des murs de la nef ,sous des images

de tétes auréolées du XIII ième siècle,deux grands tableaux rectangulaires montrent l’un une entrée du Christ à Jerusalem trés dégradée et l’autre mieux conservée une adoration des mages ou la Vierge à l’enfant précéde les Saintes Femmes.On peu comme à la crypte de Chartres,on note ici encore une large utilisation de blancs venant adoucir un brun soutenu trés présent.La Vierge se détache d’un fond composé de trois larges bandes colorées jaune blanche et brune

Visages et nimbes parfaitement ronds de la Vierge et de l'enfant

Visages et nimbes parfaitement ronds de la Vierge et de l’enfant

Il est à noter que le traitement tout en rondeur des visages de la Vierge et de l’enfant est trés différent de celui des tétes allongées des rois mages.Les murs du choeur conservent quelques peintures d’époque gothique

Le mur en hemicycle et la voute de l’abside de l’église de COULONGE dans la Sarthe,non loin du Lude conserve des peintures de la fin du XII ième siècle.L’image du Christ en gloire tronant à la voute est malheureusement dégradée par une poutre en bois.Le Christ dans une mandorle à double bordure enserrant un original décor de petits rameaux verts est vétu de gris clair et bleu.Autour apparaissent des anges et les symboles des évangiles sur un fond blanc parsemé d’étoiles à 6 branches ocres.

Le Christ de Coulongé dans sa mandorle

Le Christ de Coulongé dans sa mandorle

L'aigle de St Jean

L’aigle de St Jean

Un ange

Un ange

Le dessin est assez simpliste ,les contours des personnages soulignés d’un fin trait gris.L’artiste semble avoir pris un soin particulier au traitement de la chevelure du Christ

Téte du Christ aux cheveux roux bien peignés

Téte du Christ aux cheveux roux bien peignés

Dans un joli site des bords de la Mayenne,l’église St Saturnin de AZE prés de Chateau Gonthier,conserve des fragments de peintures morales du début du XII ième siècle,localisées à l’absidiole sud.Du Christ de la voute il ne reste plus qu’un bout de la mandorle et son visage au nimbe crucifère rouge

Visage du Christ de Azé

Visage du Christ de Azé

On observe aussi la curieuse image de deux volailes picorant dans un amoncellement indéterminé.Dessous subsiste une bande de rubans plissés marrons et verts

Oiseau picorant dans une motte

Oiseau picorant dans une motte

 

Les bombardements de la dernière guerre provoquèrent le détachement des crépis,révelant ainsi des peintures murales en l’église St Jean Baptiste de CHATEAU-GONTHIER.Au niveau des fenètres hautes de la nef,on peut ainsi admirer un tableau de motifs décoratifs dans des tonalités ocre rouge,jaune et blanches.A la voute du croisillon nord du transept subsistent des vestiges difficilement déchiffrables (oiseaux,anges et les restes d’une tentation)

Ange

Ange

Au croisillon sud figurent des épisodes de l’histoire de Noé,tandis qu’au cul de four de l’absidiole nord est évoquée la chevauchée des rois mages

Chevauchée des rois mages

Chevauchée des rois mages

Les peintures sont difficiles à apprecier en raison de leur état de délabrement,de l’obscurité relative de l’édifice et de leur localisation sur les parties hautes d’une église à forte élévation

L’abside de la chapelle castrale de l’ancien chateau d’ARGENTON  LES VALLEES dans les Deux Sèvres,(anciennement Argenton-Chateau) conserve des peintures murales datées de la vin du XII ième siècle.On y voit un beau Christ dans une double mandorle,entouré des 4 symboles ,ici bien conservés.L’ensemble se détache d’un fond composé d’une alternance de bandes colorées.La palette est d’ailleurs plutot riche,le dessin fin et précis.Le Christ au visage sévére est traité tout en longueur ,jusque dans le dessin du bras et de la main remarquablement exécutée(voir article Des mains)

Christ de Argenton les Vallées

Christ de Argenton les Vallées

L’église St Pierre de CHISSEAUX ,prés de Chenonceaux,conserve au mur nord de sa nef quelques peintures malheureusement trés abimées.Dans un cadre rectangulaire figure la représentation d’une Céne tronquée du XII ième siècle.Cinq apotres accompagnent,tous à sa droite un Christ vétu de rouge au large nimbe crucifère blanc.L’apotre le mieux conservé est le dernier ,a gauche de la scène,auréolé de brun et vétu d’une robe d’un vert puissant.La palette est riche avec notamment des roses ,rares dans la peintures des pays ligériens.Les personnages se détachent d’un fond de trois bandes colorées jaune verte et rose.Il est malheureusement impossible d’apprécier la qualité du dessin

Christ de la Céne

Christ de la Céne

Un apotre

Un apotre

Aux confins de la Dordogne et de la Corrèze ,non loin de Terrasson ,l’imposante et belle église périgourdine de St Amand de Coly conserve un fragment de fresque au mur nord du croisillon du transept.Il s’agit de l’image partielle des batiments d’une cité traitée en ocres rouge et jaune et en brun,dessinée au dessus d’une triple arcade a fond bleu.L’une des tours a clairement des allures de pagode.On distingue encore à l’étage  du batiment à gauche,des personnnges sous une galerie a arcade.Dessous subsistent les parties hautes d’une crucifixion (Bras de la croix,soleil et lune)peut etre d’époque plus récente.

Cité à St Amand de Coly

Cité à St Amand de Coly

L’église de la trés ancienne abbaye de St ANDRE DE SOREDE au pied des Albères non loin de Perpignan conserve sur un mur de la nef ,un fragment de peinture morale d&té de la première moitié du XII ième siècle représentant une crucifixion.La peinture occupait à l’origine un mur extérieur et fut transportée en 1950 avec le pan de mur à l’intérieur de l’édifice.Il ne reste plus de la crucifixion qu’une traverse de la croix et le bras et la main démesurèment longue du Christ se détachant d’un fond bleu .Dessous la Vierge au visage pathétique est auréolée de jaune et vétue d’un voile bleuté et d’une robe rouge.Le dessin est certes assez grossier mais les sentiments de la Vierge sont parfaitement restitués

La vierge sous le bras de la croix

La vierge sous le bras de la croix

Le visage de la Vierge

Le visage de la Vierge

L’eglise voisine de St Génis des fontaines conserve elle aussi des fragments de peintures romanes,mais les deux églises abbatiales sont surtout célébres pour leur magnifiques linteaux sculptés ,parmi les plus anciens de France

Mais d’autres fragments peints romans ou d’esprit roman subsistent aussi trés dégradés à L’ILE BARBE,dans l’agglomération lyonnaise,à la crypte de ANZY LE DUC en Saone et Loire,à la chapelle castrale de PEYRUSSE au dessus des gorges de l’Allier au sud du Puy ou l’on peut voir un Christ en gloire et dessous dans une iconographie inédite et dans d’originales tonalités bleutées une dormition de la Vierge entre des apotres

Peyrusse,la dormition de la Vierge

Peyrusse,la dormition de la Vierge

En Touraine d’autres vestiges subsistent à LA  HAYE  DESCARTES et à ETABLEAUX (Bustes d’apotres)

Etableaux,visage d'apotre

Etableaux,visage d’apotre

NOTRE DAME LA GRANDE DE POITIERS présente un ensemble peint a la voute du choeur qui devait etre admirable ,il est aujourd’hui malheureusement trés effacé.La crypte conserve une image de saints sous une arcade de fin de période romane

Voute peinte à ND la grande de Poitiers

Voute peinte à ND la grande de Poitiers

Saints tenant des couronnes à la crypte

Saints tenant des couronnes à la crypte

L’église de l’ancienne abbaye de DEOLS  dans l’agglomération de Cateauroux conserve quelques peintures tandis que plus au nord les peintures du début XIII ième siècle de DENEZE SOUS LE LUDE revélent d’interessantes images d’anges musiciens

Anges musiciens à Dénezé

Anges musiciens à Dénezé

Prés e Blois au hameau du Villiers de la CHAPELLE St MARTIN EN PLAINE  des peintures montrent un Christ en gloire accompagné des symboles,ainsi que des apotres parmi lesquels St André bien identifiables et une belle image d’un sagittaire

261A DOMFRONT en Normandie la belle église Notre Dame sur l’eau conserve des peintures retouchées de « docteurs » dans des niches

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La basilique de St Junien petite ville industrieuse du limousin renferme plusieurs ensemble de peintures murales d’époque différentes.A la croisé du transept figure un grand St Christophe de l’estréme fin du XII ième siècle (voir article sur St Christophe et le roi Dannus).D’autres peintures toutes du XIII ième siècle animent les murs de la basilique.A l’arc d’entrée de la chapelle du croisillon sud subsistent les images assez dégradées de saints evéques et sur les murs est relatée en trois tableaux la parabole du mauvais riche dans des tonalités a prédominance de jaune et de vert.

La mort du Mauvais riche

La mort du Mauvais riche

Dans la chapelle basse dite du « sepulcre » figure en deux registres et dans des tonalités plutot sombres,une « ostention »a la partie inférieur et au dessus le voyage à Rome de St Martial,St Alpinien et St Austriclinien.Mais les peintures les plus intéressantes et les plus récemment découvertes,datées de la deuxième moitié du XII ième siècle,occupent la voute de la deuxième travée de la nef.De part et d’autre d’une large bande faitière au centre de laquelle figure un Agneau de Dieu dans son médaillon,sont représentés les 24 vieillards de l’Apocalypse

Ensemble des peintures de la voute

Ensemble des peintures de la voute

L’image de l’agneau dans son médaillon à fond bleu est malheureusement trés dégradée.Tout autour figurent 4 anges se détachant d’un fond blanc entre deux bordures ocre rouge trés richement décorées de rinceaux entre deux bandes perlées et de triangles alternativement bleus et rouges festonnés de blanc

Agneau de Dieu et bande faitière

Agneau de Dieu et bande faitière

Le thème des 24 vieillards est trés répandu mais a St Junien il se singularise par son organisation ,sa symétrie et sa hiérarchisation.Tout semble avoir été conçu pour attirer les regards vers l’Agneau central dans son médaillon bleu intense se détachant fortement du fond blanc central et des bordures foncées assurant la séparation avec les douze vieillards de part et d’autres disposés en deux registres superposés de six personnages séparés par une bande décorative constituée d’une sorte de chaine interrompue de losanges comportant une petite sphère en leur centre ,le tout entre deux traits ocre rouge et jaune.Tous les Vieillards sont couronnés tiennent une coupe à la main.

Les vieillards disposés en deux registres superposés

Les vieillards disposés en deux registres superposés

Au registre supérieur ils sont figurés sous une série d’arcatures à fond blanc,supportées par des colonnettes et des chapiteaux trés richement et trés diversement décorés.Les arcs sont alternativement en plein cintre ou en mitre ,tronqués sous une magnifique frise de batiments représentant la Jérusalem céleste.Chaque vieillard est traité différemment tant au niveau des vétements ,des couronnes,des attitudes,ques des tons utilisés dans une palette trés riche.Le fond blanc des arcades est orné de petites sphères rouges renfermant des décorations florales.Chaque vieillard est assis sur un large siège.Tous sont différents et trés sophistiqués.

Vieillards sous des arcades au registre supérieur

Vieillards sous des arcades au registre supérieur

Vieillard du registre supérieur sur un large siège

Vieillard du registre supérieur sur un large siège

Téte couronnée d'un des Vieillards du registre supérieur

Téte couronnée d’un des Vieillards du registre supérieur

Au registre inférieur les Vieillards sont tous inclus dans de grands médaillons en amende et assis sur des globes faisant office de sièges.Amendes et sièges sont bordurés de manière identique,si bien que l’on a le sentiment que les Vieillards s’insèrent dans une double mandorle.Les fonds sont garnis de motifs floraux trés recherchés et la palette encore plus riche qu’au registre supérieur

Vieillards du registre inférieur

Vieillards du registre inférieur

Vieillard sur son globe au registre inférieur

Vieillard sur son globe au registre inférieur

Vieillard du registre inférieur;chacun est traité de maniére trés différente

Vieillard du registre inférieur;chacun est traité de maniére trés différente

Visage d'un vieillard du registre inférieur traité differemment de ceux du registre supérieur

Visage d’un vieillard du registre inférieur traité differemment de ceux du registre supérieur

 

 

 

 

 

 

 

Le prieuré de Marcevol sur la commune d’Arboussols au dessus de Vinça dans les pyrénées orientales se dresse dans un site superbe sur le rebord d’un plateau surplombant la vallée de la Tet ,face au Canigou.

Le village d'Arboussols

Le village d’Arboussols

Connu surtout pour sa belle façade décorée d’un portail de marbre rose surmontée d’une fenètre egalement en marbre ,il a beaucoup souffert d’un tremblement de terre au XV ième siècle

Portail du prieuré de Marcevol

Portail du prieuré de Marcevol

A l’intérieur l’absidiole sud conserve des vestiges de peintures murales .A la voute trone un Christ incomplet dans une mandorle losangique comme celle renfermant la vierge en prière de St Martin de Fenollar.Cet element d’origine carolingienne ,n’est qu’un archaisme,les peintures datant de la deuxième moitié du XII ième siecle

Ensemble de la voute

Ensemble de la voute

Le Christ est comme aux  Cluse Hautes accompagné de l’Alpha et de l’Omega,non pas ici dans un chrisme mais de part et d’autre de la mandorle.Le A de l’Alpha est encore visible à la droite du Christ.Il n’y a par contre pas de traces des quatres symboles evangéliques.Peut etre étaient t ils figurés a l’arc triomphal comme aux Cluses.

Le Christ de Marcevol

Le Christ de Marcevol

Il est accompagné de deux anges embrassant la mandorle en son sommet et probablement de deux autres anges (seul l’ange a gauche est conservé) soutenant une bande décorative scindant la voute en deux.Ainsi la voute est décorée de deux bandes,l’une classique en bas assurant la séparation entre conque et murs,l’autre au milieu de la voute dans laquelle des spécialistes voient le représentation symbolique d’un arc en ciel

Ange soutenant une bande décorative

Ange soutenant une bande décorative

Le dessin de ces peintures est trés stylisé ,geometrique,au point que l’artiste a représenté les sourcils du Christ sous la forme d’un arc en mitre

Détail du visage du Christ

Détail du visage du Christ

Le fond de la mandorle ,crème,est garni de curieuses décorations ,qui ne sont pas exceptionnelles dans la peinture catalane.Une croix pattée ,quatre sorte de feuilles disposées obliquement dans les espaces carrés determinés par les branches de la croix,le tout entouré de cercles concentriques interrompus

Bande décorative et motif circulaire de décoration

Bande décorative et motif circulaire de décoration

La palette est réduite (bleu,blanc,crème,ocre rouge et noir sous forme d’un trait épais soulignant les scènes et les visages).Mais l’association de bleus un peu fanés et de rouge encore puissant,un peu comme aux fresques de St Polycarpe,ne manque pas d’attraits.

Bleus et rouge au visage de l'ange

Bleus et rouge au visage de l’ange

 

 

 

L’exceptionnelle chapelle St Michel d’Aiguilhe au Puy en Velay,plantée sur un dyke de 82 métres de haut est accessible par la rude montée d’un escalier de 268 marches.Au sommet un chemin de ronde permet  de magnifiques vues sur la belle cité du Puy et ses environsaigui dL’entrée dans le monument se fait par un magnifique portail trilobé aux influences trés byzantines tout comme les fresques qui occupent une partie des murs de l’intérieur

50La chapelle est composée de deux parties.L’une du XII ième siècle constituée d’un petit narthex se prolongeant par une nef à deambulatoire à laquelle est accolé le clocher.La seconde renfermant les peintures est l’oratoire primitif du X ième siècle situé à droite du narthex.C’est un petit quadrilatére s’ouvrant sur deux absidioles au nord et a l’est(l’absidiole sud a disparu)couvert d’une voute pyramidale .

Oratoire primitif abritant les peintures

Oratoire primitif abritant les peintures

A la voute pyramidale un peu excentrée à l’est ,trone un Christ dans une gloire circulaire.A l’intérieur de disques,de part et d’autre sont figurés le soleil et la lune.A l’ouest face à lui une image trés dégradée avant restauration de St Michel entre deux seraphins.Aux quatres coins,toujours dans des cercles apparaissent les quatre symboles evangéliques

Ensemble de la voute aprés restauration

Ensemble de la voute aprés restauration

Le Christ à la voute avant restauration

Le Christ à la voute avant restauration

Deux anges en bustes s’intercalent au nord et au sud entre les cercles des symboles évangéliques.Une bande décorative marque la limite entre la voute évoquant le ciel et les murs dont la base carrée symbolise le monde terrestre selon une tradition bien byzantine.Sous la retombée de la voute figure le collége apostolique

Détail des peintures de la voute,le Christ et St Michel se faisant face.

Détail des peintures de la voute,le Christ et St Michel se faisant face.

Ange entre les deux symboles evangéliques accompagné d'insolites ondulations blanches évoquant des nuages

Ange entre les deux symboles evangéliques accompagné d’insolites ondulations blanches évoquant des nuages

Sur le mur derrière l’autel l’archange St Michel est figuré deux fois de part et d’autre de la fenètre.A gauche il introduit un petit personnage représentant une ame dans uns sorte de palais ou figurent les bustes de personnages regroupés par deux sous des arcades.A droite l’image plus dégradée,le montre poussant des damnés vers l’enfer

St Michel de part et d'autre de la fenètre avant restauration

St Michel de part et d’autre de la fenètre avant restauration

On relève aussi des traces de peintures indéchiffrables au niveau des absidioles de l’oratoire ainsi qu’aux parties du XII ième siècle.Les fresques sont communèment datées du XII ième siecle en raison de leur ordonnancement en registres et en bandes mais des spécialistes s’appuyant sur des ressemblances avec les frresques de la crypte de Ternand dans le Beaujolais les datent du Xième.

 

 

 

 

 

La crypte de Tavant  en Indre et Loire présente un ensemble de peintures murales du XII ième siècle,incomparable.Si le programme iconographique ne brille pas par sa cohérence,le style des peintures est unique.Le dessin trés stylisé confine sur certaines scènes à un cubisme avant l’heure.A Tavant l’artiste a utilisé à merveille la configuration des lieux.La crypte est constituée d’une nef trés basse terminée par une abside en hémicycle.Deux rangées de quatre enormes piliers scindent la nef en trois etroites travées.Les murs de la nef sont épaulés de  neuf grosses colonnes engagées et au centre des murs latéraux les colonnes sont remplacées par deux contreforts plats.

La faible hauteur de l’ensemble met le visiteur au contact direct des peintures qui tapissent les voutes brisées jusqu’à la retombée des arcs en 25 scènes dont la plus part sont limitées par une double bande colorée ocre rouge et jaune soulignant les arétes vives.Deux autres scènes figurent sur les murs,l’une immédiatement à droite de la porte d’entrée montre un personnage à la barbe blanche coiffé d’un chapeau pointu,tenant un rameau dans une main et un baton dans l’autre et portant un sac.Peut etre s’agit il d’un pélerin.La seconde figure sur le mur en hémicycle à gauche de la colonne engagée centrale et évoque un épisode de l’histoire d’Abel et Cain(voir article sur Abel et Cain).

Certaines scènes donnent lieu à des interprétations différentes.Plusieurs sont consacrées à la vie de David

ta19On peut voir aussi une scène montrant le comabt de David contre Goliath.

David ou Saul sur un siège?

David ou Saul sur un siège?

Détail de David dansant devant l'arche d'Alliance?

Détail de David dansant devant l’arche d’Alliance?

le Roi David couronné jouant de la harpe

le Roi David couronné jouant de la harpe

Le christ apparait bénissant dans une mandorle a fond vert.Une belle image montre la Vierge en priére.Son visage présente des ressemblances avec celui de la Vierge de St André de Soréde en pays catalan

Chist dans sa mandorle

Chist dans sa mandorle

Détail de la veirge en priére

Détail de la veirge en priére

Ailleurs deux atlantes soutiennent une poutre

ta20deux autre scènes montrent l’une une belle descente de croix malheureusement dégradée,l’autre une crucifixion de St Pierre abimée

Déposition de croix

Déposition de croix

Crucifixion se St Pierre téte en bas

Crucifixion se St Pierre téte en bas

D’autres images sont consacrées au combat du bien contre le mal,par l’intérmédiaire d’une psychomachie ou un soldat transperce de sa lance un hideux petit homme rouge.Une femme dans une belle robe verte,se transperce le sein de sa lance (évocation de la luxure ou de la colère)

Scène de psychomachie

Scène de psychomachie

La Luxure ou la Colère?

La Luxure ou la Colère?

Une belle image montre le Christ sortant des griffes d’un diable rouge cornu Adam et Eve que l’on retouve dans une autre scène au travail aprés qu’ils aient été exclus du paradis terrestre(voir article sur la création)Adam et Eve que l’on retrouve dans une autre scène figurés nus

Le Christ retirant Adam et Eve de l'enfer

Le Christ retirant Adam et Eve de l’enfer

Deux femmes tiennent delicatement deux rameaux,peut etre une évocation de l’Arbre de Jéssé.Deux anges tiennent chacun un enorme chandelier

Evocation de l'arbre de Jessé?

Evocation de l’arbre de Jessé?

Ange tenant un chandelier

Ange tenant un chandelier

Deux images plus profanes montrent un centaure sagittaire et un serpent enroulé autour d’un arbre,le Caducée

Le sagittaire

Le sagittaire

Enfin un image assez mystérieuse montant deux personnages

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Le culte de St Christophe a débuté trés tot,notamment en Espagne,mais les représentations peintes de St Christophe ne sont pas antérieures au XI ième siècle pour les manuscrits et à la fin du XII iéme siècle poue la peinture murale.

La légende dit que le géant Christophe,Réprobus (le réprouvé avant sa conversion)s’opposa au roi Dannus qui le fit arréter aprés que Christophe( le porte Christ en grec) ait converti nombre de soldats.Arrété il parvint à convertir les deux courtisanes envoyées par Dannus pour le pervertir.Dannus utilisa en vain divers supplices contre Christophe avant de le décapiter.Des épisodes de sa confrontation avec Dannus sont évoqués sur les murs de deux édifices,en l’église des Salles Lavauguyon au sud de Limoges et à Couddes petite église solognote du Loir et Cher.

Aux Salles Lavauguyon,sur l’une des travées du mur sud de la nef,sont figurés des épisodes de la confrontation entre Dannus et Christophe.Les images sont malheureusement assez dégradées.On y voit le roi Dannus accompagné de son épouse sous des arcades matérialisant son palais

Dannus et son épouse

Dannus et son épouse

Plus loin un grand St Christophe reçoit les fleches matérialisées par des traits jaunes,d’un archer de Dannus.L’une d’entre elle se retournera contre le roi et ira se ficher dans son oeil

St Christophe face aux fleches de Dannus

St Christophe face aux fleches de Dannus

A Couddes,dans le Loir et Cher des peintures ornent les murs de la nef du XI ième siècle de l’elise St Christophe.En grande partie du XIV ième siècle elles sont disséminées sur l’ensemble des murs avec un jugement dernier assez effacé au revers de la façade occidentale et une résurrection des mort du XIII ième sur la partie haute du mur nord de la nef.Les fresques romanes ,contemporaines de celles des Salles Lavauguyon,c’est a dire la fin du XII ième,se résument en une scène bien conservée au mur nord entre deux piliers de soutien de la charpente en bois.La scène montre St Chritophe face au roi Dannus identifié par une inscription au dessus de sa téte.Le roi est accompagné de trois bourreaux,couronné et moustachu sur un trone en X dont les bras se terminent par des tétes de dragons.

Peintures du mur nord de la nef

Peintures du mur nord de la nef

Dannus présente deux doigts devant sa bouche pour signifier qu’il parle.Une sorte de petit demon anoure et sans poil est dessiné sur son épaule .Les bourreaux tous trois figurés de profil montrent leur dents pour accentuer l’impression de férocité et les dévaloriser.Sur l’arcade limitant la scène est représenté un palais composé d’une galerie d’arcades entre de tours.Comme à la jérusalem celeste peinte aux arcades de la salle capitulaire de St Aubin d’Angers ,on retrouve ici une tentative de perspective;

Dannus et les bourreaux

Dannus et les bourreaux

Palais de Dannus

Palais de Dannus

St Christophe dont la tète a malheureusement disparu est figuré devant,longiligne et aérien dans une longue robe jaunes aux beaux drapés soulignés d’ocre rouge,la main levée devant le roi.

Cristophe devant Dannus

Cristophe devant Dannus

L’ensemble de la scène est limité par un cadre rectangulaire composé d’une bordure de deux doubles bandes jaune et ocre rouge ornée de pointes de diamants enserrant une frise de rinceaux.Ces peintures découvertes récemment auraient été éxécutées selon la technique de la vrai fresque

La peinture murale romane nous offre une troisième image d’un immense St Christophe sur un des murs du croisillon nord du transept de l’église de St Junien en Limousin.Le saint auréolé est inséré dans un cadre rectangulaire borduré d’ocre rouge et jaune et se détache d’un fond bleuté.Il est affublé de longs cheveux bouclés et d’une barbe et tient un rameau fleuri.Son corps est traversé par une bande blanche en diagonale portant une inscription en latin dont une partie peut etre traduisible ainsi « Veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure ».La partie inférieure de la scène est malheureusement effacée.

St Christophe à St Junien

St Christophe à St Junien

 

 

 

La belle crypte de St Aignan renferme un ensemble de peintures murales de différentes époques,du XII ième du début XIII ième et des XV ième et XV iéme siècles.Construite au XI ième et au début du XII ième siècle ,elle conserve encore une série de 36 chapiteaux tous d’origine.La crypte est un modèle d’équilibre et de symétrie.Autour d’une abside centrale au mur en hémicycle ,précédée d’une courte nef carrée a la voute brisée encadrée de deux bas cotés ,s’enroule un deambulatoire d’ou s’échappent trois chapelles rayonnantes.L’ensemble est eclairé par trois petites ouvertures et précédé à l’ouest par un ossuaire.Les peintures occupent l’abside centrale,la voute de la nef et les chapelles axiale et méridionnale .Aux murs de la chapelle Nord les peintures ont disparues ,mais on retrouve des traces sur toutes les surfaces de la crypte,ce qui donne a penser que non seulement elle avait été conçue pour etre peinte mais qu’elle était a l’origine entiérement décorée.

Localisation des peintures

Localisation des peintures

A l’abside centrale (Emplacement I ) trone au cul de four un grand Christ dans une double gloire.La grande mandorle présente une bordure festonnée et un fond blanc garni de quelques étoiles ocre rouge.La petite mandorle inférieure fait office de fauteuil ,son fond jaune contraste avec le bleu de la robe du Christ dont les pieds reposent sur un escabeau.Le Christ bras écarté tient dans sa main droite un objet difficilement identifiable.

Christ en majesté à la voute de l'abside principale

Christ en majesté à la voute de l’abside principale

A droite de la mandorle ,les fonds blancs sont occupés par l’image de St Jacques le »mineur »guérissant un paralytique agenouillé à ses pieds.Le saint déroule un phylactére dont l’inscription est en partie effacée

Paralytique guéri par St Jacques

Paralytique guéri par St Jacques

De l’autre coté St Pierre vétu de jaune est au chevet d’un cul de jatte s’appuyant sur des fers

St Pierre et le cul de jatte

St Pierre et le cul de jatte

L’ensemble des scènes s’insére dans un panneau limité par une double bordure jaune et ocre rouge.Tout autour de la scène des angelots du XV ième siècle font le lien avec des images figurées sur les murs latéraux,dans de grands panneaux rectangulaires montrant une vierge allaitant et des épisodes de la vie familiale du seigneur de St Aignan.Elles datent du XV ième siècle.

A la nef(Emplacement II )des anges jouent de la trompette à la voute brisée et devant l’ossuaire ,au mur occidental,une scène montre un amoncellement d’os.Ces peintures sont du XV ième

Peinture du XV ième au mur ouest de la nef

Peinture du XV ième au mur ouest de la nef

A la chapelle absidiale axiale (Emplacement III ) l’essentiel des peintures est consacré à la résurrection de Lazare.Au sommet de la voute apparaissent les peintures les plus anciennes de la crypte représentant l’agneau de Dieu .L’ensemble était accompagné des symboles des évangiles dont il ne reste que l’aigle de St Jean surmonté de l’inscription IONES,et l’ange de St Mathieu.Tous deux sont porteurs du Livre des évangiles

Aigle de St Jean

Aigle de St Jean

La scène consacrée à Lazare montre le Christ au nimbe crucifère gris,vétu d’un long manteau rouge,suivi de ses apotres

Le Christ et ses apotres

Le Christ et ses apotres

En face Lazare que le Christ vient de ressusciter ouvre ses mains en signe de remerciement.A ses cotés ses deux soeurs Marthe et Marie voilées de blanc et gris,sont suivis d’une cohorte de personnages tétes contre tétes,grands yeux ouverts ,visages ovales,le nez parfaitement rectiligne prenant racine trés haut.L’intrados de l’arc d’entrée de la chapelle est orné de beaux rinceaux.

Lazare devant ses soeurs

Lazare devant ses soeurs

Les peintures de la chapelle absidiale (Emplacement IV )

269En  1 l’agneau de Dieu trone dans un médaillon festonné à large bordure et à fond bleu.De part et d’autre deux grands anges les ailes jaunes et blanches déployées dans le dos soutiennent le cercle.L’ange situé à l’avant ,le mieux conservé est figuré dans une étrange posture;son bras  droit est complétement retourné au dessus de sa tète,tandis que sa main vient agripper le rebord du cercle.Les nimbes,tous blancs viennent éclairer la scène aux tons dominants,bleus verts et bruns assez foncés.

Ange soutenant l'Agneau

Ange soutenant l’Agneau

En 2 est relatée la légende de St Gilles sur une triple bande brune ocre jaune et verte.A gauche St Gilles vétu de bleu tient une longue robe qu’il semble offrir à un personnage dénudé appuyé sur un baton

St Gilles offrant un vétement à un pauvre

St Gilles offrant un vétement à un pauvre

Sur la scène suivante St Gilles vétu de brun,nimbe blanc et cape orange guérit un homme aux cheveux gris mordu par un serpent

St Gilles guérit un homme puis prie agenouillé devant la mer représentée par des volutes rose orangées

St Gilles guérit un homme puis prie agenouillé devant la mer représentée par des volutes rose orangées

En 3 ,au niveau des fenetres subsistent des fragments de peintures,un végétal,un personnage non identifié,et une téte aureolée

En 4 à l’intrados de l’arc d’entrée apparaissent des motifs décoratifs(grecques et arabesques en alternance)

 

 

 

 

 

 

 

 

Des restes de peintures murales ornent la voute et le mur en hémicycle d’une chapelle haute ,la chapelle St Michel,au revers de la façade occidentale de l’église de la trés ancienne abbaye Sainte Marie d’Arles sur Tech dans le Vallespir à 35 kms de Perpignan.Baptisée un peu pompeusement,chapelle des anges,en raison de la présence de deux beaux séraphins ,elle accueille des fresques découvertes en 1955.Dégradées au XVIII ième siècle lors de l’installation d’un buffet d’orgue,elles furent restaurées une première fois au début des années 70,puis à nouveau en 1985.Elles auraient été exécutées à l’époque de travaux ayant conduit à une nouvelle consécration de l’église abbatiale en 1157.

Ensemble des peintures de la "chapelles des anges"

Ensemble des peintures de la « chapelles des anges »

Au cul de four tronait un Christ dont il ne reste aujourd’hui qu’une partie de la mandorle et la partie haute de sa téte.A sa droite deux médaillons renferment l’un en haut la représentations presque indéchiffrable de l’ange de St Mathieu;l’autre en bas le lion de St Marc .Le médaillon borduré de jaune et à fond bleu ,montre un lion ailé qui apparait « coupé en deux ».La partie avant présente des tons rose saumonés,la partie arrière des tons bruns,résultat d’une restauration un peu abusive ou inachevée.Les articulations sont matérialisées par  des cercles concentriques blancs.Devant on distingue encore une partie d’un ange ailes au dessus de sa téte.Le reste des peintures de la voute a disparu.

Lion ailé de St Marc

Lion ailé de St Marc

Sous une trés belle bande de grecques les peintures en dessous ,s’étalent de part et d’autre d’une fenètre axiale,se détachant d’un fond composé de bandes colorées rouges et bleus.A droite les peintures sont presque totalement éffacées mais il subsiste un magnifique ange aux ailes osselées

Seraphin

Seraphin

Détail de l'aile osselée du Séraphin

Détail de l’aile osselée du Séraphin

 

Beau visage un peu trop restauré au niveau des cheveux notamment

Beau visage un peu trop restauré au niveau des cheveux notamment

De l’autre coté de la fenètre,un deuxième ange aux tonalités plus sombres ,moins restauré dont le visage présente les mémes caractéristiques(nez légérement busqué,lévres pincées).A coté ,a gauche de l’ange,les peintures sont difficilement interprétables .On distingue deux personnages,l’un debout,l’autre agenouillé.

Deuxième ange

Deuxième ange

Visage d'un personnage sous l'aile de l'ange?

Visage d’un personnage sous l’aile de l’ange?

Ces fresques de belle qualité,oeuvres probablement d’un atelier local,sont assez caractéristiques de la peinture roussillonnaise au XII ième siècle.Certains spécialistes y ont vu des ressemblances avec les fresques voisines de St Martin de Fenollar .

 

 

 

 

Montmorillon dans la Vienne,a l’ecart des grands axes de communications,déja presque limousine,petite « cité du livre »,est dotée d’un important patrimoine architectural et notamment de l’église Notre Dame et de sa crypte creusée dans la falaise,qui abrite des peintures murales éxécutées aux alentours de 1200 .La crypte est composée d’une petite abside en cul de four prolongeant une courte nef en berceau brisé .Les peintures occupent le cul de four et le mur en hémicycle percé d’une minuscule fénétre .Quelques vestiges subsistent a la voute de la nef.Ces peintures se caractérisent par l’utilisation d’un trés riche palette,a prédominance de verts au cul de four et de bleu sur le mur dessous.Les tons sont encore par endroits trés vifs.Les peintures au dessin élégant constituent une sorte d’ode à la femme.Pas moins de 6 personnages féminins tapissent le cul de four.Atour de la Vierge tenant l’enfant dans ses bras,dans une mandorle a fond bleu sont disposés six saintes femmes ,trois de chaque cotés.La seule identifiée est représentée a droite de la Vierge et contre la mandorle ,l’enfant pose la main sur sa téte.Il s’agit de Sainte Catherine d’Alexandrie dont la vie est relatée sur le mur dessous.Son visage est curieusement noir.Oxydation d’un pigment?ou reprise du visage de la sainte en noir à postériori?A coté deux saintes femmes aureolées en jaune tiennent des couronnes.A leur pieds ont été déposé des vases.Elles se détachent d’un fond de bandes colorées blanches et gris vert.L’enfant bras écartés semble assurer le lien entre la Vierge et Sainte Catherine.De l’autre coté l’image des trois autres saintes femmes portant de trés longs habits est plus dégradée dans les parties inférieures.

Le style de ces peintures,le dessin des vétements,l’attitude tout en tendresse de la Vierge téte penchée embrassant la main de l’enfant évoquent le XIII ième siècle.

Ensemble des peintures de l'abside

Ensemble des peintures de l’abside

Les trois Saintes Femmes à la droite de la Vierge

Les trois Saintes Femmes à la droite de la Vierge

Détail des deux saintes femmes tenant des couronnes accompagnant Ste Catherine

Détail des deux saintes femmes tenant des couronnes accompagnant Ste Catherine

Détail de l'une des trois Saintes femmes à la gauche de la Vierge

Détail de l’une des trois Saintes femmes à la gauche de la Vierge

Sur le mur en dessous les peintures moins bien conservées s’étalent de part et d’autre de la fenetre empiétant sur la bande décorative de séparation.Elles se détachent d’un fond bleu ciel et montrent à gauche Ste Catherine blonde et couronnée recevant l’onction divine d’une colombe ,sous l’image des batiments d’une cité.Devant elle un groupe de « docteurs » aux longs cheveux dont certains sont affublés d’une belle barbe blanche

Ste Catherine devant les "doteurs" de l'empereur Maxence

Ste Catherine devant les « docteurs » de l’empereur Maxence

Visages des "docteurs"

Visages des « docteurs »

A coté figure l’empereur Maxence assis sur un trone.De l’autre coté de la fenètre une évocation plutot « douce » de l’Enfer si on la compare a celles de Asnieres sur Vegre ou de Brioude par exemple,montre des paiens convertis jetés sur ordre de Maxence dans un entonoir déterminé par les rebords des visages de deux groupes de personnages

Paiens convertis jetés en enfer

Paiens convertis jetés en enfer

A la voute de la nef,figure l’image bien conservée d’un cheval divin dans un médaillon.Il remplace ici l’Agneau ordinairement figuré.Des vieillards de l’Apocalypse qui devaient l’accompagner il ne reste plus que deux images assez dégradées

L'image rare d'un cheval pascal remplaçant l'agneau

L’image rare d’un cheval pascal remplaçant l’agneau

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Les représentations de saints ne manquent pas.Les saints personnages sont évoqués comme saint patrons,souvent en pied au revers d’un pilier(cathédrale du Puy,St Hilaire le grand de Poitiers)sur les mors de la nef,ou sous des arcatures sur le mur du choeur ou de l’abside(chapelle d’Yron)

Saint à St Julien de Brioude

Saint à St Julien de Brioude

Saint Thomas à Thevet dans l'Indre

Saint Thomas à Thevet dans l’Indre

La tour Charlemagne vestige de l’abbaye St Martin à Tours,conserve des fragments de peintures murales dont l’image d’un beau St Florent,reproduite sur toile por des raisons de conservation et déposée à l’etage.

Saint Florent à Tours

Saint Florent à Tours

La petite église du hameau de Ougy commune de Malay en Saone et Loire,conserve en un emplacement peu usité,l’image de St Philippe en buste ,utilisée comme un linteau au dessus de la porte d’entrée au revers de la façade

Saint Philippe à Ougy(Saone et Loire)

Saint Philippe à Ougy(Saone et Loire)

D’autres saints voient leur vie relatée en plusieurs tableaux,jusqu’à leur martyre,source des images les plus spectaculaires (Lapidation de St Etienne à Auxerre,se St Eutrope aux Salles Lavauguyon,Martyre de St Vincent et St Blaise cote à cote à Berzé la ville,Martyre de Ste Catherine au Puy,ou de St Jean Baptiste à Pritz.

Décapitation de St Jean Baptiste à Pritz

Décapitation de St Jean Baptiste à Pritz

Martyre de Saint Blaise à Berzé la ville

Martyre de Saint Blaise à Berzé la ville

Lapidation de Saint Eutrope aux Salles Lavauguyon

Lapidation de Saint Eutrope aux Salles Lavauguyon

Parfois ils sont dépeints dans l’accomplissement de leurs actes les plus glorieux,c’est le cas pour St Martin à Vic,pour St Laurent à Nogaro ou pour St Gilles à St Aignan sur Cher.

Les saints apotres sont eux figurés souvent sous des arcades,sur le mur en hémicycle des absides ou du choeur,chacun avec leurs attributs ou un élément distinctif.Il en est ainsi à Lutz en Dunois,à Ourjout dans l’Ariège,à Montbazin prés de Montpellier ou encore à Burnand en Saone et Loire.St Pierre est identifiable à sa clé,St Jean à sa jeunesse matérialisée par l’absence de barbe,St Paul à sa calvitie et à sa stature,St André à sa croix.Souvent une inscription en latin les accompagne et les identifie.

St Pierre et ses clès à Avord dans le Cher ou il accompagne St Paul

St Pierre et ses clès à Avord dans le Cher ou il accompagne St Paul

St Barthélémy à l'abside de Ourjout en Ariège

St Barthélémy à l’abside de Ourjout en Ariège

Collège apostolique à Montbazin (Hérault)

Collège apostolique à Montbazin (Hérault)

Mais certains apotres sont présents dans des scènes evoquant la naissance ,la vie et la passion du Christ.La Cène les représente tous.St Jean est présent dans le baptème du Christ et accompagne Marie dans les scènes de la passion.St Pierre dans l’épisode de son reniement,notamment.

Visage de Jean(détail de la Cène,à Amné en Champagne prés du Mans)

Visage de Jean(détail de la Cène,à Amné en Champagne prés du Mans)

Saint Jean « l’evangéliste « est probablement l’apotre le plus représenté en peinture.Il est le préféré du Christ et on le retrouve dans différentes scènes.Les noces de Cana à Brinay,la peche miraculeuse à Vendome,toutes les Cènes et les cruicfixions ou il accompagne Marie qui le rejoindra à Ephèse d’ou il rédigera l’Apocalypse.Auparavant il avait été exilé sur l’ile de Patmos ou il redigea son evangile.Jean est symboliquement représenté par l’aigle dans le tétramorphe.

Saint Pierre est pour le Christ le premier des apotres.Il lui confiera les clés de l’église.Il accomplira plusieurs miracles avant d’étre emprisonné par Herode.Libéré selon la légende par un ange,il gagne Rome ou il est une nouvelle fois enfermé.Il sera libéré par ses geoliers qu’il aura réussi à convertir.Désireux de quitter Rome,le Christ lui demandera de rester.Il sera finalement crucifié selon le chatiment réservé aux esclaves mais demandera de l’étre tète en bas par respect pour son maitre.Reconnaissable à ses clès il figure dans de nombreux episodes peints,la Céne,le Jugement dernier,la résurrection ou le lavement de pieds.

Crucifixion de St Pierre à Vic

Crucifixion de St Pierre à Vic

Saint Jacques le « Majeur »ainsi qualifié car il était le frére ainé de St Jean l’ »évangeliste ».Comme Pierre il est l’auteur de plusieurs miracles.Mais il doit surtout sa notoriété à la construction de la basilique de Compostelle et au transfert de ses reliques qui induirent l’extraordinaire pélerinage de St Jacques.D’ailleurs St Jacques est souvent figuré en pèlerin.En peinture romane les images de St Jacques ne sont pas trés nombreuses.Il est figuré aux cotés d’autres apotres à la crypte de la cathédrale de Chartres,en saint évéque à St Jacques des Guérets et surtout au travers de son martyre dans la méme église.St Jacques fut décapité à Jérusalem et il est souvent représenté avec l’épée symbole de son martyre.

Décollation de St Jacques à St Jacques des guérets

Décollation de St Jacques à St Jacques des guérets

Saint Paul est un cas particulier,car né juif et d’abord persécuteur,ce n’est que aprés sa conversion,à la suite du fameux épisode du « chemin de Damas »,qu’il oeuvra pour le Christ.Missionnaire du Christ à travers toute l’Asie mineure,il sera arrété à Jérusalem par les romains.Sollicitant la clèmence de l’empereur,il sera maintenu prisonnier à Rome ou il sera finalement décapité sous le règne de Neron.St Paul n’est pas beaucoup représenté en peinture murale romane(Avord,St Lizier)

 

 

 

 

 

 

 

 

La belle église St Hilaire le Grand bien que moins spectaculaire et donc moins connue que Notre Dame la grande,est le monument majeur du Poitiers roman.L’église aurait été batie sur les fondations de la basilique primitive ou aurait été enseveli Hilaire grand combattant de l’hérésie et évéque de Poitiers.C’est d’ailleurs en grande partie à la vie d’Hilaire que sont consacrées les peintures murales du XII ième siècle parsemant les murs et les piliers de l’édifice.Les peintures claires offrent une palette assez riche,a dominante de tons rouge orangé,verts et blanc.Mais on trouve aussi du bleu sur les bandes colorées de fond et du jaune.Ces peintures de qualité n’ont pas encore levé tous leur secrets notamment a propos de leur iconographie.

Sur les murs de soutien du clocher subsistent les vestiges d’une belle frise décorative et l’image d’un saint auréolé.Sur les piliers de la nef figurent des images de saints évéques superposées,dans leurs habits d’apparat,tenant la crosse ou le livre dans la main gauche;

Un évéque tenant le Livre

Un évéque tenant le Livre

L’un des évéques ,se détachant d’un fond de bandes alternées blanches et vertes porte une chasuble à l’encolure trés richement décorée de pierres précieuses.Son nimbe est jaune borduré de rouge.

Saint eveque

Saint eveque

Un autre apparait dans la méme posture mais les couleurs sont inversées,nimbe rouge,robe jaune

 

Deuxième eveque

Deuxième eveque

Les chapelles rayonnantes sont décorées de 4 tableaux rectangulaires tous bordurés d’une double bande ocre rouge et jaune.Les scènes par endroits détériorées et incomplètes rendant l’interprétation difficile,se détachent d’un fond de bandes colorées blanches vertes et bleues.L’image la plus caractéristique montrent un saint armé d’une grande épée s’en prenant à un petit personnage devant lui.Une main divine descend en haut de la scène.Les spécialistes y voient une représentation de St Hilaire pourfandant un hérétique.

St Hilaire combattant

St Hilaire combattant

Un deuxième tableau montre un saint vétu d’une robe blanche et d’un long manteau rouge,présentant une couronne à un groupe de personnages

Saint présentant une couronne

Saint présentant une couronne

La troisième scène est consacrée à deux personnages.L’un d’eux vétu d’une tunique blanche est assis sur un imposant trone

Deux personnages

Deux personnages

Le dernier tableau montre un Christ seul bras étendus identifiable à son nimbe crucifère.En haut à gauche apparait une « sinopia »(ebauche)de deux volatiles

Le Christ bras écartés

Le Christ bras écartés

Plus loin apparaissent des apotres et des saints superposés sous une série d’arcatures

Saints

Saints

Saints,apotres?

Saints,apotres?

Le rebord des fenètres est décoré d’une belle bande de grecques révélant de beaux verts.Dans un écoinçon entre deux fenètres est figuré un combattant sur son cheval blanc

Cavalier entre deux bandes de grecques autour des fenètres

Cavalier entre deux bandes de grecques autour des fenètres

Au dessus d’une fenétre apparait un bel ange étiré tenant un manipule devant un groupe de petits personnages nus

Ange au manipule

Ange au manipule

Enfin sur la partie haute d’un mur du déambulatoire figure une deuxième »sinopia »(voir article Procédés techniques)montrant deux personnages ,l’un traité en noir ,l’autre à l’ocre rouge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’église Notre Dame de Broc en Baugeois,non loin du Lude renferme un petit ensemble de peintures murales localisées a la voute et aux murs de la minuscule abside percée de trois baies plein cintre.Des peintures trés effacées subsistent a la voute du choeur ,organisées comme en l’église voisine de Genneteil de part et d’autre d’une bande faitière. »Petit ensemble »car malheureusement la grande maorité des peitures tapissant les murs n’ont pu etre récupérées.Les fragments restant sont de qualité,la palette est riche,ocres rouges et jaune,beau bleu ressemblant au bleu « val de loire » voisin ,blanc,verts dont un vert puissant que l’on retrouve régulièrement dans la région et noir au contour des personnages et soulignant les visages equilibrés et finement traités.Une caractéristique donnant a penser que les peintures sont datables de la fin du XII ième siècle

Visage d'apotre souligné de noir

Visage d’apotre souligné de noir

La voute de l’abside est occupée par la masse ocre rouge un peu fanée d’un grand Christ dans une gloire circulaire livre blanc ouvert entouré par les symboles evangéliques a peine perceptibles.Le nimbe crucifére est jaune.Au bord de la gloire ocre rouge et jaune un ange ailes vertes déployées au dessus de sa téte a conservé la fraicheur de ses couleurs.Dessous séparant la scènes des peintures du mur une belle bande décorative composée d’une chaine de losanges sur fond blanc entre deux bandeaux ocre rouge et jaune enserrant une ligne de perles blanches

Christ en gloire à la voute de l'abside

Christ en gloire à la voute de l’abside

Ange gravitant autour de la gloire du Christ

Ange gravitant autour de la gloire du Christ

 

Sur le mur dessous,de part et d’autre de la fenètre axiale subsistent a gauche l’image d’une Annonciation et a droite celle tronquée d’une Vierge à l’enfant,dans une mandorle.La partie basse de la scène a disparu.La Vierge est voilée de blanc ,couronnée et nimbée de bleu.L’enfant montre un visage presque adulte

Vierge à l'enfant

Vierge à l’enfant

Visage de l'enfant

Visage de l’enfant

A gauche de la fenétre un saint personnage auréolé de bleu montre l’ange Gabriel au centre robe et nimbe jaunes,dont les ailes vertes déployées au dessus de sa téte tangentent la bordure décorative.La téte de la Vierge en position d’orante a disparu

Annonciation

Annonciation

 

 

 

Il ne nous reste que peu de vestiges peints d’époque romane en extérieur.L’exemple le plus célèbre reste les images de l’Annonciation Visitation de Rocamadour protégées par la falaise

fresques exterieures à Rocamadour

fresques exterieures à Rocamadour

Quelques portails conservent des traces de polychromie.Le plus célèbre est le somptueux portail de Conques.Le tympan du portail occidental montre des traces d’un bleu assez fané qui occupe encore assez largement le fond de la mandorle du Christ.Ses habits comme ceux des apotres sont colorés d’un bleu qui parait plus doux notamment au niveau de St Pierre identifiable à ses clès.Un jaune colore les petits personnages situés à l’extrème gauche du Christ.Un rouge assez estompé tapisse tout le fond du linteau situé dessous.Les vétements des personnages sont colorés en bleu et rouge et on retrouve du jaune au niveau des personnages evoquant l’enfer

Polychromie du portail occidental de Conques

Polychromie du portail occidental de Conques

La trés particulière eglise St Ours de Loches en Touraine,avec ses deux pyramides octogonales surplombant la nef entre les flèches de ses deux clochers,selon un modéle aquitain,est précédée d’un grand porche qui communique avec la nef par un magnifique portail sans tympan.Il présente trois voussures ou subsistent des trace de polychromie.Le décor sculpté est composé de divers animaux,de monstres(sirènes barbues,harpies,griffons)de divers personnages(jongleurs,acrobates)et de motifs végétaux.Le fond des claveaux est coloré en ocre rouge ainsi que les personnages epousant la courbure externe.

Fond de l'arc externe peint en ocre rouge

Fond de l’arc externe peint en ocre rouge

Sur un bandeau gris et jaune trone une Vierge à l’enfant accompagnée de Joseph et des rois mages.Le fond est ocre rouge,la partie supérieure des habits de la Vierge est bleu la partie inférieure grise,le nimbe rougeatre.Le grand arc brisé limitant l’ensemble montre une alternance de segments gris et jaunes bordés de noir.

Polychromie du portail de Loches

Polychromie du portail de Loches

Le portail polychrome de Saillac prés du beau village de Collonges la rouge en Corrèze ,à l’abri de son clocher porche est dans un exceptionnel état de conservation.L polychromie concerne le tympan et son linteau.Au tympan est représentée une adoration des mages.Au centre les trois rois peints en jaune ,brun et orange le bas de leurs habits en blanc apportent leurs présents à la Vierge vétue d’une robe bleu,d’un chale vert.La partie inférieure de son vétement est orange borduré de blanc.L’enfant est tout en blanc.Derrière la Vierge un saint à demi agenouillé est traité en ocre rouge.A l’opposé les chevaux des mages,téte contre téte,sont peints en ocre jaune ,blanc et brun.

Au dessous le linteau soutenu par un beau trumeau sculpté montre deux monstres ailés étirés encadrant un ange blanc.Le premier peint en jaune avale un nouveau né,le second au corps de serpent crache du feu.L’ensemble est étonnant de fraicheur ,la palette est riche

Portail polychrome de Saillac

Portail polychrome de Saillac

Dans les pyrénées orientales,au village de Catllar au dessus de Prades,la chapelle Sainte Marie de Riquer,montre des peintures en extérieur au portail d’accés méridional.Les peintures de belle qualité offrent une palette à dominante d’ocre rouge avec du blanc,du jaune,quelques traces de vert et du bleu utilisé de maniére assez singulière pour le contour des personnages à la place de l’habituel trait ocre rouge ou noir.

Au tympan les peintures sont trés effacées,on reconnait une Vierge à l’enfant accompagnée de deux anges encadrant sa mandorle.Les peintures de l’intrados de l’arc sont bien mieux conservées et montrent un agneau pascal blanc sur fond rouge dont l’auréole jaune déborde les limites du médaillon bordé de bleu

Agneau pascal à l'intrados de l'arc surmontant le tympan

Agneau pascal à l’intrados de l’arc surmontant le tympan

Deux beaux anges étirés vétus de robes ocres ,auréolés de jaune soutiennent le disque.Leur visage evoque ceux de Fenollar et plus encore ceux des Cluses Hautes,églises toute proches.Cette parenté stylistique pousse certains spécialistes à dater ces peintures du milieu du XII ième siècle,d’autres les considèrent comme contemporaines de la construction de la chapelle c’est a dire la fin du du XI ième siècle.Le bon état de conservation des peintures peut etre mis en rapport avec le climat trés sec de la région.

Peintures extérieures au portail de Ste Marie de Riquer à Catllar

Peintures extérieures au portail de Ste Marie de Riquer à Catllar

 

 

 

 

L’église St Julien de Poncé sur le Loir devait posseder un magnfique ensemble de peintures murales.Aujourd’hui les peintures ,de la deuxième moitié du XII ième siècle,s’eparpillent en fragments plutot fanés sur les murs de la nef essentiellement.Les peintures du choeur furent tellement restaurées qu’elles ne présentent plus aucun intéret.A coté des peintures romanes subsistent des fresques plus récentes sur les murs gouttereaux notamment.

Ce qu’il subsiste des peintures est de qualité .La palette ,bien que les tons soient fanés,a prédominance d’ocres rouges est assez riche avec de larges aplats de blanc,du bleu,et un beau vert un peu métallique ressemblant à celui des fresques d’Allouis dans le Cher.Sur les murs latéraux les fonds sont constitués de trois larges bandes colorées verte,blanche et bleue.

Au revers de la façade,le mur occidental de la nef percé de deux fenétres superposées au dessus de la porte d’entrée révèle les fragments d’un Jugement dernier reconnaissable à sa localisation et aux images trés crues des morts soulevant les couvercles de leur cercueils.

La resurection des morts

La resurection des morts

Dessous toujours à droite de la porte une roue de supplice à 8 branches avec un personnage enroulé autour.En haut a hauteur de la première fenétre a gauche des élus apparaissent dans une image assez effacée de rangées de médaillons.De l’autre coté on découvre St Pierre accompagnant les Elus

Jugement dernier,personnages dans des médaillons

Jugement dernier,personnages dans des médaillons

St Pierre et les Elus (mur occidental de la nef)

St Pierre et les Elus (mur occidental de la nef)

D’autres fragments apparaissent dispersés et difficilement identifiables

La nef est séparée des bas cotés par des murs percés de larges et hautes arcades.Au dessus court une rangée de fenètres;

Peintures du mur Nord de la nef

Peintures du mur Nord de la nef

L’Emplacement 1 représente la mort du Mauvais riche.Il est allongé coiffé de blanc se détachant d’un fond vert.Deux bustes de femmes apparaissent en arrière plan.Un demon hirsute au nez crochu vient emporter son ame matérialisée par un petit personnage

La mort du mauvais riche

La mort du mauvais riche

La parabole de Lazare et du Mauvais riche se poursuit à l’Emplacement 2.Le Mauvais riche derrière une table copieusement garnie est entouré de sa femme et de serviteurs,tandis qu’apparait devant la porte le Pauvre Lazare.

Lazare devant la porte

Lazare devant la porte

A l’Emplacement 4 figure un combat de cavaliers,puis à l’emplacement 5 une scène trés dégradée du Christ tirant Adam des limbes.

A l’Emplacement 6 il ne subsiste que les bustes d’apotres apprenant la resurection du Christ de la bouche de Madelaine

Apotres apprenant la résurection

Apotres apprenant la résurection

L’emplacement 7 à l’intrados du troisième arc montre une belle image d’un saint aureolé de gris ailes jaunes et manteau ocre rouge se détachant d’un fond blanc.Au sommet de l’arc est figurée une main divine dans un médaillon

Bel ange à l'intrados d'un arc

Bel ange à l’intrados d’un arc

Dessous semblant soutenir le chapiteau un danseur blond jambes croisées

Un atlante

Un danseur

L’intrados du deuxième arc (Emplacement 8) est orné d’arabesques .On distingue deux médaillons l’un renfermant le buste du Christ,l’autre un ange.Les emplacements  9 sont réservés a des images de danseurs et de musiciens.La plus remarquable montre un joueur de viole et une danseuse

Musicien et danseuse

Musicien et danseuse

Le mur sud de la nef est moins garni mais il y subsiste quelques belles images relatives à l’enfance du Christ.Une annonce aux Bergers,une adoration des mages et un massacre des innocents avec un soldat d’Herode en cote de maille grise

Le massacre des innocents

Le massacre des innocents

La fuite en Egypte montre une vierge allaitant l’enfant en image ressemblant a celle représenté aux fresques de Pritz prés de Laval.Ici la Vierge est assise de face sur un ane blanc moucheté de beige

Détail de la fuite en Egypte

Détail de la fuite en Egypte

Visage de la Vierge

Visage de la Vierge

Une présentation au Temple en partie effacée montre l’enfant aux cotés de Simeon

La présentation au Temple(détail)

La présentation au Temple(détail)

Visage du vieillard Simeon

Visage du vieillard Simeon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La crypte dédiée à St Savin et St Cyprien,est creusée sous l’abside de l’église abbatiale.On y accéde par des escaliers situés de part et d’autre de l’entrée du choeur.Elle est constituée d’une nef rectangulaire voutée en plein cintre,prolongée d’un choeur légérement surélevé terminé par un mur plat percé en son centre d’une petite ouverture.Les fresques tapissent l’intégalité des parois.Elles sont tés dégradées dans les parties basses et remplacées dans le nef par un large bandeau de bois lambrissé qui n’est pas du meilleur effet.J’ai eu la chance de pouvoir visiter ces peintures dans les années 80,à une époque ou l’accés a la crypte était libre et gratuit.

Les peintures plus anciennes que celles de la nef sont trés différentes.Le dessin est plus naif,moins élaboré et on ne retrouve pas l’elegance et le souffle des peintures de l’église haute.Le programme iconographique est ici plus restreint et les tonalités beaucoup plus sombres avec une abondance de tons bleus foncés et brun rehaussés de touches de jaune et de vermillon.

Vue générale des peintures

Vue générale des peintures

A la voute du choeur,trone un Christ entouré des 4 symboles.Les tonaltés sont plus claires qu’a la voute de la nef.Sur les murs apparaissent des images de saints.Sur le mur plat du choeur ,de part et d’autre de la fenètre,deux belles images de saints bras écartés auréolés de jaune se détachent d’un fond bleu.Les piédroits de l’arc d’entrée du choeur sont décorés d’ondulations bleues sur fond gris tranchant avec la bordure jaune de l’arc.

A la voute de la nef une large bande faitière bordurée de jaune et de rouge et composée de rubans plissés gris en accordeon sur fond bleu sépare les scenes en quatre registres ,deux de part et d’autre.Les registres inférieur sont trés éffacés.

Les peintures de la voutes sont entièrement consacrées a la vie et ausx martyres des deux saints Savin et Cyprien.D’un coté ils sont soumis au supplice de la roue,de l’autre ils sont torturés a l’aide d’enormes crochets

St Savin et St Cyprien devant  la cité d'Amphipolis

St Savin et St Cyprien devant la cité d’Amphipolis

St Savin et St Cyprien et le peuple d'Amphipolis

St Savin et St Cyprien et le peuple d’Amphipolis

Le supplice de la roue

Le supplice de la roue

Le martyre de St Cyprien

Le martyre de St Cyprien

Le proconsul Ladicius

Le proconsul Ladicius

 

 

 

 

 

Le peintre roman a démontré une prédilection pour la représentation des chevaux.Contrairement a d’autres animaux et aux motifs végétaux souvent déformés,stylisés parfois ébauchés le cheval n’est jamais baclé.Il faut dire que cet animal accompagnait quotidiennement l’homme du moyen age,au travail dans les déplacements,a la guerre comme à la chasse et qu’il cotoyait aussi bien le paysan que le prélat ,l’artisan que le seigneur,le guerrier que le chasseur.Le cheval est par ailleurs, mis en scène dans les scenes bibliques de l’ancien comme du nouveau testament ,et de l’apocalypse.Il est présent aussi dans les calendriers des mois evoquant avec son cavalier le mois de la chasse,incontournable dans les scènes relatant les croisades, »attribut » de certains saints (St Martin et un peu plus tard St Georges et meme symbole divin comme en la crypte de Montmorillon ou il remplace l’agneau divin dans son disque.

Cheval "divin" dans son médaillon à Montmorillon

Cheval « divin » dans son médaillon à Montmorillon

On retrouve le cheval dans les représentations peintes de la nativité,accompagnant le boeuf pres du berceau de l’enfant.

Cheval blanc à la nativité de Boussac Bourg.

Cheval blanc à la nativité de Boussac Bourg.

Le cheval semble d’ailleurs avoir exercé une sorte de fascination sur le peintre de Boussac qui est allé jusqu’a représenter un cheval sans cavalier ,tout comme l’artiste de la basilique St Julen de Brioude auteur d’une belle image de cheval sur l’un des piliers.

téte de cheval à Boussac Bourg

téte de cheval à Boussac Bourg

Le cheval est évidemment constamment présent dans l’épopée des rois mages.A Brinay les tétes des trois chevaux sont magnifiques.A Vic le dessin est plus stylisé.Les chevaux sont figurés en mouvement chacun levant simultanèment la patte avant gauche et la patte arrière droite.Les yeux globuleux sont grands et ronds comme ceux des personnages .

La chevauchée des rois mages à Brinay

La chevauchée des rois mages à Brinay

Téte de l'un des chevaux à Brinay

Téte de l’un des chevaux à Brinay

Extraordinaires chevaux des rois mages à Vic

Extraordinaires chevaux des rois mages à Vic

On retrouve le cheval dans les scènes de l’Entrée du Christ à Jérusalem.Juché sur son cheval blanc ,il est accueilli à l’entrée de la cité.

L'entrée du Christ à Jérusalem à Vic

L’entrée du Christ à Jérusalem à Vic

Dans les représentations de l’Ancien Testament le cheval est présent dans l’histoire de Moise

Les chevaux du char de pharaon cabrés devant la mer rouge à St Savin

Les chevaux du char de pharaon cabrés devant la mer rouge à St Savin

La relation de l’Apocalypse nous donne à admirer de schevaux notamment aux fresques de la crypte de la cathédrale d’Auxerre,ou au dessus d’une fenètre à Meobecq ou l’on peut observer le premier cavalier de l’Apocalypse bandant son arc juché sur un cheval blanc au galop

Christ à cheval d'Auxerre

Christ à cheval d’Auxerre

 

Auxerre,anges cavalier accompagnant le Christ à cheval

Auxerre,anges cavalier accompagnant le Christ à cheval

A noter que le peintre dans son souci de préeminence de l’image du Christ le montre chevauchant un étalon blanc,tandis que les chevaux aux quatre angles montés par 4 anges cavaliers ne sont plus blancs mais couleur crème et plus petits comme tassés.

Le cheval est aussi un animal de combat.Les peintures murales du Temple de Cressac montrent de belles images de chevaux participant aux combats des croisades

Chevaux affrontés à Cressac

Chevaux affrontés à Cressac

Les chevaux animent régulièrement les scène de chasse,toujours richement apprétés.La plus belle représentation orne les murs de la chapelle Ste Radegonde de Chinon ou l’on peut voir une frise de cinq cavaliers

Cavalier au faucon et Aliènor d'Aquitaine à Chinon

Cavalier au faucon et Aliènor d’Aquitaine à Chinon

Téte de cheval à Chinon

Téte de cheval à Chinon

Les chevaux accompagnaient ,bien sur les grands personnages.Au baptistére St Jean de Poitiers deux des quatres chevaux décorant les murs de la salle baptismale sont effacé ,mais il reste les images de l’empereur Constantin à cheval et d’un personnage non identifié sur un beau cheval pommelé

Cavalier inconnu au baptistère St Jean de Poitiers

Cavalier inconnu au baptistère St Jean de Poitiers

Le peintre roman ne matérialisait dans ses oeuvres les sentiments qu’il pouvait eprouver pour les animaux.Il faudra attendre le XIII ième siècle pour voir cette tendance s’affirmer.

Gargilesse(Indre).Galopin gardant les chevaux au regards tendres des rois mages(peintures du XIII ième siècle)

Gargilesse(Indre).Galopin gardant les chevaux au regards tendres des rois mages(peintures du XIII ième siècle)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des peintures murales romanes ornent,non pas l’église paroissiale du village de St Plancard dans le Comminges,elle méme décorée de peintures du XVII ième,mais la chapelle funéraire St Jean des Vignes située a quelques centaines de métres du bourg sur la route de Boulogne.La chapelle isolée dans son petit cimetière fut batie sur un ancien site gallo romain et présente deux ensembles différents de peintures du XII ième siècle.Les premieres,les plus anciennes (début du XII ième)occupent les murs de l’abside principale percée de trois petites ouvertures,dans un certain désordre iconographique.Oeuvres probable d’un atelier local elles auraient été exécutées selon la technique de la fresque avant d’étre reprises plusieurs fois à la détrempe.Le dessin est assez frustre,les couleurs assez effacées avec une forte prédominance des ocres rouge,donnant une impression de monochromie rougeatre.Pourtant on discerne ici ou la des traces de vert ,de gris,de bleu donnant a penser que les peintures ont avec le temps perdu une grande partie de leur valeur chromatique.Les deuxièmes sont localisées aux murs de l’absidiole sud voutée en cul de four(l’abside principale n’est pas voutée et l’absidiole nord a disparu) et montrent une palette plus riche,ocres,blanc,vert ,bleu,orangé.Le dessin est plus précis ,plus stylisé et souligné d’un trait ocre rouge.Les personnages se détachent d’un fond composé de larges bandes colorées alternées.Ces peintures de meilleure qualité ,bien que par endroit assez effacées,sont un peu plus récentes et datées du milieu du XII ième siècle.

Ces deux ensembles différents présentent néanmoins des ressemblances (Lignes ondulées marquant les rides du front,Pouces delimitant avec la paume de la main un angle trés ouvert,couronnes carrées identiques)au point que l’hypothèse débouchant sur une réalisation des deux ensembles par le méme peintre à quelques années d’intervalle,n’est pas tout à fait à exclure.

Main du Christ de l'absidiole sud

Main du Christ de l’absidiole sud

Localisation des peintures à l'abside principale

Localisation des peintures à l’abside principale

A l’emplacement 1 apparait un Christ dans une demi mandorle reposant sur les bras d’un enorme siège.Ses pieds reposent sur un tabouret ,il tient le Livre ouvert et est accompagné des quatre evangélistes et de leurs symboles.Main droite levée il apparait disproportionné.

Grand Christ à l'abside principale

Grand Christ à l’abside principale

A l’emplacement 2 un ange de grande taille portant un sceptre désigne deux personnages nimbés.

A l’emplacement 3 les remparts crenellés d’une cité evoquent la Jerusalem Céleste.

A l’emplacement  4 St Jean nimbé de jaune dans une longue robe bleutée bénit de sa main droite

St  Jean ,cape bleue devant les rois mages

St Jean ,cape bleue devant les rois mages

A l’emplacement  5 figure l’adoration des mages.Les trois rois couronnés apportent leurs offrandes a la Vierge tenant l’enfant sur ses genoux.Derrière se tient Joseph.

L'adoration des mages

L’adoration des mages

A l’emplacement  6 est représentée une crucifixion incomplète.A droite Jean et le porte éponge ont disparu.A gauche la Vierge auréolée de jaune est accompagné du porte lance dont la téte déborde sur l’un des bras de la croix.Le bras vertical est raccourci afin de liberer de l’espace pour la scène qui se déroule au dessus.

L’emplacement 7 est consacré à l’Ascension,tandis que les ébrasement de la fenètre centrale sont ornés en haut d’une main divine et sur les cotés de deux anges(emplacement 8 )

Le registre inférieur(emplacement 9) dévoile des personnages barbus,vestiges d’un décor gothique.

L’absidiole méridionale est percée d’une minuscule ouverture.A la voute trone un grand Christ dans une double gloire soutenue par deux beaux anges.Le fond est vert limité par une bande d’un vert plus soutenu.La bordure est composée d’une large bande blanche limitée en haut par un bandeau rouge et en bas par deux bandes rouge et jaune séparées par une rangée de perles

Christ à la voute de l'absidiole sud

Christ à la voute de l’absidiole sud

Ange-atlante soutenant la mandorle

Ange-atlante soutenant la mandorle

Sur le mur de retombée de la voute,coté gauche,une colonne verte portant l’inscription « aparuit caro salutis » sépare Jean à gauche contre la mandorle,d’un groupe de trois personnage conduits par le Christ au nimbe crucifére jaune et aux branches vertes identique a celui de la voute.

Visage de Jean contre la mandorle

Visage de Jean contre la mandorle

Le Christ suivi de deux apotres

Le Christ suivi de deux apotres

Sur le mur de retombée de la voute,à droite,figure la décollation de St Jean Baptiste.Le roi Herode précède un bourreau tenant une enorme épée a la main,vétu d’une tunique grise se détachant d’un fond de bandes colorées,rouge ,blanche verte et jaune.Le corps décapité de Jean Baptiste apparait à la suite.

Le bourreau de Jean Baptiste

Le bourreau de Jean Baptiste

 

Visage du bourreau

Visage du bourreau

Le mur de façade est percée d’une grande baie plein cintre soulignée d’une large bande de grecques.Au dessus apparait une main divine dans un médaillon.De part et d’autre deux anges agenouillées tendent leur mains vers le cercle

Main divine au dessus de l'arc d'entrée

Main divine au dessus de l’arc d’entrée

Ange accompagnant la main divine

Ange accompagnant la main divine

 

A l’intrados de l’arc apparait une décoration d’entrelacs garnis de l’image de deux oiseaux tandis qu’en haut du mur figure dans un cadre à fond blanc bordé de rouge  une belle évocation de la tentation (Voir article Images de la création)

Adam (détail de la Tentation)

Adam (détail de la Tentation)

Sur le piedroit à gauche de la façade figure l’image d’un saint auréolé

 

 

 

 

 

Non loin de Sablé sur Sarthe le charmant village d’Asniéres sur Végre,possède un riche patrimoine culturel(Pont du XII ième enjambant la rivière,maisons des XIV ième et XVI ième siècle,batiment du XIII ième baptisé la « cour d’Asnières » et chateau de Moulivieux dans un parc bordant la Végre).L’église renferme un ensemble de peintures murales datées pour la pluspart de la fin du XII ième mais aussi du XV ième siècle,relatant la légende de St Gilles.

Au revers de la façade occidentale figure classiquement un extraordinaire jugement dernier.Les scènes se déroulent autour d’une petite fenètre axiale en débordant légèrement sur les murs lateraux de la nef.A droite de la fenetre un demon actionne une grande roue sur laquelle s’enroulent des suppliciés.Au dessus les damnés cuisent dans une grande marmite.Deux diables remuent les tétes à l’aide de deux grandes louches.

Damnés cuisant dans un chaudron

Damnés cuisant dans un chaudron

Sous la fenétre apparait une sorte de cerbère tricephale et au dessus un hideux demon portant sur son dos le corps d’une femme.A gauche de la fenètre trois petits personnages nus sont tirés de l’enfer par un personnage porteur d’une lance.Son nimbe crucifére a peine discernable suffit à identifier le Christ.Au dessus l’enorme gueule du Léviathan crache des damnés.Le peintre a utilisé à dessein des tonalités ocres brunes et jaune et souligné les personnages d’un épais trait noir .

Monstre à trois tétes

Monstre à trois tétes

Démon transportant un corps

Démon transportant un corps

Au mur nord de la nef les peintures s’étalent en trois registres sur un fond blanc.

répartition des peintures au mur Nord

répartition des peintures au mur Nord

Au registre inférieur (Emplacement 1 ) il ne reste que quelques traces d’un ruban plissé et d’une fausse draperies;Les autres vestiges datent du XV ième siècle.

Au registre supérieur ,à hauteur des fenètres (Emplacement 2 ) subsiste un tableau de médaillons renfermant des oiseaux et un décor de rinceaux aux intrados.

Peintures du mur  nord de la nef

Peintures du mur nord de la nef

L’adoration des mages figure à l’Emplacement 3.La Vierge sur un trés beau trone est coiffée d’une large couronne sertie de pierres précieuses,identique à celle que portent les rois mages.Dans sa main droite elle tient delicatement entre pouce et index une petite sphère.L’enffant tend les bras vers le premier roi porteur d’un présent.A droite deux personnages auréolés se tiennent debout,le premier tient contre sa poitrine un petit panier vert contenant deux oiseaux.

L'adoration des mages

L’adoration des mages

La présentation au Temple suit à l’Emplacement 4.La Vierge est debout devant l’autel porteuse des mémes vétements que dans l’adoration ,mais un nimbe rouge a remplacé la couronne.A l’Emplacement 5 est figurée la Fuite en Egypte de maniére particulière.Trois soldats d’Hérode se présentent devant une femme travaillant les champs.Derrière elle une gerbe de blé protectrice aide la fuite de la famille.

De gauche à droite,Adoration des mages,Présentation au Temple et Fuite en Egypte

De gauche à droite,Adoration des mages,Présentation au Temple et Fuite en Egypte

Les soldats d’Herode cote de maille et haubert sont armés de lances et de grandes épées.Leur visage unique,sombre, avec de grands yeux blancs cernés de brun et un nez tombant sur la bouche est extraordinaire.

Soldats d'Hérode

Soldats d’Hérode

Visage de l'un des guerriers

Visage de l’un des guerriers

Le mur diaphragme a l’est fait communiquer la nef avec le mur gothique.I lest décoré de peintures a la palette plus riche .Les spécialistes pensent qu’elles sont un peu plus anciennes que les précédentes.Sous une image de la Vierge à l’enfant entourée d’anges figurent des bustes d’apotres dnas des tonalités rougeatres.On identifie St Pierre grace à ses clés.

Le mur sud de la nef est percé de la seule porte d’accés à l’edifice.Le portail occidental a été muré.Les peintures assez effacées montrent les Saintes Femmes au tombeau.Les Saintes se détachent d’un fond d’un fond blanc sous une triple arcade décorée de losanges.Les femmes sont voilées,inclinant la tète en signe d’affliction.Le peintre a utilisé en alternance du vert de l’ocre rouge et du blanc.

Il faut noter que de maigres fragments de fresques du XI ième, semblent temoigner de la présence d’un décor peint trés tot aprés la construction de l’église.

Deux Saintes Femmes

Deux Saintes Femmes

asnieres saint

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la Genèse il est écrit qu’au premier jour fut la Lumière.Puis au deuxième jour eut lieu la séparation des eaux.Dieu sépara les eaux qui sont au dessus du firmament(le ciel)de celles qui sont au dessous.Au troisième jour furent crées la Terre et les mers.Au quatrième jour Dieu créa le Grand Luminaire(le soleil)et le Petit Luminaire(la lune).Cette scène est représentée à St Savin ou Dieu soutient le Soleil et la Lune figurés sous la forme d’un buste masculin et d’un buste féminin inclus dans deux médaillons.

St Savin,la Création du Soleil et de la Lune

St Savin,la Création du Soleil et de la Lune

Puis au cinquième jour survint la création des animaux.Le sixième jour fut celui de la création de l’Homme et de la Femme incarnés par Adam et Eve.Les représentations de cette scène sont nombreuses (St Savin,Chateau Gonthier,St Aventin prés de Luchon a l’intrados d’une arcade de séparation entre nef et bas coté,a Aime en Savoie,à Ligniéres de Touraine à la voute,et la plus belle aux Salles Lavauguyon en Limousin).

Les Salles Lavauguyon,la création d'Adam et Eve

Les Salles Lavauguyon,la création d’Adam et Eve

Création de l'Homme et de la Femme à Aime

Création de l’Homme et de la Femme à Aime

A Ligniéres de Touraine les scenes de la création s’étalent à la voute.De droite a gauche on peut admirer la creation d’Adam et d’Eve,le jardin d’Eden,la Tentation,Adam et Eve chassés du Paradis terrestre.

Lignières de Touraine,la Creation au registre supérieur

Lignières de Touraine,la Creation au registre supérieur

L’histoire d’Adam et d’Eve se poursuit ensuite au Jardin d’Eden avec le bestiaire présenté par Adam et l’union d’Adam et d’Eve,avant la scène la plus représentée,la Tentation.En peinture romane,la scène montre Adam et Eve nus de part et d’autre de l’Arbre autour duquel est entouré le serpent tenant le fruit dans sa bouche.On trouve de belles représentations de ce cèlèbre épisode à Rouillac dans le Lot à l’arc triomphal,à St Plancart en Haute Garonne ou encore à Plaincourault dans l’Indre.

Arbre de la tentation à Rouillas commune de Moncuq (Lot)

Arbre de la tentation à Rouillac commune de Montcuq (Lot)

Eve nue prés de l'Arbre à la chapelle de Plaicourault (Indre)

Eve nue prés de l’Arbre à la chapelle de Plaincourault (Indre)

A la chapelle St Jean des vignes de St Plancart prés de St Gaudens,une belle représentation de la tentation montre un serpent tenant dans sa bouche un fruit évoquant une pomme de pin

La Tentation à St Plancart

La Tentation à St Plancart

Aprés la Tentation,Adam et Eve sont chassés du Paradis Terrestre.Contraints alors de travailler on les retrouve a St Savin et a Tavant notamment,Eve filant la quenouille et Adam béchant.

Ligniéres de Touraine,Adam et Eve chassés du Paradis terrestre.

Ligniéres de Touraine,Adam et Eve chassés du Paradis terrestre.

cre11                                                                                                                                                                Crypte de Tavant,Adam et Eve au travail

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Des peintures murales de la magnifique et immense église St Sernin de Toulouse,le plus vaste édifice roman en France,on ne connaissait qu’une fresque représentant St Augustin figurant dans une des galeries du cloitre,aujourd’hui reproduite sur toile et conservée a l’abri du deambulatoire

Saint Augustin

Saint Augustin

Le saint auréolé et portant la mitre est figuré assis.Il montre le livre ouvert à un personnage ,sans doute un scribe.

Un nettoyage des « décorations » du XIX ième dues a Viollet le duc,ont permit ,il y a quelques années de mettre à jour un ensemble epars de peintures romanes datées du début du XII ième siècle ,dont beaucoup ont été ,de l’avis des spécialistes,exécutées selon la technique de la vraie fresque.Les peintures sont dans l’ensemble de belle qualité montrant par endroit des couleurs etonnantes et encore vivves (rose ,pourpre ,verts).
De manière générale la palette est trés riche.L’ensemble le plus important et le plus intéressant car restitué dans son intégralité,s’étale en cinq registres superposés au bras nord du transept ,sur un mur haut rectangulaire dont l’intégrité n’est rompue que par la porte d’accés à un escalier à droite et par deux petites ouvertures tout en haut.

Localisation des fresques au bras nord du transept

Localisation des fresques au bras nord du transept

Le thème général est la résurrection du Christ.Le registre inférieur est ici,comme souvent dégradé (Emplacement 1) On distingue deux images de boucliers ocre rouge se détachant d’un fond blanc et des traces de personnages identifiés par les inscriptions « MILES »et « CUSTOS ».Sans doute des soldats de Pilate gardant le tombeau du Christ.La fausse tenture en dessous est presque totalement effacée.

Au dessus (Emplacement 2) figurent les Saintes Femmes au tombeau.Marie,mère de Jacques,Marie Magdaléne et Salomé se détachent d’un fond de trois bandes blanche ocre et verte.Le peintre parait avoir privilégié Marie Magdalène au centre ,vétue d’une longue robe claire aux beaux drapés,la téte penchée sur sa main en signe d’affliction.A droite un magnifique ange vétu de rose désigne le tombeau dérrière lui au dessus de la porte.

Ange de la résurrection

Ange de la résurrection

Les prophétes Jérémie et Isaie agenouillés(Emplacement 3 ) sont identifiés par les inscriptions « JEREMIA » et « …MIA » .Ils sont là pour temoigner de la résurrection du Christ.Au dessus(Emplacement 4) apparait le Christ dans une mandorle assis sur son trone tenant le Livre ouvert, entre l’Alpha et l’Omega entouré de Marie à droite et de Jean à gauche tous deux main droite ouverte et tendue vers lui.Devant eux sont figurés deux grands chandeliers,tandis que deux lampes suspendues à des chainettes semblent descendre du ciel.L’espace situé à gauche de la minuscule ouverture (Emplacement 5 )révèle l’image trés abimée d’un médaillon encadré de deux anges agenouillés.Enfin l’intrados de l’arc (Emplacement 6) est décoré d’une série de douze médaillons renfermant des bustes de vierges couronnées.

Ensemble des peintures au bras nord du transept

Ensemble des peintures au bras nord du transept

La voute d’arete qui précède est occupée par des peintures ,dont certains specialistes affirment qu’elles ont été exécutées par un artiste différent.Il est vrai que le graphisme n’est pas le méme,le dessin plus stylisé,les teintes plus soutenues (verts puissants,ocres trés rougeoyants).Au centre se détache une trés belle image de l’Agneau divin traité en jaune porteur d’un nimbe crucifére à fond rouge,dans un grand médaillon circulaire constitué de deux cercles concentriques blanc et vert bordés d’une série de cinq bandes colorées trés soutenues qui contrastent fortement avec les nimbes blancs des huit anges ,qui groupés par deux occupent les quatre voutains.Les arétes sont soulignées de deux larges traits ocre rouge.Les intrados des arcs délimitant la voute sont décorés de cercles renfermant d’un coté des oiseaux de l’autre différentes représentations animales.

Agneau pascal entouré par des anges

Agneau pascal entouré par des anges

Au niveau des bas cotés nord de la nef,sur l’un des piliers de la dernière arcade est figuré le »Noli me tangere »c’est à dire l’apparition du Christ ressuscité à Marie Magdalene.Le Christ dans une robe verte et une cape rouge aux beaux drapés,croise curieusement les pieds à l’envers.La sainte femme à sa droite dans une robe jaune et blanche ,sur un fond rougeatre trés soutenu,parait toute petite.Au dessus du tableau court une bande de grecques.Dessous on distingue un deuxième tableau trés effacé qui représentait la méme scène.Sur le pilier en face,au méme niveau apparait un ange assis sur des nuages.Ces fresques sont considéres comme légèrement antérieures à celles du transept nord.

Le "noli me tangere"

Le « noli me tangere »

Mais l’église St Sernin offre bien d’autres images peintes de différentes époques.L’abside principale conserve un décor peint du XVI ième siècle.Un Christ et ses symboles trone à la voute tandis que dessous les apotres siègent alignés.L’abside d’une des chapelles du bras sud du transept montre un assomption du XIX ième et un couronnement de la Vierge du XIV ième.Dessous on distingue des traces d’un décor du XIII ième évoquant la Vierge entourée par des anges

 

 

 

Le village de Palluau et son chateau médièval sur un promontoire dominant la vallée de l’Indre,peut s’enorgueillir de posséder l’une des images les plus connues de la peinture murale romane en France.Des peintures du XII ième siècle occupent ,non pas l’église paroissiale,mais un édifice dont une partie ,lorsque je le visitais dans les années 80,était inclus dans une habitation.Les fresques romanes cotoyent des peintures du XVième siècle consacrées entre autre à la vie de St Laurent ,patron de l’église.Mais l’image « choc » est celle d’une vierge à l’enfant tronant à la voute de l’abside assise sur un extraordinaire siège en forme de drakkar dont la proue et le poupe seraient terminées par deux tétes de dragons.La Vierge coiffée d’une couronne carrée est affublée d’une enorme auréole jaune bordée de rouge.

Vierge à l'enfant de Palluau sur Indre

Vierge à l’enfant de Palluau sur Indre

Le reste des peintures est localisé aux murs de l’abside,à la voute en berceau du choeur et sur toutes les faces de l’arc triomphal de séparation.Malheureusement si les couleurs demeurent encore vives,l’ensemble est trés effacé.

Ensemble des peintures

Ensemble des peintures

A la voute du choeur trone un Christ dans une gloire à fond jaune bordée de quatre bandes colorées ,porteur d’un nimbe crucifère rouge dont les bras à fond blanc sont richement décorés de pierres précieuses.Il tient le livre ouvert et est entouré de 3 symboles évangéliques,le quatrième est effacé.Le visage particulier,avec ses 4 petites taches rouges est identique à ceux de la Vierge et de l’enfant (Voir article Visages romans)

Visage du Christ à la voute du Choeur

Visage du Christ à la voute du Choeur

Le mur de l’abside est percé de trois baies,l’une des fenètres a été murée.Aux embrasures apparaissent des vestiges peints et sur les murs entre les baies on observe les visages de deux saintes et celle d’un évéque tenant la crosse.Au niveau de l’arc les peintures sont trés éffacées ,des visages apparaissent ici ou la

Voute de l'abside et arc triomphal

Voute de l’abside et arc triomphal

 

 

 

 

Lorsque l’on sillonne la France en quéte de peintures murales romanes on constate trés vite que des pans entiers de notre territoire en sont totalement dépourvus ou presque.Cela parait d’autant plus etonnant que cette carence concerne parfois des régions ,par ailleurs grands « pays d’art roman ».On peut essayer des explications mais si pour certaines régions elles ont une certaine pertinence ,pour d’autres le mystère demeure.Il y a bien sur des causes générales les guerres les conflits locaux ,certaines exactions au cours de la révolution,les pillages ,les campagnes d’effacement au XIX ième siècle,mais comment expliquer que toutes ces causes n’aient pas touché uniformément notre territoire?Pour certaines régions on peut au moins avancer certaines hypothèses crédibles;l’influence cistercienne,la prolifération de l’art gothique,des influences climatiques et peut etre méme un parti pris artistique.

Les édifices recèlant des peintures romanes se concentrent sur un territoire comprenant le sud de l’Ile de France;la Bourgogne,le Lyonnais et une partie des Alpes,l’Auvergne et le Velay,le Rouergue,et plus au Sud le Languedoc,le Roussillon,les Pyrénées puis en remontant par le Quercy,le Limousin,le Berry tres riche en vestiges peints ,le Poitou la Touraine et plus généralement tous les territoires ligériens bien pourvus ,puis le Maine et au delà une partie de la Normandie.L’Alsace,la Franche Comté,la Lorraine,la Champagne,le Nord,la Picardie,la Bretagne,une grande partie du Sud Ouest,l’extreme Sud Est de la Provence à la Corse , plus curieusement la Saintonge et plus generalement la bande cotière atlantique ne possèdent quasiment pas de peintures romanes.Certaines régions disposent d’une concentration exceptionnelle de peintures romanes,la Vallée du Loir en particulier qui s’enorgueillit de posseder une dizaine d’édifices ornés de peintures romanes sur 80 kilométres.

Pour les régions du Nord et voisines de l’Ile de France l’absence de peintures romanes découle de la campagne systématique de destructions et de transformations des églises romanes des l’avénement du gothique,né tout prés à St Denis,et ce parfois dés la fin du XII ième siècle.Dans les édifices conservés le vitrail prit souvent la place de la peinture murale.Pour l’Alsace ,pourtant grande terre d’art roman et plus généralement pour les contrées du Nord Est,l’absence de peintures reste plus mystérieuse.En Alsace ,les seuls vestiges peints romans sont visibles a Avolsheim à une trentaine de kilométres au sud de Saverne.La petite cité possède deux édifices d’origine carolingienne,le célèbre Dompeter et la chapelle St Ulrich qui renferme des peintures murales de fin d’époque romane.Les fresques occupent la coupole que surplombe le clocher édifié dans la deuxième moitié du XII ième siècle.

Avolsheim,ensemble des peintures de la coupole

Avolsheim,ensemble des peintures de la coupole

COT URS

Au dome trone un Christ en majesté dans une gloire circulaire.Les symboles évangeliques sont cantonnés sur le tambour,dans des demi sphères accompagnés de leurs attributs habituels.Entre chaque symbole figurent des anges.Dessous,entre les fenètres décorées de rinceaux ocre rouge tant à l’intrados qu’à l’extrados,s’étalent des scènes difficilement identifiables.

Fenètre décorée de rinceaux

Fenètre décorée de rinceaux

Les peintures de la fin du XII ième ne sont pas d’une qualité exceptionnelle,le dessin est assez naif et grossier,la palette assez restreinte à forte dominante ocre rouge et l’état de conservation variable en fonction des secteurs.Néanmoins l’intérét architectural du batiment qui les accueille ,leur caractère exclusif pour l’Alsace imposent une visite.

Pour les provinces du Sud Est et la Bourgogne,relativement pauvre en peintures murales romanes ,si l’on tient compte de l’impressionnante densité d’églises romanes dans cette région,on peut avancer l’hypothèse de l’influence cistercienne.

L’absence de peintures romanes en Saintonge est plus difficile a expliquer.Les artistes auraient t ils concentré tout leur savoir faire sur la décoration sculptée?Ou l’humidité du climat aurait elle empéché la conservation des oeuvres peintes?A l’appui de cette hypothèse ,on peut remarquer que la bande cotière atlantique de la Bretagne au Pays Basque est dépourvue de peintures murales ,à l’exception des vestiges rongés par l’humidité et le salpètre de l’église de Sallertaines en Vendée ou des fresques du XIII ième siècle de Retjons protégées par le forét landaise.A Sallertaine,prés de Beauvoir sur mer,face à Noirmoutier dans une zone marécageuse subsistent des fragment s de peintures romanes.Le tronc dénudé d’un Christ sur sa croix et des médaillons évoquant les restes d’un calendrier des mois.

Corps du Christ en croix à Sallertaine

Corps du Christ en croix à Sallertaine

Sallertaine,vestiges d'un calendrier des mois

Sallertaine,vestiges d’un calendrier des mois

Pays Basque Gascogne Guyenne et Périgord sont quasiment dépourvus de peintures romanes.En Périgord il ne subsiste que les peintures de Montferrand,En Guyenne il ne subsite guère que des peintures de fin d’époque décorant l’église collégiale de St Emilion .On peut y voir une belle image de la Vierge,aux tonalités encore vives sur l’un des piliers.A coté une serie de gros médaillons renfermant des personnages non identifiés.Dans l’un des médaillons certains spécialistes pensent reconnaitre l’évocation du martyre de Sainte Catherine.Malheureusement les peintures sont trop abusivement restaurées.;

Saint Emilion,la Vierge

Saint Emilion,la Vierge

Médaillons renfermant des personnages à St Emilion

Médaillons renfermant des personnages à St Emilion

Le martyre de Sté Catherine?

Le martyre de Sté Catherine?

Récemment un bel ensemble de peintures murales a été dégagé en la belle église St Nicolas de Nogaro dans le Gers ,prés de Aire sur Adour.Les peintures ,semble t il exécutées selon la technique de la fresque sont datées du début du XII ième siècle et constituent le seul exemple de peintures romanes de Gascogne.(voir article « Des bleus et le bleu d’aérinite).Elles furent découvertes en deux temps.En 1995 à la suite de travaux à l’absidiole Nord fut dégagé un ensemble de tableaux sur deux registres consacrés à la vie et au martyre de St Laurent.En 2003 d’autres peintures furent dégagées à la voute de l’absidiole sud et notamment une belle théophanie ou le Chrst apparait dans une mandorle festonnée de bleu

St Laurent baptisant le soldat Romain(absidiole Nord)

St Laurent baptisant le soldat Romain(absidiole Nord)

Christ dans sa mandorle à l'absidiole sud

Christ dans sa mandorle à l’absidiole sud

En Bretagne on ne connaissait jusqu’à il y a peu que l’image d’un christ à la partie haute du mur oriental du croisillon sud du transept de l’église St Sauveur de Redon

Christ de Redon

Christ de Redon

Dans les années 80 furent découvertes ,à coté de peintures pré existentes du XVI ième et XVII ième siècle ,des fresques du XII ième en l’église de Langast au sud de St Brieuc.Ces peintures qui occupent la chapelle St Gall ,du nom d’un ermite irlandais compagnon du fameux St Colomban,cotoyent des élément architecturaux trés anciens dits en « arétes de poisson » et constituent le seul ensemble de peintures romanes de Bretagne.Elles occupent les intrados des grandes arcades et des piliers qui les soutiennent et révèlent une série d’anges aux ailes déployées.

Ange à Langast

Ange à Langast

Chaque ange tient un livre contre sa poitrine et présente sa main droite ouverte vers l’extérieur.Seuls les vétements et leurs coiffures les différencient.Mais les images les plus intéressantes sont celles de St Michel et de Mélchisedech.St Michel est figuré ailes déployées,un personnage sortant de son ventre.Le personnage evoquerait une ame.Nous serions donc en présence d’un St Michel psychopompe,c’est à dire interfèrant sur l’ame des morts.Cette représentation de St Michel est trés rare et habituellement sa fonction psychopompe est figurée dans les scènes du pèsement des ames.

Saint Michel

Saint Michel

Melchisedech est un personnage biblique assez mystérieux évoqué dans des textes probablement apocryphes de la Genèse ,consacrés à l’histoire d’Abraham.

Melchisedech face à St Michel

Melchisedech face à St Michel

A noter sur le mur entre les deux fenétres l’appareil en « opus spicatum ».Ces éléments archaisant ont entre autres,longtemps fait dater les peintures de Langasr du XI ième voire du Xième siècle.Des études ont démontré qu’elles n’étaient pas antérieures au XII ième siècle.En dépit d’une palette trés restreinte,d’un dessin geométrique,de personnages figés et disproportionnés,les peintures de Langast revètent pour la Bretagne un intérét archeologique considérable.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mot catalan « roure » signifie chène en français.La chapelle Notre Dame del Roure est un édifice du XII ième siècle isolé sur les contreforts du Canigou,à l’ecart du petit village de Taillet au dessus de Céret.Des peintures murales de la fin du XII ième siècle récemment restaurées occupent la voute et les murs de l’abside.La chapelle n’a été classée monument historique qu’en 2006.

A la voute tronait un Christ en gloire dont il ne reste quasiment plus rien;On peut encore voir une partie des bordures de la mandorle et un ange ,ailes déployées traité en ocre jaune se détachant d’un fond bleu clair animé d’étoiles rouges.Derrière un deuxième personnage non identifiable tend son bras vers la gloire du Christ comme l’ange qui le précède

ND del Roure à Taillet ,Ange autour de la mandorle

ND del Roure à Taillet ,Ange autour de la mandorle

Dessous,sur le mur en hémicycle,sous une bande décorative assez effacée bordée de deux traits ocre rouge figure une entrée du Christ à Jérusalem.Le Christ est juché sur une anesse blanche précédée de son anon.Le Christ vétu de bleu est accueilli par Zachée dans son arbre et accompagné de deux autres personnages.Les habits sont tous traités de la méme façon,les bas de robes blancs sont décorés de carrés et de losanges délimités de traits fins ocre rouge.On retrouve cette méme décoration au bas des robes des personnages de la voute.On distingue une cité sommairement déssinée.Les deux personnages accompagnant le Christ deux apotres, sont nimbés et tiennent un livre .

L'entrée du Christ à Jérusalem

L’entrée du Christ à Jérusalem

Le Christ est à califourchon sur son ane conformément à la tradition byzantine.Les couleurs sont etonnantes.Les larges surfaces rosées et bleu clair pastel,confèrent leur originalité à ces peintures.Il s’agissait sans doute à l’origine de rouges et de bleus plus soutenus délavés au fil du temps.Certains spécialistes affirment que ces peintures ont été éxécutées selon la technique de la vraie fresque,puis reprises plusieurs fois à la détrempe.Le dessin est de piètre facture,trés graphique,oeuvre probablement d’un atelier local.Certaines ressemblances avec les peintures voisines de le Chapelle du Vilar ont été soulignées ,mais ces dernières sont de meilleures qualité.Si l’artiste de Taillet n’était pas un génie il convient de saluer son souci du détail,allant jusqu’à représenter le crochet permettant de soutenir la fausse draperie figurée au registre inférieur sous un bandeau décoratif.459Cette fausse draperie est l’élément le plus intéressant de l’ensemble.Dans ses plis sont représentés des oiseaux blancs trés stylisés au contours soulignés de noir ,présentant des ressemblances avec ceux figurant aux peintures bien plus anciennes de San Quirce de Pedret.Malheureusement la draperie a été abimée par l’ouverture postérieure d’une porte

 

L’église hors culte du bourg de Vieux Pouzauges en Vendée,sur un hauteur dominant la petite ville de méme nom renferme des peintures murales d’extréme fin d’époque romane localisées essentiellement au mur nord de la nef.Les larges aplats d’un bleu délavé conférent à l’ensemble une athmosphère singulière,mais c’est surtout les thèmes iconographiques relatifs à l’enfance de la Vierge,rares en peinture murales romane qui constituent l’intéret principal des fresques du Vieux Pouzauges

Visage de la Vierge

Visage de la Vierge

Au sommet du mur s’étale en frise un calendrier des mois.Les scènes sont incluses dans des médaillons ovalaires bleus reliés entre eux par un faisceau végètal.Les évocations estivales ,moisson,battage ainsi que le mois de Mai sont les mieux conservées.Mai est représenté par un cavalier devant son cheval ,prét pour le départ.Une femme lui confie un objet.

Calendrier des mois,évocation de Mai

Calendrier des mois,évocation de Mai

Au dessous un large bandeau d’ondulations ocres bleues et jaunes matérialisant le terre sépare le calendrier d’une large frise de grecques interrompue à intervalles réguliers de rectangles à fond blanc contenant des représentations hétéroclytes(animaux ,monstres,personnages)qui se prolonges sur les intrados des deux fenétres du mur.La colonne et le chapiteau soutenant l’arc doubleau ont reçu une décoration peinte.On y observe un curieux masque peint en rouge.

Colonne et chapiteau peints,bande de grecques et Calendrier des Mois

Colonne et chapiteau peints,bande de grecques et Calendrier des Mois

Dessous en plusieurs tableaux figurent des scènes de l’enfance de la Vierge.Le premier tableau en partant de la gauche évoque la présentation de la vierge au Temple.La vierge voilée de vert dans une longue robe bleu tend ses bras vers l’avant.Devant elle figure un enfant aux longs cheveux ocre rouge.Derrière apparait Joachim époux d’Anne et pére de Marie en position de prière suivi de deux personnages non identifiès.Au dessus de la scène apparaissent les toits d’une cité

La présentation de la Vierge au Temple

La présentation de la Vierge au Temple

La Vierge et Joachim,

La Vierge et Joachim,

La scène suivante décrit l’apparition de l’ange à Joachim.Joachim barbu aperçoit un ange qui descend du ciel

Devant ,deux bergers jouant d’un instrument de musique sont accompagnés de leur troupeau de chèvres.

Bergers musiciens

Bergers musiciens

vieux pouzauges chevreLe tableau qui suit évoque la rencontre de Joachim et d’Anne.Anne robe rouge voilée de blanc enlace tendrement son futur époux,Joachim coiffé d’un curieux couvre chef.Cette scène est assez dégradée

La rencontre de Joachim et Anne

La rencontre de Joachim et Anne

La derniére scéne présente la visite de l’ange à la Vierge.Celle ci nimbée de jaune est figurée agenouillée devant le Temple.Un ange porteur d’une palme emerge au dessus d’elle.

L'ange et la Vierge

L’ange et la Vierge

 

 

 

 

 

Jéssé était le père du roi David.L’arbre de Jéssé symbolise la lignée conduisant au Christ.Jéssé en est la racine et à partir de lui le rameau se développe et mène au sommet jusqu’à Jésus qui en est le fruit ,en passant par la Vierge qui en est la fleur.E n peinture murale romane nos églises offrent quelques belles représentations de cet arbre.L’une à la chapelle du Liget en Indre et Loire,l’autre en l’église de Lavardin dans le Loir et Cher,une troisième assez différente a la voute de l’oratoire de l’ancien palais abbatial de Moissac.Enfin on peut en voir une évocation à la crypte de Tavant.

Bien que la chartreuse du Liget et l’église de Lavardin soient géographiquement assez proches et que les peintures aient été éxécutées à la méme époque( fin du XII ième siècle)c’est un parti pris bien différent qui fut choisi pour la réalisation de chacune de ces oeuvres.A Lavardin la scène fut réalisée selon un schéma que l’on pourrait qualifier de conventionnel.Jéssé est allongé sur le sol et le surgeon sort de son corps et se ramifie verticalement en enserrant le roi David puis au dessus de lui la Vierge pour donner à la cime le fruit c’est à dire le Christ.

le roi David dans les rameaux de l'Arbre à Lavardin

le roi David dans les rameaux de l’Arbre à Lavardin

Détail du roi David avec le rameau qui s'échappe de sa couronne

Détail du roi David avec le rameau qui s’échappe de sa couronne

la Vierge dans les rameaux de l'arbre de Lavardin

la Vierge dans les rameaux de l’arbre de Lavardin

Au Liget point de verticalité ,la scène est linéaire.Jéssé est figuré assis tenant délicatement le rameau de sa main droite tandis que la Vierge est représentée à ses cotés.Le Christ emmerge de sa téte entre deux rameaux fleuris

L'arbre de Jéssé au Liget

L’arbre de Jéssé au Liget

Jéssé au Liget

Jéssé au Liget

Ainsi dans un cas ,Le Liget,Jéssé est central et bénéficie de toutes les attentions du peintre,dans l’autre cas ,à Lavardin la priorité est donnée aux images de David et de la Vierge.Mais peut etre ne faut il voir dans ce décalage que de banales considérations pratiques.A Lavardin l’artiste a pu bénéficier de la surface étroite et haute d’un pilier lui permettant de restituer toute la verticalité de l’arbre.Au Liget la configuration des murs bas et en rotonde ont imposé au peintre la réalisation d’une scène horizontale.A Lavardin le visiteur retiendra l’image de l’entrelacement des rameaux de l’Arbre,au Liget il concentrera sas regards sur l’image de Jéssé particulièrement bien mise en valeur

A Moissac la profusion des rameaux terminés en fleur de lys se détachant d’un bleu vert trés particulier,le bleu d’aérinite,attire tous les regards.Ainsi cet entrelacement joue a la fois un role symbolique actif et un role de pure décoration.Il n’y a pas ici de continuité comme a Lavardin et l’effacement d’une partie des peintures ne facilite pas l’interprétation.

Rameaux fleurdelisés entrelacés et prophétes a la voute de l'oratoire de Moissac

Rameaux fleurdelisés entrelacés et prophétes a la voute de l’oratoire de Moissac

383Il n’y a pas ici d’image de Jéssé.Le rameau sort de David reconnaissable à son instrument de musique et figuré sur le mur ouest(emplacement 1).Le rameau s’étend ensuite a toute la voute enserrant un personnage dans sa mandorle dont on peut penser qu’il s’agit de la Vierge (emplacement 2).A coté figurent des prophétes assis au milieu des rameaux et déroulant des phylactères (emplacement 3 )

Prophéte déroulant un parchemin

Prophéte déroulant un parchemin

Au dela figure le Christ dans une mandorle plus volumineuse (emplacement 4) probablement entouré des 4 symboles,mais l’image est séparée de la précédente par une large bordure décorative.A l’emplacement 5 figurent des apotres.

A la crypte de Tavant on admire une évocation de l’arbre de Jéssé,sous la forme d’un personnage tenant  délicatement un rameau.S’agit il de Jéssé? ou plutot de David maintes fois représenté sur les images de la crypte.?ou alors de la Vierge?

Crypte de Tavant,personnage tenant le rameau

Crypte de Tavant,personnage tenant le rameau

 

 

 

 

L’ancien bourg d’Yron est aujourd’hui intégré à la commune de Cloyes sur le Loir.La chapelle prieuriale est incluse dans des batiments utilisés comme maison de retraite.C’est un édifice rectangulaire à nef unique terminée par une abside en cul de four percée de trois ouvertures.Les peintures s’étalent à la voute et sur le mur de l’abside ainsi que sur les murs de la nef et sont datées de la fin du XII ième siècle.

Ensemble des peintures de l'abside

Ensemble des peintures de l’abside

Le Christ tronant à la voute n’est que du XIV ième siècle.Il recouvre presque entièrement le Christ du XII ième dont on parvient à discerner la téte au dessus de celle du Christ actuel.La gloire en amande du XII ième est visible par endroits,les symboles évangéliques ainsi que les anges autour de la gloire du Christ sont du XIVième.

Aigle de St Jean du XIV ième siècle.On distingue dans l'angle supérieur droit les bordures de la gloire du XII ième

Aigle de St Jean du XIV ième siècle.On distingue dans l’angle supérieur droit les bordures de la gloire du XII ième

On distingue encore excentrés par rapport à la gloire actuelle l’Aigle de St Jean et l’ange de St Mathieu romans.Les élus et les anges occupant la voute sont du XIV ième

Ange tenant l'épée(XIV ième siècle)

Ange tenant l’épée(XIV ième siècle)

Le mur en cul de four était à l’origine percé de trois baies identiques.Les quatre pans de murs disponibles étaient occupés par les images des 12 apotres reparties en 4 groupes de 3.Aux larges embrasures des fenètres sont figurés des évéques debout dans leurs habits sacerdotaux.Ils sont représentés simplement,hiératiques ,le visage sans expression.Chacun tient la crosse et le livre fermé.L’une des représentations a été détruite par l’elargissement postérieur de la baie coté Sud entrainant aussi l’effacement de deux images d’apotres.Les apotres sont mieux conservés coté nord.Chacun d’eux est figuré sous une arcade soutenue par deux colonnettes décorées de motifs géométriques en spirales.L’artiste s’est efforcé d’alterner les couleurs des robes et des alveoles,mais la teinte dominante demeure l’ocre rouge.Au dessus des arcades apparaissent des motifs géometriques,demi cercles à gauche,dessins trapézoidaux à droite.

Apotres et évèque

Apotres et évèque

Les peintures des murs de la nef sont circonscrites dans des tableaux rectangulaires limités de deux traits épais ocre rouge et jaune.Au mur Nord est figurée une adoration des mages.La vierge ,l’enfant sur ses genoux est adossée à une belle colonne à décoration spiralée surmontée d’un chapiteau peint en vert.La Vierge voilée de blanc au nimbe ocre rouge est assise jambe gauche repliée.L’enfant au large nimbe crucifère tend les bras vers les mages couronnés semblant arriver en courant

Les offrandes des mages

Les offrandes des mages

La Vierge à l'enfant (détail)

La Vierge à l’enfant (détail)

Le tableau suivant est consacré au Baiser de Judas,dans une « mise en scène »assez particulière ou Jésus et Judas apparaissent au centre encadrés de deux groupes identiques de personnages en armes.Le Christ tourne la téte et s’incline sur sa droite vers un Judas bien plus petit que lui.L’un des hommes du groupe de droite saisit le bras droit su Christ,tandis que Judas à gauche laisse tomber son bras droit en arrière,semblant désigner ainsi le groupe des traitres;Certains des hommes composant les deux groupes ne sont pas armés,les autre dérrière forment une haie de piques et de lances.

Le Baiser de Judas

Le Baiser de Judas

Le mur sud de la nef est percé de trois ouvertures.Deux baies et une porte ouverte plus tardivement dans la partie basse du mur.Entre les deux baies figure une image de saint identifié comme Bernard de Tiron disciple de Bernard de Clairvaux.Chasuble grise,auréole grise il tient le Livre et la crosse et figure sous une arcade dont les clonnes sont identiques à toutes celles que l’on observe sur l’ensemble peint.

Un troisième tableau évoque la Flagellation .Les limites du tableau sont matérialisées par des colonnes ocre rouges aux motifs décoratifs spiralés.La limite supérieure est figurée par une bande ocre jaune en forme de voute censée évoquer un toit.Le Christ est appuyé sur une large colonne rouge,à la fois bras vertical de la croix et pilier de soutien du toit.De part et d’autre deux bourreaux lèvent leur fouets.Le Christ est représenté bras écartés téte inclinée vers la gauche,jambes croisées.Un pagne vert et jaune enserre sa taille.Le visage semble apaisé.Il est porteur d’un large nimbe crucifère et non de l’habituelle couronne d’épine.Le peintre roman a quasiment ignoré la Flagellation ,peut etre la scène était elle considérée comme trop cruelle.Dans les rares représentations connues les bourreaux sont au nombre de trois.

Visage du Christ de la Flagellation

Visage du Christ de la Flagellation

 

 

 

 

L’église St Léger d’Ebreuil en Bourbonnais ,à une cinquantaine de kilométres au nord de Clermont Ferrrand ne passe pas inaperçue tant le blanc clocher porche ressemblant à celui de St Benoit sur Loire qui la précéde est imposant.L’édifice mi roman mi gothique renferme un ensemble de peintures trés original,bien différent des peintures auvergnates voisines.Les fresques d’Ebreuil ne laissent pas indiffèrent on aime ou on aime pas.Le peintre a utilisé abondamment du gris ,une teinte ordinairement appliqué avec parcimonie.Ce gris associé a de vieux roses ,a des teintes orangées le tout rehaussé et éclairé par un utilisation sans modération de larges aplats de blanc donnant a cet ensemble une brillance remarquable,confère aux peintures un étonnant caractère de modernité.La palette est trés riche,blanc ,gris,rose,noir,ocres ,orangé,brun,bleu.

Les peintures datées des environs de 1130 ,date de construction de l’église,occupent les murs de la tribune occidentale s’ouvrant sur la nef.Sur la paroi Nord ,c’est à dire à gauche ,les peintures sont assez effacées.Une belle représentation de l’Annonciation est toutefois bien conservée.L’archange Gabriel ,désigné par une inscription au dessus de sa tète précède la Vierge.Entre les deux une main divine emerge de nuages.Le fond est composé de trois bandes colorées ,une large bande rouge en bas et au dessus une bande blanche puis une bande jaune.On peut voir aussi sur ce mur les images de Michel terrassant le dragon et de Raphael.

Annonciation au mur Nord

Annonciation au mur Nord

Le mur Sud,à gauche,montre trois personnages en pied,assez hiératiques.Le premier vétu d’une robe bleu n’est pas identifié.Les deux autres sont respectivement le pape Clément et St Austremoine dans un bel habit gris.Tous deux sont posées sur des ondulations ocres matérialisant la terre.Ils se détachent d’un fond composés de 7 bandes colorées à prédominance de roses et de blanc.A leur coté est figuré le martyre de St Pancrace .Le bourreau glaive au dessus de sa tète tient le supplicié par les cheveux.Pancrace dans une simple tunique sombre semble se jeter ,bras tendus en avant sur son bourreau.Au dessus de la scène court une large et belle frise de rinceaux blancs sur un fond vieux rose

Peintures de la paroi Sud

Peintures de la paroi Sud

Saint Austremoine

Saint Austremoine

St Clément et le martyre de St Pancrace

St Clément et le martyre de St Pancrace

La paroi ouest s’ouvrant sur la nef est creusée d’une porte plein cintre.Au registre supérieur court une frise garnie d’animaux(lions,aigle,dragon)mais aussi de motifs végétaux.Encadrant une femme assise au milieu des branches,apparaissent deux scènes de chasse.Un fauconnier précédé de chiens coursant un lièvre,et un homme a cheval soufflant dans une corne,chassant un cerf poursuivi par des chiens.Le tout se détache d’un fond gris bleu trés soutenu.

Frise représentant des scènes de chasse

Frise représentant des scènes de chasse

Au dessous sur un fond constitué d’un assemblage de carrés gris orangés bleus et blanc,est figuré comme sur un linteau,le martyre de Sainte Valerie.Etienne assis sur un curieux siège ,vétu d’un habit gris maintenu par un gros fermoir tient par la lame l’épée que lui tend un bourreau à demi allongé d’une main, tandis que de l’autre il désigne la victime

Martyre de Sainte Valérie (détail)

Martyre de Sainte Valérie (détail)

Etienne

Etienne

A coté figure la décollation de Valérie,téte baissée devant le bourreau.Le nom de la sainte « VALERIA » est inscrit au dessus.La scène suivante montre Valérie offrant sa tète à Martial qui est identifiable à la présence de lettres

Sur l’un des piliers de la nef figure une peinture du XV ième siècle représentant St Georges patron des croisés en chevalier casqué.

 

 

 

 

Le moine Théophile explique dans sa « Scédula » comment étaient fabriquées et utilisées les couleurs.La réalisation des visages exigeaient la fabrication de couleurs dites complexes.L’une d’entre elles la »membrana »avait une importance capitale en peinture romane.C’était la couleur de la chair.Pour la fabriquer le moine préconise de placer de la céruse ou blanc de plomb ,sèche,dans un récipient en cuivre ou en fer et de mettre le tout à chauffer.On laissera ensuite refroidir la poudre ainsi obtenue que l’on mélangera avec du blanc de plomb et du cinabre(rouge).En augmentant la proportion de cinabre on obtenait une couleur » chair »plus foncée.Si l’on souhaitait une teinte plus pale on ajoutait du « vert de poireau »une teinte obtenue par reduction en poudre de quartz vert que l’on tamisait à travers un linge humide.Pour réaliser les visages,le peintre déposait sur le mur mouillé un aplat de couleur chair c’est à dire de « membrana ».En melangeant la « membrana » à de la chaux on obtenait une meilleure incorporation de la couleur sur le mur humide.Le peintre dessinait le contour et les traits du visage sur la teinte de base à l’aide du « posch »obtenu par adjonction à la « membrana »de vert et de rouge.Il mettra ensuite en place les ombres en utilisant un « posch » plus foncé dit « posch secondaire ».Il suffisait pour cela d’augmenter les doses de vert et de rouge mélées à la « membrana ».

Visages d'apotres a Vendome

Visages d’apotres a Vendome

.Pour obtenir les zones éclairées du visage,le peintre appliquait en des endroits bien précis la « lumina »obtenue par un mélange de couleur chair et de blanc de plomb broyé.La teinte rosée ainsi obtenue était d’autant plus claire que la proportion de blanc était importante.Ce rose clair ou « lumina »était réservé aux parties saillantes du visage et contrastait avec le »posch secondaire »limité aux zones en creux.Le coloriage du visage était ensuite affiné par application de traits rouge vif fins,notamment au niveau de la séparation des lévres et autour des pupilles.Le fond des yeux étaient exclusivement traités en blanc,les pupilles en gris.

Membrana posch et lumina aux visages de deux apotres à St Savin

Membrana posch et lumina aux visages de deux apotres à St Savin

A  Areines prés de Vendome,l’artiste a utilisé massivement un blanc quasiment pur en lieu et place de la « lumina »

Visage du Christ d'Areines

Visage du Christ d’Areines

Areines,un apotre

Areines,un apotre

Ces recommandations ne s’appliquaient que pour les peintures dites à fond clair.La ou les influences byzantines dominaient,le traitement des visages était sensiblement différent.

Visage d'apotre à Berzé la ville

Visage d’apotre à Berzé la ville

Il arrivait parfois que les teintes de fond étaient si « accrocheuses » qu’elles détournaient le regard du visage peint ,centre d’intérét principal de la scène .Il en est ainsi a Thiers ou le visage du Christ est noyé dans la masse rouge du fond carminé ou à St Martin de Fenollar ,le magnifique fond vermillon aimantant le regard du visiteur

Visage du Christ à Thiers

Visage du Christ à Thiers

Visage d'un roi mage à Fenollar

Visage d’un roi mage à Fenollar

Le traitement des visages obeissait a des règles constantes.Les visages du Christ ,de la Vierge et des personnages importants sont toujours figurés de face ou de trois quart.La position de profil a une valeur négative et est réservée aux personnages subalternes ou que l’on veut inférioriser(Judas,les bourreaux,les pauvres,les serviteurs).

Bourreau à Ste Marie aux Anglais

Bourreau à Ste Marie aux Anglais

Mais il y a des exceptions,témoin le beau visage trois quart face d’un pauvre aus fresques de St Aignan sur Cher

Visage d'un anonyme a St Aignan sur Cher

Visage d’un anonyme a St Aignan sur Cher

Le visage du Christ en majesté est toujours figé.Les yeux sans expression regardent droit devant eux comme si rien ne pouvait venir troublé sa sérénité et sa volonté.Les traits sont réguliers,le nez rectiligne,la bouche fermée ,lèvres fines.

Christ de Neuvy-Pailloux

Christ de Neuvy-Pailloux

Etrange visage du Christ de Parçay-Meslay

Etrange visage du Christ de Parçay-Meslay

Le traitement des Christ en majesté si il bénéficie de toutes les attentions du peintre,est particulier.Dans d’autres scènes le Christ est traité différemment,plus humainement,l’impassibilité disparait.C’est le cas a St Savin pour le Christ de la construction de l’arche.

Christ à St Savin

Christ à St Savin

Pour traduire les émotions le peintre agissait au niveau de certaines parties du visage.Le Christ du lavement de pieds de Vic incline légèrement la téte,l’orientation des prunelles accentue le mouvement,les sourcils sont relevé,le dessin de la bouche différent .Les lévres ne sont plus rectilignes.Le trait de « posch » marquant la fossette du menton montre une courbure de méme convexité que les sourcils

Vic ,visage du Christ du"lavement de pieds"

Vic ,visage du Christ du »lavement de pieds »

Les bouches sont presque systématiquement fermées.Seuls sont représentés bouche ouverte,les damnés,les déments,les figurations du diable,les « méchants ».

Neau,visage d'un prisonnier

Neau,visage d’un prisonnier

Les yeux fermés ne concernent que que les personnages dormant ou les morte.Les visages d’apotre ,yeux clos aux murs de la chartreuse du Liget sont une exception

Apotre ,yeux clos au Liget

Apotre ,yeux clos au Liget

La barbe est signe de vieileese.Les Vieillards de l’Apocalypse sont toujours représentés barbus(Fenollar,Montmorillon,Pritz)

Vieillard à Pritz

Vieillard à Pritz

La barbe est également synonyme de sagesse et de noblesse.Le Christ porte toujours la barbe,les apotres également à l’exception de Jean figuré imberbe pour bien souligner sa jeunesse.

L'apotre Jean à Vals

L’apotre Jean à Vals

Les cheveux longs évoquent la dignité,la grandeur d’un personnage masculin.Le Christ est toujours paré de longs et beaux cheveux

Beaux cheveux du Christ d'Auxerre

Beaux cheveux du Christ d’Auxerre

A l’inverse,la calvitie est signe de déchéance .La calvitie caractérisant St Paul correspond au maintien d’une tradition.A Avord dans le Cher la calvitie de St Paul est agrémentée d’un petite méche tombant sur le front

Saint Paul à Avord

Saint Paul à Avord

Le traitement des visages a permis à certains artistes de se singulariser.Certains visages caractérisent des peintures.Il en déterminent un style,en constituent la griffe.C’est particulièrement le cas a Vic,mais aussi aux Salles Lavauguyon,a Palluau sur Indre ou à Thevet St Julien
A Vic les visages sont caractéristiques,tous les personnages quel que soit leur statut révèlent un visage traité à l’identique (forme ovalaire,yeux rapprochés et ronds,sourcils épais,nez légèrement busqué)

Roi mage à Vic

Roi mage à Vic

Aux Salles Lavauguyon en Limousin les personnages montrent de grans yeux en amande aux pupilles claires ,trés expressifs

St Laurent aux Salles Lavauguyon

St Laurent aux Salles Lavauguyon

Le prieur Boso aux Salles Lavauguyon

Le prieur Boso aux Salles Lavauguyon

 

A Palluau sur Indre les visages ovales,stylisés s’ornent de 4 taches rondes ocre rouge,2 aux pommettes et 2 billes matérialisant les prunelles

Visage de la Vierge de Palluau

Visage de la Vierge de Palluau

A Thevet St Julien les beaux visages des Vieillards et des apotres s’inscrivent dans un triangle,nez rectiligne prenant racine trés haut

Visage d'un Vieillard à Thevet

Visage d’un Vieillard à Thevet

Certains artistes ont cultivé l’originalité à l’extraordinaire crypte de Tavant ou aux visages des anges de Fenollar.

Visage insolite d'ange à Fenollar

Visage insolite d’ange à Fenollar

Visage surréaliste à la crypte de Tavant

Visage surréaliste à la crypte de Tavant

Le peintre roman aimait assez représenter des groupes de personnages tétes contre tètes ou nimbe contre nimbe.Les exemples sont nombreux

Crypte de St Aignan sur Cher

Crypte de St Aignan sur Cher

Apotres à Lourouer St Laurent prés de La Chatre

Apotres à Lourouer St Laurent prés de La Chatre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La commune du Petit Quevilly se situe dans la banlieue de Rouen sur l’autre rive de la Seine.Des peintures murales occupent des voutes de la chapelle St Julien,seul vestige d’un ensemble ducal bati au milieu du XII ième siècle sous le règne et en l’honneur de Henri II Plantagenet roi d’Angleterre.Les peintures datées de 1182 tapissent les voutes du choeur.Le peintre a utilisé les voutains déterminés par la croisée d’ogives.Ainsi l’église St Julien présente la particularité de montrer des peintures chronologiquement romanes sur une architecture clairement gothique,une voute d’ogives.Il est relativement fréquent ,notamment dans l’extrème sud de la France,de rencontrer des peintures datées du XIII ième siècle mais qui s’insérant dans des architectures parfaitement romanes ,ont conservé un souffle,un esprit,une iconographie romane.Les peintures de St Julien du Petit Quevilly sont l’un des rares exemples inverse.

Ensemble des peintures

Ensemble des peintures

La croisée d’ogives détermine six voutains tous utilisés par le peintre.Les fonds ne sont visibles que par endroits tant l’ornementation(florale pour l’essentiel) est dense,et tant sont serrées les scènes inscrites dans des médaillons bordurés de bleu et de crème.Le fond des grands médaillons est bleu,un bleu dont on dit qu’il serait à base de lapis lazuli,une hypothèse plausible compte tenu de la richesse du commanditaire.Si le bleu est omniprésent,la palette est riche et se compose d’ocre rouge,de jaune, de blanc,d’un beau vert que l’on perçoit notamment sur les fonds et sur certains vétements,de crème,et de noir utilisé pour les contours d’un dessin certes précis mais incontestablement déja gothique.Certains spécialistes y voient des influences « anglaises » comme on voit ailleurs des influences byzantines.Bien que les teintes soient aujourd’hui fanées,l’ensemble par sa polychromie devait à l’origine étre superbe.Pourtant ces peintures faillirent bien disparaitre dans les années trente,aprés que le batiment ait été utilisé comme léproserie et ait servi de grange.En 1964 elles furent décrochées ,restaurées et ne reintégrèrent l’église qu’en 1984.

Les peintures aux 6 voutains de la croisée d'ogives

Les peintures aux 6 voutains de la croisée d’ogives

Les peintures sont consacrées à des épisodes de l’enfance du Christ.Quel que soit le sens de la lecture que l’on adopte on ne perçoit pas de réelle cohérence iconographique.Le peintre ne parait avoir obéit qu’à des considérations esthétiques ,probablement bridé par les surfaces triangulaires utilisables.Ainsi sur les deux voutains les plus larges,il a réussi à insérer trois médaillons renfermant chacun un épisode et deux médaillons dans les quatre autres espaces.

Voutain Annociation Visitation Nativité

Voutain Annnociation Visitation Nativité
Au voutain de gauche,le baptème du Christ
Au voutain de droite la chevauchée des mages

Le voutain Annonciation Visitation Nativité  fait face au voutain a trois médaillons figurant la Vierge à l’enfant l’offrande des rois mages et le songe des rois mages.L’Annonciation en bas à gauche est trés effacée,l’ange Gabriel a disparu.Au dessus l’image de la Visitation est fanée,celle de la Nativité en bas à droite ne montre que la Vierge allongée ,l’enfant ,les animaux et Joseph ne figurent pas ,sans doute par manque de place.Ce voutain permet d’apprécier de beaux bleus

Voutain Vierge à l'enfant Offrandes des mages Songe des mages

Voutain Vierge à l’enfant Offrandes des mages Songe des mages

En bas à gauche les rois apportent leurs offrandes.La Vierge à l’enfant trone au dessus.En bas à droite figure le songe des rois mages tous trois cote à cote allongés sur un lit.Celui du centre vétu de blanc pose sa tété sur sa main tandis qu’au dessus plane un trés bel ange.Cet épisode de l’épopée des rois mages est rarement représenté en peinture murale.

Les quatre autres voutains à deux médaillons sont plus étroits.L’un montre les mages devant le roi Hérode,figurés sous une arcade trilobée au dessus de laquelle apparaissent les batiments d’une cité

Les mages devant Hérode

Les mages devant Hérode

Un autre voutain dévoile la chevauchée des rois mages chacun tenant la main levée vers le ciel.Le baptème du Christ auréolé de blanc ,met en scène trois personnages ,le Christ au centre qui reçoit l’esprit divin d’une colombe au dessus de sa tète,un ange et un troisième personnage nimbé de blanc vétu de rouge.Il s’agit probablement de Jean.Enfin le dernier voutain montre une belle fuite en Egypte ou la Vierge trés humanisée tenant tendrement l’enfant de son bras gauche ,vétue d’une robe verte sur son ane blanc est précédée par Joseph.

La fuite en Egypte

La fuite en Egypte

Ces peintures particulières ,sauvées in extremis sont d’une grande importance pour le patrimoine roman normand,assez pauvre en peintures murales de cette période

 

 

Le baptistère St Jean de Poitiers est un monument exceptionnel.Un grand batiment rectangulaire existait déja au IV ième siècle,faisant du baptistère St Jean l’un des plus anciens édifice chrétien de France.Maintes fois remanié ils présente aujourd’hui sous la configuration de deux salles ,l’une occidentale par laquelle on accéde au monument,l’autre à l’est est la salle baptismale qui a conservé sa piscine en forme de cuve octogonale.Cette salle rectangulaire accueille le programme peint roman et s’ouvre sur trois absidioles ,l’une polygonale à l’est décorée de peintures gothiques dont un Christ à la voute dans une mandorle quadrilobée, ,les deux autres semi circulaires à l’est.Les murs Est ,Sud et Nord sont chacun percés de deux oculi

Baptistère St Jean (angle Nord Est)

Baptistère St Jean (angle Nord Est)

Le mur oriental de la salle baptismale est percé d’une large ouverture plein cintre et accueille un ensemble de peintures dont le thème principal est l’ascension.319Le peintre a du composer avec l’architecture générale du mur trés ajouré et relativement étroit pour parvenir a loger de maniére cohérente l’ensemble de son programme,ce qu’il a réussi parfaitement

Le baptistère St Jean dans archeologie imgp0732-300x197

Ensemble des peintures du mur Est

A l’emplacement 1 une magnifique bande de grecques montrant notamment un bleu eclatant presque « fluo » est interrompue de rectangles accueillant des figurations d’oiseaux.De part et d’autre court une triple bande colorée décorée de perles curieusement disposées en alternance ,4 perles dans des ovales,9 perles dans des carrés.

Bande de grecques limitant au niveau supérieur les peintures

Bande de grecques limitant au niveau supérieur les peintures

A l’emplacement 2 sous un arc en mitre, trone un Christ hiératique dans sa mandorle les bras grands ouverts.C’est le Christ de l’Ascension.Ses mains ,la gauche tenant le Livre ouvert,ainsi que son large nimbe débordent assez largement de la gloire à fond jaune orangé bordée d’une bande de rubans plissés entre deux lignes ocre rouge.

Christ de l'Ascension

Christ de l’Ascension

A l »emplacement 3 sous chaque oculus ,deux trés beaux anges trés aériens,épousant parfaitement la courbure désignent d’une main le Christ au dessus de l’autre les apotres à coté

Ange enroulé autour de l'oculus

Ange enroulé autour de l’oculus

A l’emplacement 4 de part et d’autre de la scène centrale s’étale une frise de 6 apotres semblant flotter sur des lignes d’ondulations matérialisant la terre.L’un deux a les jambes croisées comme à St Savin,un des arguments qui permirent de trouver des ressemblances avec l’ensemble des rives de la Gartempe.4 apotres de chaque coté occupent le mur est ,2 sont peints sur les murs en retour Sud et Nord.

Apotres sur des ondulations ocrées évoquant la terre

Apotres sur des ondulations ocrées évoquant la terre

A l’emplacement 5 apparait une main divine dans un médaillon circulaire.Dessous au sommet du grand arc,deux anges encadrent l’Agneau divin dans un cercle,complétant ainsi le triptyque Christ-Main divine-Agneau.Sur l’arc ,tout autour et au dessus les autres peintures sont gothiques

Aux emplacements 6 au registre inférieur de part et d’autre du grand arc figurent coté Nord une téte de cheval (le cavalier a disparu) et coté Sud Constantin à cheval  identifié par une inscription,vétu d’une cape jaune ,tenant une sphère evoquant le « monde » de sa main droite et un sceptre terminé par un tréfle symbolisant le pouvoir de sa main gauche.Les personnages sous arcatures devant lui sont d’époque gothique.

Constantin

Constantin

Le mur Nord de la salle baptismale respecte le méme schéma (deux oculi de part et d’autre d’un arc en mitre et quatre colonnettes).L’ouverture plein cintre donnant accés a l’absidiole édifiée au XIX ième ,est bien plus petite qu’a l’Est.Sous l’arc en mitre apparait un saint tenant une couronne.Sous chacun des oculi est figuré un paon symbole d’immortalité,un élément iconographique peu usité que l’on retrouve à la chapelle du Vilar en pays catalan.Les peintures sont ici plus dégradées et indéchiffrables aux larges intrados des oculi.

Paons au mur Nord

Paons au mur Nord

Le mur Sud présente la méme configuration mais les peintures sont mieux conservées.Au sommet du mur la trés belle bande de grecques qui court sur tout le périmétre de la salle est quasiment intacte ,de méme que la décoration sous la colonnade .Sous l’arc en mitre St Maurice vétu de gris porte la lance et un bouclier.Une inscription le désigne.Sous l’oculus de droite apparait un troisième paon,sous celui de gauche un beau dragon semble faire face à un combattant armé d’une épée.Entre les deux une inscription latine verticale peut etre traduite ainsi « il cria grace et s’enfuit ».Les ondulations ocres au dessus de la téte du combattant sont étonnantes à cet emplacement.

Détail des peintures du mur Sud.

Détail des peintures du mur Sud.

Le mur occidental est le seul a ne pas étre percé d’un oculus.En son centre figure un grand vase face au Christ de l’Ascension,encadré de deux paons,évoquant le thème du « Vase de Vie ».Malheureusement la peinture est dégradée et l’un des paons a complétement disparu.Sur les cotés figurent au Nord les traces d’un troisième cavalier ,coté Sud une belle image du quatrième cavalier robe jaune,cape bleue nouée a l’épaule,couronné et tenant au bout de sa main gauche une sphère.La présence conjointe de ces 4 cavaliers est unique et son interprétation mystérieuse.Sur l’un des piliers de l’arc d’entrée figure l’image d’un saint identifié comme étant St Julien.

L"Image" du baptistère;cavalier inconnu au mur ouest

L »Image » du baptistère;cavalier inconnu au mur ouest

Ces peintures aux tons clairs du début du XII ième siècle témoignent de l’art de la composition et de l’utilisation de surfaces de l’artiste qui excellent décorateur n’était pas un grand portraitiste.Le traitement des visages est assez maladroit(tache ocre entre des lèvres a peine marquées pour représenter la bouche)L’ensemble vaut aussi par la rareté de certaines images (paons,4 cavaliers)mais l’ensemble n’a pas le souffle des peintures de St Savin auxquelles on l’a parfois comparé ,et l’artiste n’a pas la virtuosité des peintres de Vendome ou des Salles Lavauguyon  pour ne citer que ces deux exemples.

buste d'apotre

buste d’apotre

 

 

 

 

 

 

 

A l’époque romane l’autel était toujours décoré.Dans les grands édifices les devant d’autels ou antépendiums étaient en or ou en argent.Les petites églises rurales n’avaient pas les moyens d’un tel luxe et se contentaient de décorer l’autel d’une simple étoffe ou de panneaux de bois peints.Le Conflent et la Cerdagne présentent la particularité de conserver quelques uns de ces antépendiums « in situ ».Le reste de notre territoire en est complétement dépourvu tandis que la partie espagnole de la Catalogne conserve un grand nombre de ces devant d’autels dans les musée de Barcelone et au trés remarquable musée épiscopal de Vich.

Dans le département des Pyrénées Orientales les autels étaient la pluspart du temps constitués d’un bloc de marbre trés présent dans la région.Sur le devant de l’autel rectangulaire était plaqué un assemblage de planches de bois,de parchemain,voire de cuir.La surface était recouverte d’un apprét sur lequel on étendait la peinture selon une technique d’inspiration byzantine.Les pigments broyés et délayés à l’oeuf,conservaient un éclat que l’on ne retrouve pas sur les peintures murales exécutées « a fresco » ou à la détrempe.

Le devant d’autel le plus ancien,daté des environs de 1100,a été déposé au musée des arts de Catalogne à Barcelone.Il appartenait à la remarquable église de Hix hameau de la commune de Bour-Madame.

Antépendium de St Martin d'Hix

Antépendium de St Martin d’Hix

Le devant d’autel est limité latéralement par deux bordures constituées de médaillons renfermant des animaux.En haut s’étire une double bande de rubans plissés et la bordure inférieure est composée d’une frise de rinceaux.Les fonds ,rouge vif,sont caractéristiques de la pluspart des antépendiums catalans.Le Christ au centre déborde d’une double mandorle,il n’y a pas de représentations des symboles évangéliques.Tout autour l’espace est occupé par 8 rectangles renfermant des apotres.On reconnait Pierre à ses clés et Paul à sa calvitie,tandis que St Martin patron de l’église est figurée deux fois,notamment en haut et à droite ou il apparait dans une posture insolite,coupant un pan de son manteau pour le donner à un pauvre ,chaines au cou.On sait que dans cette scène St Martin est d’habitude représenté à cheval.

Détail du devant d'autel d'HIX,St Pierre à gauche,St Martin à droite

Détail du devant d’autel d’HIX,St Pierre à gauche,St Martin à droite

Un autre devant d’autel peint ,bien différent et plus récent(fin du XII ième-début XIII ième ) a été mis à l’abri à Perpignan.Il provient de l’église de Saillagouse en Cerdagne.Le Christ dans sa gloire est entouré par les douze. apotres répartis en 4 ensemble s de 3 rectangles aux fond alternativement jaune,vert foncé et pourpre.L’alternance dans l’utilisation des couleurs est remarquable.La couleur dominante n’est plus ici le rouge vif mais un beau jaune qui vient éclairer le tableau aux tonalités plutot sombres.Le peintre a utilisé un rose pour les vétements aux beaux drapés un peu géométriques du Christ et de certains apotres,qui adoucit l’ensemble.Deux bordures l’une interne sur fond gris foncé,l’autre externe sur fond rougeatre ,séparées par un filet jaune,et constituées de frises de fins rinceaux viennent encadrer l’ensemble

Antépendium de Saillagouse déposé à Perpignan

Antépendium de Saillagouse déposé à Perpignan

Le Crist ,trés byzantin trone au centre se détachant d’un fond jaune ou figurent l’alpha et l’omega.Autour dans les angles figurent les 4 symboles.Celui de St Mathieu est matérialisé ici par « l’homme » plus que par l’ »ange ».

Le Christ du devant d'autel de Saillagouse

Le Christ du devant d’autel de Saillagouse

Quatre devant d’autels peints sont conservés « in situ »dans le département.Il s’agit des antépendiums d’Oreilla prés d’Olette en Conflent,d’Yravals,hameau de la commune de Latour de Carol en Cerdagne,d’Angoustrine prés de Bourg Madame et de La LLagone en Capcir entre Mont Louis et Formiguères.Nous aurions pu en rajouter un cinquième en provenance de l’ancienne abbaye de St Genis des Fontaines prés du Boulou,dont l’existence est attestée par des documents mais qui a été malheureusement détruit par bétise.

A Oreilla le Christ trone au centre accompagné des 4 symboles évangéliques.Le fond de la mandorle ,doré,est trés particulier constitué d’une sorte de réseau d’alvéoles en damiers et de reliefs.Les évangélistes déroulent des phylactères.Les apotres sont assis répartis par trois dans quatre tableaux à fond dorés bordurés de gris.Le visage trés sévère du Christ au grand nimbe rouge carminé attire tous les regards,tout comme son curieux « tablier » eclatant de blancheur.L’artiste a d’ailleurs utilisé beaucoup de blanc pour les vétements des apotres

Antépenduim peint d'Oreilla

Antépendium peint d’Oreilla

Des spécialistes voient des ressemblances stylistiques,italo-byzantines,avec le devant d’autel peint de Baltarga de la fin du XII ième,déposé au musée des arts catalans de Barcelone.

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Devant d’autel de Baltarga (Musée des arts catalans de Barcelone)

A Yravals,la partie inférieurede l’antépendium est complétement effacée.Au centre figure une Vierge à l’enfant sous un arc trilobé.En haut,à gauche une apparition du Christ ressuscité bien conservée,tandis quà droite seule une partie de l’entrée du Christ à Jérusalem est encore visible

L’église de La LLagone en Capcir conserve un devant d’autel peint de la fin du XII ième siècle attribué au Maitre de Soriguerola,du nom d’un village prés de Puigcerda petie ville frontalière de Cerdagne.L’ensemble est malheureusement trés dégradé.La partie inférieure a quasiment disparu et à droite les peintures sont difficilement déchiffrable.On reconnait une scène du martyre de Saint Vincent,patron de la paroisse.Le Christ  au large nimbe est a peu prés conservé et en haut à gauche on distingue bien St Vincent comparaissant avec un évèque devant le gouverneur Dacien.L’église conserve aussi un panneau en bois peint de qualité montrant une partie d’un Christ dans une mandorle soutenue par des anges et les symboles de Mathieu et de Luc

Détail du devant d'autel de La  Llagone

Détail du devant d’autel de La Llagone

A  Angoustrine l’antépendium peint ansi qu’un petit retable du XIII ième siècle proviennent de la chapelle Sant Marti d’Envalls située sur le territoire de la commune.Les tonalités de l’antépendium sont trés sombres rehaussées par des touches crème et une belle bordure rouge ornée de médaillons jaunes renfermant des représentations animales.Le Christ au centre est entouré des 4 symboles des évangiles.L’iconographie du reste du devant d’autel est ici bien différente.On distingue des scènes de l’enfance du Christ,annonciation,visitation,et en bas à droite l’offrande des rois mages.

Antépendium et peintures murales à l'abside

Antépendium et peintures murales à l’abside

Les peintures murales de l’abside,datant de l’extrème fin du XII ième siècle ,sont attribuées au Maitre de Soriguerola,celui la méme qui officia aux penitures de l’église voisine de Caldégas et à La Llagone.De qualité trés moyenne,le dessin est grossier,les peintures sont « sauvées »par l’association de gris bleuté et de tons vifs orangés ainsi que par deux singularités iconographiques.La premiére réside dans l’association d’un Christ de l’Apocalypse à une Cène et à un calendrier des mois.Un calendrier des mois qui a quitté ici son emplacement habituel à l’époque romane ,l’intrados de l’arc triomphal;Il convient toutefois de noter qu’en fin de période romanes les calendriers des mois ont migré sur les murs de la nef(Lourouer St Laurent en Berry).On retrouve une association Christ -zodiaque au mur de l’abside,aux fresques bien plus anciennes découvertes trés recemment à Ourjout en Cousserans.Mais à Ourjout ce sont les apotres en pieds qui remplacent plus classiquement la Cène.On trouve la deuxième originalité des peintures d’Angoustrine dans la présence d’un Janus à deux visages au calendrier pour évoquer Janvier

Janus à deux visages

Janus à deux visages

Il est à noter qu’en Cerdagne ,région de montagne,l’année ne débutait pas en Janvier ,mais jusqu’au milieu du XIV ième siècle le 25 Mars jour de l’Annonciation.

 

 

La Cène ou dernier repas du Christ est une représentation hautement et doublement symbolique.Symbole de l’Eucharistie ,c’est à dire de la communion à travers le repas et le partage du pain et du vin entre tous les apotres réunis autour du Christ elle évoque aussi la trahison de l’un d’entre eux ,celle de Judas.A l’origine,dans la tradition byzantine la table était semi circulaire ,le Christ a un bout de table Judas en face mais autour de la table comme les autres apotres.L’accent était mis essentiellement sur l’Eucharistie.Il n’y a pas en France ,de représentation byzantine de la Cène en peinture murale romane.Les peintures du XI ième siècle de San’t Angelo in Formis en Campanie renferment une trés belle cène ,byzantine.Judas ne se singularise qu’en se penchant vers la table le bras tendu vers un plat.

La Cène àSan't Angelo in Formis (Campanie)

La Cène à San’t Angelo in Formis (Campanie)

En France la tradition occidentale prévaut .La table est rectangulaire.Jésus au centre avec Jean à sa droite et Pierre a sa gauche.Tous les apotres sont alignés derrière la table le plus souvent encombrée d’ustensiles divers et d’aliments(pain ,poissons,viande)Seul judas est figuré devant la table ,toujours de profil ,généralement sans auréole,vétu simplement d’un habit souvent ocré,souvent de petite taille.Tout est fait pour devaloriser Judas le traitre .C’est clairement la trahison qui prévaut.On peut observer en France quelques belles Cènes.Elles ont aussi un intérét plus prosaique,celui d’avoir la vision en une seule image de l’ensemble du collège apostolique.

La Cène à Vic

La Cène à Vic

La Cène de Vic en Berry est remarquable.D’abord parce que la peinture est dans un trés bon état de conservation mais surtout parce que c’est un modéle d’équilibre et de construction.Le Christ et sa haute stature domine l »ensemble.Les apotres de part et d’autre n’apparaissent que comme des figurants.Les trois personnages clés Jésus Jean et Judas s’insérent dans un triangle isocèle dont les cotés sont déterminés par le rebord de la cape du Christ a gauche et son bras dirigé vers Judas avachi sur la table et dont le dos prolonge la main de Jésus.Un Judas pas trop mal traité ici,mémé si il est le seul qui n’est pas nimbé.Le message principal bien dans la tradition chrétienne occidentale est quand meme la trahison.C’est le méme symbolisme qui se dégage de la Céne représentée à la Chapelle de Rouillac sur la commune de Montcuq dans le Lot.Les peintures qui ne bénéficièrent du label monument historique qu’en 1980 sont de moins bonne qualité et surtout plus dégradées.Judas qui semble assis sur la table est figuré rabougri,de profil,et trés laid.Jésus semble lui donner la becquée.

La Cène à la chapelle de Rouillac(Lot)

La Cène à la chapelle de Rouillac(Lot)

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Cène de Amné (détail)

En l’église St Martin de Amné en Champagne,prés du Mans la Céne s’inscrit dans un grand rectangle borduré d’ocres.Les peintures sont statiques.Les apotres de part et d’autre du Christ central lèvent tous la main droite en signe d’acceptation.Judas est minuscule.A noter qu’ici St Pierre et sa clé sont figurés à la droite de Jean.

A Angoutrine en Cerdagne les peintures de la fin du XII ième rèvèlent une Céne ou Judas est assis sur la table.La nappe en damiers est peu commune.

Le Christ,Jean et Judas à Angoustrine

Le Christ,Jean et Judas à Angoustrine

A  St Jacques des Guérets dans la vallée du Loir la table recouverte d’un drap plissé ,n’est pas recouverte d’objets.On remarque l’énorme clé de Pierre,et surtout un Judas qui a conservé son auréole.

La Cène à St Jacques des Guérets

La Cène à St Jacques des Guérets

Aux murs du choeur de l’église de Sainte Marie aux Anglais en Normandie ,une Cène du début du XIII ième siècle est traitée de manière trés linéaire.La table est encombrée d’une multitude d’objets

La Cène à Ste Marie aux Anglais

La Cène à Ste Marie aux Anglais

En la chapelle St Georges de Rochecorbon non loin de Tours figure une image tronquée de la Cène,sans doute du début du XIII ième siècle se superposant sur un tableau plus ancien représentant le lavement de pied.La Céne confinée dans un cadre rectangulaire vaut surtout pour les belles tonalités claires verte,jaunes et grises.

La Cène à St Georges de Rochecorbon

La Cène à St Georges de Rochecorbon

Mais la Céne la plus surprenante figure hors de notre territoire aux fresques de la fin du XI ième siècle de l’église du prieuré benedictin de Saint Thomas de Fluvia en Catalogne.Le peintre a inversé la position de Pierre et de Jean.Jean est à la gauche du Christ sur son bras,alors que Pierre tenant son énorme clé comme un gourdin est à droite.Judas tend sa main vers un plat contenant un petit cheval.Un peu plus loin sur la nappe décorée de losanges un petit personnage féminin sort la téte d’un bol.Derrière Judas une minuscule téte munie d’une sorte de petit bec emerge largement auréolée d’un autre bol.Derrière la table l’un des apotres s’est saisi d’un poisson.

La cène à Saint Thomas de Fluvia (Catalogne)

La cène à Saint Thomas de Fluvia (Catalogne)

 

 

La Puisaye aux confins de l’Orléanais du Gatinais et du Nivernais est une région naturelle vallonnée et bocagère parsemée d’étangs.Une région de potiers aussi ou plane l’ombre de Colette et ou il fait bon flaner et séjourner.Un territoire rural ,la petite ville de St Fargeau et son célèbre chateau en est la principale agglomération,riche en peintures murales.Ce patrimoine culturel s’est fortuitement enrichi en 1982 avec la découverte d’un important ensemble de peintures en l’église paroissiale St Pierre de Moutiers dépendance d’un trés ancien prieuré dont il subsiste des vestiges au village.Un ensemble important par son ampleur d’abord,200 métres carrés de peintures de différentes époques furent dégagées et restaurées en 1983 mais aussi car il constitue le seul ensemble de peintures du XII ieme siècle de la région.Les fresques romanes ne sont pas d’une qualité exceptionnelle ,la palette est resteinte(ocres rouges et jaune blanc et noir pour le contour des personnages)mais l’ensemble est clair et harmonieux et le dessin élégant et raffiné au niveau du traitement des nombreux anges et d’une décoration florale originale.L’iconographie est classique excepté au niveau des peintures s’étalant en deux tableaux de part et d’autre de la porte d’entrée au revers de la façade occidentale.Les peintures s’étalent en un seul registre.A gauche de la porte un personnage semble courir les bras tendus.Un filet rouge jaillit de son poignet.Devant,figure l’image à demi effacée d’une femme tenant une coupe destinée à recueillir le précieux liquide.A droite un personnage masculin csemble vider un récipient.Ces peintures plus stylisées paraissent différentes de celles s’affichant aux murs de la nef,au point qu’il est permis de se demander si elles ne furent pas exécutées par un autre artiste.

Revers de la façade occidentale,sang s'échappant du poignet d'un personnage non identifié

Revers de la façade occidentale,

Aprés le dégagement des peintures,les restaurateurs se trouvèrent confronter à un dilemme.Des peintures de différentes époques se superposaient.Ils firent le choix judicieux de privilégier le décor roman sur tout le mur nord de la nef,conservant ainsi la cohérence iconographique de l’ensemble.

Au mur sud de la nef,les fresques s’étalent en plusieurs registres mélées à des peintures plus récentes du XIII ième et XIV ième siècle.

Peintures gothiques au mur sud(fin du XIII ième siècle)Genèse et enfance du Christ

Peintures gothiques au mur sud(fin du XIII ième siècle)Genèse et enfance du Christ

Une travée du mur Sud montre au registre supérieur des peintures romanes,trois personnages couronnés et imberbes sous une série d’arcatures,portant de longues robes sont encadrés d’anges et de saints auréolés.Au registre inférieur,un personnage à cheval sur un monstre crachant du feu brandit un gourdin.

Le mur Nord de la nef est quasiment reservé aux peintures du XII ième siècle.Elles s’étalent sur plusieurs registre,les peintures du registre inférieur sont ici,comme souvent presque complétement effacées.Des piliers en bois de soutien de la charpente masquent une partie des peintures

143A l’emplacement 1 figure l’annonciation.Un bel ange aux ailes déployées se présente devant la Vierge ,lain droite levée vétue d’une robe ocre jaune et rouge et d’une cape brune On distingue une décoration végétale stylisée comme on en voit ailleurs tout au long du programme. De la visitation evoquée à l’emplacement 2 on ne distingue que des parties des tètes des deux femmes.La scène est en grande partie masquée par les poutres de bois.

Décoration végetale

Décoration végetale

A  l’emplacement 3 une nativité assez rudimentaire montre l’enfant emmailloté sous une lanterne qui a remplace l’étoile.Le boeuf et le cheval sont effacés .La Vierge allongée désigne du doigt son enfant tandis que Joseph au pied du lit est songeur.

La nativité

La nativité

L’annonce aux bergers qui figurait à l’emplacement 4 est trés dégradée.On voit encore l’ange dans le coin supérieur gauche et un beau rameau identique a ceux que l’on peut admirer tout au long du programme.

A l’emplacement 5 est représentée la scène principale de l’ensemble.Un Christ au nimbe crucifère vétu d’une trés belle robe ocre rouge apparait montrant ses plaies.

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Détail du Christ montrant ses plaies et ange sonnant de la corne

Détail du Christ montrant ses plaies et ange sonnant de la corne

Autour quatre anges soufflent dans une corne tandis que de part et d’autre,deux autres grands anges les ailes déployées sur leur téte apportent les instruments de la passion.On distingue à droite la couronne d’épines et les clous.

Ange apportant la couronne

Ange apportant la couronne

A la partie inférieure de la scène on distingue deux personnages malheureusement effacés,levant leur bras vers le Christ.A gauche figurait Marie identifiable a son auréole et à droite Jean selon l’iconographie habituelle.Le Christ partiellement masqué par une poutre,figure dans une mandorle quadrilobée caractérique du XIII ième siècle.

Visage du Christ

Visage du Christ

Il semble que cette gloire a été surajoutée postérieurement en méme temps que la bordure sortant sous la manche droite.Les mains de la vierge sont accolées à la mandorle à gauche,alors que celles de Jean à droite en sont éloignées.On peut en déduire que lors de la réalisation primitive de cette scène,la mandorle actuelle n’existait pas.

L’emplacement 6 révèle quelques vestiges non identifiables du registre inférieur.Les emplacements 7 sont des bandes décoratives de motifs végétaux en bas et d’un motif géométrique assez original eu haut composé de deux bandes de rubans plissés jaune et rouge déterminant de trés larges losanges assez peu courants

Bande décorative supérieure et triptyque du XV ième(emplacement 8)

Bande décorative supérieure et triptyque du XV ième(emplacement 8)

Le choeur et les chapelles absidiales conservent des peintures des XVII et XVIII ième siècle.L’église St Pierre de Moutiers offrait quelques attraits bien avant la découverte des peintures murales et notamment un trés beau porche gothique du XIII ième,comme ceux que l’on rencontre,moins élaborés,devant bon nombre d’églises du Gatinais voisin

Porche gothique de Moutiers

Porche gothique de Moutiers

 

 

 

L’église de St Chef en Isère,prés de Bourgoin Jallieu ne frappe pas d’entrée le visiteur.C’est un édifice banal,composite mais qui selon les dires de musiciens que j’avais rencontré lors de ma visite ,posséde d’assez extraordinaires qualités acoustiques;c’est déja ça.Mais pour découvrir le trésor de St Chef il faut s’avancer jusqu’au transept et la chapelle haute du bras nord qui renferme des peintures trés particulières.Certaines scènes,la Jérusalem Céleste en particulier, au méme titre que l’Arche de Noé de St Savin,le Tétramorphe de St Jacques des Guérets,les Vieillards de Fenollar ,la dormition de la Vierge du Liget ou la Vierge assise sur son « drakkar »à Palluau sur Indre font partie des images « culte »de la peinture murale romane.

Jérusalem celeste de St Chef

Jérusalem celeste de St Chef

La série d’anges aux ailes étirées au dessus de leur tète et diversement orientées ,tapissant la voute est unique.Elle singularise les peintures de St Chef.Mais les bleus profonds des groupes de saints aux murs de retombée des voutes et aux vétements de la Vierge en prière enrichissent aussi le particularisme de St Chef.

Visage d'un "bienheureux"

Visage d’un « bienheureux »

A la chapelle vient se greffer une petite absidiole dont l’arc d’entrée est couronné par l’image d’un agneau de Dieu entre deux anges.Au cul de four trone un Christ en gloire dans sa mandorle entouré de deux anges.L’ensemble est malheureusement trés dégradé ,les parties hautes sont effacées.Sous une jolie bande de rubans plissés figurent sur le mur en hémicycle et de part et d’autre d’une fenètre les images des archanges Michel,Gabriel,Raphael et Georges;

La voute principale de la chapelle haute montre un ensemble peint centré sur l’image d’un Christ dans une mandorle à fond clair,les bras en position d’orant.Il tourne le dos au voutain occidental occupé par la cèlèbre image de la Jérusalem céleste représentée sous forme d’un chateau aux allures disproportionnées ,surmonté d’un lanternon coiffé d’un agneau tout aussi disproportionné,tout comme le sont ,à l’instar des animaux de l’arche de Noé de St Savin,les personnages apparaissant aux fenètres du batiment.

Saint CHEF

Christ en gloire au centre de la voute

De part et d’autre du batiment matérialisant la Jérusalem céleste figurent deux grands anges.L’un a gauche tient l’apotre Jean par le bras,l’autre à droite accompagnent les petits élus vers le paradis.

Détail de l'ange tenant St Jean

Détail de l’ange tenant St Jean

Au voutain est(coté absidiole) est figurée une trés belle image de la vierge en position de prière,hiératique,dans une stricte robe bleu foncée,se détachant des blancs des ailes et des auréoles des anges qui l’entourent

Vierge et anges au voutain oriental

Vierge et anges au voutain oriental

Les voutains sud et nord sont occupés par les fameux anges et leurs étonnantes ailes.

Les anges de Saint-Chef dans archeologie saint-chef-det0024-300x202

Détail des anges du voutain sud

Anges et archanges au voutain Nord

Anges et archanges au voutain Nord

Une large frise de motifs végétaux sépare les peintures de la voutes des tableaux des murs,grands rectangles bordurés à fond bleu renfermantt les images de personnages tous nimbés assis et alignés comme une garde d’honneur.L’ensemble est limité à la partie inférieure par une bande de grecques.

Bienheureux aux murs de retombée de la voute

Chacun des personnages est traité différemment,chaque visage est particulier

saint  chef det0022st chef   sages0024Les peintures de Saint Chef font l’objet d’une polémique d’expert à propos de leur datation.Certains les considèrent comme datant de la deuxième moitié du XI ième siècle,d’autres avancent la date de 1100,d’autres encore parlent de peintures de la fin du XII ième.

 

 

 

 

 

 

Les motifs dits de décoration,occupent une place considérable dans les ensembles peints romans,tant en volume que du point de vue de leur signification.Trés variés,certains reviennent réguliérement comme un leitmotiv.Cette variéte rend parfois difficile l’interprétation,méme si il faut indéniablement attribuer une valeur symbolique précise à certains motifs.Tantot purement décoratifs(frise de monstres ou de scènes de chasse),tantot destinés à combler le vide,ils sont le plus souvent utilisés pour structurer l’ensemble peint,le compartimenter,le limiter(bandes de motifs géométriques,superpositions de traits etc..)Mais certains motifs,liès notamment au monde végétal ont une haute valeur symbolique.Les motifs décoratifs sont généralement classés en deux grandes catégories,les ornements géométriques et les motifs végétaux.

Le ruban plissé est la formule décorative géométrique la plus usitée .

Ruban plissé à Brinay(Cher)

Ruban plissé à Brinay(Cher)

Le ruban plissé utilisé en une seule bande détermine des espace triangulaires.On sait que le triangle était trés utilisé dans les frises byzantines.On lui attribue souvent un role occulte.Pointe en haut il symbolisait l’homme et le feu,pointe en bas il évoquait la femme et l’eau.

Simple ruban plissé à Angoustrine

Simple ruban plissé à Angoustrine

En double bande ,le ruban plissé libère des surfaces losangiques.Le losange identifie la femme depuis la préhistoire.

Double ruban plissé et losanges à Vic.

Double ruban plissé et losanges à Vic.

Quelquefois le ruban plissé décrit des courbes ,des méandres.Un double ruban plissé de méandres libère des surfaces en ellipse.L’ellipse n’est rien d’autre que le représentation en perspective du cercle et sa valeur symbolique est donc à rattacher à celle du cercle.

Ruban plissé et ellipse à Montgauch.

Ruban plissé et ellipse à Montgauch.

Les motifs de grecques sont largement répandus.La grecque dérive directement de la svastika,symbole trés ancien.La lettre grecque Gamma figure quatre fois dans la swastika,qui évoque une roue,un mouvement giratoire.Dans une bande de grecques il n’y a aucune ligne oblique.Toutes les lignes horizontales ou verticales sont parallèles entre elles.Les larges bordures de grecques limitent les scènes dans le sens horizontal.Parfois elles décorent l’extrados d’un arc.C(est le cas à St Plancard au niveau de l’arc d’entrée du choeur,mais aussi à St Hilaire de Poitiers.

St Hilaire de Poitiers,bande de grecques décorant un arc

St Hilaire de Poitiers,bande de grecques décorant un arc

Les grecques participent au cloisonement,à la séparation des scènes selon une tradition proche orientale.A Arles sur tech,Vic,Brinay,St Martin des Puits,une large bande de grecques limite les scènes au niveau supérieur,tandis qu’à St Chef elle constitue la limite inférieure des peintures représentant le collège apostolique.

Arles sur Tech,bande de grecques séparant les scènes

Arles sur Tech,bande de grecques séparant les scènes

A la chapelle castrale des Allinges,une double bande de grecques tapisse le mur en hémicycle de l’abside,enserrant à intervalles réguliers des tableaux ou sont figurées des bustes de vertus.Peut etre faut il attribuer à une telle disposition une signification apotropaique,c’est à dire le pouvoir de repousser les influences maléfiques.Ainsi les vertus cardinales ,symboles du bien,seraient protégées du mal par la double bande de grecques.On reconnait dans cette disposition des influences coptes.

Grecques et vertus aux Allinges

Grecques et vertus aux Allinges

Tés belle décoration de grecques interrompues de carrés renfermant oiseaux et animaux fantastiques à Tournus

Tés belle décoration de grecques interrompues de carrés renfermant oiseaux et animaux fantastiques à Tournus

Au Vieux Pouzauges en Vendée,la bande supérieure de gecques est interrompue de rectangles dans lesquels figurent des animaux fantastiques.Au baptistère St Jean de Poitiers,le méme motif sert de support à des représentations d’oiseaux tenant dans leur bec des rinceaux.

Lorsque plusieurs rubans se croisent et se recouvrent en dessinant des courbes diverses,on parle alors d’entrelacs.On peut observer de trés beaux exemples de ces motifs de décoration,à la basilique St Julien de Brioude qui dispose par ailleurs d’un trés riche répertoire ornemental.Les entrelacs sont considérès comme des symboles de croissance.Les évocations de l’Arbre de Jéssée s’accompagnent d’un réseau de tiges entrelacées,à Moissac particulièrement.

Entrelacs à Brioude

Entrelacs à Brioude

Rameaux entrelacés à Moissac

Rameaux entrelacés à Moissac

Les ondulations cinstituent également un motif décoratif trés répandu.Le plus souvent il s’agit de lignes ondulées parallèles sans signification particulière lorsqu’elles décorent un fond comme à Chateau Landon ou Parçay Meslay.En revanche dessinées sous les pied des personnages,de coloration ocrée,comme au baptistère St Jean de Poitiers,eles évoquent la terre.Parfois ces ondulations s’épaississent ,deviennent plus élaborées dans des tonalités plus claires et elles évoquent alors des nuages et matérialisent le ciel.

Ondulations au mur de l'abside de Parçay-Meslay prés de Tours.

Ondulations au mur de l’abside de Parçay-Meslay prés de Tours.

Ondulations matérialisant la terre au baptitére St Jean.

Ondulations matérialisant la terre au baptitére St Jean.

Les imbrications ou rangées d’écailles ont une signification différente selon leur orientation.Dirigées vers le bas les écailles évoquent le ciel palpable,elles peuvent par exemple matérialiser la couverture des toits.Dirigées vers le haut elles symbolisent le ciel impalpable,la montagne à gravir pour accéder au royaume des cieux.Parfois la pointe des écailles se termine par une sorte de volute et elles évoquent dans ce cas l’air ou les flots.On en observe un bel exemple à la crypte de St Aignan sur Cher aux scènes retraçant la légende de St Cilles,mais également à Vic.

St Gilles devant la mer à St Aignan.

St Gilles devant la mer à St Aignan.

Imbrications à volutes à Vic

Imbrications à volutes à Vic

De nombreux motifs de décoration font appel à des représentations circulaires.Suite de médaillons renfermant des animaux fantastiques ou des personnages(St Emilion)apotres en buste inscrits dans des disques(Poncé sur le Loir,St Michel d’Aiguilhe)représentations des tableaux des mois dans des cercles(Vieux Pouzauges).La valeur symbolique de toutes ces représentations est a rattacher à celle du cercle.

Alignement de cercles au clocher de l'ancienne abbaye de Beaulieu les Loches

Alignement de cercles au clocher de l’ancienne abbaye de Beaulieu les Loches

A Vals en Ariège,une série de cercles reliès entre eux forment une chaine.Figurés à la voute ,ils symbolisent le lien entre ciel et terre.Les simples bandes colorées,décorées à distance régulière de petites sphères ou de perles portent le nom de galon.On les rencontre à profusion.

Chaine de cercles à Vals

Chaine de cercles à Vals

Les oves ou hémicycles adossés si fréquents dans les peintures catalanes(Casesnove,Serrabone)sont signes d’ancienneté,mais ils sont parfois utilisés comme éléments archaisants.C’est le cas à Notre Dame du Vilar ou l’on peut observer rubans plissés,frise d’animaux fantastiques et hémicycles adoossès

Motifs décoratifs à la chapelle du Vilar

Motifs décoratifs à la chapelle du Vilar

Les ornements végétaux sont aussi divers que nombreux.Les représentations de fleurs sont surtout cantonnées aux vètements.Lorsqu’il s’agit de fleurs isolées on parlera de fleurons.Le fleuron n’est apparu qu’au XII ième siècle.Les fonds constellés de motifs floraux,souvent difficile à distinguer des images d’étoiles tellement ils sont stylisés,caractérisent plutot la période gothique ou l’extrème fin de la période romane(Ste Marie aux Anglais,Marcevol)

A Brioude ou à Berzé la Ville,on peut voir de belles représentations de fleurs dans leur vase.

Brioude,vases de fleurs décorant un pilier

Brioude,vases de fleurs décorant un pilier

Berzé,vase et végétaux

Berzé,vase et végétaux

Le symbolisme général d’une fleur est à rattacher à celui du nombre de ses pétales.

Tréfles à quatre feuilles associés a un galon aux Salles Lavauguyon

Tréfles à quatre feuilles associés a un galon aux Salles Lavauguyon

La fleur de lys et ses trois pétales est un motif ornemental trés représenté,dont la valeur symbolique s’est étiolée au fil des siècles,pour ne devenir qu’un pur élément de décoration.Pour le Moyen Age chrétien,la fleur de lys symbolise pour François Garnier »l’ordre surnaturel et l’ordre naturel ».Mais bien d’autres significations lui ont été attribuées avant qu’elle ne devienne le symbole de la royauté.

Fleurs de lys au temple de Cressac

Fleurs de lys au temple de Cressac

Les fleurs de lys du temple de Cressac doivent etre considérées comme à la fois le symbole de la lutte contre les infidèles mais aussi comme la confirmation d’une fleur de lys devenue symbole royal.Au baptistère St Jean de Poitiers l’empereur Constantin couronné et à cheval tient un globe dans une main et un sceptre surmonté d’une fleur de lys dans l’autre.Le sceptre et la couronne symbolisent le pouvoir terrestre,la fleur de lys symbolise la transmission du pouvoir divin à l’empereur.Les rameaux ascendants constituant l’Arbre de Jessée de Lavardin prés de Vendome se terminent tous par des fleurs de lys.La fleur de lys symbolise ici la filiation,la communication entre Dieu et son peuple.Une signification identique doit étre attribuée aux fleurs de lys plus stylisées terminant le rameau de Jéssée au Liget ;ainsi qu’à celles ornant les tiges de l’Arbre de Moissac.

La feuille de vigne est abondamment utilisée.Une belle représentation figure aux fresques de Vic sous forme d’une frise de rinceaux.

Rinceaux de feuille de vigne à Vic

Rinceaux de feuille de vigne à Vic

Les rinceaux sont constitués d’une tige végétale dessinant des méandres,de laquelle s’échappent des rameaux souvent fleuris.Les frises de rinceaux englobent parfois des représentations animales.Largement utilisés ,leur signification est à rapprocher de la symbolique de l’arbre.

Rinceaux simples à Areines

Rinceaux simples à Areines

Rinceaux plus élaborés à Cressac

Rinceaux plus élaborés à Cressac

Belle frise de rinceaux à Ebreuil

Belle frise de rinceaux à Ebreuil

Le peintre roman a dessiné les arbres de façon trés etonnantes.Les représentations sont schématiques ,déformées parfois à peine esquissées ,disons le baclées ,comme si les artistes ne souhaitaient que l’on ne perçoive l’arbre que dans sa profondeur symbolique si importante au Moyen Age(croix du Christ,arbre de la Tentation,arbre de vie etc..)

Curieux arbre au Vieux Pouzauges

Curieux arbre au Vieux Pouzauges

Arbres schématiques à St Savin

Arbres schématiques à St Savin

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Des peintures de qualité ornent,disséminées sur le mur en hémicycle de l’abside,les voutes du choeur et de la nef,les arcs doubleaux de séparation,et quelques pans des murs gouttereaux,de l’église de Saint Polycarpe prés de Limoux.Pas faciles à admirer ni à photographier en raison de l’élévation de l’édifice,elles sont naturellement consacrées à des thèmes de l’Apocalypse de St Jean dont St Polycarpe ,patron de l’église,fut le disciple avant de mourir brulé vif.Elles furent découvertes en 1971 et restaurées.Ces peintures présentent des ressemblances avec celles de la Catalogne voisine.La palette est plutot riche(ocres roges et jaunes blanc ,noir ,gris,bleu)mais ce sont surtout les tonalités sombres des peintures et des thèmes iconographiques plutot rares,situés tels qu’ils le sont ici,qui font la singularité de l’ensemble en dépit du caractère parcellaire de l’oeuvre.

Le mur en hémicycle de l’abside conserve des fragments représentant des personnages.Il s’agit probablement des vestiges du collège apostolique,le Christ en gloire aujourd’hui disparu devait figurer à la voute accompagné des quatre symboles.

A la voute est représenté un thème rare en peinture murale,l’évocation des 7 églises d’Asie figurées dans les voutains dont les arétes sont peintes en ocre rouge.Les peintures des voutains est et ouest sont presque totalement effacées.Les voutains sud et nord montrent chacun deux anges aux grandes ailes relevées sur leur tète,comme on peut l’observer à Génneteil ou à Saint-Chef.Les anges sont encadrés de deux fines et longues tours,décorées de bandes transversales colorées.

Anges et tours à la voute de la nef

Anges et tours à la voute de la nef

Sur le mur Nord de la nef ,à la retombée de la voute ,en haut,apparait un ange dans un médaillon entouré de deux autre anges.En dessous de part et d’autre de la fenètre,a droite,un ange dirige sa main droite levée vers un personnage assis tenant dans sa main un rameau terminé par une fleur de lys.Peut etre s’agit il d’une évocation de l’Arbre de Jéssée.A gauche un magnifique ange ,les ailes déployées,comme lové dans ses vétements.On discerne encore un fragment de bande décorative.

Ange au mur Nord de la nef

Ange au mur Nord de la nef

Sur le mur Sud de la nef,à droite de la fenétre,subsiste l’image d’un quadrupède dréssé sur ses pattes arrières.Le train avant et la tète ont disparu.On retrouve une bordure identique à celle du mur Nord.

L’intrados de l’arc de séparation des voutes de la nef et du choeur révèle un ange pointant son index,et dessous un personnage debout.Sous ses pieds un autre ange surplombant deux autres personnages non identifiés.

La voute du choeur est consacrée à l’adoration de l’Agneau par les Vieillards de l’Apocalypse.L’agneau blanc au centre se détache dans un médaillon à fond ocre borduré d’un beau décor d’ondulations bleues et blanches évoquant les nuages,entre deux bandes ocres.Autour gravitent des anges ,groupés deux à deux dans un médaillon concentrique dont la bordure ocre est soulignée d’ondulations.On ne distingue  plus que trois anges aux courtes ailes.Les voutains sont occupés par les Vieillards,tous couronnés,assis sur un trone ,les uns tenant une viole ,les autres une coupe.On distingue encore neuf vieillards reparties aux voutains ouest et nord et deux sièges au voutain sud.On peut imaginer que les 24 vieillards étaient regroupés à 6 par voutain.

Agneau et Vieillards à la voute du choeur

Agneau et Vieillards à la voute du choeur

Détail des Vieillards au voutain ouest

Détail des Vieillards au voutain ouest

 

 

Qui connait les peintures murales d’Allouis,en dehors des spécialistes et des passionnés d’art roman.Ce petit village du Cher,non loin de Mehun sur Yèvre ne dispose en effet de pas beaucoup d’atouts pour attirer les foules.Oasis au coeur d’une plaine agricole rigoureusement plate que l’on ne nomme pas encore ici « champagne »,le bourg est plus identifiable par la présence voisine du haut pylone de télécom,que pour les peintures de son église.Des peintures injustement anonymes qui méritent pourtant vraiment un détour.Cantonnées au mur oriental de la nef percé d’une ouverture plein cintre d’accés au choeur,ces peintures constituent un modéle d’utilisation du mur à peindre.D’ailleurs on a le sentiment que l’église a été construite pour accueillir un décor peint qui devait occuper toutes les surfaces du choeur et de l’abside.

Localisation des peintures au mur est de la nef.

Localisation des peintures au mur est de la nef.

Pas de fioritures ici;le mur est parfaitement quadrillé,les peintures disposées en quatre tableaux trés strictement délimités par de fines bordures,scindés en deux registres par une bande décorative et limités à la partie supérieure par une autre bande.Un médaillon central somme l’extrados décoré de l’arc dont les intrados sont occupés par un calendrier des mois conformément aux traditions du XII ième siècle.Les peintures ,restaurées en 1974,bien que par endroits dégradées sont de belle qualité.La palette est riche à dominante de tons ocres rouge et brun puissants et d’un vert accrocheur,encore vif par endroits ,presque métallique que l’on retrouve aux fresques de Poncé sur le Loir.Les blancs sont aussi trés présents notamment au niveau des visages et il faut noter la présence d’un beau bleu azur,type « bleu val de Loire » trés peu usité dans le Berry.L’ensemble esthétiquement plutot surprenant est « sauvé » par la qualité du dessin,supérieure au niveau des grands tableaux qui semblent avoir bénéficié,plus que les scènes du Calendrier des mois de l’attention et de la dextérité du peintre.

Le Calendrier des mois  aux intrados de l’arc est malheureusement incomplet.Les six scènes des parties basses ont disparu.Les rouges sont ici présents à l’excès,mais certaines scènes sont cocasses en particulier la vendange de Septembre.

Allouis,Septembre la vendange

Allouis,Septembre la vendange

L’évocation d’Avril est assez singulière.On y voit un personnage non identifié ,debout,vétu d’une longue robe blanche attestant qu’il ne s’agit pas d’un paysan,mais d’un personnage important.

Allouis,évocation du mois d'Avril

Allouis,évocation du mois d’Avril

A l’emplacement 1 deux beaux anges etirés epousant parfaitement la courbe de l’arc,encadrent un médaillon assez effacé à fond vert renfermant l’agneau de Dieu.Dessous à l’emplacement 2 est représenté l’ensevelissement du Christ sous une triple arcade brune et blanche.Joseph d’Arimathie à la barbe blanche soutient le Christ a demi allongé .Au pied du cercueil se tient Nicomède.La scène se détache d’un fond constitué de trois larges bandes banche verte et brune.

l'ensevelissement du Christ

l’ensevelissement du Christ

L’emplacement 3 révèle une image détériorée des Saintes Femmes au tombeau.La dernière des femmes la téte appuyée sur sa main présente un trés beau visage,expressif ,témoignant de la dextérité du peintre d’Allouis

allouis viergeA l’emplacement 4 il ne subsiste que la partie haute d’une crucifixion avec les représentations du soleil et de la lune dans les cantons supérieurs.L’image de la Vierge identifiée par l’inscriptionMA-RIA a disparu.De l’autre coté on distingue bien la téte auréolée de brun de Jean.Le christ sur la croix est traité de manière trés realiste,le corps décharné.allouis  crucifiction

L’emplacement 5 est tout entier à la gloire de la Vierge assise sur un large siège finement décorée ,tenant l’enfant de son bras gauche.Auréolée de brun et voilée de blanc elle est encadrée de deux femmes.Celle de droite tient au bout de son bras une sorte de calice ou de lampe.Les personnages sont figurés sous des arcades.D’autres arcatures en deux rangées superposées évoquent une galerie de cloitre oriental.

allouis  vierge tronan

Vierge à l’enfant (détail)

 

L’archivolte de l’arc triomphal (emplacement 6) est décorée d’animaux fantastiques se détachant d’un fond rougeatre.L’ensemble est malheureusement trés dégradé.Deux bades de grecques séparent l’une les peintures en deux registres,l’autre l’ensemble peint du plafond(emplacements 7 )

Des vestiges de peintures bien plus tardives ornent un mur de la nef;on y reconnait trois ecclésiastiques.

Le noir originel,celui qui prenait place dans le tryptique,rouge blanc noir des populations africaines,était quasiment banni au XII ième siècle.Banni au sens ou il n’était jamais utilisé en larges surfaces,et lorsqu’il l’utilisait le peintre roman s’efforçait de l’associer a une autre couleur pour en diminuer sa valeur séméiologique négative aux yeux de l’occident chrétien.Le noir symbolisait le deuil ,la mort et lorsque exceptionn.ellement il était appliqué en surfaces de fond,il ne s’agissait jamais d’un noir pur.

Peintures du XIII ième siècle à St Martin d' Aime(Rachel et le massacre des innocents)

Peintures du XIII ième siècle à St Martin d’ Aime(Rachel et le massacre des innocents)

A Caldégas ,hameau de la commune de Bourg-Madame,dans les pyrénées catalanes,les peintures du début du XIII ième qui ornent la petite église éminemment romane,s’étalent sur des fonds noirs.Noirs mais « adoucis ».Sur le superbe tableau montrant un chevalier au faucon partant pour la chasse,l’artiste a bien pris soin de gommer les impressions négatives qui pourraient émaner du fond noir,par un traitement presque exclusivement blanc du cheval et de son cavalier.

le cavalier au faucon de Caldégas

le cavalier au faucon de Caldégas

Caldégas,le lion de St Marc

Caldégas,le lion de St Marc

Aux peintures de la fin du XII ième siècle,ornant la crypte de l’église semi troglodytique Notre Dame dans la petite « cité du livre »de Montmorillon dans la Vienne ,le peintre a fait preuve de réalisme en peignant en noir le visage de Sainte Catherine d’Alexandrie désignée par la main de la vierge à l’enfant tronant à la voute.

Montmorillon,le visage noir de Ste Catherine

Montmorillon,le visage noir de Ste Catherine

A St Jacques des Guerets dans la vallée du Loir,l’artiste a utilisé le noir en divers endroits du grand programme peint;a la scène de la crucifixion,a l’évocation de la décollation de St Jean Baptiste ou encore pour le traitement de St Georges patron des croisés à l’intrados d’une fenètre

Damier noir et blanc au St Georges de St Jacques des Guerets

Damier noir et blanc au St Georges de St Jacques des Guerets

St Jacques des guérets,détail de la crucifixion

St Jacques des guérets,détail de la crucifixion

A Vals dans l’Ariège,les larges surfaces noiratres qui apparaissent a la voute,ne seraient dues qu’à une dégradation des pigments bleus d’origine.Les exemples précédents,tout comme celui de l’enfer à Polignac prés du Puy,ne sont que des exceptions.Le noir à l’époque romane,fut cantonné aux drapés des vétements,aux bordures des tableaux encadrant les scènes,aux cheveux et aux barbes,aux inscriptions et surtout aux contours des personnages soulignés d’un trait noir ou trés foncé de plus en plus large et appuyé au fur et à mesure que l’on s’est rapproché du XIII ième siècle.Finalement le noir n’aura acquis sa valeur séméiologique qu’avec l’avénement du gothique et l’apparition de larges litres funéraires.

Chamalières sur Loire,vierge à l'enfant,soulignée d'un épais trait noir(Peinture de la fin du XII ième)

Chamalières sur Loire,vierge à l’enfant,soulignée d’un épais trait noir(Peinture de la fin du XII ième)

 

 

 

L’église St Martin de Genneteil en Anjou, conserve un ensemble de peintures murales datées du milieu du XII ième siècle ,localisées à l’absidiole septentrionale .D’autres traces de peintures d’une autre époque sont visibles sur les murs de la nef.On peut dire de ces peintures ,de belle qualité,qu’elles constituent une sorte d’ode à la Vierge.Les tons dominants sont sans surprise les ocres rouges et jaune,agrémentés de touches d’un beau vert de gris et de blanc.247

L’emplacement 1 correspond à une large bande décorative bordée d’ocre rouge et jaune,et composée de motifs géométriques de forme trapézoidale.Aux emplacements 2 figurent huit vierges de part et d’autre de la bande faitière.Douze d’entre elles tiennent une lampe conique.Toutes sont couronnées et auréolées et se détachent d’un fond blanc

genneteil   voute0017

La tentation est grande de voir dans cette image une évocation de la parabole des Vierges Sages et des Vierges Folles.L’histoire est relatée dans l’evangile de St Mathieu.Dix jeunes vierges sont réunies pour rencontrer l’Epoux.Seules cinq d’entre elles disposent de l’huile nécessaire pour allumer leur lampes (Vierges Sages).Les cinq autres (Vierges Folles)partent en quète de la précieuse huile.A leur retour,elles trouvent porte close.Généralement le traitement des Sages et des Folles est fort différent,les artistes s’efforçant notamment de bien signifier la frivolité des Folles.Ce n’est pas le cas à Genneteil.On a d’autre part du mal à comprendre que la Vierge à l’Enfant puisse représenter l’Epoux.

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A l’emplacement 3 ,cul de four de l’absidiole,figure une trés belle représentation de la vierge dans une mandorle entouré par deux magnifiques anges agitant des encensoirs,leurs larges ailes déployées au dessus de leur tète.Sur le mur,séparée de la voute par une bande d’ondulations ocre rouge,on distingue les restes d’une présentation au temple

Vierge à l'enfant dans sa mandorle

Vierge à l’enfant dans sa mandorle

Détail de l'ange entourant la gloire de la Vierge

Détail de l’ange entourant la gloire de la Vierge

Ange agitant un encensoir(détail)

Ange agitant un encensoir(détail)

Sur le mur opposé(emplacement 4) une belle représentation du baptème du Christ.Le Christ est accompagné de l’apotre Jean,la présence d’un ange est perceptible au dessus.L’évocation du baptème sous cette forme est assez peu courante.On retrouve une image ressemblante aux peintures de Lavardin dans le Loir et Cher.Ailleurs l’enfant est représenté dans une cuve baptismale faisant confondre parfois le baptème avec le bain de l’enfant.

Le baptème du Christ

Le baptème du Christ

Enfin aux intrados de l’arc d’entrée(emplacement 5) de part et d’autre de l’image d’un Christ dans son médaillon,figurent les images de deux personnages parfois non ou mal identifiés en raison de la forme de l’ »objet » tenu a bout de bras par l’un d’entre eux .L’objet pris parfois pour un bouclier.Il s’agit en fait d’une gerbe de blé et le personnage la portant est Cain.Son frére Abel est représenté en face.La scène est quasiment identique a celle que l’on observe aux intrados d’une fenètre a Lignières de Touraine(Voir l’article sur Abel et Cain)

Cain offrant une gerbe de blé

Cain offrant une gerbe de blé

 

 

 

La petite église de Montgauch,a l’entrée du village situé à quelques kilométres de St Lizier et donc de St Girons,ne sont pas trés connues.L’ensemble est pourtant important et assez différent de ce que l’on peut voir habituellement en matière de peintures murales dans la région.Les fresques découvertes en 1957 ont été depuis restaurées,elles sont datées de la deuxième moitié du XII ième siècle.Elles occupent essentiellement les voutes de l’abside et du choeur de l’église a nef unique de la fin du XI ième siècle.Les peintures se prolongent également sur le mur en hémicycle de l’abside en cul de four.La palette est riche avec une prédominance de tons plutot sombres(ocres,gris,bruns,bleus foncés)éclairés par des touches de blanc,au niveau des visages surtout et de vermillon judicieusement utilisé pour rehausser les peintures.Les contours des personnages sont soulignés d’un épais trait noir,comme souvent sur les peintures romanes de fin d’époque,sans que cela n’altère les qualités esthétiques indéniables de l’ensemble.

Montgauch,ensemble des peintures

Montgauch,ensemble des peintures

Il est surprenant de découvrir un ensemble aussi important,ainsi localisé aux voutes dans cette petite église rurale.Cette oeuvre résulte d’un mélange de styles,d’influences,de techniques de réalisation,qui rendent difficile son rattachement a telle ou telle autre ecole.Ainsi les influences du Maitre de Pedret,pourtant toutes proches à St Lizier,ne sont que peu perceptibles,si ce n’est peut etre dans le dessin des couvre chefs des élus à la voute du choeur

Groupe d'élus à la voute du choeur

Groupe d’élus à la voute du choeur

On note des ressemblances avec les peintures toulousaines,mais aussi avec les peintures catalanes(Ailes ocelées des archanges évoquant les ailes de l’ange d’Arles sur Tech)et certaines peintures du centre ouest pour ce qui est du traitement des visages.

Visage de l'apotre Jean

Visage de l’apotre Jean

Archange à la voute de l'abside

Archange à la voute de l’abside

Mais ce qui rend l’ensemble de Montgauch,franchement atypique,ce sont les incongruités iconographiques qu’il révèle.La plus flagrante étant la localisation à la voute du choeur d’un Jugement Dernier,dont la place est d’ordinaire systématiquement réservée au revers des façades occidentales.A Mongauch le Christ,trés éffacé,fait office de bande faitière,les scènes du Jugement dernier,incomplet,s’étalant de part et d’autre sur les murs de la voute.Plus incompréhensiblement encore,les damnés sont positionnés à la droite du Christ,place incontournablement dévolue au Elus.S’agit il d’une volonté du peintre ou d’une grossière erreur,nul ne le sait.Certains spécialistes y voient un rapport avec le combat contre l’hérésie cathare si prégnante dans la région.Mais d’autre bizarreries émaillent l’ensemble.Ainsi à la voute de l’abside,l’artiste semble avoir donné la priorité au traitement des deux grands archanges,confinant le Christ dans une mandorle trés effilée,qui parait insuffisante pour y loger l’ensemble de l’image,l’auréole débordant au sommet de la gloire.Les quatres petites représentations des évangiles sont quand à elles cantonnées,comme serrées à la partie inférieure.

Voute de l'abside(Christ,archanges,symboles des évangiles et vases à oreillettes)

Voute de l’abside(Christ,archanges,symboles des évangiles et vases à oreillettes)

Le mur en hémicycle de l’abside est orné de peintures en trois registres.Au registre supérieur dans les écoinçons des fenètres,sont relatées des scènes de l’enfance du Christ. On distingue à gauche une belle nativité avec l’enfant le boeuf et le cheval.A coté le « songe » de Joseph puis une visitation.

Nativité,l'enfant dans son berceau

Nativité,l’enfant dans son berceau

Le songe de Joseph

Le songe de Joseph

Au registre médian un groupe de personnages tous pieds nus suivent un cavalier et au registre inférieur subsite une belle crucifixion traitée dans des tons plus doux,se détachant d’un fond vert.Dans les cantons supérieurs de la croix deux anges soutiennent deux représentations du Soleil et de la Lune tandis que dessous à coté du porte hysope et du porte lance deux trés belles images de St Jean et de la Vierge.A la gauche de la Vierge subsistent les vestiges d’un thème peu courant ,la flagellation,et à droite de St Jean on distingue une scène montrant un soldat protégé d’un imposant bouclier.

Détail de la crucifixion

Détail de la crucifixion

Visage de la Vierge

Visage de la Vierge

 

 

 

 

 

 

 

LEAD Technologies Inc. V1.01Annonciation et Visitation sont souvent associées en peinture murale,et intègrent le cycle de l’enfance du Christ.Souvent mais pas toujours.Dans certains ensembles peints,la Visitation est absente ou incluse dans un autre cycle.Ainsi à Vic en Berry,l’Annonciation figure au mur oriental de la nef,tandis que la Visitation borde l’image de la crucifixion de St Pierre à l’abside.

Vic,l'annonciation au mur oriental de la nef

Vic,l’annonciation au mur oriental de la nef

Vic,la visitation aux murs de l'abside

Vic,la visitation aux murs de l’abside

 

A Pritz en Mayenne dans les faubourgs de Laval,l’Annonciation ,précède une image de la Vierge allaitant.La Visitation n’est pas représentée.

Pritz,vierge de l'annonciation

Pritz,vierge de l’annonciation

L’annonciation est l’annonce faite à Marie,par l’ange Gabriel ,de la naissance de son fils(Evangile de Luc).Néanmoins,les représentations peintes de l’Annonciation à l’époque romane,s’appuyent souvent sur des textes apocryphes.Dans la tradition byzantine,la Vierge est assise devant l’Ange Gabriel,généralement les mains en position d’orante.Dans la tradition orientale,la Vierge est figurée debout ,moins hiératique,moins solennelle;

Souday (Loir et Cher)Ange Gabriel et Vierge debout

Souday (Loir et Cher)Ange Gabriel et Vierge debout

Brinay,vierge de l'annonciation debout

Brinay,vierge de l’annonciation debout

Crypte de la cathédrale de Limoges,ange Gabriel et vierge de l'annonciation

Crypte de la cathédrale de Limoges,ange Gabriel et vierge de l’annonciation

Au prieuré de Notre Dame du Vilar ,dans les Pyrénées Orientales,l’ange Gabriel et la Vierge sont séparés par un oculus.La Vierge est assise sur un banc décoré dans la pure tradition byzantine,tout comme à Rocamadeur qui nous offre de l’Annonciation sa plus belle représentation,bénéficiant de la beauté et du prestige du site qui l’accueille,ainsi que du magnifique bleu de lapis lazuli qui occupe les fonds.La Vierge assise en position de prière reçoit l’esprit divin d’une colombe blanche effleurant sa tète.

Vierge de l'annonciation à Notre Dame du Vilar

Vierge de l’annonciation à Notre Dame du Vilar

Rocamadour,colombe de l'Annonciation

Rocamadour,colombe de l’Annonciation

378La Visitation est la visite de Marie qui vient d’apprendre la naissance,à sa cousine Elisabeth.Dans la tradition byzantine les deux femmes sot figurées marchant l’une vers l’autre.La peinture romane a rarement respecté cette tradition(fresques de l’église d’Areines prés de Vendome).Presque systématiquement l’artiste peintre s’est inspiré des modèles orientaux,ou les deux femmes sont représentées,joue contre joue,s’étreignant (Rocamadour,St Lizier,St Martin des puits)

Rocamadour,la visitation

Rocamadour,la visitation

la Visitation à St Martin des Puits

la Visitation à St Martin des Puits

 

 

 

 

L’église Notre Dame de Gourdon,sur un ancien oppidum gaulois,surplombe la route menant de Montceaux les mines à Macon.C’est un bel édifice de la fin du XI ième siècle,intéressant car il n’a été que trés peu modifié.Des peintures murales,on ne pouvait voir jusqu’à une époque relativement rècente,que le Christ en majesté tronant à la voute.Les autres peintures ne furent dégagées que dans un deuxième temps.

gourdon en gloire0009L’extarordinaire visage du Christ dans sa gloire en amende,dégage une impression d sévérité accentuée par le dessin des yeux,disproportionnés figés et cerclés de rouge.Ce Christ était destiné à frapper le visiteur.Il y réussit encore fort bien.

516aLe reste des peintures se répartit essentiellement sur les murs de l’abside et du choeur.Les fragments visibles dans les absidioles ne sont pas identifiables.Sous l’image du Christ,dans les écoinçons déterminés par les arcs des trois baies plein cintre de l’abside,sont figurés deux evéques en buste,avec le palium,traités dans des tons ocre rouges trés soutenus.Les visages sont austères,les main traitées de façon trés particulière.

Main d'un évéque

Main d’un évéque

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gourdon  eveque0010

Au registre supérieur des murs du choeur,des deux cotés,court une frise d’apotres tous tournés vers le Christ.De beaux bleus viennent adoucir l’atmosphère pesante des puissants ocre rouges de la voute.

Bande bleue de fond derrière un groupe d'apotre

Bande bleue de fond derrière un groupe d’apotres.

Dessous,sous des arcatures aveugles,on peut observer plusieurs scènes.Coté sud ,une Nativité et une Annonciation.La Visitation a disparue.

Vierge de l'Annonciation

Vierge de l’Annonciation

La Nativité (détail)

La Nativité (détail)

Mais la scène la plus intéressante,car unique en France en peinture romane,se situe coté nord,ou figure sous un arc,une représentation des Pélerins d’Emmaus,confirmée par l’inscription « CLEOPAS » nom de l’un des pèlerins.L’histoire des Pélerins d’Emmaus est relatée dans l’évangile de Luc.Le Christ ressuscité rencontra deux pélerins incrédules sur un sentier.Souvent cet épisode n’est évoqué qu’au travers de l’image d’une mini Cène à trois personnages,le Christ et les deux pèlerins.C’est le cas à Gourdon.

Christ d'Emmaus

Christ d’Emmaus

premier pélerin

premier pélerin

 

"Cleopas" deuxième pélerin

« Cleopas » deuxième pélerin

A l’embrasure d’une fenètre,on peut voir l’image étonnante d’un diable cornu,décharné.Etonnante car réalisée ,à cet emplacement et hors du contexte d’un jugement dernier.

Diable cornu

Diable cornu

L’ensemble peint de Gourdon fait partie de ces oeuvres que l’on n’oublie pas.Non pas tant en raison de la qualité technique ou esthétique des peintures de la deuxième moitié du XII ième siècle,mais pour la rougeur sombre de la conque absidiale,le regard inquiétant du Christ de l’Apocalypse,le contraste quasi permanent entre ocre rouges soutenus et bleu profond des peintures des murs du choeur,qui confèrent à ces peintures une atmosphère pesante,allégée toutefois par la luminosité octroyée par les trés larges et hautes baies de l’abside

 

 

 

 

 

Les peintures murales de Méobecq dans l’Indre,ne sont pas les plus connues ni les plus spectaculaires du Berry.Il est vrai que les alignements de saints aux couleurs plutot fanées et au dessin rigide,si elles méritaient d’étre visitées,comme témoins de peintures murales en milieu rural, considérées alors de la deuxième moitié du XII ième siècle,ils ne suffisaient pas à attirer les foules.Or récemment des études ont prouvé que les peintures ne dataient pas du XII ième,mais qu’il fallait avancer leur date de réalisation d’un siècle,ce qui confère désormais à l’ensemble de Meobecq,devenu l’un des plus anciens de la région, un intérét archéologique considérable.L’intérét de Meobecq,réside aussi dans la présence d’images assez peut courantes,tirées du texte de l’Apocalypse.Des fragments,dont le style est sensiblement différent de celui des images de saints,semblent accréditer la thèse de la présence d’un deuxième peintre à Meobecq.

Le Christ en majesté qui tronait à la voute a quasiment disparu.Le mur en hémicycle est percé de trois grandes baies trés hautes,tandis que les deux murs de la travée droite sont décorées de hautes arcatures aveugles.La construction de l’église abbatiale de Méobecq est datée pécisément de 1048.Des transformations postérieures furent effectuées au XII ième siècle.C’est sans doute un des arguments qu’utilisérent les tenants d’une datation des peintures dans la deuxième moitié du XII ième siècle.L’architecture des murs permet de comprendre que l’artiste de Méobecq,disposait d’une surface à peindre relativement restreinte.

Au niveau des arcatures aveugles on observe une représentation de Saint Loyau qui fut le premier abbé de Méobecq.L’image est en partie effacée.Au dessus et a gauche de l’arc apparait l’image tronquée de St Jean auréolé et de l’ange de l’Apocalypse.

Ange et St Jean auréolé de gris

Ange et St Jean auréolé de gris.

A l’arcature sud est figuré St PIerre,le patron de l’église,assis sur un siège en X,se détachant d’un fond blanc.Dans un habit épiscopal rouge,il benit de sa main droite.La main gauche tient un livre et dessous est figurée une clé l’identifiant.Derrière son épaule apparait une crosse.

Saint Pierre

Saint Pierre

Sur les piedroits ,on peut voir du nord au sud,une image de Saint Cyran,fondateur de l’abbaye,dont la légende dit qu’il aurait été un proche parent de Dagobert et qu’il serait venu s’établir à Méobecq dés 632.La partie inférieur du saint a disparu.Dans un habit grisatre,il se détache d’un rectangle à fond blanc borduré d’ocres.Le saint auréolé d’ocre rouge,tient dans sa main gauche un livre et la crosse.Au dessus court un fragment d’une frise de rinceaux.

Saint Cyran

Saint Cyran identifié par une inscription

Au dessus figure un cavalier sur un cheval blanc tirant à l’arc.Il s’agit de la représentation du premier cavalier de l’Apocalypse.

Cavalier de l'Apocalypse

Cavalier de l’Apocalypse

L’image suivante montre Saint Benoit,patron du monachisme occidental,vétu de rouge,tenant le livre dans sa main gauche et la crosse dans sa main droite.Le personnage semble tassé,comme trop grand pour l’espace qui lui est réservé.

Saint Benoit

Saint Benoit

Le dernier saint est Saint Martial,premier évéque de Limoges ,célébré dans de nombreuses églises du Berry.Son nom est inscrit dans le coin gauche du cadre qui l’accueille.Il serre contre lui le livre des deux mains.Les drapés de ses vétements soulignés de vet,paraissent plus fluides que sur les autres représentations de saints

Saint Martial(détail)

Saint Martial(détail)

Aux intrados des fentres on peut admirer ,à la fentre axiale l’image un peu dégradée de deux beaux anges soutenant un médaillon.On ne peut déchiffrer l’image incluse dans le médaillon.

meobecq ange0002

A la fenètre sud ,deux personnages trés ressemblants se font face au sommet de l’intrados;L’image tronquée évoque deux martyrs.Chacun d’eux tient une couronne dans la main gauche.L’un a la main droite levée,l’autre dirige sa main droite ouverte vers le sol.Les couleurs des habits des personnages sont inversées.Cape rouge,robe verte pour l’un ,l’inverse pour l’autre.

Détail de l'un des deux martyrs

Détail de l’un des deux martyrs

Les peintures des registres inférieurs ont disparu;il subsiste l’image partielle d’un combattant en cote de mailles,sous le St Pierre.Peut etre s’agit il d’une évocation d’un combat des Vices et des Vertus

Guerrier représentant une Vertu

Guerrier représentant une Vertu

 

 

 

 

 

L’histoire d’Abel et Cain est relatée dans la Genèse.Abel était berger et Cain cultivait la terre.Ils étaient les fils d’Eve.Ils présentèrent leurs offrandes à Dieu.Celui ci dédaigna ostensiblement celles de Cain qui fou de jalousie tua son frère et enfouit son corps dans le sol.Cain fut maudit par Dieu.

Chacun de ces épisodes a fait l’objet de diverses représentations tant sculptées que peintes.En peinture,l’histoire est magnifiquement reproduite aux fresques de Saint Savin.Ces épisodes ont été interprété comme une volonté divine de voir le peuple israélite demeurer un peuple de nomades.

St Savin,les offrandes d'Abel et Cain

St Savin,les offrandes d’Abel et Cain

Abel et Cain présentent leurs offrandes a Dieu.Il faut noter que Dieu tourne la téte à Cain,tandis qu’il désigne Abel déja auréolé et offrant un agneau.

St Savin,Cain frappe Abel gisant au sol

St Savin,Cain frappe Abel gisant au sol

A St Aventin prés de Luchon,un épisode de l’histoire d’Abel et Cain est représenté sur l’un des tableaux de la voute

A Ligniéres de Touraine ,prés d’Azay le rideau,Abel et Cain sont figurés aux intrados d’une fenètre,apportant chacun leur offrande.L’artiste a ouvré pour montrer qui était le « bon ».Abel porteur d’un couvre chef,est figuré à la droite de la main divine qui le désigne,c’est à dire du bon coté,celui des élus.Ses habits sont plus élaborés,une partie est relevée et servent de panier a l’agneau.Le bas de la robe claire est décorée de bandes colorées.Il est représenté de trois quart face,signifiant qu’il est devenu un personnage important.Cain est représenté à gauche de la main divine ,c’est à dire du mauvais coté,celui des rejetés.Il est figuré nue téte,sa tunique raide serrée à la taille est monochrome,ocre rouge.La palette est réduite à de l’ocre rouge et de l’ocre jaune.Cain est peint visage de profil,dans une représentation reservée aux personnages subalternes ou mauvais.

Ligniéres,Abel offrant un agneau

Ligniéres,Abel offrant un agneau

Lignières,Cain tenant une gerbe de blé

Lignières,Cain tenant une gerbe de blé

A St Jean le Thomas,village cotier normand prés de Avranches,le tympan au dessus d’une ouverture murée,montre le combat des deux frères.

St Jean le Thomas,duel entre les deux frères.

St Jean le Thomas,duel entre les deux frères.

Sur les murs de la nef,prés d’une fenètre,une deuxième image montre Abel et Cain présentant leurs offrandes sous le regard de Dieu figuré en haut et à droite.Cain est vétu d’une robe serrée à la taille,tandis qu’Abel porte un bel habit plus ample aux tons rouges.A coté on retrouve Cain de jaune vétu,une sorte de bèche à la main,tuant son frère.Le reste de la scène est éffacé.L’ensemble est limité au dessus par une large bande de beaux rinceaux rosatres,identiques a ceux qui ornent le tympan décrit précédemment.

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La trés belle ville du Puy en Velay fait partie avec Poitiers,Caen,Toulouse,Vienne ou Saintes des grandes cités d’art roman de notre pays.Le Puy ajoute des paysage et un environnement volcanique exceptionnel.La cathédrale constitue le fleuron roman de la cité et les trésors qu’elle rèvèle relèguent presque au deuxième plan les peintures d’un roman tardif et de facture trés byzantine qui par endroits la décorent.Elles constituent pourtant un ensemble singulier ,trés intéressant.

44Aprés avoir franchi les 139 marches du monumental et trés rude escalier on accède au porche ouest.La troisième travée offre la vision de peintures nettement byzantines.(Emplacement 1).A gauche trone une Vierge à l’enfant.De part et d’autre Isaie et Jean-Baptiste déroulent un parchemin.Sur les parois figurent les apotres Pierre et Paul.Au centre de l’arc une représentation du Christ bénissant,dans une gloire soutenue par des anges.Les fonds sont bleu nuit,comme la robe de la Vierge revétue d’un manteau rouge.

Vierge à l'enfant

Vierge à l’enfant

Ensemble de la fresque

Ensemble de la fresque

 

A droite on peut observer un thème rarement représenté en peinture murale,celui de la Transfiguration.Au mont Thabor,« le visage du Christ devient éclatant comme le soleil,ses habits blancs comme la neige… ».Au Puy le Christ est figuré tout de blanc vétu,juché sur un rocher,la main droite sur le coeur,des rayons s’échappent de ses vétements.Les trois apotres Pierre Jean et Jacques gisent au pied des rochers.Au large intrados de l’arc,St Etienne et St Laurent dans de grands rectangles à fond bleu bordés d’une double bandes marron et verte.

Visage du diacre Etienne

Visage du diacre Etienne

Saint Laurent

Saint Laurent

En pénétrant dans la cathédrale par le porche Saint Jean au nord,on découvre deux ensembles de fresques ornant les chapelles absidiales jumelles du bras nord du transept (Emplacement 2).A gauche apparait une trés belle évocation des Saintes Femmes au tombeau.La peinture ,encore d’influence byzantine date de la fin du XII ième siècle.Le traitement des drapés des vétements des saintes est remarquable,les visages finement déssinés.

Les trois Saintes Femmes

Les trois Saintes Femmes

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A droite,dans l’autre chapelle est peint le martyre de Sainte Catherine d’Alexandrie.La sainte est représentée en prière dans les rayons de la roue,instrument de son supplice.De part et d’autre sont figurés;l’empereur dans sa loge,les paiens et les bourreaux .Un trés bel ange actionne la roue.Ces peintures semblent plus récentes que les précédentes.

Ange actionnant la roue du supplice

Ange actionnant la roue du supplice

Sainte Catherine dans sa roue de supplice

Sainte Catherine dans sa roue de supplice

De part leur emplacement dans l’église et les thèmes qu’elles abordent,ces peintures semblent avoir été destinées à la masse des fidèles selon une tradition copte qui les séparaient de celles à destination des religieux.Ainsi des fresques plus « savantes »occupent le dessus de la tribune (Emplacement3).On y voit en particulier une trés grande représentation de St Michel terrassant le dragon,dans son habit d’apparat byzantin,les ailes déployées au dessus des épaules,foulant aux pieds le dragon dont il transperce la téte de sa lance.Sur les murs de part et d’autre,sont représentés le jugement de Salomon à gauche,une main bénissant en face et le meurtre de Jezabel figuré à droite.

L'immense St Michel

L’immense St Michel

A la tribune du croisillon sud,des peintures représentant un Christ et des personnages de l’Ancien Testament,prophétes et rois (Emplacement 4)

La chapelle dite des morts,en référence aux chanoines qui l’avaient faite construire pour y étre ensevelis,est un batiment jouxtant le magnifique cloitre,dont les murs sont décorés d’une fresque du XIII ième siècle,représentant une crucifixion d’inspiration byzantine.(Emplacement 5).La scène de crucifixionest inscrite dans un rectangle.Dans les cantons supérieurs de la croix s’insérent classiquement des représentations du soleil et de la lune,accompagnées ici d’anges à genoux.De part et d’autre,en deux registres ,sont figurés les prophètes Isaie,Osée,Jérémie et Philon d’Alexandrie.Voir le juif Philon associé ainsi aux prophètes est exceptionnel.

Bien qu’il ne s’agisse plus de peintures romanes,il ne faut pas manquer d’aller admirer la célèbre fresque des Arts Libéraux du XV ième siècle,dans la chapelle des Reliques.(Emplacement 6)

 

 

 

 

Visage d'apotre

Visage d’apotre

L’église St Julien d’Estavar en Cerdagne posséde des peintures murales du milieu du XII ième siècle bien différentes et de meilleure qualité que celles des églises voisines de Caldégas et d’Angoustrine.Bien que les personnages demeurent quelque peu hiératiques,signe d’une influence byzantine,des peintures d’Estavar émane un certain raffinement,lié aux dons de coloriste du peintre,qui utilise une palette plutot riche,a prédominance de tons sombres,bleus et gris soutenus,marrons ocres rouges et quelques touches d’un vert profond.A ce titre elles appartiennent au groupe des peintures dites à fond sombre,selon la classification aujourd’hui en grande partie obsolète établie par Focillon.Ces tonalités les font comparer aux fresques de Saint Polycarpe prés de Limoux et surtout à celle de Montgauch en Ariège qui utilisent massivement des tons rouges foncés.Elles furent découvertes en 1955.

A la voute de l’abside,subsiste la partie inférieure d’un Christ dans sa mandorle bordé de trois bandes blanche verte et brune.Le bas de sa robe rayé verticalement de gris et orangé est festonné,tandis que les pieds assez maladroitement exécutés débordent de la gloire.Il s’agit ici du Christ de l’Ascension dans une iconographie singulière ,sans la présence des anges.On déchiffre encore sur la partie droite de la mandorle ,un aigle de St Jean en haut et le taureau de St Luc en bas.Les deux autres symboles a gauche ont totalement disparu

Vestiges du Christ en gloire

Vestiges du Christ en gloire

Une belle bande de grecques délimite le mur en hémicycle dessous,qui affiche ,de part et d’autre d’une fenètre axiale,le collège apostolique.A gauche ne subsistent que les bustes de trois apotres .Parmi eux figure St Pierre.A droite,cinq apotres se détachent d’un fond rouge.A droite cinq apotres se détachent d’un fond rougeatre.Des lettres blanches au dessus de leur tété permettent de les identifier comme étant,Philippe,André ,Simon et Jean.Les uns barbus figés,tiennent un livre,les autres imberbes sont figurés de profil et lèvent la téte désignant de la main le Christ au dessus.Cette alternance anime la scène et gomme quelque peu la fixité et la médiocrité du dessin des visages soulignés d’un épais trait noir.

Alignement d'apotres sur le mur en hémicycle de l'abside

Alignement d’apotres sur le mur en hémicycle de l’abside

estavar tete Au pilier de l’arc triomphal,dans un tableau rectangulaire au fond constitué de deux larges bandes ocre rouge et jaune se détache une belle image de sainte identifiable par les lettres au dessus de téte couverte d’un curieux fichu noué.Il s’agit de Sainte Basilisse en position d’orante,épouse de St Julien ,le patron de l’église qui devait probablement figurer en face conformèment à l’une des traditions des peintres catalans,consistant à figurer les saints intercesseurs à l’arc triomphal.La sainte est vétue d’une longue robe rouge rayée de blanc et d’un chale bleuCette image caractérise les peintures murales d’Estavar.

Sainte Basilisse ,main en position de prière

Sainte Basilisse ,main en position de prière

L’église St Julien conserve aussi des peintures paradoxalement plus dégradées du XIV ième siècle,difficiles à déchiffrer.On reconnait trois tableaux,vestiges d’un calendrier des mois.

 

Le dessinateur roman semble avoir accordé un soin particulier au traitement des mains,parfois de manière outrancière(Disproportions à Saint Savin ou aux Salles Lavauguyon)mais souvent avec beaucoup d’application et de finesse comme à Parçay Meslay prés de Tours.

Parçay-Meslay,main du Christ telant l'ostie.

Parçay-Meslay,main du Christ tenant l’ostie.

A la position des mains,il faut la pluspart du temps accoler une forte valeur symbolique.Pour s’en convaincre,lire l’extraordinaire ouvrage en deux tomes de François Garnier « Le langage de l’image au Moyen-Age ».Certains gestes de la main possèdent une signification symbolique précise.La main qui bénit est toujours la main droite,c’est la main de miséricorde.La main gauche est la main de justice mais aussi celle des malédictions.La main fermée,c’est à dire le poing évoque la violence.C’est le signe de la main qui va frapper.Mais la main fermée symbolise aussi le refus.Elle est trés peu représentée en peinture murale romane.Les poings sérrés du « danseur » et du personnage applaudissant de la crypte de Tavant,ne doivent étre considérés que pour ce qu’ils sont ,à savoir des artifices de style.

La main fermée ,index tendu,sert à désigner quelqu’un ou quelque chose ou à donner la direction.Elle peut egalement dicter,ordonner ou accuser.Si la main appartient à un personnage subalterne,son index tendu ne peut signifier un ordre.La vertu d’ordonner ou d’accuser est réservée à la main du Christ.A St Plancard,dans le Comminges,l’index tendu par Adam n’est que monstratif.

Saint Plancard,Adam index tendu

Saint Plancard,Adam index tendu

 

Quelquefois deux doigts sont tendus,la signification est identique mais renforcée et strictement réservée au Christ et aux personnages importants.L’index pointé horizontalement peut signifier la volonté d’enseigner.

Neau(peintures du XIII ième siècles)St Vigor doigts tendus horizontalement,ordre et volonté d'enseigner

Neau(peintures du XIII ième siècles)St Vigor doigts tendus horizontalement,ordre et volonté d’enseigner

L’index pointé verticalement est signe d’autorité et de commandement,à condition que la lecture de la scène permette d’éliminer la signification monstrative.Ainsi les apotres disposés sous le Christ en gloire,en levant l’index ne font que désigner leur seigneur au dessus d’eux.En aucun cas ils ne font acte d’autorité.

La main ouverte symbolise généralement l’acceptation,l’acquiescement sauf dans les cas,rares en peinture romane,ou la paume de la main est dirigée vers l’intérieur.On parlera alors de main en pronation,symbole d’opposition ou de renoncement.Les deux mains croisées devant soi,paume tournée vers l’intérieur exprime la rédemption.On peut en observer un bel exemple aux fresques de la chapelle de Rouillac dans le Lot.Une main ouverte,paume tournée vers l’extérieur dans l’alignement direct du bras indique la direction à suivre ,la conduite à tenir.La main ouverte,rejetée vers l’extérieur,faisant un angle avec le poignet est signe d’acceptation.

Main de Pierre à Vic en signe d'acceptation(scène du lavement de pieds)

Main de Pierre à Vic en signe d’acceptation(scène du lavement de pieds)

Main ouverte d'acceptation au Liget

Main ouverte d’acceptation au Liget

 

Les deux mains ouvertes paumes vers l’extérieur caratérisent la position d’orante,souvent utilisée dans les représentations de la Vierge.

Mains en position d'orante d'une Vertu aux Allinges.

Mains en position d’orante d’une Vertu aux Allinges.

La main levée,deux doigts repliés sur la paume est la main sui bénit.C’est la main divine et la main droite du Christ en majesté.

Main du Christ bénissant à Saint Plancard

Main du Christ bénissant à Saint Plancard

Main droite du Christ à Argenton les vallées

Main droite du Christ à Argenton les vallées

 

La main tenant le poignet d’un personnage peut etre interprétée de deux façons.Un geste de contrainte quand par exemple,les soldats d’Hérode tiennent les enfants par le poignet,dans les scènes évoquant le massacre des Innocents.Un geste de protection quand le Christ soustrait Adam et Eve de l’enfer .Dans tous les cas il s’agit d’une prise de possession de la personne.

Personnage tenu par le poignet à St Chef

Personnage tenu par le poignet à St Chef

Amné en champagne(Sarthe)Détail de la Cène.Le Christ bénit de la main droite.La position de la main de Jean penché sur la poitrine du Christ est signe d'abandon à son maitre.Les autres apotres sont main ouverte en signe d'acceptation

Amné en champagne(Sarthe)Détail de la Cène.Le Christ bénit de la main droite.La position de la main de Jean penché sur la poitrine du Christ est signe d’abandon à son maitre.Les autres apotres sont main ouverte en signe d’acceptation

 

 

 

 

Adam à Saint Plancard

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